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Cours d’agriculture (Rozier)/ACONIT

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Hôtel Serpente (Tome premierp. 239-240).
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ACONIT, ou Anthora. (Voyez Planche 5, page 202.) Aconitum salutiferum, sive anthora : Bauhin. Aconitum anthora : Lin. M. Tournefort place l’aconit dans la section première de la onzième classe qui comprend les herbes à fleur polypétale irrégulière, anomale, dont le pistil se change en un fruit à plusieurs capsules, & M. le chevalier Von Linné la place dans la polyandrie tetragynie.

Fleur anomale, à cinq pétales jaunes & inégaux. Le supérieur B est tubulé en forme de casque renversé ; les deux latéraux, larges, obronds, opposés ; l’un C est vu en dedans, & l’autre D est vu en dehors ; les deux inférieurs alongés, retournant en arrière, ils sont représentés en E adhérens au péduncule de la fleur. On voit dans la même figure les deux nectars ou nectaires, renfermés dans le pétale supérieur ; ils sont fistuleux, portés sur des péduncules longs, en forme d’alène ; les étamines sont en nombre indéterminé, & cinq pistils F sont rassemblés en faisceau.

Fruit, cinq capsules G, ovales, en forme d’alène, rassemblées en manière de tête, univalve, ressemblant à des cornes, renfermant des semences H anguleuses, ridées & noirâtres.

Feuilles, naissent le long de la tige, n’ont point de pétiole, digitées, découpées profondément.

Racine, A tubéreuse, en faisceau composé de deux ou trois tubercules, bruns en dehors, blancs en dedans.

Port. La tige est unique, s’élève environ d’un pied lorsqu’elle est livrée à elle-même, & à deux pieds si on la cultive. Elle est ferme, droite, un peu velue ; les fleurs naissent au sommet, disposées en grappes, & partent des aisselles des feuilles. Les feuilles sont alternes.

Lieu, les Alpes, les Pyrenées, les autres montagnes froides : la plante est vivace.

Propriétés. Les racines ont un goût amer & âcre ; les feuilles sont seulement amères. Les racines sont alexitères, diaphorétiques, stomachiques.

Usage. On emploie la racine pour l’homme, depuis un scrupule jusqu’à une drachme ; & pour les animaux, jusqu’à la dose d’une once. Quelques auteurs ont regardé l’anthora comme un remède efficace contre les morsures des animaux vénéneux, & surtout contre le poison de l’aconit tue-loup. Quelques-uns ont dit que la nature a semblé faire naître l’aconit anthora auprès de l’aconit napel, (voyez Napel) qui est un vrai poison, pour lui servir de contre-poison. Les feuilles sont peu d’usage, malgré la prétendue réputation dont elles jouissent, employées intérieurement ou extérieurement pour calmer les douleurs occasionnées par le cancer occulte ou ulcéré. Malgré les éloges qu’on donne à ses propriétés, soit contre la peste, contre les fièvres malignes & les maladies causées par les vers, on doit agir avec la plus grande circonspection pour son usage intérieur. Le suc des feuilles, réduit en extrait par l’évaporation au bain-marie, se donne depuis trois jusqu’à vingt grains. La racine sèche en infusion dans six onces d’eau, est prescrite depuis demi-drachme jusqu’à deux drachmes.