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Dictionnaire de théologie catholique/PRIMAUTÉ DU PAPE

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PRIMAUTÉ DU PAPE. — La primauté du pape est le pouvoir suprême qui lui appartient dans toute l’amplitude de la juridiction spirituelle, en tant que chef de l’Église catholique et apostolique, évêque des évêques, prince des pasteurs, successeur de saint Pierre et vicaire de Jésus-Christ sur la terre.

Que ce pouvoir soit distinct de l’infaillibilité papale, cela ressort de la définition de chacune de ces prérogatives. Mais, si l’on suit le développement théorique et pratique de ces deux dogmes, on constate qu’ils se côtoient souvent et s’impliquent l’un dans l’autre, l’infaillibilité étant, dans le domaine de la juridiction doctrinale, le couronnement logique de la primauté. En conséquence, l’étude qui va suivre recourra maintes fois aux mêmes documents, aux mêmes faits aussi, qui ont déjà été produits à propos de l’infaillibilité du pape. Nous tenterons d’éviter, à leur sujet, les répétitions inutiles, en nous plaçant toujours au point de vue spécial qui doit retenir ici notre attention.

La primauté du pape n’est pas une simple primauté d’excellence, de conseil ou d’honneur, en vertu de laquelle l’évêque de Rome, primus inter pares, obtiendrait sur les autres évêques une prééminence ou préséance purement cérémonielle ; il s’agit bien d’une primauté de gouvernement, d’une autorité réelle, exigeant de tous les membres de l’Église, sans aucune exception, non seulement la déférence et le respect, mais encore la soumission proprement dite, l’obéissance extérieure et intérieure. Ce pouvoir, s’il implique l’unité souveraine du commandement, n’entraîne ni la suppression ni l’absorption des juridictions secondaires, ni même la centralisation de toute l’administration ecclésiastique. À cet égard, la primauté du pape s’est diversement comportée, selon les temps et lis lieux, adaptant les modalités aux circonstances. Voir les art. Pape, t. xi, col. 1877-1944, et Patriarches, t. xi, col. 2253-2285. D’autre part, en aucune façon, la primauté du pape ne se confond avec son principal civil, qui n’est que la garantie pratique d’une indépendance nécessaire, ni non plus avec le pouvoir que le souverain pontife a pu ou peut encore exercer ou revendiquer en matière temporelle, comme une extension ou un corollaire de sa suprême juridiction religieuse et morale. Voir l’art. Pouvoir du pape dans l’ordre temporel, t. xii, col. 2670-2772.

Au cours des vicissitudes humaines par où l’Église a passé en s’insérant dans la vie complexe et changeante des peuples, le dogme de la primauté du pape est allé se développant et se précisant, aux prises tantôt avec des autonomies ecclésiastiques et des jalousies locales, tantôt avec des ambitions politiques et des compétitions juridiques, plus rarement avec des doctrines de pure spéculation, et toujours demeurant substantiellement identique au dessein primitif du Maître qui en a donné la formule.


I. La primauté de saint Pierre.
II. La venue de saint Pierre à Rome et la primauté du siège romain (col. 262).
III. La primauté romaine, de la mort de saint Pierre à l’avènement du pape Miltiade, ier-iiie siècle (col. 266).
IV. L’affermissement : de la paix constantinienne à saint Grégoire le Grand, ive-vie siècle (col. 276).
V. La crise d’adaptation au monde nouveau, viie-xie siècle (col. 294).
VI. La primatie universelle, xiie-xiiie siècle (col. 302).
VII. La grande crise intérieure, la Renaissance et la Réforme, xive-xvie siècle (col. 307).
VIII. L’épanouissement : du concile de Trente à nos jours, xviie-xixe siècle (col. 327).
IX. Conclusions (col. 338).

I. La primauté de saint Pierre. — Le pape se présente comme le successeur de Pierre, héritier de ses titres ; il nous faut donc tout d’abord examiner les titres et pouvoirs de l’apôtre.

1o La prééminence de Simon-Pierre, très marquée dans les récits évangéliques, n’est pas un fait humain. — C’est constamment que les auteurs sacrés du Nouveau Testament reconnaissent à Simon-Pierre une singulière prééminence parmi les Douze.

1. Dans les quatre listes du collège apostolique que nous possédons, l’ordre des noms n’est pas uniforme : l’accord est d’autant plus remarquable qui se fait sur celui de Pierre, invariablement désigné le premier. Marc., iii, 16-19 ; Matth., x, 2-4 ; Luc., vi, 14-16 ; Act., i, 13. Et cependant rien n’autorise à penser que Pierre fût le plus âgé des apôtres. Promus à l’apostolat tous ensemble en vertu d’un choix spécial de Jésus, les Douze suivaient le Maître depuis le début de sa vie publique. Marc, iii, 13-15 ; Matth., x, 1 ; Luc., vi, 13. Simon-Pierre semble n’être que l’un des quatre disciples qui furent appelés tout d’abord et simultanément sur les bords de la mer de Tibériade : Pierre et André, Jacques et Jean. Marc, i, 16-20, et passages parallèles. Bien plus, le IVe évangile précise que la vocation initiale de Simon-Pierre suivit celle d’André, son frère, et d’un autre disciple. Joa., i, 35-42. Cependant, souligne Matth., x, 2, « le premier était Simon, surnommé Pierre. Πρῶτος Σίμων ὁ λεγόμενος Πέτρος ». Et « la qualification de « premier » attribuée à Pierre dans la liste de Matthieu est à interpréter de la même manière [que son nom, c’est-à-dire dans le sens d’une réelle prééminence]. On ne peut voir là un numéro d’ordre, qui serait superflu ou qui aurait exigé pour la suite un autre numéro devant chaque nom d’apôtre. » Ainsi pense et écrit A. Loisy, Les évangiles synoptiques, Ceffonds, 1907-1908, t. i, p. 529 sq. On ne saurait mieux dire.

