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Confession galante d’une femme du monde/01

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A. Christiaens (p. Frontisp.-56).

FRONTISPICE
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PREMIÈRE PARTIE.


Le château de ma grand’mère était situé près de la ville de ***, dans une délicieuse contrée ; le parc, ombragé d’arbres séculaires, était d’une grande étendue et enclos de murs. Toute la partie voisine du château était cultivée en parterres garnis des plus belles fleurs et arrosée par une petite rivière qui traversait une magnifique pièce d’eau et allait se perdre dans la campagne par des méandres capricieux.

Ma vieille grand’mère, très-peu ingambe, ne pénétrait jamais plus loin que la pièce d’eau ; quant à moi, mon plus grand bonheur était de m’égarer seule dans les endroits les plus sauvages et les plus retirés du parc et d’y porter mes rêveries de seize ans ; ces rêveries, je dois l’avouer, étaient toutes de même nature ; un vague étrange envahissait mon âme ; mon imagination s’envolait dans des régions inconnues et présentait devant mes yeux des images de tendresse et de dévouement dont un beau jeune homme était toujours le héros ; quoique profondément ignorante sur la différence des sexes, mes sens déjà éveillés agissaient sur tout mon organisme, un feu secret circulait dans mes veines ; souvent un voile passait sur mes yeux, mes jambes fléchissaient et j’étais obligée de m’asseoir, en proie à un énervement qui tenait de la souffrance et du plaisir.

Nous étions au mois de juin, le temps était magnifique ; mes promenades fréquentes, surtout le matin où j’étais sûre d’être seule.

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Nous reçûmes une lettre de Mme T…, ma tante, qui, répondant à une invitation de ma grand’mère, nous annonçait sa prochaine arrivée.

Mme T… pouvait avoir de 24 à 25 ans ; elle s’était mariée à 20 ans avec un vieillard qui l’avait laissée veuve depuis deux ans, maîtresse d’une grande fortune et sans enfants. C’était une délicieuse personne ; sa chevelure, d’un noir d’ébène, faisait ressortir la blancheur de son teint qu’illuminaient deux yeux du plus bel azur. Sa bouche, petite et gracieuse, était garnie de dents adorables, un imperceptible duvet noir ombrait légèrement le dessus de sa lèvre supérieure et lui donnait un cachet particulier, qui, cependant, n’avait rien de dur ni de viril. Sa taille moyenne était souple et fine ; ses mains et ses pieds, d’une petitesse et d’un galbe admirables ; elle se mettait avec goût et élégance.

Je l’aimais beaucoup. Son caractère vif et enjoué m’avait depuis longtemps captivée. Habituée à vivre constamment avec ma grand’mère, dont l’âge ne pouvait me procurer aucune distraction, privée de compagnes, j’étais bien heureuse de l’arrivée d’une parente, qui, pour moi, était une amie.

On avait parlé d’un projet de mariage entre ma tante et M. B. Ma grand’mère, qui approuvait ce projet, écrivit à ce dernier en l’invitant à venir passer quelque temps au château. En effet, quelques jours après l’installation de ma tante, M. B. nous arriva.

Ce que j’ai à raconter maintenant est bien délicat et bien difficile ! J’ai hésité longtemps ! mais après tout, personne ne lira, je l’espère, ces lignes tracées pour moi seule. Les tableaux que je vais peindre sont bien vifs, mais ils sont vrais. Quels sont les amants, amants réels qui, dans les bras l’un de l’autre, n’ont pas épuisé la même coupe ? Ajouterai-je que maintenant, que je n’y puis plus tremper mes lèvres, j’éprouve encore une véritable jouissance à me rappeler sa douce saveur.

Un matin de très-bonne heure, suivant mon habitude, je m’étais enfoncée au loin dans le parc ; je m’assis au pied d’un arbre, plongée dans mes rêveries accoutumées.

J’aperçus de loin ma tante, que je croyais couchée, se dirigeant du côté où j’étais ; elle était vêtue d’un frais peignoir bleu et blanc. M. B. l’accompagnait, habillé en nankin et la tête couverte d’un chapeau de paille ; ils semblaient se parler vivement.

Je ne sais quel instinct secret me porta à éviter leur présence ; je me cachai derrière un massif épais qui me déroba complétement à leurs yeux.

Ils arrivèrent bientôt tous deux à l’endroit que je venais de quitter, et, s’arrêtant un moment, M. B., après avoir bien regardé autour de lui, convaincu qu’à cette heure personne ne pouvait les voir, entoura de ses bras la taille de ma tante et, l’attirant à lui, la pressa sur son cœur ; leurs lèvres se confondirent et j’entendis un long baiser qui vint retentir au fond de mon cœur. « Ma chère Berthe (c’était le nom de ma tante), disait-il, mon ange ! ma douce chérie ! je t’aime, je t’adore ; quel affreux temps j’ai passé sans toi ! mais bientôt nous ne nous quitterons plus ! tiens ! que je t’embrasse encore ! donne tes beaux yeux ! tes jolies dents ! ton cou divin ! que je les mange !!! »

Ma tante, loin de résister, s’abandonnait à lui, rendait baiser pour baiser, caresses pour caresses ; son teint s’animait, ses beaux yeux se voilaient. « Mon Alfred, disait-elle, je t’aime autant que toi, je suis toute à toi ! »

Qu’on juge de l’effet que durent produire sur moi de semblables caresses ! Mon tempérament s’alluma comme frappé d’une étincelle électrique ; je fus un moment comme paralysée et je perdis presque l’usage de mes sens. Je revins cependant promptement à moi et je continuai à être tout yeux et tout oreilles. M. Alfred demandait quelque chose que je ne comprenais pas et paraissait insister. « Non, mon ami, répondait Berthe, oh non ! pas ici, je t’en prie, jamais je n’oserais, mon Dieu ! si quelqu’un nous surprenait, j’en mourrais !

