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Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Voies (rue des Sept-)

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Voies (rue des Sept-).

Commence aux rues des Carmes, no 29, et Saint-Hilaire, no 1 ; finit au carré Sainte-Geneviève, no 12, et à la place du Panthéon, no 2. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 18. Sa longueur est de 173 m.12e arrondissement, quartier Saint-Jacques.

Cette rue était en partie construite à la fin du XIe siècle. Au commencement du XIIe, elle portait le nom des Sept-Voies, en raison de sept rues, ou plutôt de sept chemins qui aboutissaient à cette voie publique. Le poète Guillot l’appelle rue de Savoie ; cette altération semble avoir été commise pour satisfaire aux exigences de la rime ; car jamais les comtes de Savoie n’ont eu leur hôtel dans cette rue. — Une décision ministérielle du 13 juin 1807, signée Champagny, a fixé la largeur de cette voie publique à 12 m. Maison no 5, retranch. réduit 2 m. ; 7, ret. réduit 80 c. ; 9, alignée ; 11 et 15, ret. 65 c. ; 17, recule d’un côté, avance de l’autre ; de 19 à 25, doivent avancer sur leurs vestiges actuels ; les propriétés no 27, ret. réduit 70 c. ; 29 et 31, ret. réduit 1 m. 50 c. ; 33 et 35 devront être supprimées ; 2, alignée ; de 4 à 18, ret. 6 m. à 7 m. 80 c. ; de la rue de Reims à la fin, alignées. — Éclairage au gaz (compe Parisienne).

Au no 9 était situé le collége de la Merci. Nicolas Barrière, bachelier en théologie et procureur-général de la Merci ou de Notre-Dame de la Rédemption des Captifs, acheta d’Alain d’Albret, comte de Dreux, une place et des maisons voisines de l’église Saint-Hilaire. Il fit construire vers 1515, en cet endroit, un collége et une chapelle. En 1750, ce collége servit d’hospice aux religieux de l’ordre. Supprimé au commencement de la révolution, il devint propriété nationale et fut vendu le 23 septembre 1793.

Au no 18 était la principale entrée du collége de Reims. Guy de Roye, archevêque de Reims, en ordonna la fondation, par son codicille de l’an 1399. Il voulut qu’on y mît de préférence les élèves nés dans les terres affectées à la mense archiépiscopale de Reims et dans le territoire de Roye, ou dans celui de Murel. En 1763 ce collége fut réuni à l’Université. Supprimé en 1790, il devint propriété nationale. Les bâtiments vendus les 8 messidor an IV, 2 mai et 8 août 1807, ont été réunis au collége Sainte-Barbe.

À l’angle de la place du Panthéon était situé le collége de Montaigu. Il fut fondé en 1314, par Aycelin de Montaigu, archevêque de Rouen, et agrandi en 1388, par Pierre de Montaigu, évêque de Laon, et neveu du fondateur. Ce collége, supprimé en 1790, devint propriété nationale. Ses bâtiments furent affectés à une prison militaire.

Une ordonnance royale du 22 juin 1842 porte : « Que la bibliothèque Sainte-Geneviève sera provisoirement transférée dans la partie des bâtiments de l’ancienne prison de Montaigu, faisant face à la place du Panthéon. » — Dans la loi du 2 juillet 1844, relative à la régularisation des abords du Panthéon, il est dit : « Que l’État prend l’obligation de construire sur la partie non retranchante de l’ancien collége de Montaigu, un nouvel édifice destiné à la bibliothèque Sainte-Geneviève. » Une somme de 775,000 fr. doit être affectée à cet édifice. On démolit en ce moment les anciennes constructions du collége de Montaigu.

Au no 27 était situé le collége Forlet. Pierre Forlet d’Aurillac, chanoine de l’église de Paris, ordonna, par testament du 12 août 1391 la fondation d’un collége en faveur de huit écoliers ; savoir : quatre d’Aurillac, ou du diocèse de Saint-Flour, et quatre de Paris. En 1397, il fut établi dans la rue des Sept-Voies. Dans le collége Fortet furent tenues les premières assemblées de la Ligue. Supprimé en 1790, cet établissement devint propriété nationale et fut vendu le 12 juillet 1806.

Dans la rue des Sept-Voies était la rue Jean-Hubert. Cette voie publique aboutissait à la rue des Cholets, no 1. La rue Jean-Hubert, construite en 1280, portait le nom de rue du Moine. En 1416, c’était la rue Maître-Jeharre, et depuis rue des Chiens. En 1806, elle prit la dénomination de Jean-Hubert, en mémoire du fondateur du collége Sainte-Barbe, dont les dépendances bordaient le côté droit de cette rue. — Une décision ministérielle du 6 fructidor an XIII, signée Champagny, avait fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. La rue Jean-Hubert a été supprimée en février 1844, et le sol de cette rue est réuni en partie à l’emplacement sur lequel on doit construire la bibliothèque Sainte-Geneviève.