2. Lorsque le Maître choisit parmi les apôtres trois ou seulement deux privilégiés, soit pour être les témoins de la résurrection de la fille de Jaïre, Marc, v, 37 ; Luc. viii, 51 ; de sa transfiguration. Marc, ix, 1, 2, et parall., ou de son agonie, Marc, xiv, 33 ; Matth., xxvi, 37, soit pour préparer la dernière cène, Luc., xxii, 8, toujours Pierre est de ce groupe restreint et chaque fois il en est le premier. C’est lui enfin qui, malgré son reniement, sera, parmi les apôtres, le premier témoin de la résurrection de Jésus. Luc., xxiv, 12-34 ; I Cor., xv, 5.

3. Évidemment, rien ne prouve qu’une autorité effective lui ait été formellement reconnue ou conférée dès le début. Les évangélistes, en nommant les apôtres avec ordre et en leur donnant d’emblée un chef, se soumettent au droit qui s’est affirmé depuis en faveur de Simon-Pierre ; mais ils ne laissent nullement entendre que ce soit Simon qui lui-même aurait conquis le premier rang par ses mérites incontestés, par son caractère impulsif et entreprenant ou par sa foi plus ardente. N’est-ce pas lui qui s’attira ce reproche : « Homme de peu de foi… Pourquoi as-tu douté ? » Matth., xiv, 31. Et n’est-ce pas lui encore, le jour de son investiture peut-être, qui mérita la plus dure des réprimandes : « Arrière de moi, Satan. Tu m’es un scandale ; car tes sentiments ne sont pas ceux de Dieu, mais ceux des hommes. » Matth., xvi, 23 ; Marc., VII, 33. C’est lui que Jésus doit reprendre avant la cène, au lavement des pieds, Joa., XIII, 10, lui enfin et surtout qui, le plus coupable de tous après Judas, reniera son Maître trois fois. Matth., xxvi, 34, 58-75 et parall. Que ses collègues aient subi volontiers son ascendant, c’est ce que contredisent d’ailleurs les passages où nous les voyons discutant entre eux à propos du premier rang dans le royaume de Dieu. Matth., xviii, 1, cf. xx, 25-28 ; Marc., ix, 33-37, cf. x, 42-45 ; Luc., ix, 46-48, cf. xxii, 24-29. Entrevoient-ils seulement les vraies intentions du Maître ? Que comprennent-ils au travers de leurs rêves de royauté temporelle ? Unanimement, ils protestent contre les visées ambitieuses des fils de Zébédée ; mais ils ont osé davantage : Simon-Pierre, une fois de plus, vient d’être mis en évidence ; sur l’ordre exprès de Jésus, chargé par lui d’acquitter l’impôt de la didrachme, il s’en est allé pêcher. C’est ce moment précis que ses collègues choisissent pour agiter la question qui les préoccupe : « Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? » Matth., XVII, 24 ; XVIII, 1.

Si Pierre est l’apôtre principal, il n’apparaît donc pas qu’il doive cette prééminence au privilège de l’âge, ni à la priorité chronologique de sa vocation, ni seulement à ses qualités de premier plan ou à son ambition, encore bien moins à l’acceptation par les onze autres du fait accompli.

2o La prééminence de Pierre est un droit qui lui fut conféré par le Christ. — Certains, pour le nier, ont voulu, jusqu’à l’excès, faire état de diverses paroles du Maître, en négligeant délibérément tout ce qui, de sa part, relève la personne de Pierre.

1. Sans doute, Jésus, par de vigoureuses réprimandes, refrène et corrige les ambitions et les compétitions des Douze. Il leur prêche, en effet, la prééminence du service sur la domination, l’obligation, pour celui qui veut ou doit être le plus grand dans le royaume de Dieu, d’y remplir envers ses frères le ministère de la charité. Matth., xx, 28 ; Marc., x, 45 ; cf. Luc., xxii, 27. Et voilà ce qui doit distinguer les apôtres et le prince des apôtres des rois et des grands de ce monde, qui gouvernent avec ostentation, et d’abord à leur profit. Cette doctrine, Jésus, en se l’appliquant à lui-même, en limite exactement la portée : il a servi humblement ses frères, jusqu’à donner sa vie pour rançon, et pourtant il est incontestablement le « Maître » et le « Seigneur ». Joa., XIII, 13-15 ; cf. Matth., xxii, 10. C’est dire que cette primauté morale, cette primauté dans le service humble et charitable, n’exclut pas l’autre, la primauté d’honneur et de pouvoir.

2. Et, sans doute, il n’y a qu’un Maître, le Christ, comme il n’y a qu’un Père, celui qui est dans les cieux. Mais à qui fera-t-on croire que la paternité divine, dans l’intention du Sauveur, doive supprimer toute paternité humaine ? De même, il n’y a qu’un seul Maître, le Christ, juge des vivants et des morts ; mais n’y a-t-il pas aussi les apôtres, qui seront envoyés comme le Christ l’a été, avec le pouvoir d’enseigner, de lier et de délier, et qui, un jour, seront assis sur des trônes, jugeant les douze tribus d’Israël ? Luc., xxii, 30. Le magistère et la judicature des Douze ne sont donc pas inconciliables avec le magistère suréminent, la judicature absolue du Fils de l’homme. Pourquoi la primauté de l’un d’entre les Douze le serait-elle davantage avec le primat transcendant du Fils du Dieu vivant ? Loin d’en exclure l’idée, Jésus la suppose formellement lorsqu’il énonce les qualités morales qui devront distinguer celui qui en sera investi : « Le plus grand d’entre vous devra être votre serviteur. » Matth., XXIII, 11.

