Correspondance de Voltaire/1722/Lettre 51

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Correspondance : année 1722
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 33p. 63-64).
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51. — À MADAME LA PRÉSIDENTE DE BERNIÈRES.

Villars, … 1722.

Je resterai encore sept ou huit jours à Villars, où je bois du cidre et mange du riz tous les soirs, dont je me trouve fort bien. Messieurs des gabelles peuvent bien retarder leur affaire de huit jours. La personne que vous savez a parole réitérée de M. le Régent pour la plus grande affaire. Vous devriez bien remettre le souper à mon retour. Je suis fâché de la justice qu’on a rendue à la petite Livry[1]. Si on faisait dans tous les corps ce qu’on vient de faire à la Comédie, il me paraît qu’il resterait peu de monde en place. Je fais à peu près la même réforme dans mon poème ; je suis occupé à en chasser tous les mauvais vers. C’est une opération un peu longue ; mais j’espère que je la terminerai à la Rivière-Bourdet. Je vous fais mes compliments de la vie dissipée que vous menez. Je voudrais bien en pouvoir faire autant ; mais dans le malheur où je suis d’avoir une santé et une tête de linotte, je ne pouvais avoir de plus grande consolation que la bonté que vous avez eue d’égayer mon régime par la compagnie que vous m’avez tenue à Paris. Vous pouvez compter que je n’oublierai de ma vie les marques que j’ai reçues de votre amitié, et que je vous serai toujours très-tendrement attaché.

  1. Cette ancienne maîtresse de Voltaire avait dû se retirer de la Comédie-Française, le 27 mai 1722. Voyez, tome X, page 269, l’épître des Vous et des Tu.