Confession galante d’une femme du monde/02
DEUXIÈME PARTIE.
Me voilà donc retombée dans la monotonie et le marasme de ma première existence, ayant de plus les sens éveillés et la connaissance de plaisirs que mon tempérament ardent me rendait plus nécessaires peut-être qu’à d’autres ; je ne rêvais que mariage et M. B. était le beau idéal que je me représentais comme époux.
Je faisais souvent des visites au pavillon du parc, qui renfermait pour moi des souvenirs ineffaçables ; j’y avais laissé la chaise qui servit souvent de trône à mes plaisirs solitaires.
Ce moyen de soulagement m’était non-seulement nécessaire, mais je dirai même indispensable, car il me prenait quelquefois de véritables fureurs amoureuses ; mes yeux se voilaient, mes oreilles tintaient, mes jambes se dérobaient sous moi ; rien qu’en serrant mes cuisses l’une contre l’autre, je sentais cette partie charmante qui nous fait femme se mouiller et se contracter.
Dans ces moments-là aucune résistance n’était possible ; il fallait céder ! Mon doigt était passé maître ; lorsque j’avais joui une bonne fois, je sentais un calme bienfaisant ; une fraîcheur délicieuse circulait en moi. Je suis convaincue que sans cela j’aurais fait quelque maladie grave ; heureusement je n’en abusai pas et ma santé ne fit que s’en bien trouver.
J’atteignis ainsi mes dix-huit ans ; j’étais vraiment belle ; sans fausse honte et sans amour-propre ridicule, je vais tracer ici de moi un portrait sans chemise aussi exact que ressemblant.
J’étais d’une taille au-dessus de la moyenne ; mes cheveux étaient abondants et d’une belle teinte châtain foncé ; mes yeux, pourvus de longs cils, étaient bruns, brillants et noyés d’un fluide voluptueux ; ma bouche, un peu grande et très-sensuelle, était garnie de belles dents ; un signe noir, placé au côté droit de la lèvre supérieure, relevait le piquant de ma physionomie. J’avais d’admirables épaules, les seins séparés, fermes et admirablement placés ; la taille souple et fine, les fesses volumineuses et parfaitement belles ; le mont de Vénus, très-saillant, surmontait un réduit qui, paraît-il, était un modèle rare de pureté de formes et de qualités voluptueuses hors ligne. Sans avoir la rare toison de ma tante, j’étais bien pourvue de ce côté, et par une particularité singulière, cette jolie fourrure se continuait, en bas, par une mousse soyeuse et très-courte qui ombrait d’une ligne foncée le sillon qui séparait les deux globes voisins.
Combien de fois, cher Jules, m’as-tu fait placer de manière à bien jouir de ce coup d’œil ! que de caresses ! que de baisers ! mais n’anticipons pas.
Ajoutons, pour terminer ce portrait, que j’avais les mains belles, quoiqu’un peu fortes, et les pieds fins et cambrés. Avec le tempérament qui me dévorait, n’étais-je pas un vrai morceau de roi ?
Ma grand’mère, qui se sentait près de sa fin et s’effrayait de mon avenir, s’occupait, sans m’en prévenir, de trouver un mari ; un vieil ami à elle vint un jour lui faire une proposition qui semblait combler ses espérances et mes plus chers désirs.
M. de C. nous fut présenté ; il avait vingt-huit ans, était de taille moyenne, très-distingué de manières, avait une jolie tournure et une figure fort régulière ; sa famille était excellente et sa fortune très-convenable ; il n’avait pas l’air aussi mâle que M. B., mais, tel qu’il était, il me plut beaucoup, et, en secret, je lui donnai mon cœur dès le premier jour. Quant à lui, il fut ébloui et décidé, dès qu’il m’eut aperçue ; nous étions donc tous d’accord ; aussi le mariage fût-il convenu et deux mois après nous fûmes mariés dans la petite ville de… Nous devions encore passer quelque temps avec ma grand’mère et partir ensuite pour… où mon mari occupait l’emploi de…
Berthe vint assister avec son mari à ma noce ; elle était toujours aussi jolie et aussi heureuse ; je lui fis mes petites confidences ; je lui dis que j’étais disposée à aimer mon mari de toute mon âme ; qu’une seule chose me chagrinait : je le trouvais un peu froid et réservé, quoique toujours affectueux et galant. Berthe se mit à rire et m’assura que cela changerait bientôt.
Le grand jour arriva ! elle me servit de mère et m’habilla elle-même.
Je voyais arriver le soir avec un sentiment de désir et de crainte inexprimable ; l’acte que j’allais accomplir, quoiqu’en théorie bien connu de moi, me donnait de terribles appréhensions.
Cette soirée finit enfin ! et Berthe m’emmena dans la chambre nuptiale. C’était la sienne ! c’était sur ce lit où je l’avais vue si bien fêtée que je devais devenir femme.
Berthe me coucha et s’assit à côté de
mon lit pour m’instruire de ce que,
dans sa conviction, je devais profondément
ignorer : elle le fit avec adresse
et tact, mais de manière pourtant à
m’expliquer, très-clairement le tout :
puis elle m’embrassa, me recommanda
de la complaisance et du courage et se retira.
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Un instant après, M. de C. entra, il n’avait qu’une robe de chambre. Il vint à moi, m’embrassa avec ardeur, me dit des choses très-affectueuses, ôta son vêtement et entra dans le lit.
Charles, c’était son nom, me serra dans ses bras ; le contact des parties nues contre les miennes me fit tressaillir ! il m’embrassa doucement, en me disant de ne pas craindre, se rapprocha de moi encore. J’étais toute tremblante, je n’osais parler et cependant je désirais ! Il me dit bien bas : « Voudriez-vous avoir un petit enfant ? » puis, en même temps, son genou droit s’insinuait entre mes cuisses et les séparait. Je résistai d’abord, puis je cédai petit à petit : bientôt Charles fut sur moi et je sentis la pointe de l’objet tant désiré.