3. Mais le Maître a-t-il voulu désigner lui-même, et nommément, ce chef du collège apostolique, le plus grand d’entre les Douze ? Il ne s’agit pas d’une indication fournie seulement par une amitié de choix. Car d’autres, Jacques, et Jean surtout, pourraient se prévaloir aussi d’une prédilection marquée, et nous avons vu que, parmi ces préférés, Pierre garde encore la première place. Il arrive, en outre, qu’il est chargé de missions prépondérantes. C’est à lui que se sont adressés les collecteurs désireux de savoir si Jésus paiera la didrachme pour le temple, et c’est lui que Jésus charge d’acquitter cet impôt en lui en fournissant miraculeusement le moyen. Matth., XVII, 24, 27. C’est lui encore qui donne un gîte au Sauveur dans sa maison de Capharnaüm. Marc., i, 29, et parall. C’est à lui qu’il emprunte sa barque pour y prêcher au peuple amassé sur le bord du lac. Luc., v, 1-4, et parall. Ce rôle qui lui est dévolu par le Christ lui-même en maintes circonstances l’autorise à prendre la parole au nom de tous. Matth., xiv, 28 ; xv, 15 ; xvi, 16-22 ; xvii, 4 ; xviii, 21 ; XIX, 27 ; XXVI, 33 ; Marc., VIII, 29 ; x, 28 ; xi, 21 ; XIV, 29 ; Luc., VII, 45 ; ix, 20, 33 ; xii, 41 ; XVIII, 28 ; xxii, 31 ; Joa., vi, 68 ; xiii, 6-10, 36.

4. Il apparaît bien, d’ailleurs, que Jésus s’attache d’une façon toute particulière à la formation de Pierre. Il l’instruit et le réprimande ; mais aussi il le favorise de prodiges c’est son filet que remplissent les deux pêches miraculeuses, Luc., v, 6 ; Joa., xxi, 11 ; il le fait marcher sur les eaux. Matth., xiv, 29. C’est Pierre encore qu’il admoneste à Gethsémani. Marc., xiv, 37 ; cf. Matth., xxvi, 40. Après la résurrection, l’ange dit aux saintes femmes : « Allez et dites à ses disciples et à Pierre… Marc., xvi, 7. Le Maître enfin lui prédit, et à lui seul, son martyre : « Lorsque tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te portera où tu ne voudras pas. Il dit cela pour suggérer par quelle mort (Pierre) devait glorifier Dieu. Et ayant dit cela, il lui dit : Suis-moi… » Joa., xxi, 18-22. Du reste, Pierre n’a-t-il pas bénéficié d’une prière toute spéciale du Sauveur, au moment même où son reniement lui était prédit ? Luc., xxii, 31-34.

5. Ce qui est plus significatif encore, c’est le changement de nom que le Christ impose à Simon. Marc., iii, 16 ; Luc., vi, 14 ; Joa., i, 42 ; cf. Matth., x, 2. Trois fois seulement dans l’histoire biblique, il est rapporté que le Seigneur a changé lui-même le nom propre et personnel d’un homme : quand Abram devint Abraham, quand Jacob devint Israël, quand Simon Bar Jona devint Pierre. Dans ce troisième cas, aussi bien que dans les deux précédents, l’intention est manifeste, surtout si l’on tient compte de l’importance symbolique qui, dans tout l’Orient, s’attache au nom. « Tu es Simon, le fils de Jona ; tu t’appelleras Céphas, ce qui signifie Pierre. » C’est une prophétie dont le sens est mystérieusement indiqué par ce nom, inusité tout aussi bien chez les Juifs que chez les Grecs, Κηφᾶς en araméen, Πέτρα ou Πέτρος en grec, ne signifiant rien d’autre que (la) pierre, c’est-à-dire le roc solide sur lequel on peut construire. « Le nom de Pierre, étant donnée la façon dont Marc l’introduit, signifie ce que dira Matthieu : « Simon… devient la pierre fondamentale du collège apostolique et de la société à former pour le règne de Dieu. » A. Loisy, Evang. synopt., t. i, p. 259 sq. Et nous voici amenés au commentaire autorisé de ce nom, au texte capital. 60

3o La promesse formelle de la primauté. La circonstance est solennelle : c’est dans la région de Césarée de Philippe, aux confins extrêmes du territoire des douze tribus, dans une contrée redevenue païenne, non loin de l’une des sources du Jourdain, consacrée par un temple au dieu Pan. Jésus, faisant halte entre deux mondes, veut fournir à ses fidèles l’occasion de confesser leur foi librement, à l’écart des foules. Il les interroge : « Qui dit-on qu’est le Fils de l’homme ? Ils dirent les uns disent Jean-Baptiste ; d’autres, Élie ; d’autres encore, Jérémie ou quelqu’un des prophètes. II leur dit : Mais vous, qui dites-vous que je suis ? Répondant, Simon-Pierre dit : Vous êtes le Christ (de Dieu). » Marc s’arrête-là, et de même Luc, qui l’a suivi, à son habitude. Mart., viii, 27-29 ; Luc., ix, 18-20. La réponse complète, appelée par la question, est fournie par saint Matthieu « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant », et c’est là une confession de Pierre, parlant au nom de tous, qui trouve une formelle approbation et une récompense immédiate dans la réplique du Sauveur : « Bienheureux es-tu, Simon, fils de Jona, car ce n’est pas la chair ni le sang qui te l’ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux. Et ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. » Matth., xvi, 13-20.

Que vaut ce texte et que prouve-t-il ? Il ne peut être question de reprendre ici toute la démonstration déjà faite à l’article Infaillibilité du pape, t. vii, col. 1639 sq. Il nous faut cependant, en nous plaçant au point de vue de la primauté, rappeler sommairement les conclusions acquises.

