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Comment transformer nos échecs en triomphe/Chapitre V

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CHAPITRE V

LES RAISONS QUE VOUS AVEZ D’ESPÉRER TOUJOURS

Du moment où nous avons mis l’accent sur la vie intérieure, du moment où nous avons aperçu en elle la seule vraie valeur et la seule raison d’être de tout le reste et de tout l’univers, nous ne pouvons plus être des vaincus !

Le grand penseur américain Emerson disait : « Ne craignez jamais de rien perdre par le progrès de l’âme. » Or nous venons de comprendre que les événements, quels qu’ils soient, peuvent servir à ce progrès. Les vrais caractères des événements et leur force active ne seront jamais qu’en nous-mêmes et dans notre façon de les envisager. Lorsqu’on parlait à Socrate du caractère absolument insupportable de sa femme Phénarète, qui un jour, dans une colère sans motif, lui jeta dans la boue de la rue ses plus beaux vêtements, il répondait qu’il se félicitait d’avoir une telle épouse, parce qu’il trouvait en elle la plus excellente occasion d’acquérir la patience du sage.

Souffrez-vous d’être condamné, par la faute de vos éducateurs, à une humble situation bien inférieure, dites-vous, à vos aptitudes ? À supposer qu’il vous soit impossible d’en sortir, ne vaut-il pas mieux être au-dessus qu’au-dessous de ses fonctions ? Ne pouvez-vous trouver à employer généreusement autour de vous vos facultés et votre intelligence ? Vous vivrez dans la mesure où vous aurez inventé votre vie, dans la mesure où votre imagination aura découvert au sein des moindres circonstances comme au sein des pires déceptions les occasions de ses plus nobles envolées. Par la manière dont nous pensons notre propre existence, il nous appartient de grandir jusqu’à l’infini la petitesse de nos jours !

Il ne peut pas y avoir de défaite de la pensée ni de l’amour. Il ne peut y avoir que refus de penser, refus de vouloir, refus d’aimer. Dans le domaine de la vie spirituelle, on ne peut pas connaître de défaites, on ne peut que commettre des abdications.

L’esprit seul compte.

N’est-ce pas l’esprit de l’homme qui trouvera, dans les formidables forces atomiques, ou bien des agents de destruction pour l’humanité elle-même et pour sa chimérique civilisation, ou bien les plus précieuses servantes de cette même humanité et de son progrès véritable ?

C’est donc l’activité de l’esprit qu’il faut avant tout surveiller et orienter, car c’est elle qui est tout !

Votre effort n’est jamais vain, puisque c’est lui qui contient tout !

En songeant bien qu’une noble activité vous est toujours possible, vous serez définitivement persuadés que vous ne pourrez jamais être des vaincus !

Vous ne sauriez être battus lorsque vous cherchez l’idéal, puisque, par cette seule recherche sincère et ardente, vous le réalisez sûrement et pour toujours au cœur même de votre être !

Il n’y a qu’un mal sans remède : c’est la complaisance obstinée en ses propres platitudes, c’est le refus de s’élever à des formes plus hautes de vie !

Mais ce mal-là n’existe pas chez vous, bien au contraire, puisque le titre de notre collection vous a plu, puisque vous avez voulu ouvrir ce petit livre.

Vous pouvez donc tout espérer !