Ce premier contact fit sur moi l’effet du feu sur la poudre ; toute la chaleur de mon tempérament se porta à l’endroit attaqué, je jouissais presque ! Charles s’y prenait mal, ou trop haut ou trop bas ; je n’osais pas bouger, je ne pouvais le seconder ! j’étais en feu et haletante ! enfin, je le sentis au véritable endroit. Il poussa vigoureusement ; une vive douleur me saisit, je fis un soubresaut et me reculai, je fus sur le point de jeter un cri.
Charles, désorienté, me demanda
pardon, me supplia d’avoir un peu de
courage et reprit sa place. Je ne bougeai
plus, j’eus même l’adresse de prendre
une meilleure position, bien décidée à
tout souffrir ; il poussa de nouveau et
la douleur revint, mais je résistai,
j’avançai même au devant du coup pour
en finir plus vite. Il me semblait que
Charles n’agissait pas bien vigoureusement
et qu’il y avait une grande différence
de taille entre l’instrument qui
me perforait et celui de M. B. ; de plus,
il ne me parlait pas, il ne me disait
aucun de ces mots que j’avais entendus
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et que je ne croyais pouvoir se séparer
de l’opération que nous faisions.
Enfin ! Charles parut reprendre un peu plus de forces ; il donna un solide coup de reins, j’en fis autant de mon côté, en me raidissant ; la douleur fut si vive que je jetai un cri, mais j’eus la satisfaction de me sentir pénétrée, car l’instrument tout entier était en moi ! mon mari continua un moment son mouvement de va et vient, puis il tressaillit, poussa quelques soupirs et resta immobile… Je sentis alors une liqueur chaude m’inonder et diminuer un peu la cuisson qui me dévorait.
Charles se retira et s’étendit à côté de moi visiblement fatigué.
Quant à moi, malgré mes désirs et mon imagination, je n’avais éprouvé aucun plaisir ; je ne m’en étonnai pas d’ailleurs, instruite par Berthe que cela devait être ainsi.
Charles m’embrassa et, me souhaitant le bonsoir, il me tourna le dos et s’endormit.
Je restai très-étonné et assez embarrassée ; je m’attendais bien à recommencer et j’étais, malgré la douleur, toute prête à le faire. Enfin j’en pris mon parti et m’endormis à mon tour.
Je me réveillai tard le lendemain : j’étais seule ! À un mouvement brusque que je fis pour me mettre sur mon séant, Charles sortit de la chambre à côté et vint à moi. Il était déjà complétement habillé ; il m’embrassa sur le front, me dit quelques mots affectueux, s’informa si j’avais bien dormi ; tout cela était froid. Mon cœur, prêt à voler vers lui, s’arrêta ; il me semblait qu’il aurait dû attendre mon réveil, me serrer dans ses bras, me parler amour et bonheur, enfin recommencer ses caresses de la veille. Je comprenais qu’alors j’aurais répondu à ses transports et qu’aucune appréhension de douleur ne m’aurait empêché de le recevoir de nouveau ! Enfin un doute sur mon avenir me serra la poitrine ! ce n’était pas ce que j’avais rêvé ! Charles me quitta en me disant qu’il me laissait m’habiller ; je n’y pensais même pas, et je m’enfonçai dans des réflexions assez tristes. Une voix aimée m’appela et Berthe accourut m’embrasser.
Je la saisis par le cou, l’enlaçai et me mis à pleurer.
« Qu’as-tu donc, bon Dieu ! cher enfant ! » me dit-elle. J’aurais été bien embarrassée, en effet, de répondre ; je n’avais aucun grief à exprimer, je sentais seulement que je ne serais pas aimée comme je l’avais espéré et que l’ardent foyer qui brûlait en moi ne trouverait pas à s’épancher.
Berthe pensa que j’avais éprouvé un simple mouvement nerveux et s’occupa de me calmer en me plaisantant doucement ; la gaieté de mon caractère reprit bientôt le dessus, je me levai et allai me mettre dans un bain que ma bonne m’avait fait préparer.
La journée se passa doucement ; tout le monde était heureux autour de moi ; mon mari paraissait enchanté ; il fut galant et tendre autant que sa nature le comportait ; j’en fus bien heureuse et lui rendis timidement les caresses réservées qu’il me faisait. Le soir arriva, il m’emmena de bonne heure et nous nous mîmes au lit ; moins timide que la veille, il m’enlaça dans ses bras, me dit qu’il m’aimait et m’embrassa très-tendrement ; je me hasardai à lui dire que je l’aimais aussi et lui donnai un baiser qui l’électrisa ; je sentis déjà sur ma cuisse nue quelque chose de dur qui me promettait beaucoup.
Comme la veille, il se pencha à mon
oreille et me dit : « Voulez-vous que
nous fassions encore comme hier soir ? »
Je ne répondis pas, mais je ne pus
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m’empêcher d’ouvrir les cuisses, et,
furtivement, de relever ma chemise ; il
se mit sur moi, je l’enlaçai dans mes
bras, attendant, désirant avec impatience
le moment suprême ! Je sentis
bientôt la tête de l’instrument ! j’eus un
frémissement dont je profitai pour l’introduire
aussi avant que possible ;
j’éprouvai encore une douleur assez
vive, mais je ne m’y arrêtai pas ; le bonheur,
le feu qui circulait dans mes
veines me faisait tout supporter ! j’éprouvais
déjà les avant-coureurs de la jouissance,
je me retenais pour ne pas parler.
J’éprouvais le besoin de dire ce que
je ressentais ; je comprenais parfaitement
maintenant les mots de ma tante,
mais le silence de Charles, qui paraissait,
au contraire, concentré en lui-même,
m’empêchait de m’épancher.
