100%.png

Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Geneviève (rue Neuve-Sainte-)

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche


Geneviève (rue Neuve-Sainte-).

Commence aux rues de la Contrescarpe, no 25, et de la Vieille-Estrapade, no 1 ; finit à la rue des Postes, nos 35 et 37. Le dernier impair est 29 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 294 m. — 12e arrondissement, quartier de l’Observatoire.

Ouverte sur le clos de Sainte-Geneviève, elle en a retenu la dénomination. — Une décision ministérielle du 13 floréal an IX, signée Chaptal, fixa la moindre largeur de cette rue à 7 m. Une ordonnance royale du 23 janvier 1844 a porté cette largeur à 10 m., et déclaré d’utilité publique l’exécution immédiate de l’alignement au droit de la propriété no 35, sur la rue des Postes, afin d’établir sur ce point une petite place devant l’entrée du collége Rollin, au moyen de la formation d’un pan coupé de 12 m. Cette amélioration sera prochainement effectuée. La propriété no 1 est soumise à un retranchement réduit de 1 m. Les maisons de 3 à la fin devront reculer de 1 m. 50 c. à 1 m. 90 c. Propriété no 2, retranchement réduit 3 m. ; de 4 à la fin, retranchement qui varie de 1 m. 40 c. à 2 m. 30 c.

La communauté de Sainte-Aure était située dans cette rue aux nos 12, 14, 16, 18 et 20. — En 1637, M. Gardeau, curé de Saint-Étienne-du-Mont, voulant retirer du libertinage plusieurs jeunes filles que la misère avait entraînées, acheta dans la rue des Poules une maison, afin d’y loger et nourrir ces malheureuses. Cette réunion prit le titre de communauté de Sainte-Théodore. Quelques années après, M. de Harlay, archevêque de Paris, ayant jugé à propos de donner un nouveau directeur à cet établissement, les filles ne voulurent point l’accepter et abandonnèrent leur maison. Cependant on parvint à en ramener plusieurs qui formèrent la communauté de Sainte-Aure, et furent placées dans la rue Neuve-Sainte-Geneviève. En 1707, elles firent construire une église, et le roi leur accorda des lettres-patentes données à Meudon, au mois de juillet 1723. Vers 1760, elles embrassèrent la règle de saint Augustin, et prirent le titre de religieuses de Sainte-Aure, adoratrices du Sacré-Cœur de Jésus. — Jeanne Vaubernier, comtesse Du Barry et dernière favorite de Louis XV, fut élevée dans ce couvent, dont la suppression eut lieu en 1790. Les bâtiments de cette communauté devinrent propriétés nationales et furent vendus le 15 thermidor an IV.