Correspondance 1812-1876, 5/1867/DCXLIV

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


DCXLIV

À GUSTAVE FLAUBERT, À CROISSET


Nohant, 18 août 1867.


Où es-tu, mon cher vieux ? Si par hasard tu étais à Paris dans les premiers jours de septembre, tâche que nous nous voyions. J’y passe trois jours et je reviens ici. Mais je n’espère pas t’y rencontrer. Tu dois être dans quelque beau pays, loin de Paris et de sa poussière. Je ne sais même pas si ma lettre te joindra. N’importe, si tu peux me donner de tes nouvelles, donne-m’en. Je suis au désespoir. J’ai perdu tout à coup, et sans le savoir malade, mon pauvre cher vieux ami Rollinat, un ange de bonté, de courage, de dévouement. C’est un coup de massue pour moi. Si tu étais là, tu me donnerais du courage ; mais mes pauvres enfants sont aussi consternés que moi : nous l’adorions, tout le pays l’adorait.

Porte-toi bien, toi, et pense quelquefois aux amis absents. Nous t’embrassons tendrement. La petite va très bien, elle est charmante.