Charles continuait son mouvement, m’embrassait, mais ne paraissait pas hors de lui-même comme je l’aurais voulu. Cependant, j’étais bien heureuse ! il me semblait que tout mon être se fondait. Je ne pus m’empêcher de donner un coup de reins et de faire une exclamation ! et je restai immobile… je jouissais… à perdre connaissance… Charles s’arrêta un moment et parut étonné de mes transports. Je me contins, il continua… que dirai-je de plus ? Il fut longtemps dans cette douce affaire et quatre fois je répandis la rosée céleste ! enfin je le sentis frémir, soupirer et un jet de flamme vint m’inonder intérieurement !… Nous restâmes tous deux immobiles, moi exaltée, enfiévrée, mais prête à recommencer ; lui, abattu et n’ayant besoin que de repos… Nous nous endormîmes.
Le lendemain, en me réveillant, je
me trouvai encore seule. Je n’en fus
pas fâchée ; je retraçai dans ma tête
toute la scène de la veille, puis j’eus la
curiosité de me visiter. Je m’assis sur
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les oreillers, les jambes bien écartées,
et j’ouvris, avec les mains, les lèvres
de mon réduit ; j’y trouvai un grand
changement ; l’intérieur en était d’un
rose plus vif, l’ouverture était faite, et
mon doigt tout entier y pénétrait facilement…
Cette visite m’amusait et
aurait eu certainement une certaine
suite, mais un coup discret, frappé à
ma porte, me fit recouvrir à la hâte et
prendre une position naturelle dans
mon lit.
C’était Berthe. Elle me trouva fraîche et gaie et se mit à sourire en m’embrassant ; nous causâmes comme deux sœurs en faisant ma toilette. J’étais maintenant tout à fait femme, et ma jolie tante me traitait comme elle. Elle tira de moi quelques confidences qui parurent l’intéresser vivement ; elle me fit des questions et je lui racontai ce qui s’était passé… Elle parut très-étonnée quand je lui dis que j’avais senti quatre fois un grand plaisir pendant que Charles me le faisait une fois seulement. Il est évident que le peu de forces viriles de mon mari, comparé au sien, l’avait fort surprise. La journée se passa, mon mari était grand chasseur, il alla tuer quelques pièces de gibier. Je fus, de mon côté, faire une promenade avec Berthe. Le dîner nous réunit et nous fîmes de la musique le soir.
La nuit arriva et fut bien différente des deux précédentes ! Charles se coiffa d’un affreux foulard, me causa de notre prochain départ, de notre installation, mais ne me dit pas un mot d’amour, ne me fit aucune caresse ; il m’embrassa froidement et s’endormit.
Je me réveillai, le lendemain, avant
lui ; je fus saisie d’une envie terrible de
voir l’instrument que je n’avais senti
que deux fois et qui, cependant, m’avait
paru peu ressembler, en taille et en
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vigueur, à celui de M. B. Une circonstance
me favorisa. Il faisait chaud ;
Charles avait rejeté son drap qui recouvrait
tout au plus la partie en question ;
par bonheur, sa chemise était
relevée ; je fis descendre un peu le drap
avec des précautions infinies et j’aperçus
le triste outil qui devait être ma
seule consolation. Quelle différence, en
effet, avec celui de M. B. ! Petit, racorni,
dans une peau ridée, à peine
s’apercevait-on de la présence de sa
tête flasque, reposant sur sa cuisse ;
dès ce moment, je crois, notre destinée
fut fixée !
Charles fit un mouvement : je me hâtai de me retourner et fis semblant de dormir ; il quitta le lit le premier, comme d’habitude.
Le temps de notre séjour chez ma grand’mère touchait à sa fin. Certes je n’étais pas malheureuse ; mon mari était bon, m’aimait autant que le comportait sa nature froide, était fier de ma beauté et ne me refusait rien de ce que je pouvais souhaiter ; mais tout cela ne me suffisait pas ; ce n’était pas ce que j’avais tant rêvé ! c’est-à-dire un amour ardent, voluptueux, lascif, pour lequel j’aurais tout donné, pour lequel j’étais capable de tous les dévouements ! Je voyais devant moi une vie douce, monotone, sans enfants probablement, mais trop difficile à un tempérament comme le mien.
Charles me le faisait une ou deux fois par semaine, toujours avec la même réserve désespérante ; il ne m’embrassait que sur les joues ou le front ; mes seins si frais, si fermes, ne recevaient aucune caresse ; sa main semblait fuir cet endroit charmant qui l’aurait si bien accueillie ! Quant à moi, je ne pouvais risquer aucun attouchement, qui, je le sentais, aurait été repoussé.
Nous étions déjà mariés depuis deux ans, j’avais vingt ans ! Mon tempérament, dans toute sa force, avait augmenté, loin de se calmer ! Mon mari me le faisait de moins en moins, et comme je l’avais craint, je n’avais pas eu d’enfant qui, en m’occupant, aurait changé le cours de mes idées.
Ma grand’mère était morte depuis un an ; nous habitions la ville de… où mon mari occupait l’emploi élevé de… qui l’obligeait à de fréquentes absences qui, du reste, s’accordaient avec son goût pour la chasse. Je restais donc souvent seule et, malgré la musique que je continuais à aimer et à cultiver avec succès, ma tête travaillait, mes sens surexcités ne me présentaient que des scènes d’amour et de délire ; que de nuits j’ai passées, lorsque j’étais seule, me tordant sur mon drap dans les positions les plus lascives que j’inventais d’instinct !
Mon doigt ne me suffisait plus ! je prenais mon traversin, je l’enlaçais dans mes jambes et dans mes bras, comme s’il eût pu me satisfaire ; je me frottais contre lui, j’arrivais à un degré de jouissance relative qui ne faisait encore que me surexciter ! Je changeai de posture, me mettant à cheval sur lui : je me frottais de nouveau jusqu’à ce que les sources du plaisir, gonflées par ce stimulant, s’ouvrissent et me procurassent quelque soulagement.
