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Cham - Albums du Charivari/Album à aiguilles

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Journal le charivari (2p. 219--).

ALBUM À AIGUILLES


60 DESSINS
PAR
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Un mois sans faire feu ! si son aiguille pouvait se rouiller pendant ce temps-là ?




PARIS
ARNAULD DE VRESSE, ÉDITEUR
55, RUE DE RIVOLI, 55
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— Mais, sargent, pourquoi faire des fusils à aiguille ?

— Pourquoi qu’il y aurait pas des aiguilles, du moment qu’il y a des feux de file.

— Ôte-toi donc de là ! je suis en train d’enfoncer le fusil prussien. Il n’a qu’une aiguille et j’en ai mis tout un paquet dans le mien.

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À L’ÉTUDE.

Un arrosoir à balles. Que la guerre ce sera comme un vrai bouquet de fleurs.

— Mais, sargent, le fusil à aiguille, ça va devenir une rage !

— Imbécile, ça peut pas devenir une rage, du moment que le fusil n’a pas de chien.

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LES POLITIQUEURS.

— Si nous avons la paix, que feront ces fusils avec leurs aiguilles ?

— Mais ils piqueront la curiosité.

Madame Ponce-Pilate.
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— Imbécile ! tu arroses aussi le buste du colonel ?

— C’est pour lui rafraîchir la mémoire, il m’a promis de me porter pour la médaille.

— Quelle horreur ! ton fusil dans ma boite à ouvrage !

— Certainement, il est à aiguille.

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— Mais ce n’est plus un champ de bataille, c’est un atelier de couture ! des fusils à aiguille et des dés à coudre !

Après le fusil à aiguille, la balle-ciseau et ainsi de suite jusqu’à ce que toute la boîte à ouvrage y ait passé.
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Les brodeuses attachées désormais aux écoles de tir comme les meilleurs juges pour les travaux d’aiguille.

— Pourquoi ne pas profiter également du fusil à aiguille pour lui faire donner l’heure ?

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— Je viens m’adresser à votre bureau de placement.

— Pas le temps ! Faut que tous ces princes allemands passent avant vous, ils sont sans places aussi.

— La bourse ou la vie !

— Pardon, monsieur, est-il à aiguille ? c’est que mon amour-propre serait sauvé !

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— Pourquoi que le colonel nous fait jouer du Wagner pendant la bataille ?

— Afin que les soldats ne supposent pas que les balles sifflent pour eux.

— Pourvu que le portier ne laisse plus monter personne !

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— Cher ami, enchanté que les choses se soient arrangées ainsi à l’amiable.

— Bourgeois, vos lits sont durs, vous exposez la ville aux dernières sévérités.

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— Comment se fait-il que mes porcelaines de Saxe soient cassées ?

— Madame n’ignore pas qu’on s’est battu de ces côtés-là !

— Votre bière de Bavière ne mousse pas !

— Je crois bien ! après tout ce qui se passe chez elle, si vous vous imaginez qu’elle va faire sa tête !

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L’ÉCHÉANCE.

— Allons, il n’y a plus moyen de le renouveler, ce billet, il faut le payer cette fois.

— Moi, vois-tu, avec une épingle comme cela, je me fiche des aiguilles.

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— Monsieur Babinet, vous avez eu une discussion avec notre télégraphe transatlantique.

— Nous avons eu des mots ensemble.

— Oui, monsieur. À 25 francs le mot, voici votre note.

RÉFLEXION D’UN BON CŒUR.

— Le fusil à aiguille, c’est encore rien qu’on s’en serve pour la guerre ! Mais ce qui fait frémir, c’est de penser qu’on peut s’en servir un jour pour la chasse.

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— Mon ami, que savez-vous sur l’Amérique ?

— Merci, si c’est moi qui doit répondre, c’est pas la peine d’avoir un câble transatlantique.

— Dis donc, mon chéri, tu devrais me négocier cette valeur.

— Ça une valeur ? c’est une vieille dépêche du câble transatlantique.

— Justement, chaque mot a une valeur de 25 francs.

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— Que signifie… la dépêche est datée de Chien ?

— Oui, monsieur. Chien pour Terre-Neuve, cela économise un mot de 25 francs.

— J’ai cru que c’était 25 francs le mot ?

— Oui, monsieur, mais vous envoyez des injures ; les gros mots se paient double.

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— Que t’es bête ! il n’y a rien d’humiliant, au contraire ; le nouveau monde et l’ancien sont fiers d’avoir pu se mettre dans notre position. C’est notre câble transatlantique.

— Voici la bouteille d’huile de foie de morue que madame m’a dit de lui acheter.

— Elle est de quatre francs ?

