Deuil ou fete

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Lénine est mort.

Nous pouvons avoir pour lui cette espèce d’admiration forcée qu’arrachent aux foules les hommes forts même hallucinés, même cruels et qui réussissent à laisser dans l’histoire la trace profonde de leur passage : Alexandre, Jules César, Loyola, Cromwell, Robespierre, Napoléon. Mais lui-même animé des meilleures intentions, fût un tyran et l’étrangleur de la révolution russe et nous qui n’avons pas pu l’aimer de son vivant, nous ne pourrons pas le pleurer une fois mort.

Lénine est mort. Vive la liberté.


Errico Malatesta

(Paru dans « Pensiero et Volonta » N°3 du 1er février 1924)