Ces excitations nerveuses me donnaient des hallucinations qui se traduisaient par un état magnétique inconcevable ; mon caractère doux et gai devenait inégal et capricieux ; je résistais cependant de mon mieux ; mais enfin je fus vaincue, je succombai ! Ai-je donc été bien coupable ?
Je voyais souvent Mme D., femme du premier magistrat de la ville ; c’était une petite blonde qui avait été très-jolie, mais qui était déjà sur le retour ; je crois qu’elle avait eu bien des aventures dans sa jeunesse.
Un jour, étant allée lui faire une visite, elle m’apprit que M. F. était venu prendre le commandement de la garnison ; c’était un jeune officier dont on avait beaucoup parlé, qui avait fait la guerre avec une grande distinction et qui avait gagné rapidement les épaulettes de lieutenant-colonel ; il pouvait avoir trente-six ans et n’était pas marié.
Mme D. nous dit qu’elle l’invitait à dîner et nous pria, mon mari et moi, pour ce jour-là. Était-ce pressentiment ? Je ne sais, mais je retournai chez moi toute pensive et sentant une pointe de jalousie contre Mme D.
Le dîner eut lieu trois jours après ; j’avais fait, je dois l’avouer, une ravissante toilette ; nous entrâmes dans le salon ; M. F. y était déjà ; en un instant je l’eus détaillé ; il était grand, vigoureux, bien découplé ; sa figure franche et ouverte, ses manières distinguées. Il me fut présenté ; sa voix douce et persuasive me charma ; je sentis un froid au cœur ; puis tout mon sang se reporta à ma tête. Oh ! j’étais prise, bien prise ! je ne cherchai même pas à combattre le sentiment qui envahissait tout mon être.
On servit le dîner qui fut très-gai, et dans lequel M. E. brilla par un esprit fin et cultivé ; il était à la droite de Mme D., qui coquetait avec lui… Je l’aurais tuée !
Après dîner, il s’approcha de moi et me demanda la permission d’aller me voir ; il causa avec mon mari, auquel il plut beaucoup. Mme D. se mit au piano et joua une jolie valse ; M. D. dit que je valsais bien et m’engagea à faire un tour avec lui ; mais il était âgé et fut vite fatigué. M. F. se présenta pour le remplacer.
Lorsque je sentis son bras entourer ma taille, je fus prise d’un mouvement nerveux, qui évidemment ne lui échappa pas.
Je me laissai entraîner aux charmes de la position. M. F. en profita hardiment, malgré la gêne de notre entourage ; dans un tournant, au coin du salon, il trouva moyen de me serrer si étroitement sur lui, que je sentis un instant, sur mon ventre, un objet tellement dur et tellement raide, que je pensai défaillir… Ah ! cette valse décida de ma défaite !
Cette heureuse soirée finit trop tôt. Rentrée chez moi, je me déshabillai promptement, dis bonsoir à mon mari, et, sous prétexte de fatigue, je me couchai, non pour dormir, mais pour rêver ! J’étais placée sur le côté gauche, tournant mes fesses vers Charles ; par hasard, un caprice le prit, je le sentis soulever doucement ma chemise, puis, se serrant contre moi, il chercha à me le mettre par derrière ; j’en fus d’abord contrariée, mais mon tempérament reprenant le dessus, je me prêtai à son désir ; mais il s’y prenait mal et n’arrivait pas ; je perdis patience et rejetant, d’un brusque mouvement, le drap au pied du lit, et passant ma main par derrière, je saisis le dard qui ne pouvait arriver seul, et me l’enfonçai jusqu’à la garde ! Je ne pensai plus alors qu’à F., je me figurai que c’était lui qui était derrière moi, et qui me le faisait ! Je lui adressais, en moi-même, tout ce que j’aurais voulu lui dire en pareil cas !
Trois fois, ma rosée amoureuse
s’épancha pour lui, pour lui seul ! Mon
mari, qui profitait, sans le savoir, du
résultat de mes pensées, me le fit mieux
que d’habitude et me rafraîchit par une
abondante éjaculation. Lorsqu’il se retira,
je craignis qu’avec sa ridicule réserve
habituelle, il ne se formalisât du
mouvement tout spontané qui m’avait
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fait saisir et emprisonner moi-même
son instrument, mais il parut au contraire
m’en savoir gré… Je m’en souvins
pour l’avenir !
Le lendemain, M. F. vint nous faire une visite, nous étions sortis ; j’eus un chagrin réel en trouvant sa carte. Le surlendemain, il revint ; cet empressement me plut beaucoup ; mon mari était avec moi ; nous le reçûmes de notre mieux et l’engageâmes à venir souvent.
Je crus m’apercevoir qu’il me regardait avec un sentiment tout particulier ; j’en fus heureuse au possible !
Une douce intimité ne tarda pas à s’établir entre nous ; mon amour grandissait de jour en jour ! et je savais déjà que mon adoré F. le partageait. Quoiqu’il ne m’eût encore rien dit, j’en étais sûre. Quelle femme se trompe à cela ?
Nous ne nous étions pas encore trouvés seuls ; je désirais ardemment, et cependant je redoutais ce moment ; je ne voulais pas me livrer tout entière à la première entrevue, et je sentais qu’il me serait impossible de résister un seul instant ! Je prenais la résolution de le connaître davantage, de l’éprouver… mais toute force, toute volonté disparaissaient aussitôt que je le voyais.
Comment aurais-je pu, dans un tel état, résister à son attaque ?
Cela me fut vite prouvé ! Un jour, il arriva vers trois heures ; mon mari était absent, mais j’avais, en visite, une ennuyeuse personne qui ne songeait pas à me quitter. Je voyais mon cher F. souffrir et attendre ; mais enfin, ne pouvant décemment rester plus longtemps, il prit congé en me lançant un regard suppliant auquel je ne pus résister.
