Déclaration sur le relèvement et la reconstruction du Cambodge

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Déclaration sur le relèvement et la reconstruction du Cambodge
Accords de Paris
1991
  1. Le premier objectif de la reconstruction du Cambodge devra être le développement de la nation et du peuple cambodgiens sans discrimination ni préjugé et en respectant pleinement les droits de l'homme et les libertés fondamentales pour tous. La réalisation de cet objectif nécessite la mise en œuvre complète du règlement politique global.
  2. C'est au peuple cambodgien et a son gouvernement issu d'élections libres et équitables que doit incomber principalement la responsabilité de décider des besoins et des projets concernant la reconstruction du Cambodge. Aucune tentative ne devrait être faite, de la part d'une source extérieure quelle qu'elle soit, pour imposer au Cambodge une stratégie de développement ou pour dissuader les éventuels donateurs de participer a la reconstruction du Cambodge.
  3. L'aide internationale, régionale et bilatérale, destinée au Cambodge devrait être coordonnée autant que possible; elle devrait s'ajouter aux ressources locales et les compléter, et être fournie de manière impartiale, en tenant pleinement compte de la souveraineté, des priorités, des moyens institutionnels et de la capacité d'absorption du Cambodge.
  4. Dans le cadre de l'effort de reconstruction, l'aide économique devrait profiter à toutes les régions du Cambodge, en particulier aux plus défavorisées, et toucher toutes les couches de la population.
  5. La mise en œuvre d'un effort international d'aide devrait se dérouler sur une période déterminée de manière réaliste, compte tenu des impératifs tant politiques que techniques. Cela nécessiterait également un degré élevé de coopération entre les autorités cambodgiennes futures et les contributeurs bilatéraux, régionaux et internationaux.
  6. Le système des Nations Unies sera appelé à jouer un rôle important dans le relèvement et la reconstruction. La mise en place d'un plan international de reconstruction et d'un appel de contributions devraient intervenir à une date appropriée afin que son succès soit assuré.
  7. Aucun programme efficace de reconstruction nationale ne peut être entrepris sans une évaluation détaillée du capital humain, naturel et des autres potentiels économiques du Cambodge. Il sera nécessaire de procéder à un recensement, d'identifier les priorités du développement et de déterminer les ressources disponibles, internes et externes. A cette fin, il conviendrait d'envoyer au Cambodge des missions d'évaluation du système des Nations Unies, d'institutions financières internationales et d'autres organisations, avec l'accord du futur gouvernement cambodgien.
  8. Avec la mise en œuvre du règlement politique global, il est désormais possible et souhaitable d'entreprendre un processus de relèvement du pays, en s'attachant aux besoins immédiats, et de préparer le terrain pour l'élaboration de plans de reconstruction a moyen et long terme.
  9. Pour cette période de relèvement, il est demandé au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies d'apporter son aide à la coordination du programme, dirigée par une personne nommée à cet effet.
  10. Lors de cette phase de relèvement, il sera nécessaire d'accorder une attention particulière à la sécurité alimentaire, a la santé, au logement, à la formation, à l'enseignement, au réseau de transport et à la restauration des installations publiques et de l'infrastructure de base existantes du Cambodge.
  11. Pour la mise en oeuvre d'un plan de développement à moyen et a long terme en vue de la reconstruction, il faudrait attendre que soit constitué un gouvernement cambodgien issu d'élections et que ce dernier détermine et adopte ses propres politiques et priorités.
  12. Cette phase de reconstruction devrait promouvoir l'esprit d'entreprise cambodgien et faire appel, entre autres secteurs de l'économie, au secteur privé, pour favoriser le déroulement d'un processus autonome de développement. Elle devrait aussi tirer parti des approches régionales, faisant intervenir, entre autres, des institutions comme la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique (CESAP) et le Comité du Mékong, et les gouvernements de la région, et tirer parti de la participation d'organisations non-gouvernementales.
  13. Afin d'harmoniser et de contrôler les contributions qui seront apportées par la communauté internationale en vue de la reconstruction du Cambodge après la formation du gouvernement issu d'élections, il conviendrait de créer à une date appropriée un organe consultatif qui serait appelé le Comité international pour la reconstruction du Cambodge (CIRC), et qui serait ouvert aux donateurs potentiels et aux autres parties pertinentes. Il est demandé au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies de prendre des dispositions spéciales pour que le système des Nations Unies aide le CIRC dans son travail, notamment pour assurer une transition harmonieuse de la phase de relèvement à celle de reconstruction.