— Ma chérie, qui peut nous voir, à cette heure ?

— Je ne sais, mais j’ai peur ! tiens, vois-tu, je ne le pourrais pas, je n’aurais aucun plaisir ; nous chercherons un moyen de nous réunir, je m’en occupe depuis hier, un peu de patience, je t’en prie. — Comment peux-tu me parler de patience dans l’état où je suis ! donne ta menotte, sens-le toi-même ! »

Il prit alors la main de ma tante et la plaça dans un endroit si singulier qu’il me fut impossible de m’en expliquer la cause ; mais ce fut bien pis, quand je vis cette main disparaître dans certaine fente qu’elle avait prestement déboutonnée ; elle y saisit un objet que je ne pouvais voir. « Cher Mimi, disait-elle, oh, je vois bien que vous avez une grosse envie ! comme vous êtes beau ! moi aussi je voudrais bien ! si nous avions seulement un abri quelconque, je vous mettrais bien vite à la raison ! » Et la petite main s’agitait doucement au grand plaisir apparent de M. B., qui, immobile, recueilli, les jambes un peu écartées, avait l’air d’éprouver un profond plaisir : un instant de silence se fit :

« Ah ! s’écria tout à coup ma tante, quelle idée ! viens, je me rappelle ! il y a près d’ici un pavillon… nécessaire, T. 1P. 14
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tu sais… c’est un singulier endroit pour notre amour, mais on ne nous verra pas et je pourrai être toute à toi, viens ! »

Le pavillon dont parlait ma tante était, il faut le dire, destiné aux nécessités de notre pauvre humanité ; il était construit en forme de chaumière et tenu proprement à l’intérieur.

Je pouvais, sans crainte d’être vue, et protégée par de hautes broussailles, m’en approcher, ce que je fis avec des précautions infinies, et j’arrivai derrière le pavillon au moment où Berthe était déjà rentrée et où M. B., après avoir bien regardé aux alentours, entrait lui-même et mettait le verrou. Je cherchai un observatoire commode, il fut bientôt trouvé ; les planches et les troncs d’arbres, assez mal joints, me présentèrent une ouverture assez grande pour bien voir. J’y appliquai mon œil, retins mon haleine et fus témoin de ce que je vais raconter.

Berthe, suspendue au cou de M. B., le dévorait de baisers : « Va, disait-elle, mon chéri, j’étais bien malheureuse de te refuser, mais j’avais si peur ! ici, du moins, je suis rassurée. Ce beau Mimi, quelle fêle je vais lui faire ! tiens, je jouis déjà en y pensant ! Mais comment allons-nous nous mettre ? — Sois tranquille ! mais avant laisse-moi revoir mon cher Bibi, il y a si longtemps que je le désire ! »

Quelles étaient mes réflexions en ce moment, je le laisse à penser !… Mais qu’allaient-ils donc faire ? Je ne fus pas longtemps sans le savoir.

M. B. mit un genou en terre et releva les jupes et la chemise de Berthe. Que de beautés apparurent au jour ! Sous une fine chemise de batiste se montrèrent deux jambes dignes de Vénus, couvertes de bas de soie attachés au-dessus du genou par des jarretières T. 1P. 16
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couleur de feu ! puis deux cuisses adorables, blanches, rondes, fermes, qui se rejoignaient en haut, surmontées par une toison de poils noirs et luisants dont l’abondance et la longueur me causèrent une véritable surprise, comparés surtout à la légère mousse châtain clair qui commençait à recouvrir chez moi cette même partie. « Que je l’aime ! disait Alfred, qu’il est beau et frais ! écarte-toi un peu, mon ange, que j’embrasse ses adorables lèvres !! »

Berthe fit ce qu’il demandait : ses cuisses, en s’écartant, firent voir une petite fente rosée sur laquelle son amant colla ses lèvres ! Berthe paraissait en extase ! fermait les yeux, articulait des mots sans suite en se prêtant par un léger mouvement en avant à cette singulière caresse qui la transportait. « Ah ! tu me tues… encore !… fais ! ça vient… je… je… fais… Ah ! ah !… »

Que faisait-elle ? bon Dieu ! je n’avais jamais supposé que cet endroit pût procurer un plaisir quelconque, et cependant je commençais à sentir chez moi au même lieu quelques chatouillements particuliers qui me le faisaient comprendre.

Alfred se releva en soutenant Berthe qui paraissait ne pouvoir se tenir debout ; mais bientôt elle reprit ses sens et l’embrassa avec ardeur. « Viens maintenant me le mettre, dit-elle, mais comment allons-nous faire ? — Tourne-toi, ma chérie, et incline-toi sur ce siége indigne : laisse-moi faire. »

Alors, à ma grande stupéfaction, Berthe, par des mouvements rapides et fiévreux, défit elle-même le pantalon d’Alfred et releva sa chemise sous son gilet ; elle découvrit ainsi à ma vue un objet tellement extraordinaire pour moi que je fus sur le point de jeter un cri ! Quel pouvait être ce membre inconnu, T. 1P. 18
dont la tête rose et altière, dont la longueur et la grosseur me donnaient des vertiges ?… Berthe, évidemment, ne partageait pas mes craintes, car elle prit dans sa main cet instrument effrayant, le caressa un moment et dit : « Allons ! Monsieur Mimi, venez chez votre petit compagnon et surtout n’allez pas trop vite. Là-dessus elle se troussa par derrière et mit au jour deux globes d’une blancheur éblouissante, séparés par un ravin dont je ne voyais qu’une légère trace : elle s’inclina ensuite et, plaçant ses mains sur le siége en bois, elle présenta à son amant son adorable croupe.

