Correspondance de Voltaire/1722/Lettre 53

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Correspondance : année 1722
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 33p. 64).
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53. — À MADAME LA PRÉSIDENTE DE BERNIÈRES.

1722.

Vous avez grand tort de vous imaginer que je ne vous ai écrit que parce que j’avais besoin de livres : je vous assure que je penserais à vous quand il n’y aurait jamais eu de Virgile ni d’Homère au monde. J’ai une impatience bien vive de venir habiter les murailles ébranlées de mon grenier, que je préfère de tout mon cœur au palais doré où je suis, et surtout à la cohue qui y est au moment que je vous écris. Je ne mande rien à notre cher Thieriot aujourd’hui, parce que les gens de M. de Richelieu, qui va partir, me pressent. J’ai reçu ses livres avec votre lettre ; je l’exhorte à persister dans son indignation contre les modernes et à écrire ce qu’il m’a promis. Si ma chambre était prête, je serais déjà chez vous. Mandez-moi si je peux y trouver un lit, et je vous réponds de partir sur-le-champ. Je vous aime de tout mon cœur.