1. Authenticité du « Tu es Petrus » . L’authenticité est admise par la plupart des critiques même indépendants.

a) Absence dans Marc et Luc. Il manque cependant dans Marc et dans Luc. Mais dans saint Matthieu, remarque justement le P. Lagrange. les vs. 17-19 sont le complément nécessaire de l’interrogation du Christ. Il est bien évident qu’il n’a pas interrogé pour s’informer, mais pour faire parler ses disciples, et cela même n’avait toute sa raison d’être, selon sa pratique habituelle, que s’il voulait leur donner une leçon, tirer la vraie conclusion de leur réponse. C’est Pierre qui répond, et c’est à lui que la réponse de Jésus est adressée. Ce qu’il faut expliquer, ce n’est pas le plus de Matthieu, c’est plutôt le silence de Marc, suivi par Luc, car la simple recommandation du silence est un raccourci qui remplace, sans la suppléer, une adhésion explicite. Evangile selon saint Matthieu, Paris, 1923, p. 321. Aussi ne peut-on admettre que le logion de Matth., xvi, 17-19, soit une anticipation commandée au premier évangéliste par la logique de son thème général plutôt que par l’ordre chronologique.

De ce logion qui ne figure que dans Matth., xvi, 17-19, il faut noter d’abord le caractère sémitique si fortement accusé jusque dans cette comparaison établie entre l’édifice bâti sur un rocher et le groupe, la société, subsistant par son chef. Il y a plus : non seulement la confession christologique a une couleur araméenne tout aussi indiscutable, surtout dans Matthieu, mais encore les deux thèmes, confession christologique et promesse de prérogatives, s’enchaînent étroitement à l’opinion humaine sur le Fils de l’homme, . 13. répond, en contraste, à l’encontre de la chair et du sang, la révélation du Père céleste sur le Fils du Dieu vivant », 16-17. Bien mieux, c’est la profession de foi qui, manifestement, appelle, en retour, la promesse de la primauté. Bref, le texte du premier évangile, tel qu’il se comporte, est un tout organique dont il semble bien qu’ait été sauvegardé le contenu primitif.

Il reste à expliquer pourquoi, dans Marc et dans Luc, le dialogue de Césarée est interrompu, incomplet. Eusèbe avait déjà fait l’observation, parlant de Marc, que son habitude de passer sous silence tout ce qui pouvait être à la louange de Pierre explique son omission de la promesse concernant la primauté. Demonstr. evang., l. III, 5, P. G., t. xxxii, col. 216-217. Peut-être aussi la promesse de la primauté n’allait-elle point à son but ; alors que la communauté chrétienne régie par Pierre se trouvait constituée en face du judaïsme, il n’éprouvait nul besoin de rendre raison de cette situation acquise. Quant à Luc, il n’était pas davantage sollicité par un tel souci, et surtout, il dépend en premier lieu de Mart. D’autre part, il veut écrire l’histoire personnelle du Sauveur, se réservant de faire dans un second livre le récit de l’établissement et de l’expansion de l’Église. En face des judéo-chrétiens ou des convertis du paganisme, son dessein ne va, ni dans l’Évangile ni dans les Actes, à légitimer la constitution interne de l’Église, mais à démontrer qu’en elle seule désormais se trouve pour tous le salut éternel. On pourrait peut-être ajouter que Marc et Luc, écrivant surtout pour des lecteurs de culture grecque, ont omis délibérément un passage dont la couleur était trop araméenne.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la contexture intime du logion entier de Matthieu ni l’absence en Marc et en Luc des versets rapportant la promesse faite à Pierre qui a fait suspecter ce passage propre au premier synoptique ; c’est son contenu, dont le sens obvie heurte nombre d’hypothèses reçues. Pour échapper à des conséquences gênantes, on préfère voir dans le texte incriminé une interpolation. Et c’est alors le plus flagrant désaccord entre les auteurs, lorsqu’il leur faut indiquer une époque et une provenance. Nombreux furent les critiques qui, tenant compte des doctrines ecclésiologiques d’Irénée, datèrent le Tu es Petrus de la seconde moitié du se siècle, un peu avant 181-189, y croyant découvrir l’influence judaïsante des Pseudo-Clementines et l’influence du De aleatoribus ; J. Grill, entre autres, a soutenu l’origine romanisante. Mais, comme le caractère araméen du passage entier, dans son allure générale tout autant que dans les détails, rend invraisemblable un remaniement romain, il a fallu conclure que l’interpolation s’est opérée dans un milieu judéochrétien, ce qui implique, par voie de conséquence, que la primauté romaine était suffisamment affermie au se siècle pour s’imposer à tous. Et parce que la cohésion organique du morceau s’oppose à l’hypothèse d’une retouche quelconque, parce que le premier évangile nous reporte manifestement à un style, à une mentalité, à une situation qui sont du Ier siècle, il faut concéder que, dès le rer siècle, un judéo-chrétien a reconnu la primauté romaine. Nous voilà bien proches de l’interprétation catholique.

Aussi a-t-on cherché une autre solution. Selon R. Bultmann, le logion serait l’œuvre de la communauté palestinienne, dont Pierre était l’apôtre et le docteur. Mais ici non plus on ne peut échapper à un dilemme : Ou bien le Tu es Petrus tend à dresser la primauté de Pierre en face de l’autorité moindre de Paul, et c’est l’œuvre de judaïsants hostiles à l’apòtre des gentils : mais les judaïsants n’étaient qu’une minorité fanatique parmi les judéo-chrétiens de Palestine ; comment cette minorité aurait-elle pu faire accepter son texte à la majorité, qui demeurait en communion avec Paul, et aussi à la grande Eglise tout entière ? Ou bien ces versets prétendent tout simplement confirmer l’autorité de

Pierre sans viser Paul ; mais alors (est que déjà la primauté de Pierre était admise dans la tradition la plus ancienne. Cf. Bultmann, Die Geschichte der synoptischen Tradition, Gcettingue, 1921, p. 84 et 156-157.