Alfred, debout derrière elle, prit en main son énorme instrument, l’humecta d’un peu de salive et commença à l’introduire entre les deux lèvres que j’avais aperçues. Berthe ne bougeait pas et écartait le plus possible la partie qu’elle présentait, qui semblait s’ouvrir et enfin absorba cette longue et grosse machine qui me paraissait monstrueuse et qui cependant pénétra si bien qu’elle disparut entièrement et que le ventre de son heureux possesseur vint se coller contre les fesses de ma tante.

Ce fut alors une réunion de mouvements combinés, de propos sans suite, de paroles entrecoupées !!! « Ah !… je le sens… il me pénètre… disait Berthe ; donne-moi bien tout… va doucement… laisse-moi jouir seule d’abord… ah ! je sens ! ça vient !… plus vite !… je le fais… tiens… à toi ! je meurs… je… je… ah ! »

Quant à Alfred, les yeux à demi-fermés, les mains appuyées sur les hanches de ma tante, il paraissait dans une béatitude inexprimable. « Tiens, disait-il, mon ange, mon tout, ah ! que c’est bon ! jouis bien ! fais-le !… cela te vient, n’est-ce pas ? va… va… je sens que tu le fais… jouis bien, ma chérie. » T. 1P. 20

Tous deux s’arrêtèrent un moment. Ma tante paraissait anéantie, mais ne changeait pas de position : elle tourna enfin légèrement la tête, envoya un baiser à son amant et lui dit : « Maintenant, tous deux ensemble ; tu me préviendras quand tu seras prêt. » La scène recommença.

Au bout de quelques instants, Alfred, à son tour, s’écria :« Ah !… je sens que ça vient… es-tu prête, ma chérie ? — Oui… oui… m’y voilà… enfonce… encore, va… pars… je te suis… je… je… Ah ! je jouis… je… dé… je… décharge !! »

Un assez long silence suivit ; Alfred paraissait affaissé et prêt à tomber sur Berthe qui eut besoin de se raidir sur ses poignets pour lui résister. Alfred se recula alors un peu et je revis, sortant du réduit qu’il avait si bien fêté, cet instrument si merveilleux ! mais combien il était changé !… sa taille avait diminué de moitié, il était rouge et humide et je vis comme une perle blanche et visqueuse en sortir et tomber à terre.

Alfred se rajusta ; pendant ce temps, ma tante s’était relevée et, les bras passés autour du cou de son amant, le couvrait de baisers.

Qu’avais-je fait pendant ce temps ? Mon imagination, exaltée au dernier degré, me faisait ressentir une partie des plaisirs qui transportaient mes acteurs.

Dans le plus beau moment, je relevai jupe et chemise et ma main inexpérimentée se contenta d’explorer cette tendre partie. Je m’assurai ainsi que j’étais faite comme Berthe, mais je ne savais pas encore à quel usage et à quel soulagement cette main pouvait servir. Cette même matinée devait me l’apprendre.

Après bien des baisers, Berthe dit à M. B. : « Écoute, mon chéri, j’ai réfléchi ; tu sais que mon appartement ici est assez isolé ; sans ma femme de chambre, qui couche dans mon salon, personne ne pourrait se douter de nos rendez-vous, et nous pourrions passer d’adorables nuits ensemble. »

Sous un prétexte de toilette, j’enverrai Julie à Paris après-demain matin. Après-demain soir donc nous pourrons nous réunir. Sois aux aguets, un signe te préviendra dans la journée de l’heure où tu pourras te glisser chez moi. Je me fie à toi pour prendre les plus minutieuses précautions. »

Il fut ensuite décidé que M. B. sortirait le premier, irait faire un tour hors du parc et que pendant ce temps ma tante regagnerait sa chambre par un escalier de service. M. B. sortit et je restai blottie dans mes broussailles jusqu’à ce qu’il fut assez loin pour n’avoir pas la crainte d’être aperçue de lui. Voyant que ma tante ne sortait pas encore, je restai et je regardai de nouveau. Il y avait dans le pavillon un pot et une cuvette ; je vis Berthe remplir cette dernière, relever ses jupes et s’accroupir dessus ; elle était placée juste en face de moi et rien ne pouvait échapper à ma vue ; dans le mouvement qu’elle fit sa jolie fente s’ouvrit, elle me parut d’un incarnat plus vif ; les bords, l’intérieur et jusqu’à l’épais taillis qui l’environnait me semblaient inondés de la même liqueur que j’avais vu répandre à M. B. Berthe commença une ample ablution ; je me préparais à quitter sans bruit ma place lorsque je restai clouée, immobile ! la main de ma tante rafraîchissait avec soins toutes les parties qui venaient de si bien travailler. Tout à coup je la vis s’arrêter et se fixer, puis un doigt appuyer sur une légère éminence qui se montrait tout en haut ; ce doigt frotta légèrement T. 1P. 24
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d’abord, puis avec une espèce de furie… enfin Berthe donna les mêmes symptômes de plaisir qu’un instant avant.

J’en avais assez vu !… j’avais compris ! je m’éclipsai et me hâtai de prendre une longue allée tortueuse qui me ramena au château ; la tête en feu, le sein palpitant, la démarche chancelante, mais bien décidée à jouer de suite le dernier acte que je venais de voir et qui n’avait pas besoin de partner.