Je lui dis : « Mon mari ne vous a-t-il pas promis tel livre ? — Oui, madame, et j’espérais l’emporter avec moi aujourd’hui. — Je vais vous le donner. Pardon, madame, dis-je à mon éternelle visiteuse, voulez-vous me permettre de vous laisser seule un instant ? » Nous étions alors dans un petit salon qui me servait de boudoir ; F., qui avait compris, sortit et alla m’attendre dans le grand salon où je le rejoignis avec un livre quelconque. En un instant il m’eut déclaré sa passion ! Que me dit-il ? que lui ai-je répondu ? je ne sais rien, je ne me souviens de rien !… Je le reconduisais vers la porte de sortie de crainte qu’on ne l’entendit. Il y avait une double porte entre le salon et une petite antichambre, où j’entendais un domestique. Arrivés là, M. F., hors de lui, me saisit dans ses bras, entr’ouvrit mes lèvres avec les siennes, et un long baiser, un baiser de feu, un baiser qui retentit dans tout mon être, vint arrêter un cri que j’aurais poussé malgré moi.
En même temps une main encore plus prompte avait relevé mes jupes et caressait savamment mon réduit brûlant qui, prompt comme l’éclair, lui laissa une marque palpable de la jouissance qui l’envahit.
« Partez !… Partez !… Allez-vous-en, dis-je d’une voix étouffée : partez !… demain… trois heures…, » et je m’enfuis dans un état que je ne puis décrire !
Heureusement que la dame qui m’attendait n’y voyait pas beaucoup et ne s’aperçut pas de mon désordre.
Je n’entreprendrai pas de raconter mes impressions jusqu’au lendemain ; ce que je me rappelle seulement, c’est que j’étais résolue.
Mon mari devait s’absenter ; je m’arrangeai
de façon à envoyer mes domestiques
en commissions ; je fis une fraîche
toilette et j’attendis. Mon cher F. arriva ;
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je lui ouvris moi-même et le menai dans
mon boudoir.
Nous nous assîmes, assez embarrassés tous deux ; lui, fort respectueux, me demanda pardon de ce qu’il avait fait la veille, en me disant qu’il n’avait pas été maître du mouvement de délire qui l’avait saisi ; que son amour pour moi était tel, qu’il mourrait s’il ne m’obtenait pas.
Je ne savais que répondre ! Nos cœurs étaient trop pénétrés tous les deux ! il me prit la main et la baisa… je me levai en frémissant… nos bouches se rencontrèrent… Je dois l’avouer, je ne fis plus aucune résistance… je n’en avais pas la force… Je savourais ce bonheur inouï ! Je sentis qu’il m’entraînait, mais où ? Comment faire ? Il n’y avait dans mon boudoir qu’une causeuse assez incommode, des fauteuils et des chaises.
F., me tenant toujours dans ses bras, s’assit sur une chaise, de sorte que je me trouvai debout devant lui et penchée sur sa figure.
Je sentis qu’un de ses bras quittait ma taille… Bientôt je fus troussée par devant et F. chercha à passer les genoux entre mes jambes.
« Oh ! pas cela, dis-je entre deux spasmes… non… je vous en prie… ayez pitié. »
F., de son côté, faisait des efforts pour me faire baisser de manière à être à cheval sur lui ; par instinct, tout en désirant, je résistais encore en me raidissant ! nous nous épuisions !
Enfin, ayant baissé un peu les yeux, je vis un spectacle qui termina la lutte.
F. avait sorti son instrument tout
prêt au combat… sa tête altière et
rubiconde se dressait fièrement… sa
longueur et sa grosseur, vraiment exceptionnelles,
dépassaient notablement
celui de M. B. À cette vue, je n’eus plus
la force de résister ; mes cuisses
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s’ouvrirent d’elles-mêmes… je me baissai
en cachant ma tête sur l’épaule de
mon amant et je m’abandonnai à lui !
m’ouvrant le plus possible, désirant et
craignant l’entrée d’un si bel hôte !
J’en sentis bientôt la tête entre les lèvres de mon réduit, que le mince outil de mon mari n’avait pas habitué à pareille fête ; je fis un mouvement pour l’aider et j’en avais à peine introduit la pointe, que je me sentis inonder par un jet brûlant de liqueur amoureuse qui me couvrit les cuisses et le ventre !… L’attente prolongée, la passion avait fait jaillir trop vite pour moi cette précieuse rosée dont je n’avais pu jouir comme je l’espérais.
Je ne pus m’empêcher de laisser voir un peu de désappointement ; mais mon amant, en me couvrant de baisers, me dit que ce n’était qu’un instant de repos à attendre et que je serais bientôt plus contente de lui. Nous nous assîmes sur la causeuse, enlacés dans les bras l’un de l’autre, nous disant à satiété notre amour et notre bonheur ; nous nous étions aimés tous deux à première vue et tous deux nous avions cédé à une passion irrésistible.
Au bout de quelques instants, je vis
que mon amant était prêt à recommencer
et je me demandais à part moi comment
nous allions faire ! je ne voulais
plus essayer la posture qui m’avait si
mal réussi ; je voyais bien que F. regardait
aussi autour de lui ; alors j’eus une
idée ; je me levai en lui souriant et l’agaçant ;
il se leva aussi, je me reculai, il
me poursuivit ; enfin je vins m’appuyer
nonchalamment sur la tablette de la
cheminée et je présentai ma croupe que
je fis onduler par un mouvement de
chatte, en même temps je tournai la tête
et lui lançai un regard provocateur.
Ah ! comme je fus comprise ! F. s’élança
vers moi, me donna un baiser en me
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disant : Merci ; puis, se plaçant derrière
moi, il releva mes jupes sur mes reins.
En apercevant ces formes que j’avais si
belles, il jeta un cri d’admiration ; je
m’y attendais, mais je ne m’attendais
pas à l’hommage que je reçus ! F. se
jeta à genoux ; puis, après avoir couvert
mes fesses de baisers, il les écarta
par le bas et je sentis des lèvres… une
langue… À mon tour, je jetai un cri et
restai pâmée…
F. se releva et commença à me le mettre ; son énorme instrument n’entrait pas facilement, malgré nos efforts communs ; il le retira, y mit un peu de salive et je me sentis bientôt pénétrée, remplie et dans un état d’extase inénarrable.