Pour Spitta, le texte incriminé est une idéalisation de | a première rencontre de Jésus avec Pierre ou de sa vocation d’apôtre. Streitfragen der Geschichte Jesu, Gœttingue, 1907, p. 122-123. Selon.1. Weiss, on y peut déceler, soit une tentative pour contrebalancer le scandale du reniement, soil un écho de la tradition qui « ratifie Pierre de la première apparition du Sauveur ressuscité. Die Schriften des.V. T., t.., rase. I. On con, , , , , auc Klostermann, dans son commentaire, ne sache quel parti prendre et que le l «. Lagrange traite ses explications de conjectures enl’air. Évangile selon taint Matthieu, p. 320. En définitive, elles nont quun seul et même but : échapper a la conclusion qui s impose en faveur de la primauté. Au besoin, on éliminera , l„ texte, comme interpolé, tout ce qui concerne 1 Eglii l’on donnera du résidu une interprétation « sein. tologique. Ainsi procède Harnack, qui réduit la parole

authentique de Jésus a ceci seule. nent : El moi |e t

dis que tu es Céphas, et les portes de l’Hadès (la mort) „e prévaudront point surtoi(avanl l’établissement du royaume eschatologlque).. Mais cette hypoth , ur de bien chétives apparences et sur des assertions gratuites, sans résoudre les problèmes que posent la

date et la provenance du re.naiiie.ne.il suppose. A. I lu

n, ci, Der Spruch über Petrus als dm Fels der B dans les Sitzungsbertchte de l’Académie des sciences de Berlin 1918, p. 637 654. (.’est ce qu’a fort bien mi I Kattenbusch dans son essai intitulé Der Quellort der Kirchenidee, Festgabe dédié a Harnack, 1921, p. 143

172.

Il est d’ailleurs une autre remarque, laquelle vaut

contre tous les tenants de l’interpolation, si le rues Petrus lut peu a peu Introduit dans les manuscrits,

„, , ! , , . la im « ii, „. et la fin du, v siècle, pourquoi cette retouche dans Matthieu seulement et non pas dans les Irois synoptiques, réunis dès cette époque dans un recueil unique, l’Évangile tétramorphe ? Les préoccu pations que l’on suppose qui seraient a i origine de cette Interpolation ne.levaient elles pas agir tout de même pour Marc et pour Luc, avec une égale lac, hic. dans un contexte parallèle ? De toute évident „ eu 1 penser qu’une traude eût été plus habile d être

plus c ele et que, si la promesse de la primauté

existe dans le premier évangile exclusivement, c est , , , , —, . ne a toujours l’Eure dans le texte original de Mal thieu tel qu’on le lisait et qu’on le transcrivait.

b) La tradition du texte. Et, de rait, tous les manuscrits et toutes les versions rapportent inté ment le logion tanl discuté, ave.- tous les caractères et toutes les garanties désirables d’authenticité ; ni le SinaUicus ni le Vaticanus ne ront exception.

Ainsi au rve siècle, quoi qu’en ait dit Resch, le texte du Tu es Petrus était certain. Quand saint Epiphane

rj 403) déclare, à deux reprises, que le roc sur lequel le

Christ édifia son Église n’est autre que Pierre en per sonne, il en appelle manifestement à ce logion. H,

. iii, 7, P. c., t. xli, col. 1029. Si irois autres pa du même Epiphane, si. en outre, huit passages d’Eusèbe ont pu être relevés, dans lesquels on ne saisit que des allusions, avec variantes notables, au Tu es Petrus, il n’est pas d’une sage critique d’en conclure qu’un certain nombre des manuscrits lus par Epiphane et Eusèbe ne contenaient pas encre le texte discuté, l n auteur n’est jamais tenu à des citations intégrales et il peut toujours se contenter d’allusions a un texte dans lequel il choisit les seuls mots qui servent à son dess.au ; il n’y a rien là qui oui redise même les procèdes moder

nés de composition, bien moins encore ceux des écrivains de l’antiquité, soit profane, soil chrétienne, cou

tumiers dune très large approximation et d’une liberté grande en cette matière.

Ilu reste, c’est littéralement qu’Eusèbe cite le lu es Petrus dans la Démonstration évangélique ; il ne donne un commentaire détaillé, qui suit le texte, mot pour mol. reproduit tel qu’il se présente a nous actuellement. L. III, 5, P. G., t. xxii, col. 216-217 On peut donc bien affirmer qu’au temps d’Eusèbe, le logion

était reçu dans sa teneur exacte et comph

A.u m » siècle, on peut en invoquer plus de vingt cita lions Mais que nous offre le n siècle ? Le Diatasaron de lai ici est perdu, qui fournirait pour cette époque un témoignage de première valeur. Cependant, toutes les foisqueles auteurs syriaques ancienscitent lesévaneiles ils empruntent, les critiques s’accordent aie peu s.r leurs citations à cette concordance publiée vers i 70 , est vrai en particulier de saint Éphrem. Il nesecon tente pas de taire au logion qui nous intéresse Ici des allusions plus ou moins directes ; il connaît les versets qui contiennent la promesse de la primauté, el il les connaît dans leur intégralité. Ainsi, dans son Comi

tain sur Isole, lxii, 2, it : El toi, Sion, tu n

un n om nouveau, celui d’Eglise sainte, que le Seigneur lui même t’imposera, disant : sur cette pi. je bâtirai mon i les verrous de l’enfer ne pn

vaudront poi treelle. Cf.Lamy, S. Ephrœad Syn

humni et sermones, t. ii, L890, p. 186. Ulleurs, Hymn de Sun l’en 12, ibid., t. iv, p. 688 Bienheureux

es lu S, mon. s’écrie I. Il parce que sur loi a été b

a laquelle le I ils de Dieu a promis que les

portes de l’e r ne prévaudronl point contre ellel

Sans doute, Justin i’160) ne fait qu’une allusion, mais suggestive, à notre texte : À l’un de « es disciples, , , , , , , i q U | l’avait, sur une révélation de son I reconnu comme Fils de Dieu, comme Christ, et qui s’appelait d’abord Simon, il donna le surnom de