J’arrivai dans ma chambre dans un véritable état de folie ; je jetai mon chapeau par terre, je fermai ma porte à double tour, je me mis sur mon lit, je me troussai jusqu’à la ceinture et, me rappelant jusqu’aux moindres détails l’usage que Berthe avait fait de sa main, je plaçai la mienne entre mes jambes… Quelques essais furent d’abord infructueux, mais je réussis à trouver enfin le point que je cherchais : le reste était facile et j’avais trop bien observé pour me tromper… une sensation délirante me saisit, je continuai avec rage et bientôt je tombai dans une extase telle que je perdis connaissance…

Quand je revins à moi, j’étais dans la même position, la main toute mouillée d’une rosée inconnue…

Je m’assis toute bouleversée et ce ne fut qu’après un temps assez long que je pus me remettre tout à fait.

L’heure du déjeuner approchait ; je fis promptement ma toilette et je descendis.

Ma tante était déjà au salon avec ma grand’mère ; je l’examinai en entrant : elle était belle et fraîche, son teint reposé, ses yeux brillants auraient fait jurer qu’elle venait de se lever après une excellente matinée de sommeil ; sa toilette, d’un goût exquis, quoique simple, faisait valoir ses formes charmantes. Quant à moi, je devais avoir les yeux battus et je sentais le rouge me monter au visage. Ma grand’mère me trouva agitée et me le dit : je lui répondis que j’avais trop dormi et que, contre mon habitude, je n’avais pas fait ma promenade du matin. Ma tante m’embrassa, on parla de choses et d’autres et je me remis complétement.

M. B. arriva bientôt ; il nous parla d’une excursion faite dans le village voisin : nous nous mîmes à table.

J’observais avec soin, sans en avoir l’air, tout ce qui se passait entre M. B. et ma tante : je dois avouer que je fus désappointée et bien surprise ; pas un geste, pas un regard ne décela une entente quelconque.

Vers le milieu du repas, ma tante dit négligemment à ma grand’mère : « Chère bonne mère, j’ai été si étourdie en quittant Paris, que j’ai oublié des objets indispensables à ma toilette. Je vous demande la permission d’envoyer demain ma femme de chambre pour les rapporter. Ne dérangez personne ; du reste, je suis habituée à me servir seule : ce ne sera d’ailleurs qu’une courte absence[1].

La journée se passa tranquillement, M. B. monta à cheval et fut faire une longue promenade ; nous allâmes nous installer près de la pièce d’eau et nous nous occupâmes de travaux d’aiguille. Quelques personnes du voisinage vinrent en visite et ma grand’mère les retint à dîner.

Le soir nous fîmes de la musique. Je chantai un duo avec ma tante. Quoique déjà bonne musicienne et ayant une jolie voix, je n’étais pas à la hauteur de Berthe qui me donnait d’excellentes leçons de goût et de sentiment.

M. B. fit le whist de ma grand’mère et fut avec nous d’une réserve complète.

Je me retirai vers onze heures. J’attendis avec une vive impatience le moment d’être seule pour me livrer à mes pensées ; je me couchai donc promptement et renvoyai ma femme de chambre. Je ne doutais pas que le lendemain soir fût l’instant d’un rendez-vous sérieux entre M. B. et ma tante ; je brûlais d’assister aux scènes délirantes qui devaient en être la conséquence ; il fallait donc en trouver le moyen.

Connaissant à fond les aîtres de la maison, je commençai par tracer dans mon esprit le plan du petit appartement occupé par ma tante. Cet appartement était situé au deuxième étage, comme le mien, mais à l’extrémité opposée. Un corridor faisait communiquer toutes les chambres de cet étage. M. B. était également logé au second, mais dans une aile sur le retour.

Ma tante avait à sa disposition un petit salon dans lequel on dressait un lit pour sa femme de chambre, une jolie chambre à coucher et un cabinet de toilette. Je me rappelai que ce cabinet, qui n’occupait en espace que le tiers du grand côté de la chambre, avait été autrefois contigu à une alcôve qui avait été condamnée par une forte cloison ; un œil de bœuf, pratiqué dans le haut de l’alcôve, avait été seulement bouché par un trumeau représentant une bergerade, assez mauvaise composition à l’huile.

Je me rappelai également qu’une porte, ouvrant dans une chambre inoccupée, donnait accès dans cette espèce de cabinet noir.

C’est sur ces souvenirs que j’arrêtai mon plan ; puis je m’endormis pleine de résolution et d’espoir pour le jour suivant.

Mlle Julie partit comme il avait été convenu. M. B. et ma tante étaient plus que jamais sur la réserve. Je surpris cependant ce que je désirais le plus savoir, l’heure arrêtée pour le soir.

Après déjeuner, M. B. s’appuya nonchalamment sur la cheminée et, en faisant admirer les beautés de la pendule, superbe meuble de boule, il arrêta un moment son doigt sur le chiffre XI, puis sur le chiffre VI : il me fut facile de comprendre que cela voulait dire : onze heures et demie. Ma tante répondit par un léger mouvement des yeux. Je savais donc tout ce que je voulais : restait à faire mes préparatifs.

Quand nous fûmes assises dans le jardin, M. B., qui n’était pas sorti, nous offrit de nous faire une lecture, ce qui fut accepté.

Je m’esquivai bientôt sous un prétexte quelconque et, sûre d’être seule au deuxième étage, je me rendis par la petite porte dont j’ai parlé dans le cabinet noir.

Tout était bien comme je me l’étais rappelé ; seulement il me fallait une échelle ; mais cela ne m’embarrassait pas, je savais en trouver une dans une galerie à côté où on étendait du linge.