Mon amant, penché sur moi, avait collé sa bouche sur la mienne que je pouvais lui donner en tournant la tête ; sa langue caressait la mienne ; je ne me possédais plus, je devenais folle, le moment suprême arriva, je me tordis en exhalant des mots inachevés !…
F., qui s’était ménagé, était rayonnant de mon bonheur ; il me laissa me calmer, puis je sentis son doux mouvement recommencer. Ah ! comme il savait distiller le plaisir et le doubler par mille nuances délicates !… Oh ! cette première leçon… je la sens encore… là… « Cher ange, dit-il, dis-moi ce que tu ressens ; c’est si bon de se faire de ces douces confidences, lorsqu’on ne fait qu’un, comme en ce moment ! » Oh ! comme ces paroles me rendirent heureuse, moi qui avais toujours désiré entendre et dire ces mots qui m’avaient tant exaltée lorsqu’il s’agissait de ma tante ! Aussi, n’hésitai-je pas un instant.
« Je vais le faire encore, dis-je, ça vient… enfonce… encore… encore… achève-moi !… ah !… je me meurs… — Mon adorée… ça vient aussi… il monte… ah ! je pars. »
F. donna un coup de reins et s’affaissa sur moi… Je sentis son éjaculation sous laquelle je perdis presque connaissance.
Comment ne suis-je pas morte sous cette étreinte ? rien de ce que je m’étais imaginé à la vue des doux ébats de ma tante, n’approchait de cette réalité ! J’étais anéantie, la tête dans les mains, le sein palpitant, incapable de faire un mouvement…
F. se retira de moi… je jouissais encore… je jouissais toujours ! je restais, malgré moi, découverte jusqu’à la ceinture, frémissante, continuant machinalement un mouvement de fesses qui faisait tomber à terre le trop plein de liqueur.
F. eut pitié de moi ! Après s’être rapidement ajusté, il abaissa mes jupes, et me prenant dans ses bras, il m’assit à côté de lui sur la causeuse. J’eus un moment de divagation… Il me calma ; sa douce voix me remit un peu, je le suppliai de me laisser seule, il se retira.
Je repris enfin conscience de moi-même, j’étais dans un désordre incroyable ; je dus changer de linge ; ma chemise et mes bas étaient non-seulement maculés de liqueur amoureuse, mais tachés de nombreuses gouttes de sang. Ce n’était pas impunément que j’avais eu à faire à un membre de cette taille !
Quand j’eus remis un peu d’ordre, aussi bien dans mes idées que dans les détails de ma toilette, je me mis sur mon lit et m’endormis profondément ; mon mari ne devait rentrer que le soir assez tard ; je me réveillai vers sept heures, heureuse, fraîche, forte comme je ne m’étais pas sentie depuis longtemps.
Je fais grâce ici de toutes les réflexions qui m’assaillirent. Je l’ai dit, j’avais été entraînée par un sentiment irrésistible et surtout par une absolue nécessité naturelle de l’acte vénérien qui était aussi nécessaire à mon existence que la nourriture.
J’étais bien loin d’être vicieuse ! J’aimais mon mari comme un ami sûr, comme le compagnon de mon existence, et s’il avait eu les forces viriles qui m’étaient nécessaires ou même s’il avait su y suppléer par des caresses habiles, je n’eus jamais pensé à lui être infidèle ! Je pris la résolution de lui épargner au moins tout chagrin, et j’ai pleinement réussi : il n’a jamais eu aucun soupçon !
Cette résolution demandait beaucoup de soins, de peines et même de privations ; la ville que j’habitais était fort cancanière et il était très-difficile de cacher ma liaison ; je dus prendre des précautions infinies.
J’avais prévenu mon amant qui, désireux avant tout de sauver ma réputation, m’avait promis de tout faire pour ne pas exciter de soupçons, et je pouvais compter sur son honneur.
Quelques jours se passèrent sans nous voir ; j’en souffrais beaucoup et lui autant que moi ! un signe, un regard à la promenade étaient notre seule consolation… huit longs jours !
Enfin F. n’y tint plus et vint nous faire une visite ; mon mari était présent ; nous causâmes de bonne amitié ; une autre personne arriva, F. prit congé ; mon mari le reconduisit et rentra. Je ne sais quel instinct m’avertit que F. n’était pas sorti ! Je me levai, sous un prétexte d’autant plus acceptable que le visiteur parlait service avec mon mari, et allai dans mon antichambre ; je ne m’étais pas trompée ; F., ne voyant pas de domestique, se tenait en dedans de la porte de sortie.
Dès qu’il me vit, il se précipita sur
moi, m’enlaça dans ses bras avec une
violente passion. « Cher ange ! que je
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souffre ! me dit-il. — Et moi !… »
Nous étions encore entre les deux portes dont j’ai parlé ; avant que j’aie eu le temps de me reconnaître, nos bouches se collaient l’une sur l’autre, j’étais troussée jusqu’à la ceinture… son doigt pénétrait dans mon brûlant réduit qui s’ouvrait sous sa pression… ma main s’était emparée de l’objet chéri !… Que dirai-je de plus ? quelques secondes s’écoulèrent… quelques mouvements de nos deux mains eurent lieu… je me pâmai… et retirai ma main entièrement baignée d’une chaude et abondante liqueur !…
Nous nous sauvâmes chacun de notre côté.
Quelques jours se passèrent encore sans pouvoir nous joindre ; enfin, un heureux moment de liberté arriva, nous avions une heure à nous !
Ah ! comme nous en profitâmes !… Mon amant parut dans mon petit salon ; je volai à sa rencontre, je le mangeai de caresses… « Faisons vite, » nous dîmes-nous en même temps !