Pierre > DtaL, 1°". P. G., > «’"' 7 "' < -" 1’1 " 1 ’"

après 190), on a voulu tirer un argument contre l’authenticité des versets en question de ce fait que

, , , , , , , , ! a plusieurs reprises de l’autorité de l’Eglise r omainc, ll ne les utilise pas. Comme s’il était démontré p ar ce s, huequ’il ne les a pas.-nous. Silence relatif, du reste, puisque, s, ., prenant.. « eux qui sont aliénait , , verltate…, il conclut sur ces mois : non en, ni tunt fun dati super unam pclrarn, sed super arenam habtrdem in teipso lapides mutins. Cont. tuer., III, xxiv, 2, P , VI, col l l’on p.ut voir, en même temps

q’u.unc réminiscence de Matth. vii, 24 27, une allu slon a notn texte.

I., , dernière…Use. tous ces i IlorU contre 1 autl

ticité du Pues Petrus n’ont été h. m…s qu’en désespoii de cause, alors que devant la thèse de la primauté demeuraient vaines et Impuissantes les tentatives antérieure m< nées contre le sens du texte îameux.

2. Historien » du Tu es Petrus, Pour les criti ques non catholiques, le sens et, par contre coup, l’his toriclté du Tu es Pefrus sont commandés par i Idée qu’ils se ront de l’Église, du salut et du royaume de Dieu dans la pensée de Jésus-Christ À l’heue pr. seule c’est surtout la eoncept.on eschatologique du royaume » que l’on fait valoir. Mais l’article Ëoi isi. a montré que rien de sérieux ne peut être opposé à

[’historicité d’un texte pour celle seule raison qu’il

concerne la constitution d’une Église hiérarchisée.

Des le xiv Siècle, les adversaires de la primante se Sont efforcés de trouver des interprétations qui sont

fonction de leur attitude doctrinale opposée a la primauté romaine.

L’apôtre Pierre, disent ib. ne pouvait être le fon dément de l’Église puisque ce fondement, celle « pierre d’angle, c’est Jésus lui-même ; oubienlectfpnas, le roc ce ne pouvait être que la/oî de Pierre en la divi nitédu Sauveur, oupeut-êtrelecoHêffeapostohejuerepré sensé par Pierre. Ce ne pouvait être à la personne de Pierre que furent promises les « clefs du royaume », mais, par Pierre, à l’Église universelle. Jusqu’au jour où l’on s’est avisé de contester l’authenticité du logion. on a maintenu (et certains, comme Allen, Strack und Billerbeck, Box, maintenaient récemment encore, et vaille que vaille) ces fantaisies surannées et inconsistantes. Du jour où l’on a cru pouvoir rejeter l’authenticité du texte, celui-ci a retrouvé son sens naturel et obvie ; et quant aux arguments apportés contre l’exégèse catholique, on les a dès lors dirigés contre l’authenticité, la position demeurant identique à l’encontre de la primauté. Il n’est vraiment pas nécessaire, dit M. Loisy, de prouver que les paroles de Jésus s’adressent à Simon, fils de Jona, qui doit être et qui a été la pierre fondamentale de l’Église, et qu’elles ne concernent pas exclusivement la foi de Simon, ou bien tous ceux qui pourraient avoir la même foi que lui ; bien moins encore, la pierre peut-elle être ici le Christ lui-même. De telles interprétations ont pu être proposées par les anciens commentateurs en vue de l’application morale, et relevées par l’exégèse protestante dans un intérêt polémique ; mais si l’on veut en faire le sens historique de l’Évangile, ce ne sont plus que des distinctions subtiles et qui font violence au texte. » A. Loisy, Évang. synopt., t. II, p. 7-8.

Remarquons, en premier lieu, que le Tu es Petrus. autant par son contenu que par son caractère sémitique, est en parfaite harmonie avec le contexte immédiat et avec l’Évangile tout entier. E. von Dobschütz ne fait pas difficulté de reconnaître qu’il représente une tradition authentique. Die Kirche un Urchristentum, dans Zeitschr. für dit N. T. Wissenschaft, 1929, p. 114. Jésus a pu dire « mon Église », c’est-à-dire mon groupe, ma communauté, knischla, comme il a pu dire « le " royaume du Fils de l’homme », Matth., XIII, 41, et comme il dit tué dans Mart., viii, 27 ; Luc., IX, 18 ; car il veut donner aux disciples une leçon sur sa personne et son œuvre. » J.-B. Colon, La conception du salut d’après les évangiles synoptiques, dans Rev. des sciences relig., 1931, p. 391. Ne trouve -t-on pas le titre d’« Église du Seigneur », « Église de Dieu » donné dans l’Ancien Testament à l’assemblée du peuple ou à de pieuses réunions ? Deut., xxiii, 1, 2, 3, 8 ; sud., xx, 2 ; I Par., XXVII, 8 ; Mich., 11, 5 ; Neh., XIII, 1. Bien plus, ne trouve -t-on pas dans les Lamentations, 1, 10, « ton Eglise », Εκκλησίαν σου ? — a) Au surplus, le caractère araméen, le rythme évidemment sémitique de tout le passage, en dominent impérieusement l’exégèse. Le sens est clair, la suite incontestable. A la profession de foi de Simon, Jésus répond par une formelle et solennelle approbation, qui en fait valoir aussitôt l’importance. La bénédiction promesse et prophétie tout ensemble paraît bien être le décalque de la salutation sémitique. Les bénédictions grecques, au contraire, ne comportent qu’assez rarement la formule μaxóprès ɛl. Cf. G.-L. Dirichlet, De veterum macarismes, dans Religionsgeschichtliche Versuche und Vorarbeiten, t. xiv, fasc. 4, 1914. Le Σlpov Baptovã n’est que la transcription de l’aramćen, que le IVe évangile finira par traduire, 1, 42 ; xxi, 15 sq. L’expression « chair et sang » n’a rien que d’un sémitisme indiscutable, et quant au jeu de mots du verset 18, on ne peut soutenir qu’il ait pu être conçu primitivement en une autre langue que l’araméen : « Tu es (une) kepha et sur cette kepha » ; si l’origine en était grecque, le changement de genre πέτρα-πέτρες aurait été évité. Ce changement, au contraire, s’explique au mieux du fait que, lors de la rédaction grecque du ser évangile, le nom propre Пéτpe était déjà consacré par l’usage. Dans les « portes de l’Hadès », on ne peut non plus s’empêcher d’avouer un sémitisme connu, comme aussi l’opposition « terre et cieux ».