Cette échelle double était fort lourde ; mais la curiosité, le feu qui m’animait, doublaient mes forces. Je l’apportai dans l’alcôve, je la plaçai et montai résolument jusqu’en haut ; je trouvai l’œil de bœuf et la toile qui le bouchait ; avec des ciseaux je fis un trou à cette toile et j’eus la satisfaction d’apercevoir la chambre entière et surtout le lit. Je descendis alors promptement, je fermai la porte dont je pris la clef et je revins au jardin. Tout cela fut fait si rapidement que personne ne trouva mon absence étrange. La journée et la soirée me parurent mortelles.

Enfin, vers dix heures et demie, ma grand’mère se retira et nous la suivîmes.

M. B. nous souhaita le bonsoir et s’en fut chez lui ; ma tante resta encore un instant et me reconduisit dans ma chambre. Je l’embrassai et lui dis adieu.

Je me déshabillai promptement et renvoyai Mariette. Je remis mes bas, des pantoufles de velours, un peignoir sombre et j’attendis.

Vers onze heures un quart, je me glissai comme une ombre dans le corridor ; j’arrivai heureusement à la petite porte que j’ouvris et fermai sans difficulté et sans bruit, puis je montai sur mon échelle, où je m’établis le moins mal que je pus et je regardai.

J’avais complétement réussi : je voyais très-distinctement ; le lit blanc et frais me semblait un autel paré pour le sacrifice ; une lampe carcel placée sur la table de nuit l’inondait d’une lumière intense. Berthe était dans un cabinet de toilette où je l’entendais faire des ablutions qui durèrent longtemps et qui me parurent de plus d’un genre, si j’en juge au moins par le bruit de certain instrument qu’on remontait.

Elle sortit enfin et entra dans sa chambre n’ayant sur elle qu’un peignoir ; elle alla vers le lit, le découvrit, arrangea les oreillers, plaça la lampe de manière à éclairer encore davantage ; elle prit une chemise de fine batiste garnie de dentelles et s’avança vers l’armoire à glace, se mira un bon moment, puis, par un gracieux mouvement d’épaules, elle fit glisser sa chemise qui, un instant retenue par les hanches, vint ensuite s’enrouler à ses pieds. Comme elle s’était d’abord débarrassée de son peignoir, elle apparut complétement nue à mes yeux éblouis.

Certes, on ne pouvait rien rêver de plus beau ! Ses seins, fermes et relevés, un peu saillants, étaient surmontés de deux fraises d’un rose vif ; sa chute de reins et ses fesses étaient admirables.

Au bas de son ventre blanc et poli T. 1P. 34
comme de l’ivoire tranchait cette luxuriante toison d’ébène dont la longueur et l’épaisseur étaient une véritable rareté. Le contraste de cette énorme tache noire sur un corps si blanc donnait à Berthe un cachet tout particulier d’étrangeté lascive.

Elle passa sa chemise, remit son peignoir dont elle noua négligemment la ceinture, puis se dirigea vers son salon dont elle entr’ouvrit la porte. Un moment après, j’entendis marcher avec précaution : la porte fut fermée à clef. Berthe et M. B. parurent dans la chambre. Ce dernier avait les pieds nus dans des pantoufles ; il était vêtu d’une robe de chambre d’été sous laquelle il n’avait que sa chemise. Berthe le fit asseoir sur une causeuse et s’assit elle-même sur son genou gauche ; leurs bouches se réunirent dans un long baiser, puis ils parlèrent de leur mariage, qu’un obstacle non encore surmonté avait retardé, mais qui, au dire de M. B., devait être prochainement conclu. « Que je te remercie, mon cher ange, dit-il en terminant, d’avoir eu assez de confiance en moi pour ne pas m’avoir fait attendre tes précieuses faveurs ! c’est à ton époux que tu les prodigues, c’est lui qui t’en récompensera par un amour éternel. »

En disant ces mots, il avait ouvert le haut du peignoir de Berthe et embrassait alternativement les deux globes si purs dont j’ai parlé ; ma tante, renversée en arrière, frémissait sous cette caresse qui paraissait faire courir en elle un frisson voluptueux. Alfred, mettant ce moment à profit, écarta de nouveau le peignoir, mais cette fois par le bas, et, relevant la chemise, il joua un instant avec les beaux poils noirs qui paraissaient faire ses délices, puis, entr’ouvrant le réduit qu’ils cachaient, je vis son doigt remonter un peu et renouveler ce que j’avais vu faire à ma tante sur elle-même et dont l’imitation m’avait procuré à moi-même une si grande jouissance.

Berthe, de son côté, avait pris et mis au jour le beau membre dont je ne détachai plus les yeux. Il me parut encore plus long et plus gros que la première fois ; il avait bien huit ou neuf pouces et sa grosseur était celle de mon poignet.

Ma tante avait écarté ses cuisses et ouvert, par ce mouvement, sa petite fente, qui ne paraissait pas plus longue que mon petit doigt. Comment, me disais-je, serait-il possible qu’un instrument de cette taille pût pénétrer en entier dans un si petit endroit ? J’en vins à conclure que, la première fois, ma tante, dans la position où elle était, avait sans doute reçu cette grosse machine non en elle, mais entre ses cuisses et que c’était son frottement qui l’avait rendue si heureuse ; mon erreur n’allait pas durer longtemps. Pendant mes réflexions, les deux amants avaient continué en silence leurs douces caresses… « Ah ! dit Berthe… mon époux !… mon chéri !… continue !… ah ! je suis heureuse… Comme Mimi est beau !… comme je vais jouir !… ça vient !… oh ! fais encore un peu !… ah ! je meurs… » Long moment de silence… Berthe paraissait anéantie, le corps renversé, la tête cachée dans l’épaule de son amant, les cuisses écartées… M. B. la contemplait avec ravissement !… « Viens maintenant, dit Berthe en se relevant, viens me le mettre… j’ai besoin de le sentir tout entier… viens, je suis en feu… je brûle. Monsieur Mimi, venez m’arroser de votre bonne liqueur !… »

Berthe dénoua son peignoir et le jeta par terre, puis s’étendit sur le lit. Alfred en fit autant de sa robe de chambre, mais, avant de se placer près de Berthe, il releva sa chemise qu’il roula sous ses aisselles. Qu’il était beau ainsi ! taillé en Hercule et en Apollon ! son fier instrument s’élevait avec raideur d’un taillis épais qui le faisait valoir ; il monta alors sur le lit.