Profitons de notre bonheur !…
Je m’arrachai de ses bras, me troussai par derrière et me mis à genoux sur la causeuse en lui présentant mes fesses ; il me le mit ainsi et bientôt je me pâmai sous sa décharge.
Nous nous assîmes ensuite ; mais
mon amant ne voulut pas s’en tenir là,
et, malgré mes craintes, je ne pus lui
refuser : il se plaça à genoux entre mes
jambes qu’il m’avait écartées ; je pris
dans ma main son vigoureux brandon
qui avait déjà repris toute sa dureté ; je
le caressai un moment, puis je l’enfonçai
moi-même graduellement en savourant
ce ravissant plaisir ! Lorsque la
flèche eut complétement disparu dans
son carquois, F. se pencha sur moi, et
élevant mes deux jambes sur ses bras,
il me renversa en arrière, et travailla si
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bien que bientôt une seconde éjaculation
vint s’ajouter à la première dont j’étais
déjà remplie.
Mon but n’est pas de raconter, jour par jour, toutes nos délicieuses entrevues ; je me bornerai seulement à décrire les faits les plus saillants de cette adorable liaison, que j’aurais tant désiré pouvoir durer toute ma vie ! Mon amant savait varier les plaisirs sans jamais en arriver à la satiété ; il trouvait une volupté singulière à m’instruire dans l’art de jouir et il avait en moi la plus docile et la mieux disposée des élèves.
Il m’apprit les noms réels de chaque chose, me les faisait dire quelquefois, mais seulement dans le paroxysme de la passion ; il ne les employait lui-même que dans les élans suprêmes ; il prétendait, avec raison, que c’était une épice de haut goût dont il ne fallait pas abuser, de peur d’en perdre la saveur ! Il m’arrivera sans doute de m’oublier quelquefois dans ces doux souvenirs, mais qu’importe ! après tout.
Que de caresses raffinées ! de positions lascives il savait m’enseigner !
Que de caprices, d’enfantillages, de
raffinements de part et d’autre étaient
réalisés aussitôt que désirés ! Je faisais
de tels progrès, sous un si bon maître,
que j’arrivais souvent à le surpasser.
J’aimais beaucoup à changer de manière :
Ainsi, quelquefois enfilée par derrière,
ce qui était une de nos postures favorites,
je désarçonnais mon cavalier, me
retournais vivement, donnais un baiser
à mon rouge vainqueur, tout humide de
moi, puis me sauvais à l’extrémité de
la chambre et me plaçais sur un fauteuil,
les jambes en l’air et présentant
tout ouvert mon minon auquel je donnais
un mouvement provoquant ; à
peine mon amant l’avait-il pénétré de
nouveau, que, par un nouveau caprice,
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je le retirais encore, le faisais asseoir
sur une chaise, m’asseyais sur lui en
lui tournant le dos et prenais son coursier
que je m’enfonçais jusqu’à la garde
et dont le jet brûlant venait finir notre
douce opération.
Mon cher Minet, c’est ainsi que j’appelais ordinairement le splendide instrument de mon bonheur, était devenu pour moi une passion, un culte. Je ne pouvais me lasser d’en admirer la longueur, la grosseur, la raideur merveilleuses ; je le pelotais, le mangeais, le pompais, le caressais de mille manières ; je le frottais contre mes tétons entre lesquels je l’enfermais en le pressant avec mes deux mains ! souvent même, serré dans ce voluptueux canal, il y répandait sa rosée.
Mon amant me rendait toutes mes caresses avec usure ; mon minon était son Dieu ! son idole ! il m’assurait que jamais femme n’en avait possédé un plus parfait ; il l’entr’ouvrait, le branlait de mille manières. Son bonheur le plus grand était d’y appliquer ses lèvres, de le sucer, d’en extraire pour ainsi dire la quintessence de la volupté par des titillations de langue qui me rendaient folle !
Je pris un tel goût à cette délicieuse
jouissance, qu’il était bien rare qu’une
de nos entrevues se passât sans que F.
ne me la fît savourer. J’avais adopté
pour cela une pose favorite : Je me
renversais dans une grande chauffeuse
que j’avais placée exprès dans mon boudoir,
les jambes écartées et relevées
sur les bras du meuble ; mon amant, à
genoux devant moi, me faisait sa délirante
minette ; c’est ainsi qu’il appelait
cette façon, et lorsque je me tordais
dans le paroxysme du plaisir, il m’enconnait,
et, enlacés tous les deux, ne
faisant qu’un corps, nous jouissions à
en perdre la raison !
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Quelquefois, je me plaçais à genoux sur la causeuse et c’était par derrière que je recevais cette offrande ; mon amant collait sa figure entre mes fesses, et trouvait l’endroit délicat qui le recevait avec transport.
Un jour, après une assez longue séparation, mon cher F. put me trouver seule ; hélas ! un obstacle mensuel nous rendait impossibles nos plaisirs habituels ; je le voyais souffrir et regarder ma main en suppliant. Certes j’étais bien disposée à lui accorder ce moyen de soulagement, et déjà je l’y préparais, lorsqu’une idée folle me traversa le cerveau ! Je me rappelai la dernière scène entre M. B. et ma tante dans le pavillon du parc ; la position était identique, je voulus la reproduire dans tous ses détails ; j’y amenai facilement F. sous prétexte de caprice ; je le fis lever, le plaçai et procédai de la même façon qu’avait fait Berthe ; j’arrivai même, en distillant le plaisir, à faire dire à mon amant les mêmes mots qu’avait prononcés M. B. La jouissance arriva, il projeta au loin sa rosée dont je recueillis les dernières perles dans mon mouchoir.
