Dictionnaire de l’Élocution françoise/2e éd., 1802

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Dictionnaire de l'Élocution françoise
1802
Tome 1Tome 2


Introduction - Avertissement sur cette nouvelle édition. - Discours préliminaire de 1769 - Table



Index alphabétique


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Article disponible


DICTIONNAIRE

DE

L’ÉLOCUTION FRANÇOISE,

CONTENANT

Les PRINCIPES de Grammaire, Logique, Rhétorique Versification Syntaxe., Construction Synthèse ou Méthode de Composition, Analyse, Prosodie, Prononciation, Orthographe et généralement les Règles nécessaires pour écrire et parler correctement le François soit en Prose soit en Vers

AVEC

L’EXPOSITION et la solution des difficultés qui peuvent se présenter dans le Langage : le tout appuyé sur des exemples tirés des meilleurs Auteurs.

ON Y A JOINT

UNE TABLE raisonnée des Matières, pour faciliter l’usage de ce Dictionnaire, et indiquer au Lecteur les endroits où il peut trouver des détails sur les objets de ses recherches.

PAR DEMANDRE.

NOUVELLE EDITION,

REVUE, corrigée et considérablement augmentée

PAR L’A. FONTENAI,

Ci-devant Rédacteur du Journal général de France.

TOME PREMIER.

A PARIS

Chez DELALAIN fils, Libraire, quai des Augustins, n°. 29.

An X. 1802.

AVERTISSEMENT SUR CETTE NOUVELLE EDITION

LA première Édition du Dictionnaire de l’Elocution Françoise, publiée en 1769, manquoit depuis plusieurs années, et ne se trouvoit plus dans la Librairie. On ne cessoit pas cependant de demander cet Ouvrage et c’est pour satisfaire aux désirs du Public qu’on s’est déterminé à donner cette seconde Edition.

L’Auteur n’est connu que par le nom de DEMANDRE, qu’il a mis au bas d’une Épître dédicatoire à Mme *** ; Épître qu’on a cru devoir supprimer parce qu’elle ne contient que des éloges qui intéressent fort peu sur une personne inconnue. On ne peut lui refuser le mérite d’avoir fait un Dictionnaire utile et même nécessaire, dans lequel il a réuni tout ce qui concerne l’Élocution Françoise, c’est-à-dire, les principes de Grammaire, Logique, Rhétorique, Versification, Syntaxe, Construction, Méthode de Composition, Prosodie, Prononciation, Orthographe, et généralement les

Règles nécessaires pour écrire et parler correctement le François, soit en prose, soit en vers.

On ose dire que ce Dictionnaire sans excepter même ceux d’une volumineuse compilation, est le seul qui présente le plus de détails sur les matières qu’on vient d’indiquer, mais renfermés dans de justes bornes et présentés d’une manière nette et précise.

Nous conviendrons que plusieurs articles relatifs a la Grammaire paroîtront peut-être un peu longs, et même abstraits ; mais d’abord l’Auteur a cru devoir, avec raison, réunir dans ces articles bien des objets qu’il lui auroit été facile de diviser et de ranger par ordre alphabétique. Il a préféré d’en faire un tout dans des espèces de Traités particuliers qui donnent des éclaircissements suivis au Lecteur, qui fixent son attention et qui l’empêchent de divaguer sans cesse en cherchant les mots classés selon la forme alphabétique, et si de temps en temps il emploie des renvois ce n’est que pour mieux approfondir la question qu’il traite.

Quelque soin qu’il ait mis dans ces articles pour se rendre clair et intelligible, on ne peut cependant disconvenir qu’il est quelquefois assez difficile de l’entendre mais ce n’est pas sa faute. La Grammaire est fondée sur la Métàphysique où plus on veut aller en avant plus on s’enfonce dans des subtilités qui exigent la plus grande contention d’esprit. Autant et même plus que d’autres Grammairiens notre Auteur n’a pas craint d’aborder ces subtilités pour ne laisser rien à désirer sur cette matière, au risque même de ne pas être compris par d’autres sortes de personnes. Mais après tout, ses principes sont les mêmes que ceux des Auteurs de la Grammaire de Port-Royal, de du Marsais, de l’Abbé d’Olivet, de l’Abbé Girard, du Père Buffier, de Duclos, et de tous les célèbres Grammairiens qui l’avoient précédé, quoique, dans certaines occasions, d’assez bonnes raisons ne lui manquent pas pour les combattre.

Il les avoit lus avec soin ces Grammairiens ; il les avoit médités pendant longtemps et il se fait gloire d’avoir profité de ce qu’ils ont de meilleur dans leurs Ouvrages pour en faire le sien comme il le dit quelque part dans son Dictionnaire. C’est ce qui nous a principalement déterminés à conserver son texte en entier dans ces articles sans y rien ajouter ; car il n’en est pas de la Grammaire comme des Arts et des Sciences ou l’on péut faire continuellement de nouvelles découvertes. Son domaine est borné ; ses données sont, pour le fonds, toujours les mêmes. Tout ce qu’il est possible d’exécuter à cet égard se réduit à des systèmes, à des explications à des méthodes, qui prêtent à de longues discussions sans éclaircir davantage la matière. Nous avons lu la plupart des Ouvrages sur la Grammaire qui ont paru dans le Public après ce Dictionnaire et nous avons reconnu que les uns ne la développoient pas mieux que lui, et les autres moins. Ainsi nous avons cru que nous pouvions nous dispenser de présenter aux Lecteurs des additions superflues

Il n’en est pas de même des autres articles qui composent ce Dictionnaire. Nous nous sommes permis quelques changements dans les uns, quelques suppressions dans les autres mais surtout nous avons cru qu’il étoit essentiel d’ajouter des articles en très-grand nombre pour remplir beaucoup de vides ; en sorte que cette nouvelle Edition renferme plus de deux cents pages que la première, outre que le format in-8°. est beaucoup plus grand.

L’objet principal que nous nous sommes proposés en faisant ces additions, dont on trouvera la Table à la fin du second Volume a été de jeter autant d’agrément qu’il étoit possible dans ce Dictionnaire : elles se rapportent toutes à la Littérature. Les articles de l’Auteur dans cette partie sont très-bien faits et il est aisé de voir qu’il étoit homme d’esprit et de goût : mais il a glissé légèrement sur beaucoup d’objets et nous avons tâché d’y suppléer en consultant les Auteurs qui ont le mieux écrit sur cette matière et qu’on peut regarder comme des guides sûrs et des maîtres éclairés. Nous nous sommes principalement attachés aux Éléments de Littérature par Marmontel, à l’Art du Poëte et de l’Orateur par Papon, aux Ouvrages de l’Abbé Batteux, etc. Nous en avons fait des extraits, et nous avons conservé autant que nous l’avons pu les propres expressions de ces Auteurs, crainte de dénaturer, en les changeant les principes qu’ils ont établis. Nous avons multiplié les citations tant en prose qu’en vers, que nous avons recueillies de tous côtés, parce que les exemples font encore plus d’impression que les préceptes, et qu’ils servent à leur donner plus de force et d’autorité. Enfin nous n’avons rien négligé pour rendre la nouvelle Edition de ce Dictionnaire aussi utile que agréable.

Le Discours préliminaire qu’il est important de lire en fait connoître l’objet, ainsi que le plan suivi par l’Auteur.