Dictionnaire de l’Académie française/Source

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Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle

Source

SOURDIS, s. m., source :

Scatebra, sourdis d’yaue. (Gloss. lat.-fr., ap. Labbe, Etym. de qq. mots fr., p. 524.)

Et qui pis est, au lac vont les pourceauls.
Qui l’ont gasté et tout par leur fouillis :
Et pluseurs gens l'espuisent a vaisseauls,
L’eaue s’enfuit ; ailleurs va le sourdis ;
La chaucee est deslruicie et le hourdis.

(E. Deschamps, Poés., Richel. 840, f° 292°.)

De la mer elle (l’eaue) s’espand es fleuves et parmi les sourdis de la terre. (Livre de Clergie, ch. xi, Richel.)

Sourdis, scaturigo. (Vocab. brevidicus.)

Saint., Aunis, Yonne, sourdis, petite source, infiltration.

SOURDON, sur., sor., s. m., source :

Encontre le surdon de Rier desoir Traitewans. (1285, Cart. du Val S. Lambert, Richel. I. 10176, f° 11.)

Car li sourdons de leur lignie
Fu de la terre de Gocie.

(Consol. de Boece. Richel. 576, ap. Delisle, Anc. trad. fr. de Boece, p. 13.)

Et li sourdons qui en issoit
lert tant soutilment compassez
C’ainçois fussent .c. ans passez
C'on fust soûlez du regarder.

(Watriquet, la Fontaine d’amours, 54, Scheler.)

Il ait mis les rivieires et les flueves en desert, et les fontennes et sordons en soilour et a sech. (Psaut. de Metz, CVI, 32, Bonnardot.)

Centre, sourdon.

Noms de lieux : Sourdon (Charente-Infèr., Maine-et-Loire, Marne, Somme).

Sourdre

SOURDEMENT, s. m., action de sourdre :

Tonnerre et fouldres et sourdemens de eaue comme ung déluge. (Miroir hystorial, XIV, 40, éd. 1531.)

SOURDENT, s. m., révolte, soulèvement :

Car li Anglez envis tiennent leur couvent,
En ce qu’il commencent a tous dis .i. sourdent.

(Cov., B. du Guesel, var. du T. 1730, Charriera.)

SOURDEOR, voir Sordoior.

2. SOURDER, v. n., sourdre :

Gurgito, sourder, dégoûter. (Catholicon, ms. Lille 369, Scheler.)

Se dit encore en Wallon.

SOURDIR. v. n., sourdre :

Au mont Quirinal l’on vid sang sourdir et bouillonner hors de terre. (De La Bouthiere, des Prodiges, p. 77, éd. 1555.)

2. SOURDOIS, voir Sordois.

SOURDRE, sur., sor.. seiir., xor., so., sol., soul., sourgre, verbe.

— Neut., se diriger en haut, s’élever, surgir, sortir, au propre et au figuré.

— Infinitif :

Illuec ferai surdre le corn David ; je ai aparellié luiserne a mun crist. (Liv. des Ps., Cambr., CXXXI, 17, Michel.)

Surdre i vit grant péril e mult mortal desrei.

(Garn., Vie de s. Thom., 1745, Hippeau.)

Qui les fontaines fais xordre ens valleies. (S. Bern., Serm., Richel. 24768, f° 35 v°.)

En tel forme que riens ne demort oscur en jugement dont plez puisse sordre. (P. de Font., Conseil, ch. xv, 28, Marnier.)

Vois dejoste toi sodre une clere fontainne.

(Biile, Richel. 763, f° 227°.)


Envie qui moult test cuer blece,
Pourroit bien sourdre entre les princes.

(C. de Pizan, Chem. de long estude, 3150, Pùschel.)

Affin d’eschiever les procès apparans d’en sourdre. (17 juin 1409, Reg. des Consaux, Arch. Tournai.)

De hoster toutes occasions par lesquelles guerre puisist soldre entre les princes. (1521, Papiers de Granv., I, 176, Doc. inéd.)

Tous differens qui poroient souldre entre moy et mes voisins. (25 avr. 1555, Cart. de Flines, MLXII, Hautcœur.)

Luy venant de rechef a sourdre des nouvelles dents. (G. Bouchey, Serees, XX, éd. 1598.)

— Futur :

Nous descroitrons et il croistront ;
Nous decarrons et il sordront.

(Wace, Brut, 549, Ler. de Lincy.)

Il surdra de mort a vie. (Hist. de la sainte Croix, ms., p. 20, ap. Ste-Palaye.)

— Conditionnel :

Se a cause de mon exécution sourdroit aulcun procès,... (10 février 1519, Testament de Jehan Grenier, Arch. Tournai.)

— Présent de l’indicatif :

Li reis Marsilie od sa grant host lur surt.

(Rol., 1448, Müller.)

Les dames sourgent toutes pars De courouc et d’ire enflammees.

(Lai d’Ignaures, p. 15, Michel.)

Si te surt mestier,
De tes amis requere
Sucurse aie.

(Everard de Kirkham. Distiq. de Cato, Ler. de Lincy, Prov., II, 454.)

Kar suvent par resun
Surd graunt tenson
De parole petit.

(Dist. de Caton, trad. anon., 492, Steng., Ausgab. und Abhandl., XLVII.)

La fontaine de Berenton Sort d’une part lez un perron.

(Wace, Ron, 3° p., 6399, Andresen.)

Dunt l’orgoil sur(s)t e naist e vient.

(Ben., D. de Norm., II, 20472, Michel.)

Por un destruit en sordent set.

(ID., ib., II, 20545.)

Dunt par trestute la curt
Grant estrif e noise surt.

(Vie de S. Thom. de Cantorbéry, l° II r°, rubrique, A. T.)

A la fontenele Qui sort soz la raime.

(Rom. et Past., Bartach, II, 65, 1.)

Rome est la doiz de la malice. Dont sordent tuit li malves vice.

(Guiot, Bible, 772, Wolfart.)

Dedens la haute mer si comme il vont siglant
Leur seurt une tempeste qui les va esmaiant.

(Gaufrey, 6136, A. P.)

Mi segneur, pierte vous sourt très grant.

(Geste des ducs de Bourg., 7277, Chron. belg.)

De savoir se on envoyera les sermens, le jour de may, pour garder le bos de Breuse, veu la despence qui en sourt. (30 avril 1466, Reg. des Consaux, Arch. Tournai.)

Ils crient, ilz se démènent, ilz se injurient, et Dieu sait les beaux procès criminelz qui en sourdent. (Des Per., Cymbal., II, sign. A viij, éd. 1538.)


Un grand feu sourd d’une bluelte.

(J. A. de Baif, les Mimes, 1. I, f° 23 v°, éd. 1619.)

D’un petit gland sourd ung grand chene.

(Id., ib., f° 23 v°, éd. 1608.)

Que si d’adventure il sourd contention entre les princes pour aucune chose, tous les autres se préparent comme pour guerroyer et donner la bataille. (Fauchet, Orig. de la lang, et de la poés. fr., liv. I, ch. 3, éd. 1581.)

De ce vice sourdent plusieurs grandes incommoditez. (Mont., Ess., 1. I, ch. xxx, éd. 1595.)

— Présent du subjonctif.

Ne noise n’i vout esmoveir
Dunt i sorde dissension.

(Ben., D. de Norm., II, 12050, Michel.)

— Imparfait de l’indicatif :

Desi qu’a le rivière vinrent
Ki en une lande surjoit
Et parmi la forest couroit.

(Graelent, Richel. 2165, f° 69°.)

Se a Cartage surdeit guerre,
Cascun cunte estoveit servir.

(Ben., Eneas, ap. Bartsch, Lang. et litt. fr., 198, 19.)

S’altre parole n’i sordeit.

(Wace, Rou, 3° p., 3004, Andresen.) Var., sourgoit.

Une fontaine sorgoit les un vivier.

(Raimo., Ogier, 4610, Barrois.)

