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Cours d’agriculture (Rozier)/ANGÉLIQUE

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Hôtel Serpente (Tome premierp. 545-546).


ANGÉLIQUE. (Pl. 15, p. 523) Suivant M. Tournefort, elle entre dans la quatrième section de la septième classe, qui comprend les herbes à fleurs en rose, disposées en ombelle, dont le calice devient deux semences ovales, aplaties & assez petites ; & il la nomme imperatoria sativa. M. le chevalier Linné l’appelle angelica archangelica, & la classe dans la pentandrie digynie.

Fleur B, vue de face ; C, vue est dessous, composée de cinq pétales égaux D un peu recourbés, d’un jaune pâle, & qui tombent bientôt. Les étamines sont au nombre de cinq, placées entre chaque pétale. Le pistil E est divisé en deux. Les fleurs sont portées sur des rayons disposés en ombelle. L’enveloppe générale de ces rayons est petite, divisée en trois ou cinq folioles. L’angélique cultivée dans nos jardins en est souvent dépourvue ; l’enveloppe partielle est divisée en huit. La masse des rayons forme, par leur disposition, une tête presque ronde, & chaque rayon porte à son sommet une certaine quantité d’autres petits rayons couronnés de fleurs, qui forment à leur tour des têtes arrondies.

Fruit F, est obrond, anguleux, divisé en deux semences ovales, planes d’un côté, entourées d’un rebord H, convexes de l’autre, & marquées de trois lignes G.

Feuilles : elles embrassent la tige par leur base ; elles sont membraneuses à leur naissance, deux fois ailées, terminées par une foliole impaire, & les folioles sont opposées, simples, légérement découpées sur leurs bords.

Racine A, en forme de fuseau, garnie de quelques fibres.

Port. La tige est herbacée, creuse, rameuse, de la hauteur de trois à quatre pieds, & souvent plus, suivant le terrain où elle croît.

Lieu. Les Alpes, les montagnes d’Auvergne, &c. Cultivée dans nos jardins. Fleurit en Juillet & en Août. Elle est vivace, si on lui empêche de grainer en la coupant, & subsiste pendant deux ans lorsqu’on la laisse fleurir & grainer

Propriétés. Toutes les parties de cette plante ont un goût aromatique, un peu âcre & amer ; son odeur est agréable. Elles sont réputées cordiales, stomachiques, carminatives, vulnéraires, emménagogues & antivermineuses. L’expérience a prouvé que la racine excite sensiblement la force du pouls, qu’elle échauffe médiocrement, constipe peu, augmente légérement l’insensible transpiration, aide à la digestion. Elle est indiquée dans les maladies de foiblesse, occasionnées par les humeurs séreuses, dans l’asthme humide, le dégoût par des humeurs pituiteuses, la diarrhée séreuse, les coliques venteuses sans dispositions inflammatoires. La racine mâchée fortifie les gencives, les muscles de la langue, du voile du palais, & augmente la secrétion de la salive.

Usages. On prépare un extrait avec la racine fraîche, & il échauffe beaucoup, & souvent fatigue l’estomac. De l’herbe, en général, on obtient une eau par la distillation, assez inutile, quoique recommandée par quelques-uns pour augmenter les forces vitales. La conserve d’angélique fortifie l’estomac, & souvent cause de la douleur. Les tiges, au contraire, lorsqu’elles sont confites, fortifient l’estomac. La décoction de la racine sèche se donne à la dose d’une once en substance ; & en poudre, à la dose de dix grains dans un demi-verre de vin ou d’autre liqueur. Cette poudre se donne à la dose de deux ou trois onces aux animaux, comme cordiale & alexipharmaque.

Culture. La graine doit être semée aussitôt qu’elle est mûre. Il lui faut un terrain légérement humide. Elle pousse moins vigoureusement dans un sol sec, mais son odeur & son goût sont plus actifs. Lorsque la jeune plante a acquis assez de consistance, on la replante, & chaque individu doit être séparé & planté à deux & même trois pieds l’un de l’autre.


Angélique sauvage, est différente de la première. M. Tournefort l’appelle angelica pratensis major ; & M. Linné, angelica silvestris. Comme ces deux plantes sont du même genre, il est inutile de décrire cette dernière ; il suffit de consulter la Pl. 15, pag. 523, pour, connoître d’un seul coup d’œil ce qui les différencie. A est la racine ; B est la fleur, vue à la loupe ; C la forme des pétales ; D, le pistil ; E, les deux semences réunies ; F, une graine séparée de l’autre. Elle naît dans les forêts marécageuses, où elle fleurit en Juin. Sa racine a une odeur aromatique & douce, sa saveur est médiocrement âcre, un peu amère, mêlée d’une certaine douceur : on lui attribue les mêmes propriétés qu’à l’angélique des Alpes, mais dans un moindre degré. On la dit antiépileptique, ce qui demande confirmation.


Angélique. Poire. (Voyez ce mot)