b) Reprenant le nom de Kepha (Céphas) donné à Simon, fils de Jona, Jésus l’explique et le justifie, en assignant à celui qui le porte un rôle de première importance dans son œuvre. Comme, dès à présent, la confession de Jésus, Fils du Dieu vivant, est le fondement de la foi chrétienne, ainsi Pierre, dans l’avenir, sera la pierre vivante, non pas la pierre d’angle Is., xxviii, 16, expression et rôle réservés à Jésus- Christ, mais le fondement inébranlable sur lequel reposera l’édifice que le Seigneur va édifier, l’Église. Ce fondement est un rocher » : pas plus que la maison du sage, Matth., vu, 24-25, la communauté messianique ne sera renversée. Tant qu’elle devra demeurer sur la terre, car c’est de l’avenir terrestre qu’il est ici question, les portes de l’Hadès, puissances redoutables de la cité inférieure (mort et enfer), ne prévaudront point contre l’Église fondée sur Pierre. Une lutte s’engagera donc, qui jettera toutes les forces de destruction, tous les éléments de dissolution contre cette Église ; mais. grâce à la solidité de son assise, elle ne sera point détruite.

c) Et c’est Pierre encore qui aura la garde des portes de la cité d’en-haut, le royaume des cieux. Autre image de couleur sémitique. « Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David, et s’il ouvre, nul ne fermera, et s’il ferme, nul n’ouvrira », a-t-il été dit du Messie. Is., xxii, 22. Ainsi en sera-t-il du chef des apôtres, il aura sur l’Église pleine autorité. Liant ou déliant, il est assuré que ses ordonnances, défenses ou permissions seront efficaces, ratifiées par Dieu même. Car « lier et délier signifient en langage rabbinique défendre et permettre et se disent des décisions formulées par les docteurs dans l’interprétation de la Loi. Ainsi, l’école de Histel déliait beaucoup de choses que celle de Schammaï liait. » A. Loisy, Évang. synopt., t. si, p. 12. Voilà bien la primauté.

d) Sans doute, le Christ est la pierre angulaire », Matth., xxi, 42-45 ; cf. Act., IV, 11 ; I Petr., ii, 7 : Rom., IX, 33, objet de scandale pour les Juifs ; ils l’ont rejetée, pour leur propre ruine. Sans doute encore, nous devons bâtir sur Jésus-Christ comme fondement et ne point nous appuyer sur des intérêts humains. I Cor., si, 11. Il est vrai aussi, par ailleurs, que le Christ est pour nous un rocher spirituel, d’où jaillit l’eau vive qui garantit la vie éternelle. I Cor., x, 4 : cf. Joa., iv, 14. Mais dans ces métaphores diverses l’analogie est seulement verbale avec celle qui nous occupe ; ces textes ne peuvent être invoqués contre la primauté de Pierre. Et, de même, si certains Pères ont insisté sur la foi de l’apôtre, qui est un roc solide, ils la comprenaient concrète et inséparable de la personne ; loin de songer à nier la promesse de primauté que Pierre avait reçue en retour. ils l’ont, au contraire, surabondamment affirmée en maintes occasions.

e) Sans doute, enfin, le fer évangile, quelques pages plus loin, xviii, 18, contient un autre texte qui, dans une formule à peu près identique, confère au collège apostolique tout entier la puissance efficace et plénière de « lier et délier ». N’oublions pas toutefois que ce second logion, de l’avis des critiques, concerne le collège apostolique uniquement, et non pas l’ensemble des fidèles de l’Église universelle. Rappelons-nous de même que, pour ces critiques, ce texte du c. xviii n’est pas plus recevable que celui du c. xvi, ne pouvant non plus, selon eux, correspondre à la véritable et historique pensée de Jésus. Quoi qu’il en soit, et sans nous attarder ici à des démonstrations ou à des réfutations qui ont été faites ailleurs, voir art. APÔTRES, ÉVÊQUES, ÉGLISE, bornons-nous à déclarer, à l’encontre des affirmations intéressées ou convaincues de quelques auteurs, Réville. Origines de l’épiscopat, p. 37-38 ; Guignebert, Manuel d’hist. anc. du christianisme, p. 230 : Modernisme, p. 90, que l’incompatibilité qu’ils décou 25 7

    1. PRIMAUTÉ DU PAPE##


PRIMAUTÉ DU PAPE. LE TU ES PETRUS

vrent entre ces deux passades de Matthieu est objectivement inexistante. Nous avons montré préddemment, d’après les récits évangéliques, la prééminence de Pierre parmi les Douze ; cette prééminence justifie parfaitement la collation d’une prérogative spéciale et unique. 1e pouvoir de lier et de délier est conféré à Pierre en premier lieu, aux Douze ensuite, c’est vrai. Mais à celle fonction que partage Pierre avec ses collègues se surajoute une prérogative qui lui est exclusivement réservée, parce que seul il est le rocher, le fondement de l’Église, et que seul il a reçu les clefs du royaume des deux. En définitive, ni contradiction ni inconqiai ibilité ne se peuvent percevoir entre ces deux textes qui successivement nous font connaître et la suprême juridiction qui n’appartient qu’à un seul el les pouvoirs du collège apostolique toul entier.