Al quart jor, se partirent de la Ferme, qui mult ère bêle et bien seanz ; et i sordoient ji baing chaut 11 plus bel de tôt le monde. (Villeh., Conq. de Constant., § 452, Wailly.)

Kar jo dis que alcune fiede ne surgeoient a mei. (Psalm., Brit. Mus., Arund. 230, 1° 42 r°.)

Une fontaine qui sourjoit au pie de la tour. (S. Graal, Vat. Chr. 1687, f° 5°.)

Lendemain vit grant fourmiere
De vers qui des mains li sourjoient.

(Mir. de S. Eloi, p. 73, Peigné.)

U il avoit arbres asses
Et fontaines qui cier sourjoient.

(Sones de Nausay, ms. Turin, f° 45°.)

Si vous blasmez les femmes, vous mesprisez vos prédécesseurs gaulois, qui deputèrent certains nombre de femmes, pour estre juges des différends qui sourdoient entre eux. (G. Bolchet, Serees, III, éd. 1598.)

— Prétérit :

Dune surstrent Normand d’un vaucel !

(Wace, Bou, 3° p., 2675, Andresen.) Var., sostrent.

Dune nos surst Eurus li venz
Od neifs, od pluies, od tormenz.

(Ben., D. de Norm., II, 1705, Michel.)

Si ont si faite meschaance,
Dunt granz esmais sorst parmi France.

(ID., ib., II, 3523.)

Ici Sursirent murmuremenz.
Noises, paroles e contenz.

(Id., ib., II, 16216.)

Mes, après la mort de son père,
Li sordi guerre moult amere
D’une trop fort gent a devise.

(Dolop., 6573, Bibl. elz.)

Une bataille surst vers ces de Israël, (flots, p. 74, Ler. de Lincy.)

Tantost i xordit après li une tempeste. (Hist. de Joseph, Richel. 2455, f° 96 v°.)

Surst oile de la terre plaine
Come un russelet de fontaine.

(Joies Nostre Dame. Richel. 19525, f° 90 v°.)

L’ost, duquel sourdist ung gros alarme. (Trahis. de France, p. 97, Chron. belg.)

Le jour de la conversion sainct Paul, apres le soleil couché, sourdirent très horribles vents et tempeste. (Juv. des Urs., Hist. de Charles VI, an 1411, Michaud.)

Comme monsieur Roze achevoit ces paroles, il sourdit ung grand murmur entre les députez. (Sat. Men., Har. de M. le rect. Roze, p. 112, éd. 1593.)

— Imparfait du subjonctif :

Car il cremoit qu’il en soursist
Guerre morleus.

(Amaldas et Ydoine. Richel. 375. f° 318° ; Hippeau, 1576.)

Maugis a fet cest trou, ne sai dont il sorsist.

(Ren. de Montaub., p. 363, v. 24, Michelant.)

Il i ot si grant plenté de toz biens comme on poroit soushaitier por cors d’ome aaisier, et tout ausi comme on les puisast en une fontaine u il soursissent. (Henri de Valenc., Hist. de l’emper. Henri, § 557, Wailly.)

— Participe présent :

Au chief de la sale devant
Ot une fontene sourjant.

(Cleomades, ap. Bartsch, Chrest., col. 347, v. 35, 3° éd.)

La vi fontaine clere et vive,
Sourdant d’un gros doiz qui l’avive.

(C. de Pizan, Chem. de long est., 799, Püschel.)

Tant luy despleust ce dolent départir, que oncques mol ne sceust dire, tant empeschoient sa doulce langue les larmes sourdantes du parfond de son cueur. (Cent Nouv., sign. fii v°, éd. 1486.)

Et fusmes gratieusement invitez a boire de la liqueur sourdante d’icelle fontaine. (Rab., Cinq. liv., ch. xlii, éd. 1564.)

Car du profond du cœur me fait sortir
Deux grands ruisseaulx, procedentz d’une veine.
Qui ne se peult tarir, ne divertir,
Pour estre vive et sourgeante fontaine.

(M. Seyr. Delie, cccxvii, p. 141, éd. 1544.)

Des fontaines et eaux surgeantes.(L. Joub., l’Hist. des poiss. de Rond., I, 2, éd. 1558.)

— Participe passé et temps périphrastiques :

Pur oc me sunt peines surses.

(S. Brandan, 1277, Michel.)

Cuntre Ernulf de Flandres, dunt cist mals li est surs.

(Wace, Rou, 2° p., 1820, Andresen.)

Ici r’est teus afaires sors
Dunt mainte lance fu croissie.

(Ben.. D. de Nom., II, 21571, Michel.)

Bels fiz, granz duels nos en est sors.

(Rom. et Past, I, 11, 13, Bsrtsch.)

I eust un grant secors Qui du chastel est le roi sors.

(Perceval, 13707, Potvin.)

Einz que vus i parvenistes
Les evesques lu roi meistes
En sentence escuminaciun,
Dunt surce est la contenciun.

(Vie de S. Thom. de Cantorbery, f° IV, v. 99, A. T.)

Auquel du fait l’honneur est sourse.

(G. Guiart, Roy. lingn., Richel. 5698, f° 258b)


El ne set par quel meschance
Li est sorse ceste pesance.

(J. Le March., Mir. de N.-D. de Chartr., p. 61, Duplessis.)

Qui a tel feme bee, grant peine li est sorse
Quar fame bee a don plus qu’as vel no fait orse.

(Chastie Musart, Richel. 19152, f° 105°.)

Apres doit on entendre viguereusement sanz délai as choses que l’an a assises en son cuer et pensées... et as autres qui puis sont sorses par accidant, s’eles sont hastives. (Philip, de Novarre, les Quatre tenz d’aage d’ome, § 157, A. T.) Var., sordue.

Et li vales, se moult n’est sages,
Por quoi perune li soit sorse,
Metra tantost main a la borse.

(Rose, 13968, Méon.)

Un ruissel qui est sours tout souldainement. (J. d’Arras, Melus., p. 54, Bibl. elz.)

Certes, un mortel encombrier
Vous y est sours.

(Miracles de Notre Dame, I, 3, 270, A. T.)

Ce me semble ung bien grant escry
De faire maintenant criee
Esl il sours quelque destinée
De meschief ?

(Mist. de l’Incarn. et Nativ., II, 41, Le Verdier.)

Dont est source une commune parole. (C. Mansion, Bible des poet. de metam., Prol., éd. 1493.)

Illec estoil sourse une noise. (Le prem. vol. des grans décades de Tit. Liv. translatees de latin en françoys, f° 45% éd. 1530.)

Vous estes sours du meilleur parentage,

(Contreditz de Songecreux, f° 183 v°, éd. 1530.)

— Act., soulever :

Et jetèrent les Jeneves .i. rainpagour sur la taride la ou estoyt l’estendar de Veneyse, pour tirer la, mais mailliate ly fist sourgre .i. ancre de proue. (Gestes des Chaprois, p. 228, G. Raynaud.)

Et ainsi qui les enlassoit (les gerbes) eust sours de l’une des dictes gerbes le couvarcle d’une vielle huche qui y estoit senz serreure. (1390, Arch. JJ 138, P 207 v°.)

Et après sa requeste faicte, il trouva que sa poictrine fut a l’endroit de la fenestre, et luy fust advis que l’on le sourdit par dessoubs les esselles. (Mir. de Madame Ste Catherine de Fierboys, p. 35, Bourassé.)

Quant les juifz l’eurent tant battu,
Dessus la croix l’ont estendu ;
En la croix les deux piedz cousirent :
Adoncques en hault le sourdirent.

(Moralité de Charité, Anc. Th. tr., 111, 397.)

— Réfl., se lever, se soulever :

Quant Rollant vit qu’il ne pourroit autrement eschapper en nulle manière, il commença a reclamer dévotement le fils de la Vierge Marie, et il aida tant a son champion, qu’il se sourdit, et tourna le jaiant soubs luy. (Gr. Chron. de Fr., Charlemaines, IV, 8, P. Paris.)