Berthe était restée couchée sur le dos, les jambes écartées et un peu relevées ; Alfred se plaça entre elles à genou et releva lui-même la chemise de son amie jusqu’à son cou, l’exposant ainsi nue à mes regards ; je m’attendais à la voir se relever et se tourner, comme la première fois, le derrière à son amant ; je croyais que cela ne pouvait se faire autrement, mais, à mon grand étonnement, il n’en fut rien. M. B. s’étendit sur elle : Berthe releva ses jambes et les lui plaça sur les reins de manière que rien ne pouvait échapper à ma vue !

Je vis distinctement la main de Berthe se saisir de l’instrument dont elle dirigea la tête au centre de sa petite fente qui s’entr’ouvrit pour la recevoir. M. B. donna un vigoureux coup de reins, Berthe y répondit de même et la moitié au moins de la machine pénétra dans le petit réduit qui se dilatait pour l’engloutir ; quelques autres mouvements achevèrent l’introduction et je vis bientôt leurs deux toisons se confondre : pour le coup, je savais à quoi m’en tenir. T. 1P. 40
Ce ne fut plus alors qu’une réunion de mouvements, de soupirs, de paroles inarticulées, de frémissements à devenir folle !… « Donne-moi bien tout… ah ! que c’est bon… va doucement… jouissons longtemps… serre-moi bien… — Ma chérie !… lève encore tes cuisses qu’il entre mieux… tiens… le sens-tu ! Ah ! quelles délices !… — Je meurs… es-tu prêt ?… mon Alfred, je vais faire… je… je… dépêche-toi !… — J’y suis, ça vient… il… monte… va… pars… je le fais… ah !… je… décharge. »

Tous deux restèrent un moment immobiles, puis Alfred se releva et je vis sortir le cher instrument comme la première fois, petit, rouge et versant des larmes.

Berthe resta plus longtemps sans donner signe de vie, puis se relevant, elle couvrit Alfred de baisers et passa un instant dans son cabinet de toilette.

Je croyais tout fini et je pensais déjà à la retraite ; cependant un secret pressentiment me fit rester.

Berthe se recoucha, enlaça son amant et une douce conversation s’engagea entre eux : « Mon ami, combien j’ai été heureuse ! comme c’est bien meilleur quand on est tout à fait à son aise ! comme tu le fais bien ! — Ma chérie, il n’existe pas au monde une femme plus parfaite que toi ! je veux te manger tout entière ! » Et, relevant de nouveau la chemise de Berthe, Alfred couvrit de baisers tout le beau corps qui tressaillait sous ses caresses ; arrivé au centre de la volupté, il l’entr’ouvrit, le mordit doucement et le baisa avec passion.

« Arrête, mon ami, disait Berthe, arrête, tu vas te fatiguer, repose-toi. — Non, ma chérie, regarde… vois-le, il demande encore la permission d’entrer chez son petit compagnon, tu ne la lui refuseras pas. — Voyons cela, Monsieur Mimi, vous voilà déjà revenu à votre bel état ! oui, vous êtes bien beau ! allons, je veux bien vous emprisonner encore une fois ! là, placez-vous comme cela et ne bougez plus. — Que vas-tu faire ? — Tu sais, mon ami, que j’aime à changer ; reste sur le dos, c’est moi qui vais te le faire. »

En disant cela, ma tante enjamba Alfred et, prenant en main M. Mimi, elle se l’enfonça jusqu’à la garde, puis réglant elle-même ses mouvements, elle s’accroupit le corps droit et resta ainsi enfilée par l’énorme pivot. Elle agaçait Alfred, lui envoyait des baisers, lui montrait ses adorables tétons en faisant des mines. « C’est moi qui te baise, disait-elle, tu es ma petite femme… vois comme je le fais bien… » Au bout d’un instant, il fut facile de voir que le moment suprême arrivait ; elle se coucha sur son amant, qui la reçut dans ses bras et la pressa sur lui en prenant de chaque main ses blanches fesses… La volupté les saisit tous deux ensemble… puis Berthe se dégagea et s’étendit encore une fois mollement à côté de son amant. T. 1P. 43
Il était tard, j’étais écrasée de fatigue et par l’émotion et par la position forcée que j’occupais ; je ne voulus cependant pas partir avant de savoir si le couple amoureux prenait un autre rendez-vous. J’eus la satisfaction de les entendre fixer le lendemain soir à la même heure.

