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Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Beauveau (marché)

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Beauveau (marché).

Situé dans la place de ce nom. — 8e arrondissement, quartier des Quinze-Vingts.

« Louis, etc… Nos amées et chères les abbesse, prieure et religieuses de l’abbaye royale de Saint-Antoine-des-Champs de Paris, nous ont fait représenter que le marché public pour la vente des denrées dans le faubourg Saint-Antoine de notre bonne ville de Paris, auroit été établi dans la grande rue du faubourg vis-à-vis la d. abbaye, en vertu des lettres-patentes du roi Louis XIII du 2 mars 1643, enregistrées au parlement ; que ce marché étant absolument abandonné depuis un temps immémorial, à cause du peu d’étendue de son emplacement, il en résultoit que les vendeurs et les acheteurs qui se placent pour le débit des denrées, sur le pavé, le long de la grande rue du faubourg, embarrassent la voie publique et se trouvent exposés à des dangers tant par le passage continuel des voitures que par le séjour de celles qui amènent des fourrages pour être vendus sur le carreau ; que désirant concourir à l’avantage et à l’utilité publics en rétablissant un nouveau marché, elles auroient résolu de destiner à cet objet une portion de leur enclos et un marais de dix arpents, dans lequel elles se proposent de faire faire l’ouverture des cinq rues qui communiqueroient au marché, conformément au plan qu’elles nous ont fait représenter ; mais en même temps les d. impétrantes nous auroient fait supplier de ratifier et approuver la vente qu’elles ont faite du terrain nécessaire pour faciliter la construction du d. marché, sous la réserve d’un cens portant droits de lods et ventes, ainsi qu’il résulte de deux actes notariés, d’indemniser les propriétaires de quatre maisons qu’il conviendroit d’acquérir et abattre pour l’ouverture des deux rues principales du marché, etc… Article 1er. Avons approuvé et autorisé, approuvons et autorisons le contrat de vente fait par les abbesse, prieure et religieuses de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs, au sieur Chomel-de-Cerville, le 27 avril 1776, etc. Art. 2. Les 4,330 toises réservées par le d. contrat de vente pour l’établissement du d. marché et la surface des cinq rues adjacentes, seront employées à leur destination conformément au plan que nous avons agréé et que nous avons fait attacher sous le contre-scel des présentes, pour être exécuté dans le cours de deux années du jour de l’enregistrement de nos présentes lettres ; voulons que le d. marché soit à l’avenir public de toutes les denrées et comestibles et la rue désignée, pour être appelée de Beauveau, le lieu de la vente du foin et de la paille pour le faubourg Saint-Antoine ; faisons défenses à toutes personnes de vendre ni étaler aucunes des denrées ci-dessus mentionnées, le long de la grande rue du Faubourg-Saint-Antoine, ni dans d’autres rues et places du dit faubourg, à peine de saisie et vente des d. denrées au profit de la d. communauté, n’entendant néanmoins comprendre dans la d. défense les ventes de comestibles en maison et boutique, qui continueront de se faire comme par le passé, etc… — Donné à Versailles, le 17e jour de février 1777. Signé Louis. » — On commença immédiatement, d’après les dessins de l’architecte Lenoir, la construction du marché et de la place. Les alignements des rues, aux abords de cet établissement, furent tracés sur le terrain le 24 décembre 1778. En vertu d’un arrêt du conseil, du 8 janvier 1780, le marché et la place qui l’entoure devaient être appelés marché et place du marché de l’abbaye Saint-Antoine. Les rues nouvelles étaient désignées sous les noms de rues d’Aligre, Beauveau, Cotte, Lenoir et Trouvée. Cet arrêt n’a pas été suivi en ce qui concerne les deux premières dénominations. Le nom de Beauveau, assigné aujourd’hui à ce marché, rappelle madame de Beauveau-Craon, abbesse de Saint-Antoine-des-Champs, en 1778. Le marché Beauveau a été concédé à la ville de Paris par décret impérial du 30 janvier 1811 (tit. v, art. xv).