Si tost qu’il fut saisi de son batton, il se sourdit tout en air, moult vigoureusement. (O. de La Marche, Mém., I, 14, Soc. hist. de Fr.)

Deux jours i a que ne dormy ne reposay, et suis si fort traveillé que a grant peine me puis je souldre. (Gérard de Nevers, II, ix, éd. 1530.)


Monseigneur se leva sus piez et bâtit tant madame, qu’elle ne se pouoit sourdre. (Cent Nouv., xxxix, éd. 1486.)

Et te sourdant a petits bons.
Tu dis en l’air de si doux sons.

(Rons., Œuvr.. Gayetez, p. 258, éd. 1588.)

Nature se sourdant et s’exprimant a force, a l’encontre d’un si long usage. (Mont., Ess., 1. III, ch. ii, p. 16, éd. 1595.)

— Act., susciter, exciter, fomenter :

nies qu’elle soit ançois absousse
De ce que son pensé li sousse.

(Rose, ms. Corsini, 1° 128°.)

Si n’avoient pas li François aus Saines tant seulement guerre, ainz lor sorstrent plusors batailles et granz en diverses parties du monde. (Chron. de S. Den., ms. Ste-Gen., f° 108°.) P. Paris : sourdoient.

Toutes manières... d’empeschemenz que l’on porroil mouvoir ou sordre contre les diz acheteurs. (1337, Ste-Croix, S.-Pierre Lentin, Arch. Loiret.)

Se aucuns sourdoient plez, troubles, riotes ou aucun empeschement contre... (1345, Vente, layette de Gémigny A 11, Arch. Loiret.)

Debaz, troubles, rioles et empeschemens que l’en en pourroit movoir ou sourdre. (1346, Ste-Croix, 1re layette de Chantay A 22, Arch. Loiret.)

Toutes manières de faiz ou de plaiz que l’en porroit mouvoir ou sourdre contre les diz... 1350, Prév. d’Orl., Chartreuse d’Orl., Vaupulant, Arch. Loiret.)

Dieu luy sourdit ung ennemy qui n’avoit nulle force. (Commynes, Mém., V, 20, Soc. Hist. de France.)

Que tu me auras aydé a éviter l’envie du peuple qui pour ceste continuation fust sourse contre moy. (Le prem. vol. des grans decades de Tit. Liv., translatees de latin en françoys, f° 48°, éd. 1530.)

— Réfl.. être fomenté, suscité :

Ils ont vendu et distribué sel en plusieurs villes estans sur lad. rivière ou prejudice desd. marchans en rompant tour de rolle a iceulx marchans, soient iceulx proces et ceulx qui pour occasion de ce se sourdront et mouveront ou temps avenir... (12 mai 1434. Délibération, ap. Mantellier, March. fréq., 1, 2.)

Afin aussi d’éviter tous procès et débats qui s’en pourroient sourdre et mouvoir entre nos sujets. (9 juill. 1524, Intepretat. de l’emp. Charl. V, sur le mand. des dism. inusit.)

— Act., répandre :

Les fontaines sourgeoient, aulcunes laict, aultres miel. (Fossetier, Cron. Marg., ms. Brux. 10512, IX., iv, 23.)

Se sourdre le cul, loc, se dépêcher :

Ore sourdez vous le cul tost, et appareillez a diner... — Vous estes bien meschant que nostre lit est encore a faire. Sourdez vous le cul et alez vous faire nostre lit. (La manière de langage, p. 393 et 402, P. Meyer.)

— Infin. pris subst., vol :

Au moys de mars ilz (les gais) sievent li ungs l’autre, pource qu’ilz sont en ce temps en amours, et passent a grans sourdres. Modus, f° 136 r°. Blaze.)

Yonne, sourdre, v. a., soulever ; Côtes-du-Nord, suivre en montant ; Normandie, éveiller, faire sortir du lit.

La Curne de Sainte Palaye

Source

Source. 1° Féminin de l'ancien participe sours, du verbe sourdre : « Telles que guerres en sont sources, et dont les ruisseaulx ne sont encor pour ce jour estanchez. » (Hist. de la Toison d'or, I, p. 121.) - 2° Endroit par où l'eau s'échappe : " Le roy (d'Angleterre) se departit de l'église.... pour venir au palais : et y avoit ou milieu de ce palais,


une fontaine qui rendoit vin blanc, et vin vermeil, par plusieurs sources. » (Froiss. IV, p. 339.)

Sourcé, ée. Sorti d'une source. (Cotgr.)

Sourcins. Diminutif de sources : « En ceste maniere peut on aler es mares et es sourcins pour prendre les bequaches et les oiseaux de rivière. » (Mod. f. 188.)

Sourcir. [Ressortir : « Et aussi une partie demourant sous monsieur de Sali, qui sourcist devant monseigneur le duc à Châteauneuf. » (1404. Usage des Bordes, Brai Bonnée ; L. C. de D.)]

Sourcours. [Attaque, dans Froiss. XIV, p. 142, aux variantes.]

Sourçoyant. Sortant de sa source :

Bien que le lait sourçoyant par la plaine
Iroit blanchir le sein de l’ocean. (Perrin, p. 57.)

Sourdaue. Source :

En la cort, une fosse avoit,
Qui ot cousté cent mars d’argent,
Grans, et parfont moult durement,
Où il cuidoient faire un puis ;
Mais n’i pooient trouver conduis,
Ne nulle sourdaue par nature. (Ms. 7615, II, f. 130.)

Sourgeon. [Petit jet d’eau, surgeon : « Suivez les (fleuves) jusques à leur source, ce n’est qu’un petit sourgeon d’eau à peine recognoissable. » (Mont. v. II, p. 349.)]

Sourgon. [Source: « Une fontaine qui rendoit vin blancq et vin vermeil par plusieurs sourgons. » (Froissart, XVI, p. 208.) — « Li vrais sourgons d’amours. » (Id. Poës. I, p. 350, v. 82.) — « De sourgons, » de plein jet. (Id. p. 352, v. 159.)]

Sourdre

Sourdre. 1° Sortir de terre, en parlant des eaux douces ; monter, en parlant de la mer : « Liqueur sourdante d’icelle fontaine. » (Rab. V, p. 194.) — « Eurent.... beaucoup à souffrir aucuns, pour la mer qui sourdoit, et venoit souvent en plusieurs logis. » (J. Chartier, Hist. de Charles VII, p. 188.) — 2° [Se lever, se redresser : « Il se leva sur pied et battit tant madame qu’elle ne se pouvoit sourdre. » (Louis XI, 39 e nouvelle.)] — « Que l’on se mette derrière un buisson, et tendre son arc, et empoigner sa sayette... et se mettre à genoulx, et quant les bouffées de vent viennent, l’en se doit sourdre, et... se la beste viande, ...on la doit avecques la bouffée de vent approuchier. » (Mod. fol. 81.)

Lors de crier pas ne m’achoise
Quant les las merchiez fui veant
A peine me sours en séant.
Mes autre chose ne poi fere,
Fors souspirer, crier, et brere,
Que toute la force oi perdue. (Ms. 7218, f. 280.)

3° En fauconnerie, faire lever, faire partir devant soi : « Ainçois que (le faucon nouvelet) se amalisse d’aller après l’autre (le faucon hautain) qu’on lui sourde les oyseaulx... et s’il prent l’oisel, donne luy à manger emmi la poitrine... » (Mod. f. 64.) — 4° S’élever dans l’air, en fauconnerie :

Le vol d’un héron bien montant
Est-ce point chose deduiant
Qui monte hault jusques aux nues,
Le faucon lui fait des venues,
Et par derrière, et par devant,
Ainsi vont ensemble sourdant
Que l’on ne scet que tout devient. (Mod. f. 149.)

5° S’élancer, apparaître : « Si se mist à chemin par devers le chastel, et n’eust gueres allé avant, quant il veit sourdre ung chevalier armé de toutes armes, appareillé de la jouste, qui venoit contre luy, à grant randon. » (Percef. v, V, f. 59.)

