Correspondance de Voltaire/1718/Lettre 34

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Correspondance : année 1718
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 33p. 48).
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34[1]. — À M. LE COMTE DE MAUREPAS.
Châtenay, 20 mai 1718.

Monseigneur, si vous avez quelque pitié de mes malheurs, et si vous daignez faire usage avec moi de l’inclination que vous avez à faire du bien à tout le monde, je vous conjure de me faire avoir la permission de venir à Paris pour deux heures seulement ; je ne veux qu’avoir l’honneur de vous entretenir un moment, et me jeter aux pieds de Son Altesse royale. J’attends de la justice et de la bonté d’un prince si clément qu’il aura quelque égard à ce que j’aurai l’honneur de lui représenter, et qu’il sera touché de la perfidie affreuse dont j’ai dans ma poche la preuve convaincante. L’intérêt de mon honneur et de ma vie, et j’ose dire celui du public, m’engagent à vous presser de m’accorder cette grâce, et votre générosité ne me permet pas de douter que vous ne me l’accordiez. Je n’ai point de termes assez forts pour vous marquer le besoin que j’ai de cette faveur et la reconnaissance éternelle que j’aurai pour vos bontés[2].

Je suis avec le dévouement le plus respectueux, etc.

  1. Revue rétrospective, 1834, Détentions de Voltaire.
  2. Voltaire obtint, le même jour, permission de venir à Paris pour vingt quatre heures seulement.