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Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Chevaux (marché aux)

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Chevaux (marché aux).

Commence au boulevart de l’Hôpital, no 28 ; finit à la rue du Marché aux Chevaux. Le seul impair est 1 ; le dernier pair, 16. — 12e arrondissement, quartier Saint-Marcel.

Sous le règne de Henri III, un Marché-aux-Chevaux fut construit sur une partie de l’emplacement de l’hôtel des Tournelles. Cet établissement occupait en 1605 un terrain qui fait aujourd’hui partie du boulevart des Capucines.

Bureau de la ville. — « Veu le placet présenté au Roi, par François Baraujon son appotiquaire et vallet de chambre, affin d’avoir permission et pouvoir de faire construire et rétablir le mercredy de chacune septmaine, un second marché en l’un des fauxbourgs de ceste ville de Paris, comme Saint-Jacques, Saint-Victor, ou Saint-Marceau, pour y vendre et exposer chevaux et autres bestiaux à pied fourché. Veu le renvoy à nous faict par sa majesté, etc. Sommes d’avis, après avoir faict descente sur les lieux et au faux bourg Saint-Victor à son bout près la Croix-de-Clamart, que le marché que prestend establir le d. Baraujon, soit faiet et construit au dit lieu et au bout du d. faubourg, prosche la Croix-de-Clamart, etc. Fait au bureau de la ville le 12e avril 1639. » — Des lettres-patentes de 1659 registrées au parlement l’année suivante confirmèrent cet établissement. En 1760, on fit bâtir à l’une de ses extrémités un pavillon dont nous indiquerons la destination. Le roi voulant que ce marché ne pût être déplacé, ordonna au lieutenant-général de police d’en faire l’acquisition des sieur et dame Guillotte. Le contrat fut dressé le 7 septembre 1787, par Gérard, notaire à Paris. Le Marché-aux-Chevaux était alors planté de quatre rangs d’arbres, formant une allée principale et deux contre allées. Des poteaux, placés de distance en distance, servaient à attacher un nombre plus ou moins considérable de chevaux dont on ne pouvait approcher sans danger. Les premiers travaux d’amélioration ont été autorisés en 1817, et pendant leur exécution, le marché a été transféré sur le boulevart de l’Hôpital. En 1824, les travaux concernant l’essai des chevaux de trait ont été entrepris ; enfin en 1830, on a déblayé un terrain sur lequel on devait faire des constructions. Le Marché-aux-Chevaux se compose de trois parties contiguës : la première, qui comprend le marché proprement dit, a son entrée principale par la rue du Marché-aux-Chevaux et occupe un espace de 55 m. de largeur sur 206 de longueur ; la seconde partie, formant hache à droite, est affectée à l’essai des chevaux de trait ; elle a son entrée par le marché et occupe un espace de 58 m. de longueur, ayant une largeur réduite de 50 m. ; la troisième partie, servant à la vente des voitures, a son entrée principale par le boulevart de l’Hôpital ; sa largeur est de 55 m. et sa longueur de 50. La première partie de cet établissement, qui est affectée spécialement à la vente des chevaux, forme une espèce de cirque composé de deux chaussées parallèles, dont la ligne de séparation devait être ornée de trois fontaines ; l’une monumentale et les deux autres portant les armatures des réverbères ; ces deux dernières sont exécutées et le surplus de la ligne de séparation est indiqué par des barrières et terminé par de fortes bornes. Les chevaux sont attachés à des barrières placées sur quatre rangs qui en contiennent chacun 34 et ensemble 136. Moitié de ces barrières d’attache est à droite et l’autre moitié à gauche des chaussées servant à essayer les chevaux. Presque toutes les barrières contiennent quatre chevaux et elles sont garnies de traverses mobiles et de poteaux pour garantir les passages qui sont réservés entre elles. Enfin cette partie du Marché-aux-Chevaux est plantée de six rangs d’arbres formant une allée principale et deux contre-allées doubles abritant les chevaux. Des retranchements qui sont encore à faire aux propriétés contiguës, ont empêché de placer vingt-et-une barrières faisant partie du second rang. La seconde partie, servant à l’essai des chevaux de trait, présente un plan elliptique, dont le grand axe correspond à une des fontaines ci-dessus décrites, et contient deux rampes en fer-à-cheval. Entre ces rampes est un plateau au fond duquel on a pratiqué, sous l’emplacement où les rampes se joignent, une serre voûtée contenant les voitures et les harnais servant à essayer les chevaux. La troisième partie est affectée, ainsi que nous l’avons dit, à la vente des voitures à l’encan par le ministère des commissaires-priseurs. On peut considérer comme une dépendance de ce vaste établissement le pavillon situé dans la rue du Marché-aux-Chevaux, en face de l’entrée principale ; ce pavillon, construit en 1760 et dont il a été parlé au commencement de cet article, est une propriété communale occupée par le commissaire de police. Tous les travaux du Marché-aux-Chevaux ont été dirigés par M. Lahure, architecte.

Cet établissement a été concédé à la ville de Paris, par décret impérial du 30 janvier 1811, titre V, art. 15. — Une ordonnance de police du mois de mars 1830 porte ce qui suit : — « À partir du 1er lundi de mars, il sera ouvert à Paris un marché affecté exclusivement à la vente des chevaux fins ou de luxe. Ce marché se tiendra, tous les premiers lundis de chaque mois, dans l’intérieur du Marché-aux-Chevaux, situé entre la rue du Marché-aux-Chevaux et le boulevart du Midi. » Cet établissement avait été affermé, moyennant un loyer annuel de 17 753 fr. suivant adjudication du 24 mars 1832, à partir du 1er avril, pour 3, 6, ou 9 années. Ce bail a été renouvelé le 22 mars 1841, pour le même laps de temps et moyennant 18 525 fr. par an. — Conduite d’eau depuis la rue du marché jusqu’à la fontaine.