A tant lor vint dire une espie
Que lor gent estoit despartie ;
Les viles aloient ardant,
Querant proie, vilainz prenant,
Donc sourstrent Normanz d’un vantel :
Avant firent, avant Neel.... (Rou, p. 206.)

6° Descendre de: « Tant cum aulcun soit qui demourger qui du genre masculin sourge. » (Coût, de Nonn. en vers, f. 38.) — 7° Prendre son origine, surgir, se produire: « Par lesqueles guerres


moult de mauls et de violenses sourdirent. » (Froiss. III, p. 331.) — « Mieux valoit que il laissast aler aucune cose dou sien que plus grans mauls en sourdissent. » (Id. VII, 483.) — « Ne puissent cy après sourdre aucuns débats, procès, ou differens. » (Mat. de Coucy, Hist. de Charles VII, p. 663.) — 8° Retirer : « Puis sourdent la corde plommée, et tirent à eux le filé, si est le loutre pris. » (Mod. fol. 59.) — 9° Lever, ôter : « Nous, laditte main de mondit seigneur qui mise avoit estée en iceux heritaiges et possessions... avons source et levé, sourdons et levons à plain, au prouffit desdittes religieuses, prieuse et convent de Saint-Loup... » (1402. Sentence de main-levée en faveur des religieuses de Saint-Loup ; L. C. de D.)]

Sourgir. [Surgir: « Les dames sourgent de toutes pars, De courroux et d’ire enflammées. » (Lai d’Ignaurès.) — « La royne advertie comment en ce port sourgeoit le beau et pompeux convoy de vos vaisseaulx. » (Rabel. Pantag. IV, p. 36.)]

Dictionnaire de la langue romane - Lacombe 1768

Sourderir, Sourdre, Sourdir, jaillir, sortir.

Il en sourdroit une pucelle,
Portant fruit à double mamelle.

Jean le Maire.

Thresor de la langue françoise, Douceur, 1606

Source, Origo, Scaturigo, Scatebra, Caput riuulorum, à surgendo.

La source d'vne lignée, là ou toute la lignée rapporte son commencement, Genus.

La source dont vient tout le mal, Seminarium.

La source dont procede quelque tristesse, Fons moeroris.

Cercher la source du souuerain bien des, &c. Petere originem summi boni à primo ortu animantium.

Descouurir la source de philosophie, Aperire fontes philosophiae.

Ietter sources, Scaturire.

Pourtant qu'ils ne iettoyent nulles sources, Quia nullos apertos euergerent riuos.

Prendre sa source, Originem trahere.

Venir de quelque chose, & auoir source d'icelle, Ex re aliqua proficisci.

Sourcer, id est, produire vne source de fontaine, Ronsard, Pegase qui fit sourcer Parnase.

Sourdre, c'est venir de bas à mont, Surgere, Ainsi dit on, La fontaine sourd de terre, & vn faulcon sourdre contremont, quand il monte haut en l'air.


Sourdre, se leuer, se dresser, se monstrer, Existere, Oriri, Cooriri, Suboriri.

Sourdre, sortir & saillir hors, Prorepere.

Sourdre hors l'eau & se monstrer, Emergere.

Sourdant, Oriens, Exoriens, Existens, Emergens.

Dictionnaire de l'Académie française

1694

SOURDRE. v. n. Sortir de terre. Il ne se dit que des eaux. C'est un pays fort aquatique, l'eau y sourd par tout. l'eau sourd de la terre, sourd d'un rocher. on voit l'eau sourdre de tous costez. Il est vieux.

Il se dit aussi quelquefois au figuré, mais il n'a guere d'usage qu'à l'infinitif. C'est une affaire, une entreprise dont il peut sourdre mille malheurs, mille inconvenients, pour dire, Dont il peut arriver mille malheurs. Il est vieux.

Source. s. f. Endroit où l'eau commence à sourdre, à sortir de terre, pour avoir un cours continuel. Claire source. vive source. source qui ne tarit jamais. ce ruisseau ne provient pas des pluyes, c'est une eau qui coule de source. trouver une source, on ne sçauroit trouver la source. cette riviere est navigable dés sa source. elle prend sa source en un tel lieu. remonter jusqu'à la source d'une riviere. remonter une riviere jusqu'à sa source.

Il sign. aussi fig. Ce qui fournit quelque chose en abondance & tousjours. La France a des sources inépuisables de richesses. la Champagne, la Bourgogne sont les sources des bons vins.

Il sign. figur. Le principe, la cause, l'origine, le premier autheur de quelque chose, d'où quelque


chose procede. La source de tous biens. le coeur est la source de la vie. le peché originel est la source de tous nos maux. cette humeur melancolique est la source de vos maladies, il faut aller à la source, remonter à la source. d'où vient un tel bruit ? il faut aller à la source. il sçait tousjours de bonnes nouvelles, il puise à la source. il ne s'arreste ni aux versions, ni aux commentaires, il va droit à la source.

On dit fig. De ce que chacun dit ou escrit d'une maniere facile & naturelle, conformement à son genie, au caractere de son esprit, au sentiment de son coeur, que Cela coule de source.

Ressource. s. f. Ce qu'on employe, & à quoy on a recours au defaut d'autres secours, d'autres moyens. Il n'a point de ressource. il est sans ressource dans son malheur. il est perdu, il est ruine sans ressource. dans la persecution que j'ay soufferte Dieu a esté ma seule ressource. ce sera ma derniere ressource. si ce secours me manque, j'ay une ressource. j'ay plusieurs ressources. il ne manque point de ressources, il trouve tousjours quelque ressource.

On dit, qu' Un cheval a de la ressource, pour dire, qu'Aprés une grande fatigue, on luy trouve encore de la vigueur.

1718

SOURCE. subst. fem. L'eau qui commence à sourdre, à sortir de terre en certain endroit pour continuer son cours. Claire source. vive source. source qui ne tarit jamais. ce ruisseau ne provient pas des pluyes, c'est une eau qui coule de source. trouver une source. on ne sçauroit trouver la source. cette riviere est navigable dés sa source. elle prend sa source en un tel lieu. remonter jusqu'à la source d'une riviere. remonter une riviere jusqu'à sa source. les sources du nil. empoisonner une source.

En parlant d'un pays abondant & fertile en certaines choses qu'il communique à ses voisins ou aux autres, on dit fig. qu'Il en est la source. La Champagne & la Bourgogne sont les sources des bons vins. le Perou est une source inespuisable de richesses.

Source, Signifie fig. Le principe, la cause, l'origine, le premier Autheur de quelque chose, d'où quelque chose procede. La source de tous les biens. le coeur est la source de la vie. le peché originel est la source de tous nos maux. cette humeur melancolique est la source de vos maladies. il faut aller à la source. remonter à la source. d'où vient tel bruit ? il faut aller à la source. il sçait tousjours de bonnes nouvelles, il puise à la source. il ne s'arreste ni aux versions, ni aux commentaires, il va droit à la source.

Figurément en parlant de ce qu'une personne dit ou escrit d'une maniere facile & naturelle, ou conformement à son genie, au caractere de son esprit, au sentiment de son cœur, on dit, que Cela coule de source. il escrit facilement, cela coule de source.

SOURDRE. verbe neutre. Sortir de terre. Il ne se dit que des eaux. C'est un pays fort aquatique, l'eau y sourd par tout. l'eau sourd de la terre, sourd d'un rocher. on voit l'eau sourdre de tous costez. Il n'a guere d'usage qu'à l'infinitif & à la troisiesme personne du present de l'indicatif.

Il se dit aussi quelquefois au figuré, mais il n'a guere d'usage qu'à l'infinitif. C'est une affaire, une entreprise dont on vit sourdre mille malheurs, mille inconvenients, pour dire, Dont il arriva mille malheurs. Il est vieux.