Je regagnai alors ma chambre et me mis au lit brisée ; je n’en dormis pas moins profondément. Je me réveillai vers sept heures, parfaitement reposée ; je repassai avec soin dans mon esprit tout ce que j’avais vu et entendu la veille ; mon imagination s’enflamma, mon sein se soulevait ; un feu actif circulait dans mes veines ; je pris naturellement la position qu’avait ma tante sur le dos, puis je relevai ma chemise comme le lui avait fait M. B. Je touchai alternativement mes seins dont les bouts se gonflèrent ; puis en caressant mon corps, j’arrivai à l’endroit délicat que je parcourus avec curiosité. Il me sembla qu’un léger changement s’y était opéré : Je trouvai les lèvres de ce petit réduit plus rebondies ; je cherchai l’endroit qui avait englouti chez ma tante l’énorme machine, je ne trouvai qu’un petit trou où mon doigt ne pouvait pénétrer sans douleur. Je remontai alors un peu ce doigt… une sensation indescriptible m’envahit tout entière, je frottai doucement d’abord, puis plus vite, puis je ralentis, puis j’activai en répétant les mots de ma tante : Je jouis… ah !… je le fais… ah !… enfin un spasme nerveux me saisit ; je fus transportée d’un bonheur immense dont j’eus toute la conscience, car je ne perdis pas connaissance comme la première fois. Lorsque je fus un peu remise, je retirai ma main toute mouillée, puis je me levai, m’habillai et descendis fraîche et heureuse d’une si bonne matinée.

Je ne raconterai pas la journée qui, du reste, n’eut rien d’intéressant. J’ai hâte d’en venir à la scène du soir. Je pris les mêmes précautions et j’étais arrivée sans accident à mon observatoire lorsque Berthe et son amant se réunirent.

Les préliminaires furent à peu près les mêmes que la veille, mais au lieu d’aller ensuite sur le lit, Berthe dit :« Mon ami, j’ai un caprice : faisons-le comme l’autre matin dans le pavillon : nous sommes bien mieux ici, ce sera encore meilleur ! » En disant cela elle enleva son peignoir, se troussa par derrière et plaçant un grand pouf près de l’armoire à glace, elle s’y posa, la tête et les bras bien plus bas que les fesses qui, relevées et développées par cette ravissante position, présentaient bien apparent et bien ouvert le sentier du plaisir.

Alfred, de son côté, faisait ses préparatifs ; il avait ôté sa robe de chambre et avait placé la lampe par terre, de façon à éclairer parfaitement le délicieux tableau que l’armoire à glace réfléchissait dans toutes ses parties, puis il se plaça et commença son introduction. « Ah ! te me vois trop ! disait T. 1P. 47
ma tante. — Puis-je donc trop voir tant de beautés ! Regarde dans la glace. — Oh non ! c’est trop !… Ah !… il entre… arrête-toi un peu… Comme tu es beau ainsi ! — Mon adorée, comme tu es belle ! quelles hanches admirables !… quel adorable… cul. — Ah ! Alfred, quel vilain mot avez-vous dit ? — Ne t’effarouche pas, ma chérie ! tout est permis en amour ; ces mots déplacés ailleurs, donnent du piquant au doux mystère ! tu les diras aussi et tu comprendras leur charme. » Tout en parlant ainsi, il continuait son mouvement. Berthe, recueillie, immobile, ne parlait plus, mais dévorait la glace des yeux. Je fus stupéfaite de lui entendre dire un instant après : « Tu l’aimes donc bien ? — Qui ? — Eh bien… mon… — Ton quoi ? — Eh bien… mon… mon cul ?… — Ah ! Berthe, que tu es gentille ! Oh ! oui, je l’aime, ton beau cul, je l’adore ! — Eh bien, caresse-le, il est tout à toi, mon… cul… cul !… ah ! mon… mon… cul… cul !… »

En finissant ces mots entrecoupés, elle se laissa aller dans une jouissance complète ; Alfred, qui arrivait aussi au souverain plaisir, l’atteignit et se pâma sur elle…

Leur entrevue se borna ce soir-là à cette délicieuse caresse ; ils ne purent prendre de nouveau rendez-vous, craignant le retour de la femme de chambre ; ils convinrent de certains signaux et, au pis aller, du pavillon du parc. Je regagnai ma chambre. Julie revint le lendemain ; les réunions nocturnes ne pouvaient plus avoir lieu ; je m’appliquai à saisir tous les signaux qui seraient échangés entre les deux amants, mais je fus fort désappointée, je ne surpris rien.

Quatre jours se passèrent ainsi ; j’étais désolée ; j’avais repris mes promenades du matin et je les dirigeais toujours du côté du pavillon. T. 1P. 49

Dans l’après-midi du quatrième jour, j’étais entrée dans ce pavillon pour y satisfaire un léger besoin ; je fus surprise d’y voir une chaise de jardin qui avait été évidemment apportée des environs de la maison ; j’en conclus avec raison que le lendemain il s’y passerait quelque chose et je fus à mon poste bien avant l’arrivée des acteurs.

Ils vinrent l’un après l’autre avec précaution et s’enfermèrent. Berthe s’assit sur la chaise en disant : « Vraiment, tu as bien fait de penser à ce meuble, mon attitude de l’autre jour n’était pas agréable ; mais qu’est-ce que tu veux faire à genoux ? — Tu sais bien qu’il faut que je dise bonjour à mon petit compagnon, — Eh bien ! donne-lui vite un baiser et faisons ça, car il est tard ! tu te mettras sur la chaise et moi à cheval sur toi. »

Au bout d’un instant, en effet, M. B. abaissa son pantalon et s’assit sur la chaise. Berthe se troussa complétement et enjamba son amant ; elle saisit ensuite son vigoureux instrument, et commença à l’introduire en abaissant ses fesses à mesure qu’il entrait. J’étais placée de manière à jouir de ce spectacle par derrière, et par conséquent à ne pas perdre un détail. Bientôt l’énorme outil disparut complétement. Berthe releva ses deux jambes, plaça ses talons sur les barreaux de la chaise et commença à se baisser et à se lever alternativement.