Quand il eut fini, je ne pus m’empêcher de rire. Il me demanda la cause de ce rire. « Rien… répondis-je étourdiment… c’est un souvenir. » Je vis à ces mots sa figure s’assombrir et je compris vite la faute que je venais de commettre et les soupçons contre moi qui devaient s’élever dans la pensée de mon amant. Ne voulant à aucun prix lui faire même l’ombre d’un chagrin, je le fis asseoir près de moi et, sûre de sa discrétion, je lui racontai ce qui m’était arrivé avant mon mariage. Ce récit l’amusa beaucoup ; il me fit entrer dans les moindres détails… Quand je lui dis comment j’en étais arrivée à me procurer à moi-même de si doux plaisirs, il s’écria : — « Ah ! ma chérie ! que n’aurais-je pas donné pour te voir, à ton tour, branler ton délicieux petit con !… »
Il me fit encore une foule de questions sur mes habitudes solitaires et j’arrivai même à lui dire que le jour de notre entrevue chez Mme D., j’étais si pleine de son souvenir que, le soir, je l’avais fait pour lui et ne pensant qu’à lui.
« Ah ! par exemple, me répondit-il,
voilà qui est vraiment curieux ! Confidence
pour confidence, cher ange, ce
même soir, et probablement à la même
heure, nous échangions nos âmes dans
une jouissance mutuelle ! — Comment ?
— Écoute : je rentrai chez moi déjà
plus qu’épris de toi ; je t’avais aimée en
te voyant ; je ne croyais pas encore au
bonheur de ta possession, mais je la
regardais comme le but de tous mes
efforts. Je me couchai et ne pensai qu’à
toi ! j’étais dans un état… que tu sais…
J’éteignis ma lumière et, couvrant ton
image de baisers imaginaires, je me suis fait ce que tu te faisais et le plaisir
a été tel que je suis convaincu que nos
deux décharges ont dû se faire au même
instant… — Comment, les hommes
peuvent donc se… branler comme nous ?
— Mais certainement. Pourquoi ce
moyen naturel de soulagement nous
serait-il refusé ? Ce que vient de me
faire ta jolie main… la mienne… —
Ah ! par exemple, je veux voir cela. —
Comment ?… tu veux… — Oui, je veux
que tu me montres comment tu fais…
— Mais tu le sais bien… je fais comme
toi… — Je t’en prie ! fais-moi ce plaisir ! »
En disant cela, je découvrais son
instrument qui, surexcité par notre
conversation, avait repris sa belle
forme ; je pris sa main que je plaçai
dessus. « Ah ! ça, tu es folle ! — Non,
Monsieur ! — Mais j’aime beaucoup
mieux ta main ou tes beaux nénés, si tu
veux me les prêter. — Pas de mais, je
le veux ; faites vite et faites jusqu’au
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bout ou je ne vous aime plus ! » Mon
cher amant ne savait rien me refuser ;
après quelques nouvelles hésitations,
il me dit : « Oh ! bien, j’y consens ; mais
c’est à condition qu’aussitôt que ce sera
possible tu me donneras à ton tour une
représentation de tes plaisirs de jeune
fille. — Oh ! cela, volontiers ; mais fais. »
Il le fit, et moi, penchée sur lui, je suivis
ses mouvements avec un singulier
sentiment de plaisir et de curiosité !
Bientôt, cependant, j’eus pitié de lui ; je
défis mon corsage et, me mettant à genoux
devant lui, je fis achever dans
mes tétons.
Peu de temps après ce caprice, mon cher F. me rendit la pareille !… Il me rappela la promesse que je lui avais faite ; malgré une certaine honte qui me prit, je m’apprêtai à le satisfaire en m’étendant sur la causeuse… — « Non, pas comme cela, me dit-il, tu m’as fait placer comme tu as voulu, à mon tour !… — Mais que veux-tu ? — Tu vas voir ; mets-toi à cheval sur cette chaise… comme cela, très-bien… Maintenant découvre ton petit con et branle de ta main gauche. » J’obéis, quoique fort intriguée. Pendant ce temps, F. dégrafait mon corsage et me mettait nue jusqu’à la ceinture. Je commençais à désirer vivement ; mes instincts lascifs s’allumaient ; je commençais à prendre au sérieux l’opération que j’avais d’abord commencée par complaisance, lorsque je sentis que F., qui s’était placé debout derrière moi, culotte bas, et qui, dégrafant mon corsage, m’avait mise nue jusqu’à la ceinture, insinuait son engin sous mon bras droit ! L’originalité de cette fantaisie acheva de monter mon imagination ; je penchai la tête et contemplai avec avidité ce bel outil dont la tête paraissait et disparaissait à chaque mouvement de mon cher amant, qui, de son côté, avait les yeux fixés sur ma main gauche qui travaillait de son mieux.
Bientôt nos soupirs se confondirent ; nous nous avertîmes mutuellement, et nos deux décharges partirent en même temps !…
Quelques mois délicieux s’écoulèrent ainsi !
Loin de s’affaiblir ou de se blaser par la fréquence, le raffinement et le complet abandon de nos embrassements, notre amour n’avait fait que grandir ! Les précautions que nous avions prises avec tant de soin nous avaient assuré le secret. Une seule fois, nous faillîmes être surpris !
Nous nous croyions bien sûrs de ne pas être dérangés ; mon mari était absent, et j’avais envoyé mes domestiques au loin.
Après une causerie et quelques caresses, j’avais, par un signe habituel, fait comprendre à mon amant ce que je désirais ; il m’avait disposée à son gré, le corps renversé dans ma chauffeuse, les jambes bien écartées, et avait commencé son adorable lécherie habituelle… J’allais jouir ! les yeux fermés, recueillie en moi-même ; je savourais une à une chacune des délicieuses sensations que sa langue me faisait éprouver… lorsque, tout à coup, nous entendîmes des pas et des voix dans la pièce voisine… Prompts comme l’éclair, nous fûmes tous les deux debout, rajustés, assis à distance convenable… Ma femme de chambre, rentrée sans que je l’eusse su, ouvrit la porte et m’annonça une dame de la ville… J’eus un éblouissement terrible ; mais le sang-froid et la présence d’esprit de mon amant, qui connaissait la dame, me donnèrent le temps de me remettre… Nous étions sauvés !…