1740

1762

SOURCE. s. f. L'eau qui commence à sourdre, à sortir de terre en certain endroit pour continuer son cours ; ou l'endroit, le lieu d'où l'eau sort. Source claire. Source vive. Source qui ne tarit jamais. Ce ruisseau ne provient pas des pluies, c'est une eau de source, qui coule de source. Trouver une source. On ne sauroit trouver la source. Cette rivière est navigable dès sa source. Elle prend sa source en un tel lieu. Remonter jusqu'à la source d'une rivière. Remonter une rivière jusqu'à sa source. Les sources du Nil. Empoisonner une source.

En parlant d'Un pays abondant & fertile en certaines choses qu'il communique à ses voisins ou aux autres, on dit figurément, qu' Il en est la source. La Champagne & la Bourgogne sont les sources des bons vins. Le Pérou est une source inépuisable de richesses.

Source, signifie figurément, Le principe, la cause, l'origine, le premier auteur de quelque chose, d'où quelque chose procède. La source de tous les biens. Le coeur est la source de la vie. Le péché originel est la source de tous nos maux. Cette humeur mélancolique est la source de vos maladies. Il faut aller à la source. Remonter à la source. D'où vient tel bruit ? Il faut aller à la source. Il sait toujours de bonnes nouvelles, il est à la source, il puise à la source. Il ne s'arrête ni aux versions, ni aux commentaires, il va droit aux sources, il puise dans les sources.

Figurément, en parlant De ce qu'une personne dit ou écrit d'une manière facile & naturelle, ou conformément à son génie, au caractère de son esprit, aux sentimens de son coeur, on dit, que Cela coule de source. Il écrit facilement, cela coule de source.

SOURDRE. v. n. Sortir de terre. Il ne se dit que Des eaux. C'est un pays fort aquatique, l'eau y sourd par tout. L'eau sourd de la terre, sourd d'un rocher. On voit l'eau sourdre de tous côtés. Il n'est guère en usage qu'à l'infinitif & à la troisième personne du présent de l'indicatif.

Il se disoit aussi quelquefois au figuré, mais seulement à l'infinitif. C'est une affaire, une entreprise dont on vit sourdre mille malheurs, mille inconvéniens, pour dire, Dont il arriva mille malheurs. Il est vieux.

1798

1835

SOURCE. s. f. L’eau qui commence à sourdre, à sortir de terre en certain endroit pour prendre son cours vers un autre ; et L’endroit, le lieu d’où l’eau sort. Source claire, vive, limpide. Source qui ne tant jamais. Ce ruisseau ne provient pas des pluies, c’est une eau de source, qui coule de source. Découvrir, trouver une source. Cette rivière est navigable dès sa source. On ne saurait trouver la source. Cette rivière tire sa source de telle montagne, prend sa source en tel lieu. Remonter jusqu’à la source d’une rivière. Remonter une rivière jusqu’à sa source. Les sources du Nil. Empoisonner une source. Détourner une source. Sources d’eau minérale. Sources sulfureuses, ferrugineuses, etc.

Source intermittente, Source qui coule pendant un certain temps, et qui cesse ensuite de couler pendant un autre temps, pour recommencer à couler de nouveau, et ainsi de suite.

Source, se dit, figurément. Des pays qui sont abondants, fertiles en certaines choses, et qui les répandent au dehors. La Champagne et la Bourgogne sont les sources des bons vins. Le Pérou est une source de métaux précieux.

Il signifie aussi figurément. Le principe, la cause, l’origine, le premier auteur de quelque chose, d’où quelque chose procède. La source de tous les biens. Ce fatal événement est la source de tous nos maux. La vanité est une source inépuisable, intarissable de ridicules. Vos malheurs et les miens viennent d’une même source. La bonté de Dieu est une source qui ne tarit jamais. Le travail est une source de richesses. Ses infortunes eurent leur source dans un amour-propre indomptable. Les sources de la prospérité publique. Ce préjugé prend sa source dans un sentiment louable. Les troubles du royaume tiraient principalement leur source du mauvais état des finances. Cette humeur mélancolique est la source de vos maladies. Notre imagination est souvent la source de nos malheurs. Remonter à la source. D’où vient tel bruit ? il faut aller à la source. Il sait toujours des nouvelles, il est à la source, il puise à la source. Je tiens cette nouvelle de bonne source. Je la tiens de personnes qui doivent être bien informées.

Il se dit, dans un sens particulier. Des textes originaux. Cet historien a puisé dans les meilleures sources. Il ne s’arrête ni aux versions, ni aux commentaires, il va droit aux sources, il puise dans les sources.

Fig., Les sources de la vie, Les principaux organes, nécessaires à la vie. Un mal qui empoisonne les sources de ta vie.

Fig., en Théologie, Les sources de la grâce, se dit Des sacrements.

Fig. et fam., Cela coule de source, se dit en parlant De ce qu’une personne dit ou écrit d’une manière naturelle, facile, ou conformément à son génie, au caractère de son esprit, aux sentiments de son cœur. Il écrit facilement, cela coule de source.

En termes de Marine, La source du vent, Le point d’où il souffle.

SOURCIER. s. m. Celui qui prétend avoir des moyens particuliers pour découvrir des sources.

SOURDRE. v. n. Sortir de terre. Il ne se dit que Des eaux, et n'est guère en usage qu'à l'infinitif et à la troisième personne du présent de l'indicatif. C'est un pays fort aquatique, l'eau y sourd partout. L'eau sourd de la terre, sourd d'un rocher. On voit l'eau sourdre de tous côtés.

Il s'emploie quelquefois au figuré, pour signifier, Sortir, résulter ; et alors il est seulement d'usage à l'infinitif. C'est une affaire, une entreprise dont on a vu sourdre mille malheurs, mille inconvénients.

1878

1932

SOURCE. n. f. Eau qui sourd, qui sort de terre; Endroit d'où l'eau sort. Source claire, vive, limpide. Source qui ne tarit jamais. Ce ruisseau coule de source. Découvrir, trouver un source. Cette rivière prend sa source en tel lieu. Remonter une rivière jusqu'à sa source. Le sources du Nil. Empoisonner une source. Détourner une source. Source d'eau minérale. Source sulfureuse, ferrugineuse, etc.

Source intermittente, Source qui ne coule que par intervalles.

Eau de source, Eau vive qui vient d'un source.

Fig. et fam., Cela coule de source se dit en parlant de Ce qu'une personne dit ou écrit d'une manière naturelle, facile, ou conformément à son génie, au caractère de son esprit, aux sentiments de son cœur. Il écrit facilement, cela coule de source.

Source désigne figurément le Principe, la cause d'où une chose procède, l'origine, le premier auteur de quelque chose. La source de tous les biens. Ce fatal événement est la source de tous nos maux. La vanité est une source inépuisable, intarissable de ridicules. Vos malheurs et les miens viennent de la même source. Ses infortunes eurent leur source dans un amour-propre sans mesure. Ce préjugé prend sa source dans un sentiment louable. Remonter à la source. Aller à la source du mal. Être à la source des nouvelles.

Je tiens cette nouvelle de bonne source, Je la tiens de personnes qui doivent être bien informées.

Fig., Les sources de la vie, Les principaux organes nécessaires à la vie. Un mal qui s'attaque aux sources de la vie.

Fig., en termes de Théologie, Les sources de la grâce, Les sacrements.

En termes de Marine, La source du vent, Le point d'où il souffle.

Source se dit absolument des Textes originaux. Cet historien a utilisé toutes les sources. Il travaille sur les sources. Faire la critique des sources.

SOURCIER, IÈRE. n. Celui, celle qui passe pour habile à découvrir des sources, qui fait métier de les rechercher.

SOURDRE. v. intr. Sortir de terre ; il ne se dit que des Eaux et n'est guère en usage qu'à l'infinitif et à la troisième personne du présent de l'indicatif. L'eau sourd de la terre, sourd d'un rocher. Dans cette prairie, on voit l'eau sourdre de tous côtés.

