Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Concorde (pont de la)

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Concorde (pont de la).

Situé entré les quais des Tuileries et d’Orsay.

La ville de Paris, dès l’année 1722, avait été autorisée par lettres-patentes à contracter un emprunt pour l’établissement d’un pont en cet endroit. Ce projet n’eut pas de suite. — Un édit du mois de septembre 1786, rappelant plusieurs dispositions des anciennes lettres-patentes, ordonna un second emprunt de trente millions dont une partie devait servir aux embellissements de Paris. Douze cent mille francs furent affectés à la construction de ce pont. M. Perronnet, ingénieur, fournit les dessins. On commença le 10 juin 1787 à battre les pieux des pilotis ; les travaux furent achevés à la fin de l’année 1790. Alors on lui donna le nom de pont Louis XVI. En 1792, il prit la dénomination de pont de la Révolution. Une loi du 26 octobre 1795 ayant ordonné que la place de la Révolution porterait désormais le nom de place de la Concorde, la même dénomination fut donnée au pont. — « Au palais des Tuileries, le 1er Janvier 1810. Napoléon, etc., nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Les statues des généraux Saint-Hilaire, Espagne, Lasalle, Lapisse, Cervoni, Colbert, Lacour, Hervo, morts au champ d’honneur, seront placées sur le pont de la Concorde, conformément au projet qui nous a été présenté par notre ministre de l’intérieur. Signé Napoléon. » — Dans les premiers jours d’avril 1814, le pont de la Concorde reprit son ancien nom de pont Louis XVI. En vertu des ordonnances royales des 19 janvier et 14 février 1816, il fut arrêté qu’on y élèverait douze statues en l’honneur des hommes les plus illustres de la France. Ces ordonnances ne reçurent leur exécution qu’en 1828. Les statues qui représentaient Sully, l’abbé Suger, Duguesclin, Colbert, Turenne, Duguay-Trouin, Suffren, Bayard, Condé, Duquesne, Tourville et Richelieu, sont dues aux ciseaux de MM. Espercieux, Stouf, Briant fils, Milhomme, Gois, Dupasquier, Lesueur, Montoni, David, Roquier, Marin et Ramey. Ces statues dont les dimensions colossales écrasaient le pont, furent, en 1837, descendues de leurs piédestaux, puis transposées à Versailles dans la cour d’honneur du palais.

On employa pour la construction de ce pont une partie des matériaux provenant de la démolition de la Bastille. Il est fondé sur pilotis et grillage, il a cinq arches surbaissées qui offrent une portion de cercle. L’arche du milieu a 31 m. d’ouverture, les arches latérales ont 27 m. et les deux autres attenantes aux culées ont chacune 26 m. La longueur totale entre les culées est de 150 m. Chaque pile a 3 m. d’épaisseur ; leurs avant-becs et arrière-becs présentent des colonnes engagées qui contiennent une corniche couronnée par une balustrade qui sert de parapet aux trottoirs. — Depuis 1830, il a repris sa dénomination de pont de la Concorde.