Chant des Brigands

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche



Ajouter un fac-similé pour vérification, — comment faire ?
Friedrich Schiller Les Brigands

Chant des Brigands


Voler, tuer, se battre, forniquer,
Voilà ce qui s'appelle passer son temps ! 
Demain nous serons pendus au gibet, 
Amusons-nous donc aujourd'hui.

Nous menons une vie libre, 
Une vie de délices.
La forêt est notre quartier nocturne, 
Sous le vent et l'orage nous campons, 
La lune est notre soleil, 
Et Mercure notre dieu
Qui connait le métier.

Aujourd'hui nous nous convions chez les prêtres, 
Demain chez le riche fermier ; 
Et quant au reste, n'ayons-pas de souci,
C'est l'affaire du bon Dieu.

Et quand avec le jus de la grappe
Nous avons lavé notre gosier, 
Nous avons de la force et du courage
Et nous formons un pacte fraternel avec l'esprit noir 
Qui rôtit les âmes dans l'enfer. 

Le gémissement des pères qu'on égorge, 
Les lamentations des mères effrayées, 
Les cris de la fiancée délaissée, 
Sont notre bruit favori et notre joie.

Ah ! quand ils tremblent devant nous sous la hache, 
Quand ils mugissent comme des veaux et tombent comme des mouches,
Notre œil étincelle, 
Notre oreille est satisfaite.

Lorsque viendra notre dernière heure, 
Le diable nous emporte ! 
Alors nous aurons notre récompense 
Et nous graisserons nos bottes, 
Sur la route un petit coup de vin généreux, 
Et hourra ! hourra ! nous voilà partis !