Source

Source, s. f. Ce mot se dit en parlant d’eau, de fontaine, de fleuve & de rivière. C’est l’endroit d’où commence à sourdre quelque fleuve, fontaine, ou riviere. [La rivière de Séne prend sa source au haut du Bourg de Saint Séne en Bourgogne. La source du fleuve Marsias est au sommet d’une montagne. Vau. Quin. l. 3.]

* Source. Origine, principe, cause.

[* Pour tarir la source de tant de désordres il unit les deux charges. Patru. plaidoié I.]

[* Etre à la source de la galanterie. Voiture, lettre 38.]

[* La doctrine des opinions probables est la source & la base de leurs déréglemens. Pascal, lettre 5.]

[* Ma mort sera la source de votre gloire. Racine, Iphigenie, a, 5]

Sourdre

Sourdre, v. n. Ce mot se dit proprement en parlant de eaux & veut dire sortir de terre, ou de quelque rocher, ou autre pareil endroit. Le verbe sourdre n’a que peu de temps usitez. Voici ceux que j’ai trouvez dans les bons Auteurs.

[Il y a une autre foret d’Hamon au milieu de laquelle sourd une fontaine. Vau. Quin. l. 4 c. 7.]

[* Caton disoit qu’en frapant du pic contre terre il en feroit sourdre des légions. Ablancourt, Apo.]

Source

SOURCE. s. f. Lieu d'où quelque chose procede, ou la cause qui la produit. Quand on veut guerir un mal, il faut aller à la source, à sa cause. Les humeurs corrompuës, desreglées, extravasées, sont les sources des maladies. Le sang est le principe, la source de la vie. La veine cave est la source de toutes les autres. Le cerveau est la source, le principe des nerfs.

Source, se dit plus particulierement des liqueurs qui coulent, ou sortent de la terre. Il n'y a eu qu'en ces derniers temps qu'on a découvert les sources du Nil. Le Loiret est une riviere navigable dés sa source. Il y a bien des sources dans cette prairie, au pied de cette montagne. Dans les Isles de l'Archipel il y a des sources d'huile de petreol, de bitume, &c. Les eaux minerales sont des sources alumineuses, vitriolées, &c.

Source, se dit figurément en choses morales. La bonté de Dieu est une source qu'on ne peut tarir, ni épuiser. Le peché originel est une source de tous nos maux : les Payens ont feint qu'ils venoient de la boeste de Pandore. Les heresies sont la source des seditions, des guerres civiles. La chicane est la source de tous les procés. Le mien & le tien ont été la source de toutes les dissentions des hommes. Les passions sont la source de tous les vices. Cet Auteur a bien du genie, ses vers sont faciles, & coulent de source. En matiere de science, il faut puiser dans la source, consulter les anciens & les originaux.

Source, se dit aussi des lieux où les choses croissent naturellement, où elles se fabriquent, où elles se trouvent en abondance. Il faut aller aux Indes trafiquer d'espiceries, c'est la source. Quand on se fournit dans les magasins, plustost que chez les detailleurs, on va à la source. Le Perou est la source de l'or & de l'argent. Paris est la source des beaux esprits. On dit que deux choses viennent d'une même source, lors qu'elles viennent de même endroit, que c'est un même homme qui les a faites, ou inventées.

Sourdre

SOURDRE. v. n. S'écouler par quelque fente de la terre. Il ne se dit que des eaux des fonteines, des sources des rivieres. Ce marais sera difficile à dessecher, on y voit sourdre des eaux de tous costés. On dit que le Rhin, le Rhosne & le Pau sourdent du pied de la même montagne. Ce mot vient de surgere. Nicod.

Sourdre, se dit figurément en Morale. Il faut étouffer cette heresie dans sa naissance, il en pourroit sourdre de grands maux, des schismes, des guerres civiles.

Source

SOURCE. Du Latin-barbare inusité surgicia, fait de surgere. Voyez sourdre. On trouve sourcer, pour sourdre, dans les anciens Ecrivains.

Sourdre

S0URDRE. De surgere : Lucréce :


————————— Medio de fonte leporum Surgit amari aliquid, quod in ipsis floribus angis.

Voyez surgir.

Source

SOURCE, f. f. On appelle ainsi l’eau qui commence à sortir de terre pour continuer son cours, ou l’endroit d’où l’eau sort. Fons, scaturigo. On dit qu’une rivière est navigable dès sa source, qu’elle prend sa source en tel endroit. Il n’y a pas long-temps qu’on a découvert les sources du Nil. Le Loiret est une rivière navigable dès sa source. Il y a bien des sources dans cette prairie, au pied de cette montagne. La source du fleuve Marsias est au sommet d’une montagne. Vaug. Dans les îles de l’Archipel il y a des sources d’huile de pétrole, de bitume, &c. Les eaux minérales sont des sources alumineuses, vitriolées, &c.

Source, se dit figurément en choses morales, & signifie, origine, cause , principe. Causa, origo , principium. La bonté de Dieu est une source qu’on ne peut tarir, ni épuiser. Le péché est la source de tous nos maux. Les hérésies sont la source des séditions, des guerres civiles. La chicane est la source de tous les pro-


ces. Le mien & le tien ont été la source de toutes les dissentions des hommes. La dévotion qui se déploye si fort en démonstrations, & en actes extérieurs est une fausse vertu qui a sa source dans les passions humaines. De Vill. Il faur remonter à la source d’une action de vertu, pour examiner si elle est fausse ou véritable. M. Scud. L’ignorance de soi-même est la source de tous les vices. Nic. La doctrine des opinions probables est la source & la base de leurs déréglemens. Pasc. Ma mort sera la source de votre gloire. Racine.

Cette image cruelle,
Sera pour moi de pleurs une source éternelle.

Idem.

Quand ce que quelqu’un dit ou écrit est facile, naturel & conforme à son génie, au caractère de son esprit, & aux sentimens de son cœur, on dit que cela coule de source.

Aminthe n’en veut qu’a ta bourse,
Erafte, & ses beaux sentimens,
Qui te semblent couler de source.
D’un cœur intéressé sont les purs mouvemens.

Senecé.

Cet Auteur a bien du génie, ses vers font faciles, & coulent de source.

☞ En matière de sciences on dit puiser dans les sources, consulter les originaux, ceux qui ont écrit les premiers. Il ne s’arrête ni aux versions ni aux commentaires, il va droit aux sources.

☞ En parlant d’un pays qui produit abondamment certaines choses qu’il communique aux autres pays, on dit figurément qu’il en est la source. La Bourgogne est la source des bons vins. Le Pérou est une source inépuisable de richesses.

On dit que deux choses viennent d’une même source, lorsqu’elles viennent de même endroit, que c’est un même homme qui les a faites ou inventées.

Source. En Architecture hydraulique, on appelle sources, plusieurs rigoles de plomb, de rocaille, ou de marbre, bordées de mousse, ou de gazon, qui, par leurs sinuosités & détours, forment une espèce de labyrinthe d’eau, & ont quelques jets aux endroits où elles se croisent : comme les sources de Trianon. Scaturigo artificialis,

Source du vent. En termes de Marine, c’est le point d’où part le vent. Voy. Rumb.

Source

SOURCE ; substantif féminin. L'eau qui commence à sourdre, à sortir de terre en certain endroit pour


continuer son cours ; ou l'endroit, le lieu d’où l’eau sort. Il y a une source abondante au pied de la montagne. Le Rhin a sa source dans le pays des Grisons. Nous remontâmes le fleuve jusqu'à sa source.

En parlant d’un pays abondant & fertile en certaines choses qu’il communique à ses voisins ou aux autres, on dit figurément, qu'il en est la source. La Bourgogne est la source du bon vin. Le Brésil & les Etats du grand Mogol sont les sources des diamans & autres pierres précieuses.

Source, signifie figurément, le principe, la cause, l'origine, le premier auteur de quelque chose, d’où quelque chose procède. L'intérêt est la source des procès. Cette hérésie fut la source d'une longue & cruelle guerre. Il faut aller à la source du mal. Cet Auteur a puisé dans les meilleures sources.

