Cours complet de Volapük

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Cours complet de Volapük, contenant des thèmes et des versions avec corrigés et un vocabulaire de 2,500 mots
Paris, H.Le Soudier (p. 3-8).
LANGUE COMMERCIALE INTERNATIONALE


COURS COMPLET

DE


VOLAPÜK


CONTENANT
DES THÈMES ET DES VERSIONS
AVEC CORRIGÉS
PAR
AUG. KERCKHOFFS
Docteur ès lettres, Professeur à l'École des Hautes Études commerciales
Sécrétaire général
de l'Association française pour la propagation du Volapük




PARIS

LIBRAIRIE H. LE SOUDIER

174, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 174

1887




PRÉFACE

DE LA PREMIÈRE EDITION


La nouvelle grammaire que je publie aujourd'hui contient un explosé complet et aussi fidèle que possible de la grammaire volapüke, telle que l'a établie M. Schleyer; je n'ai retranché que deux ou trois règles, dont l'application ne me paraissait pas justifiée par les exigences pratiques du langage. Je pense, en effet, que la perfection d'une langue internationale doit consister, non dans la multiplicité des formes, mais dans leur simplicité, et que toute nuance grammaticale qui ne se rencontre pas à la fois dans les quatre principales langues de l'Europe, le français, l'anglais, l'allemand et le russe, doit en être rigoureusement écartée comme inutile ou superflue.

Vouloir aller au delà me paraîtrait téméraire et de nature à compromettre l'admirable unité du système.

Je ne crois pas devoir me justifier de la méthode que j'ai adoptée, soit dans l'exposition des règles de la grammaire, soit dans les exercices qui leur servent d'application. Les esprits pratiques admettront volontiers qu'il était permis de s'écarter des sentiers habituels dans l'enseignement d'une langue, dont la grammaire peut être apprise en quelques heures de temps, et dont l'étude doit se faire sans le secours d'aucun maître.

Dans le but de maintenir l'accord entre les diverses nations, qui ont adopté ou qui adopteront par la suite la nouvelle langue, je me suis entendu avec M. Schleyer pour confier aux soins d'un seul et même éditeur la publication de la grammaire et du dictionnaire dans les diverses langues de l'Europe et de l'Asie. Grâce au concours de quelques linguistes distingués, nous pourrons faire paraître, dès cette année, des grammaires et des dictionnaires à l'usage des Anglais, des Espagnols, des Italiens, des Portugais et des Russes.

A. K.


P R É F A C E

DE LA HUITIÈME ÉDITION


L'accueil bienveillant que le public a fait à mon Cours complet de Volapük, dont les sept premières éditions se sont écoulées dans l'espace de quelques mois, m'inspire la plus grande confiance dans le succès de la Langue universelle, en France.


Je n'en ai mis que plus de soin à revoir cette nouvelle édition: de nombreuses corrections y ont été faites, et la rédaction peut en être considérée comme définitive, au moins jusqu'à la réunion du congrès de 1889.


A. K.



INTRODUCTION[1]


La création d'une langue universelle pour les relations internationales des peuples est une question bien controversée depuis le XVIIe siècle. Tandis que les philosophes l'ont tour à tour prônée comme un lien d'union et de concorde et un puissant levier de civilisation, les littérateurs et les poètes semblent être restés d'accord pour en nier l'opportunité, et bien des linguistes révoquent encore en doute, de nos jours, la possibilité de composer une langue artificielle ayant une valuer pratique réelle.

L'idée a cependant gagné bien du terrain, en France et en Allemagne, dans ces dernières années : les esprits pratiques se disent, à juste titre, que nous sommes dans un siècle où des besoins nouveaux surgissent chaque jour, et où l'impossibilité de la veille devient la merveilleuse réalité du lendemain. Personne ne songe plus, d'ailleurs, à faire adopter ou à créer une langue qui doive devenir un jour, comme le grec dans l'antiquité, ou le latin au moyen âge, l'organe universel des sciences et des lettres : c'est un rêve abandonné depuis longtemps.

Il s'agit encore moins de remplacer aucune de nos langues modernes, aussi peu l'anglais ou l'allemand que le français, dans les relations des peuples, pas plus qu'il ne saurait venir à l'esprit d'aucun partisan de la Langue Internationale de réagir contre la patriotique pensée qui a présidé à la fondation de l'Alliance française pour la propagation de notre langue.

Mais, de même que les diplomates ont une langue universelle ou commune pour leurs rapports internationaux, les savants, les voyageurs et les grands négociants auraient grand avantage à posséder également un moyen de communication, simple et pratique, qui leur permît d'entrer en relations directes, non seulement avec les différents peuples de l'Europe, mais avec toutes les nations civilisées de la terre.

Tout le monde sait que les relations commerciales avec l'étranger se nouent d'autant plus facilement, et sont d'autant plus sûres que l'entente, au moyen d'une langue connue aux duex parties contractantes, peut s'établir d'une façon plus nette et plus précise; mais on oublie que sur les huit cents et quelques langues, qui sont aujourd'hui parlées à la surface du globe, il faudrait en savoir au moins quarante à cinquante pour être à même de comprendre les principaux peuples civilisés avec lesquels les chemins de fer et les bateaux à vapeur nous ont mis en relations suivies depuis un demi-siècle.

Or, s’il n’est pas bien difficile d’apprendre en quelques années trois ou quatre langues romanes ou germaniques, il faut en retour un temps assez long pour apprendre un seul dialecte hindou ou sémitique ; la difficulté devient même insurmontable pour beaucoup de personnes, lorsqu’il s’agit d’une langue agglutinante, comme le turc ou le japonais, ou d’un idiome monosyllabique, tel que le chinois ou l’annamite ; et, cependant, les peuples parlant des dialectes chinois, ou ayant simplement adopté l’écriture chinoise, constituent à eux seuls le tiers de la population totale de la terre. Les peuples de l’Orient se trouvent dans un embarras encore plus grand, lorsqu’ils veulent entamer des relations commerciales avec l’Europe. Dépourvus de connaissances












NOTES.

  1. Extrait de la leçon d'ouverture du cours de Volapük, fait à l'école des Hautes Études Commerciales. (LA LANGUE COMMERCIALE UNIVERSELLE, Paris, Librairie étrangère de H. Le Soudier.)