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Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Chaillot (rue de)

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Chaillot (rue de).

Commence à l’impasse de la Croix-Boissière et à la rue Gasté ; finit à l’avenue des Champs-Élysées, nos 105 et 107. Le dernier impair est 107 ; le dernier pair, 78 ter. Sa longueur est de 896 m. — 1er arrondissement, quartier des Champs-Élysées.

On ne voyait anciennement sur la côte qui s’étend jusqu’au-delà du bois de Boulogne, qu’un seul village qui au VIIe siècle s’appelait en latin Nimio, dont on fit en français Nijon. Dans un testament de Bertram, évêque du Mans, qui mourut en 623, ce saint homme lègue à l’évêque de Paris ce village de Nimio, dont il était devenu propriétaire tant par acquisition que par donation de Clotaire II. Plus tard les habitants de Nijon se répandirent sur les deux côtés de la colline ; les uns se dirigèrent vers l’occident, y bâtirent peu à peu un village qui prit le nom d’Auteuil ; les autres s’établirent un peu plus près de Paris, sur la partie orientale de la côte, dans un endroit où l’on venait d’abattre une partie de la forêt nommée le Rouvret. Ce second village prit le nom de Chail, que les titres du XIVe siècle traduisent en latin par destructio arborum. De Chail on a fait Chaillot. Ce hameau faisait partie du domaine du roi. Avant l’origine des affranchissements, c’est-à-dire au XIIe siècle, il y régnait une coutume, nommée Béfert ou Béfeht, qui mérite d’être rapportée. La femme et les enfants, contre l’usage ordinaire, suivaient le sort du mari quant à la servitude ; par exemple, une femme de Chaillot, serve du roi par naissance, qui épousait un homme serf de Sainte-Geneviève à Auteuil, devenait serve de l’abbaye de Sainte-Geneviève, ainsi que tous les enfants qu’elle mettait au monde ; et réciproquement, si une femme d’Auteuil épousait un homme serf du village de Chaillot, la femme et les enfants devenaient esclaves du roi. En 1659, le village de Chaillot fut déclaré faubourg de Paris, sous le nom de la Conférence. Ce faubourg fut enfermé dans la capitale par le mur d’octroi construit sous Louis XVI. La principale rue de cet ancien village conserve encore aujourd’hui le nom de Chaillot. — Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, a fixé la moindre largeur de cette voie publique à 10 m. Les constructions portant les numéros ci-après ne sont pas soumises à retranchement : 17, 19, 45, 47, 103, 105, 107 ; 2, 4, 6, 8, 10, 22, 24, 28, 46, 78 bis et 78 ter. — Égout entre l’avenue des Champs-Élysées et la rue des Vignes. — Conduite d’eau dans toute l’étendue. — Éclairage au gaz (compe de l’Ouest).

Au no 99 est l’institution de Sainte-Périne, dont nous traçons ici l’origine. Des religieuses chanoinesses de l’ordre de Saint-Augustin, établies en 1638 à Nanterre, furent transférées à Chaillot en 1659. Cette translation ne fut autorisée par lettres-patentes qu’au mois de juillet 1671. Cette abbaye de Sainte-Geneviève, longtemps connue sous le nom de Notre-Dame-de-la-Paix, prit la dénomination de Sainte-Périne, lorsqu’en 1746, on réunit à cette communauté l’abbaye de Sainte-Périne de La Villette. Cette maison religieuse fut supprimée en 1790. Devenue propriété nationale, elle fut vendue le 11 pluviôse an V. Depuis 1806, c’est un établissement consacré aux personnes des deux sexes, âgées ou infirmes, qui paient une pension ou donnent un capital lors de leur admission dans cette maison.