Figurément en parlant de ce qu’une personne dit ou écrit d’une manière facile & naturelle, & conformément à son génie, au caractère de son esprit, aux sentimens de son cœur, on dit, que cela coule de source. Il écrit facilement, cela, coule de source.

Sourdre

SOURDRE ; verbe neutre irrégulier de la quatrième conjugaison. Sortir de terre. Il ne se dit que des eaux. L’eau sourd du pied de la montagne. On voyoit l’eau sourdre de toutes parts.

Il n’est usité qu’à l’infinitif & à la troisième personne du présent de l’indicatif.

Source

Source, s, f. Fons, endroit où l’eau sort de terre, cette eau ; principe, cause, origine.

Sourdre

Sourdir, v. a. sortir d’une source, en parlant d’un ruisseau, amyot. t.

Sourdre, v. n. Scaturire, sortir de terre, d’un rocher, etc., parlant de l’eau.

Source

SOURCE, s. f. eau qui commence à sourdre, à sortir de terre, pour continuer son cours : trouver une - . - Endroit d’où elle sort : sources du Nil. || Principe, cause, origine : remonter à la - d’un bruit. (Rac.) La vérité est la - des vrais plaisirs. (Mass.) La fierté prend sa - dans la médiocrité. (Id.)

SOURCIER, s. m . -cié,celui qui prétend avoir la faculté de découvrir les sources.

Sourdre

SOURDRE. v. n. (surgere.) jaillir, sortir de terre ; ne se dit que des eaux ; ne s’emploie qu’à l’infin. et à la trosième pers. du prés. de l’indic.

Source

SOURCE, s. f. Eau qui sort de terre pour se former en fontaine, en ruisseau, en rivière, en fleuve. Le commerce est comme certaines sources ; si vous voulez détourner leur cours, vous les faites tarir.


(Fén.) — Endroit d'où elle sort. Sources du Nil, etc. — Fig. Principe, origine. La première source de l’autorité des rois vient de nous. (Mass.) — Rase , fondement. Mon trépas, source de votre gloire, ouvrira le récit d’une si belle histoire. (Rac ) — Occasion, sujet. Cette image cruelle sera pour moi de pleurs une source éternelle. (Rac.) — Endroit d’où une chose procède ; premier auteur de... Aller, remonter à la source. Les poètes et les orateurs sont de mauvaises sources pour un historien. (Montesq.) — De bonne source, d’une personne bien certaine de ce qu’elle raconte. Je le tiens de bonne source. (Pasc.) — Couler de source, être dit, écrit avec une extrême facilité. Il s’était fait un style qui n’était qu’à lui et qui coulait de source avec abondance. (Volt.) - T. de mar. Source du vent, endroit d’où le vent souffle.

SOURCIER, subst. m. Celui qui prétend découvrir les sources.

Sourdre

SOURDRE, v. n.(ne s'emploie qu'à l'infin. et à la 3e pers. du prés. de l'indicatif.) Sortir de terre, d’un rocher, etc., en parlant des eaux. — T. de mar. S'élever en parlant d'un nuage. — Sourdre au vent, le bien tenir, en parlant du navire.

Source

SOURCE. s. f. Eau qui commence à sourdre, à sortir de terre pour continuer son cours. - Endroit où l’eau sort de terre. - Fig., Pays abondant, fertile en produits, et qui les répend au dehors - Cause, principe, origine, premier auteur de quelque chose.

(le loup à la source buvait. Marie de France, xiii°. c. Les Conditions de l’homme sont la source de toutes actions. AMYOT, xvi°.)

O rochers ! ouvrez-moi vos sources souterraines

Et vous fleuves, ruisseaux, beaux lacs, claires fontaines,

Venez, portez partout la vie et la fraîcheur. Delille.

Il me sera quelquefois doux, souvent pénible, de remonter pour vous et avec vous seul jusqu’à ces sources vives et voilées de mon existence, de mes sentiments, de mes pensées. Lamartine. Je vous l’ai dit plusieurs fois : vous êtes à la source du bon sens et de toutes les belles connaissances pour le monde et pour les affaires. Racine.

Pour abreuver notre âme, en tout temps choisissons

La source la plus pure et les sages leçons. Lachambeaudie.

Souvenez-vous de ces sources immortelles où vous vous êtes abreuvés des saintes eaux de la sagesse. Patru. La vanité de l’homme est la source de ses plus grandes peines. J. J. Rousseau. Il n’y a de véritable grandeur que celle qui prend sa source dans le sein de Dieu. Massillon. On vit tarir tout d’un coup les principales sources de la charité. Fléchier. Nous sommes toujours prêts à rejeter aujourd’hui ce que nous croyons sortir d’une source trop religieuse. Chateaubriand.

Sourdre

SOURDRE, v. n. Sortir de terre. — Fig. Sortir, résulter.

(Du latin surgere,

De ce sordi une guerre
Qui a grant mal torne. Robert Wace, xiie

Où estoient-ils quant une grant pestilence sourdit ? Raoul de Presle, xive De quoi grand murmuration sourdit entre les Anglois. Froissard, xive Un mal talent sourdit entre le roi et le duc de Bretagne. Hist. de J. Boucicaut, xive, xve. Durant ce terme sourdirent quelques altercations entre nos gens et les ennemis. M. du Bellay, xvie, c. Ils crient, ils se démènent, ils s'injurient, et Dieu sait les beaux procès criminels qui en sourdent. Bon. des Perriers, xvie.)

On trouve des eaux douces le long de la mer, en remontant vers Gâza ; il suffit de creuser avec la main dans le sable pour faire sourdre au bord même de la vague une eau fraîche. Chateaubriand. L’eau était rare : mais, partout où sourdait une fontaine, croissait un figuier et s’élevait un oratoire avec un portique peint à fresque. Id.

Source

SOURCE, s. f., eau qui commence à sortir de terre, pour continuer son cours ; lieu d’où elle sort : ces fleuves qui s’étendent à mesure qu’ils s’éloignent de leur — (Barth.) V. Couler et Intermittent. || Se dit des pays qui produisent et d’où l’on tire une grande quantité de certaines choses : le Pérou est unede métaux précieux (Ac.) || Principe, cause, origine, premier auteur de quelque chose : il éteint cet amour, — de tant de haine (Rac.) Toutes les sources de corruption se répandirent avec profusion dans l’État (Barth.) Lade nos misères (J.-J.) La premièrede l’autorité vient de nous (Mass.) V. Nouvelle. = Au pl. ; littér., textes originaux. || Les poètes et les orateurs sont de mauvaisespour les historiens (Mont.) V. Commencement. || Je le tiens de bonne — , d’une personne sûre, bien informée. || Lesde la vie, les principaux organes nécessaires à la vie. Lesde la grâce, les sacrements.

SOURCIER, B. m., celui qui prétend avoir le se- cret de dt’couvrir des sources; fam.

Sourdre

SOURDRE, V. n., sortir, jaillir de terre, en parl. des eaux; n’est us. qu’à l’infin. et à la 3e pers. du présent de l’indic. : une grande et grosse roche au fond de laquelle sourdait une fontaine (Amyot) ; vieux. || Résulter ; n’est us. qu’à l’infin. : affaire dont on a vu — mille malheurs (Ac.) = Mar., sortir de l’horizon et s’élever sur le zénith, en parl. d’un nuage.