Bientôt les soupirs, les mots accoutumés arrivèrent ; leurs âmes se fondirent dans une jouissance mutuelle ! Je m’étais bien promis, cette fois, de ne pas me borner au rôle de spectatrice, j’avais pris mes dispositions en conséquence, choisissant la position la plus commode possible.

Je commençai à me le faire au moment précis où Berthe s’introduisait T. 1P. 50
M. Mimi, puis, réglant mes mouvements sur les siens, ralentissant ou activant mon opération, j’arrivai si juste, que mes soupirs de jouissance se confondirent avec les leurs.

Lorsque tout fut terminé, Berthe se releva et quitta son poste ; je vis, dans le mouvement qu’elle fit, la tête de M. Mimi sortir de son réduit et une assez grande quantité de cette liqueur, dont je ne m’expliquais pas encore la cause, coula le long de ses cuisses et tomba à terre ; les deux amants se rajustèrent.

M. B. communiqua à Berthe deux lettres qu’il venait de recevoir ; le principal obstacle de leur mariage n’existait plus. Il fut convenu que dans trois jours M. B. ferait la demande officielle et partirait pour faire les préparatifs. Ils convinrent encore de se réunir une dernière fois dans le pavillon le surlendemain matin. Je rentrai bien triste, tout allait donc retomber pour moi dans le calme maussade de ma vie précédente ! pourtant, l’espoir de me marier bientôt et de goûter à mon tour ces divins plaisirs dont j’avais été témoin, me soutint.

Le surlendemain, j’étais dans ma cachette ; M. B. arriva le premier, Berthe vint un instant après ; il me sembla voir un léger nuage sur son beau front ; cependant elle se jeta dans les bras de son amant ; celui-ci, après quelques caresses, voulut mettre la main sous ses jupes, mais elle l’arrêta. « Non, mon ami, c’est impossible aujourd’hui ! j’en suis bien affligée, je t’assure, mais tu sais… un obstacle… remettons à ton retour. — Ah ! que je suis malheureux ! — Et moi, donc ! — Tiens, prends-le, regarde comme il en a envie ! » M. B. sortait de son pantalon un instrument resplendissant. Berthe le prit en disant : « Non, pas T. 1P. 53
sans moi ! — Je t’en supplie. — Tu le veux ; allons, il ne faut pas être égoïste ; mais je t’assure que cela me peine de voir perdre une si bonne chose. Allons ! M. Mimi, mais ne vous y habituez pas sans votre compagnon ! » En disant ces mots, Berthe avait retroussé la manche de son peignoir ; M. B… avait mis bas son pantalon et relevé sa chemise ; il se tenait sur ses jambes. « Non, dit Berthe, ôte tout à fait ton pantalon, puisqu’il n’y a rien pour moi, je veux au moins jouir par les yeux. » Alfred fit ce qu’elle désirait et s’abandonna à elle. Alors elle se plaça un peu en arrière, plaça le bras gauche autour des reins de son amant et commença de la droite un doux mouvement de poignet qui, découvrant et recouvrant alternativement la tête de Mimi, semblait procurer à M. B. un plaisir inouï. « Ah ! comme tu le fais bien ! disait-il, mon ange… va doucement… découvre-le bien… un peu plus vite maintenant… arrête-toi… recommence… ah ! il monte… plus vite… je… jouis… je… pars ! » Il donna alors deux ou trois coups de reins. Berthe, qui suivait avec soin ses indications, serra plus fort l’instrument dans sa main et, à mon grand ébahissement, je vis jaillir par saccades, à trois pas au moins, un jet de liqueur blanche dont l’émission semblait rendre M. B. fou de bonheur.

Au bout de quelques instants, Berthe essuya elle-même l’instrument avec son mouchoir brodé et le remit en place en disant : « Vous êtes un vilain, vous avez joui sans moi, je vous en veux et je vous ferai payer cela la première fois. »

Je les laissai tous deux se retirer et, lorsqu’ils furent assez loin, j’entrai dans le pavillon et j’examinai de près les traces toutes fraîches de l’éjaculation que je venais de voir. Cette vue T. 1P. 55
enflamma mon imagination, je me troussai et me mettant à cheval, je plaçai ma main sur la chaise, le doigt du milieu en l’air, je me baissai dessus, trouvai la petite ouverture, puis imitant les mouvements de Berthe en m’écartant le plus possible et en haussant et baissant le derrière, je me figurai recevoir l’instrument désiré.

Une assez vive douleur ne m’arrêta pas ; je redoublais d’efforts et j’en fis entrer près de la moitié.

Je répétai alors les mots de Berthe : Je fonds… je le fais… mon cul… enfin un spasme me saisit et je me tordis de plaisir…

Ma main et la chaise portaient des marques de ma jouissance ; je me hâtai de les faire disparaître et je revins au château.

Dans la journée, M. B. eut un entretien avec ma grand’mère et demanda officiellement la main de ma tante : on convint de tout et il partit pour Paris, afin de presser les préliminaires.

Il fut convenu que Berthe resterait avec nous encore quelques jours : je devais assister à son mariage en qualité de demoiselle d’honneur ; elle m’emmena avec elle.

Le mariage fut célébré avec éclat et j’assistai pour la première fois de ma vie à un grand bal où je puis dire sans vanité que j’obtins un véritable succès. J’aurais bien voulu assister au coucher des mariés, mais mon observatoire n’était plus là et je dus me résigner à m’associer solitairement à leurs plaisirs.

Trois jours après, M. B. me ramena chez ma grand’mère et partit avec sa femme pour l’Italie.

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE ET DU PREMIER VOLUME.
  1. Après quelques mots échangés à ce sujet, on convint que Julie serait conduite en voiture à la station de *** le lendemain ; puis on n’en parla plus.