— Oui, madame, et j’ai fait télégraphier à Terre-Neuve pour savoir si elle est bien fraîche, ça fait 404 francs.

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Neptune profite du câble transatlantique pour faire du trapèze, l’exercice de la voiture lui devenant impossible, depuis qu’il a mangé ses chevaux pour faire comme tout le monde.

— Vingt-cinq francs le mot ! que dépêche monsieur ?

— Je me dépêche de m’en aller.

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— Monsieur est allé au télégraphe transatlantique causer avec l’Amérique.

— Ah ! mon dieu, vingt-cinq francs le mot ! et mon mari est bavard, nous sommes ruinés !

— Monsieur, auriez-vous l’obligeance de casser le carreau et tirer la sonnette d’alarme. Vous avez une figure qui ne m’inspire aucune confiance.

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LA SONNETTE D’ALARME.

le conducteur, arrêtant — Pourquoi sonnez-vous ?

le voyageur. — Ne faites pas attention, je suis acteur, je répète mon rôle du Sonneur de Saint-Paul que je vais jouer en province.

— Pourquoi avez-vous agité la sonnette ?

— Je rêvais que j’étais maitre-d’hôtel, je sonnais le dîner.

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Tout le monde mettant aussitôt la tête à la portière, tirez la sonnette d’alarme afin de savoir si vous avez des figures de connaissance dans le train.

— Pourquoi sonnez-vous ?

— Il va faire de l’orage et chez nous on a l’habitude de sonner les cloches !

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— Ah ! mon dieu, voici un accident !

— Je ne crois pas, madame, nous aurions été prévenus par la sonnette d’alarme.

— Avant de le tirer, faut que je relise mon journal pour voir s’il n’est pas compris dans l’armistice.

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Pourquoi n’enverrait-on pas au camp de Châlons des jeunes diplomates qui s’exerceraient à s’interposer entre des armées belligérantes ?

(Traduit du lapin) — Pour lui c’est fini ; pour moi ça commence ! et pas de puissance médiatrice pour me tirer de là !

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Le camp de Châlons amenant le tambour-major à déplorer ce que la nature a fait pour lui.

— Tu es censé l’ennemi.

— Toi la France alors ? Comme elle est généreuse, tu vas me payer la goutte.

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— Vous désirez la croix du 15 août. Mon dieu, monsieur, c’est bien simple, je vais vous donner la recette.

— Vous n’en auriez pas une plus simple que celle-là ?

— J’ai gagné la montre ! ousque sont donc les aiguilles ?

— Que t’es bête ! elles sont en Allemagne, à faire la guerre.

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Retour de la fièvre du mois d’août.

— T’as pas la croix ! mais ta femme te reste.

— Justement ! une croix m’aurait consolé de l’autre.

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— Présentez-lui donc les armes ! il a la croix.

— Je ne la vois pas.

— Elle est au Moniteur.

— C’est moi que j’ai dégraissé le mat de cocagne ! je pourrais être utile à madame.

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— Mais c’est une horreur ! elle n’avait pas ces manières-là avant que son frère le collégien vînt en vacances !

— Le premier lundi d’octobre, si ça pouvait donc tomber un dimanche, ça nous ferait un jour de vacances de plus.

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— Monsieur, accordez-lui le prix de piano ; si vous saviez comme il a travaillé à la maison ! quatre locataires en sont devenus fous.

— Mon bon ami, tout est à la paix !

— Oui. merci ! On voit bien que vous n’avez pas des collégiens en vacances chez vous.

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— Papa, à mon collège, j’ai l’habitude d’être levé à cinq heures ! Je ne veux plus que tu dormes, vient faire une partie de balle.

— En dehors du grec et du latin que vous lui montreriez pendant ses vacances, comme cet enfant sera seul avec vous à la campagne, je vous demanderai si vous êtes fort aux billes et au cheval fondu.

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— Tu as eu le prix de dessin pour cette tête ? Mais elle n’a pas d’yeux !

— La maîtresse de pension ne veut pas que nous fassions l’œil.

— Voyons, mademoiselle, vous n’avez plus à être jalouse de votre frère. Vous avez eu aussi votre distribution de prix !

— Hi hi ! il n’y avait pas de discours latin comme à lui.

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— Mais travaille donc, au lieu de lire le journal… Tu n’obtiendras jamais une bourse à la rentrée.

— Si, maman, je serai boursier, je pioche le cours de la Bourse.

NE VOULANT PAS ROUGIR DEVANT LEURS ENFANTS.

— J’ai parfaitement compris le discours latin, madame votre mère aussi. Vous remercierez votre professeur de la charmante matinée qu’il nous a fait passer.