Source

SOURCE, sf. L’eau qui commence à sourdre, à sortir de terre en certain endroit pour prendre son cours vers un autre ; et l’endroit, le lieu d’où l’eau sort : découvrir, trouver une source. Une rivière navigable dès sa source. Cette rivière tire sa source de telle montagne, prend sa source en tel lieu. Remonter jusqu’à la source d’une rivière. Remonter une rivière jusqu’à sa source. Les sources du Nil. Empoisonner, détourner une source. Sources d’eau minérale. Sources sulfureuses, ferrugineuses,etc. ; source intermittente, source qui coule pendant un certain temps, et qui cesse ensuite de couler pendant un autre temps, pour recommencer à couler de nouveau, et ainsi de suite ; se dit fig., des pays qui sont abondants, fertiles en certaines choses, et qui les répandent au dehors : ta Champagne et la Bourgogne sont les sources des bons vins. Le Pérou est une source de métaux précieux ; —fig., le principe, la cause, l’origine,le premier auteur de quelque chose, d’où quelque chose procède : la source de tous les biens. Ce fatal événement est la source de tous nos maux. La vanité est une source inépuisable, intarissable de ridicules. La bonté de Dieu est une source qui ne tarit jamais. Le travail est une source de richesses. Les sources de la prospérité publique. Notre imagination est souvent la source de nos malheurs ; je tiens cette nouvelle de bonne source, je la tiens de personnes qui doivent être bien informées ; se dit, dans un sens particulier, des textes originaux : cet historien a puisé dans les meilleures sources. Il ne s’arrête ni aux versions, ni aux commentaires,il va droit aux sources, il puise dans les sources ; — fig., les sources de la vie, les principaux organes nécessaires à la vie : un mal qui empoisonne les sources de la vie ; — fig., en Théologie, les sources de la grâce, se dit des sacrements ; — fig. et fam., cela coule de source,se dit ou parlant de ce qu’une personne dit ou écrit d’une manière naturelle,facile,on conformément à son génie,au caractère de son esprit,aux sentiments de son cœur : il écrit facilement, cela coule de source ; — Mar.,la source du vent,le point d’où il souffle.

SOURCIER, sm. Celui qui prétend avoir des moyens particuliers pour découvrir des sources.

Sourdre

SOURDRE, vn., irrég., 4e conjug. Sortir de terre ; ne se dit que des eaux et n’est guère en usage qu’à l’infinitif et à la troisième personne du présent de l’indicatif : C’est un pays fort aquatique,l’eau y sourd partout(Académie).L’eau sourd de la terre, d’unrocher. On voit l’eau sourdre de tous côtés(Id.).On dit que le Rhin,le Rhône et le Pô sourdent de la même montagne. Autrefois on employait ce verbe au figuré,mais seulement à l’infinitif : Caton disait qu’en frappant du pied contre terre,il en ferait sourdre des légions. On commence à l’employer de nouveau dans ce sens,et l’on a raison,ce mot est très-expressif.

Source

SOURCE s. f. (sour-se — substantif participial de sourdre. Le mot source signifie donc proprement jaillissement. On disait autrefois sorse, sorce, du participe passé sors, de l’ancienne forme sordre). Eau qui sourd, qui sort de terre : Source vive. Découvrir, trouver une sourciî. La source d’un ruisseau, d’une rivière, d’un fleuve. Remonter une rivière jusqu’à sa source. Le commerce est comme certaines sources : si vous détournez leur cours, vous les faites tarir. (Fén.) L’évaporation rend aux sources des fleuves ce qu’elle enlève à leur cours moyen et inférieur. (A. Maury.) Les anciens couronnaient de fleurs les sources osi ils avaient puisé. (Ste-Beuve.) On croyait chez les Juifs que ta nature observait le sabbat ; toutes les sources intermittentes passaient pour sabbatiques. (Renan.) || Liquide quelconque qui sourd, qui sort de terre : Une source de pétrole.

Des sources d’un lait pur, des sources d’un vin frais
Serpentaient en ruisseaux, jaillissaient en fontaines.

De Saint-Ange.

Qui changera mes veux en deux sources de larmes, Pour pleurer ton malheur ?

Racine.

— Endroit où certaines choses se produisent en abondance : La Bourgogne est la source des bons vins. Il Trésor, amas, réunion de richesses où l’on puise : L’inspiration, dans les arts, est une source inépuisable. (Mme d« Staël.) La pitié est une source féconde de civilisation. (Mme de Rémusat.)

— Fig. Principe, cause, origine : Les sources de la prospérité d’un Etal. Aller à la source des renseignements. Remonter à la source d’une nouvelle. La concupiscence et la force sont la source de toutes nos actions, (Pasc.) L’amour de l’ordre est la source de toutes tes vertus. (Fén.) Le cœur est la source la plus ordinaire des illusions de l’esprit. (Nicole.) La fierté prend sa source dans la médiocrité ou n’est plus qu’une ruse qui la cache. (Mass.) Le cœur est la source de toutes les erreurs dont nous avons besoin ; il ne nous refuse rien dans cette matière-là. (Fonten.) Les sens sont l’unique source des idées de l’esprit humain. (Turgot.) L’argent a toujours été regardé comme une source de corruption. (Helvétius.) La corruption du cceur est la première source de nos erreurs. (B. de St-P.) Les voyages sont une des sources de l’histoire. (Chateaub.) L’industrie est la source de la richesse. (B. Const.) Le sentiment, par lui-même, est une source d’émotion, non de connaissance. (V. Cousin.) Toutes les sources de la production concourent à la formation de la richesse publique. (V. Cousin.) Le goût du bien est en nous une source de plaisirs comme le goût du beau. (Mme Guizot.) Ce n’est jamais que lorsque la source des idées est tarie que les flots de sang commencent à couler. (E. de Gir.) La première source du désordre des femmes, c’est la misère, (J. Simon.) L’économie est la source de l’indépendance. (E. Souvestre.) La source de la véritable amabilité n’est pas extérieure, elle est dans le fond de l’âme. (Théry.) À l’origine de toutes les preuves, il y a la source de toutes les preuves, j’entends les axiomes. (H. Taine.)

Chez les humains, par un abus fatal,
Le bien le plus parfait est la source du mal.

Voltaire.

— Documents, textes originaux : Les sources de l’histoire. Etudier les sources. Connaître les sources. Le linguiste, opérant sur les particularités les plus délicates de la langue, est obligé de porter une grande sévérité dans la discussion des sources. (Renan.)

Eau de source, Eau puisée à une source.

Source inflammable, Emission de gaz hydrogène protocarboné qui s’enflamme spontanément à l’air, en sortant du sol.

Sources de la vie, Organes principaux, les plus essentiels à la vie.

Couper une source, La supprimer en interrompant le cours souterrain des eaux qui l’alimentaient.

Tenir une nouvelle de bonne source, La tenir de personnes bien informées.

— Mar. Source du vent, Point d’où le vent souffle.

Sourdre

SOURDRE v. n. ou intr. (sour-dre du latin surgere, s’élever, jaillir, dont nous ignorons l’origine, à moins qu’il ne faille rapporter le verbe latin à la racine sanscrite çru, jaillir, répandre ; mais cela nous parait bien conjecturé. Surgere existe aussi dans notre langue sous une autre forme, celle de surgir. Il sourd, il sourdait ; il sourdit ; il sourdra ; il sourdrait ; qu’il sourde ; qu’il sourdît. Ne s’emploie guère qu’à l’infin. prés., à la 3e pers. du sing. et du plur. des temps que nous venons d’indiquer et au part. prés., sourdant). Sortir de terre, en parlant des eaux : C’est un pays fort aquatique, l’eau y SOURD partout. (Acad.) On voit l’eau SOURDRE de tous côtés. (Acad.) SOURDAIT une eau qui avait la propriété de rajeunir c’est ce qu’on appelé encore aujourd’hui la fontaine de Jouvence. (La Font.)

— Fig. Sortir, résulter : C’est une affaire, une entreprise dont on a vu SOURDRE mille malheurs, mille inconvénients. (Acad.) || Se produire, se faire jour, naître : A côté de l’idée de puissance commence à SOURDRE l’idée de justice. (Th. Gaut.)

Entre Le Clerc et son ami Coras,
Deux grands auteurs, rimant de compagnie,
N’a pas longtemps sourdirent grands débats
Sur le propos de leur Iphigénie.

Racine.

— Mar. S’est dit d’un nuage s’élevant à l’horizon. || Sourdre bien au vent, Se dit d’un navire qui marche au plus près du vent.

Source

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Sourdre

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