Chansons populaires de la Basse-Bretagne/Le loup et le cheval du meunier

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LE LOUP ET LE CHEVAL DU
MEUNIER
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Comme on était à la moitié du mois,
(A l’époque) où la gelée se change en rosée,
Où les prairies se prennent à verdir,
Les collines à jaunir,
Voilà le loup de quitter sa tanière,
Emportant livre et quarteron,
Pour peser son aubaine.

Le loup fait un bond dans le pré,
Il voit là un cheval de bonne mine :
— Dis-moi, es-tu sourd ou aveugle,
Ou sans pitié pour autrui ?
— C’est moi le cheval des moulins,
Le porteur de tous les fardeaux,
Qui ai été amené ici, pour y passer la nuit,
Pendant que les gens se reposent.
J’ai un furoncle, qui ne cesse d’enfler,
Qui enfle toute l’année,
Et ne diminue pas du tout.
— Lève donc le pied, cheval maudit,
Que je voie par où tu boîtes !
Le cheval, de lever son pied gauche,
Et de détacher une ruade au loup !
— Me voici, dit le loup, bien attrapé,
A vouloir faire le médecin de chevaux.
Autrefois, j’étais bon médecin
Pour vieilles vaches et rosses écorchées...


Chanté par Marguerite Philippe, — 1886.
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