3. Voleur thtologique du Tu es Petrus », Dès lors qu’on admet le sens obvie du logion et sou historicité, on lui reconnaît une portée théologique de premiei ordre.

a) Pour les protestants orthodoxes et pour tous ceux qui s’ingénient a en détourner ou minimiser le sens, ce texte est sans force probante en faveur d’une primauté réelle. S’ils concèdent que Jésus a | romis a Pierre un privilège, une prérogative, ils ne consentent pas à y voir nue autorité véritable de gouvernement, moins encore un pouvoir perpétuel et transmissible a des successeurs. Volontiers, ils s’en tiendraient a nue prééminence strictement personnelle et purement honorifique ; tout au plus admettront-ils que Pierre a pu jouir d’une Influence préj ondérante dans la pr< dl cation apostolique et l’établissement du christianisme. Ainsi pensent, entre autres, .L Bovon, Théologù Nouveau Testament, t. i, Lausanne. 1902, p. 464, el P.-F. Jalaquier, De l’Église, p. 219 221. Mais pour les libéraux, pour la plupart des critiques Indépendants, le sens du texte est trop clair, la portée dogmatique en est aussi trop évidente ; aussi ne font Ils pas difficulté d’avouer que- (’est cela même qui constitue le motif principal pour lequel l’authenticité, ou tout au moins l’historicité, leur en semble Inadmissible. Telle est. a quelques nuances pies, la positions d’A. Loisy, />s évangiles synoptiques, t. ii, p. B-15 ; de.1. Grill // Primai des Petrus, Tubingue, 1904, p. 9 17 : de II. Mon nier, Notion de l’apostolat, p. 133 135 ; de Ch. Guigne bert, Manuel…, p. 226-227. Constatons, une rois de

plus, que, pour ces auteurs, le déliât se ramène salis

cesse et se limite à la question de l’établissement du

royaume de Dieu et de la constitution d’une Église. Mais retenons leur aveu quant a la signification et à la portée de notre texte.

Il ne suffira donc pas de voir une application iti lu es Petrus dans le rôle de premier plan que joua Pierre lors de l’établissement de l’Église. Qu’il ait ouvert la porte de l’Église aux Juifs et aux gentils, ce n’est | un accomplissement Intégral de la promesse du pou voir des clefs, il ne suffira pas davantage de rest reindre toute l’organisation de l’Église fondée sur Pierre a une

Icnisclila qui ne rassemble les disciples que | oui la réité ration de la dernière cène. Cf. Katlenbuscb, op. cit., p. 169 sq. À vrai dire, le texte de Matthieu nous met en face de trois métaphores successives. Celle de la pierre

fondamentale pourrait, en toute rigueur, s’entendre d’un privilège qui n’impliquerait qu’un apostolat par liculièrcnient fructueux et béni. Mais il nous faut tenir compte, pour en bien juger, du contexte immédiat, des deux images qui suivent et des pouvoirs qu’elles Blgnifient, La garde des clefs du royaume symbolise la charge d’intendant, d’administrateur suprême. Cf. Matth., xmv, 15 ; Luc, xii, 42. Le pouvoir de lier el de délier suppose le droit souverain de légiférer et de dispenser, avec l’approbation même de Dieu. De même que cette « juridiction ». dont sera Investi plus tard le

DICT. DIS TIIIÏOL. CATHOL.

collège apostolique tout entier, se trouve ici prom Pierre, mais à un degré unique et suréminent du fait qu’elle se trouve unie au pouvoir des clefs et a la prérogative de pierre fondamentale, de même le pouvoir des clefs réservé a Pierre ne consistera pas seulement a ouvrir les portes de l’Église, deux fois seulement, aux Juifs et aux gentils, et de même encore le fondement doit prendre toute sa valeur et toute son importance du fait que l’Église ( « instruite sur ce roc inébranlable résistera a toutes les (anses de ruine, a toutes les puissances de destruction. Le texte doit être interprété selon cette cohérence organique parfaite qui de pei met aucune désarticulation arbitraire : les trois n pborcs s’éclairent et se renforcent l’une l’autre, elles ne peuvent ni ne doivent s’expliquer isolement. Il s’ensuit que, sans nulle équivoque possible, la pron faite a Pierre concerne bien une autorite effective, un principal spirituel suprême sur l’Église de.Ksus.

b) Cette primauté de gouvernement, la métaphon de la pierre fondamentale nous la présente comme nécessaire et comme perpétuelle.

De même qu’il > a M(<vs//, pour un (dit’., d’êtn indélei Utilement uni au KM sur lequel il a de construit,

pour pouvoir di lui toutes les fou es de ruine et les dangers d’effondrement, de même il a ni i ssité pour i.i communauté des fidèles de demeurer hiérarchisée et tout entière édifiée sur la snpi, me auto rite du chef que lui a donné l< Christ, son fondateur lu es Pierre, el sur cette pane Je bâtirai mm.

. l’intention est nettement expt uni-, li « on

texte la (iimphte et la corrobore singulièrement, nous l’avons u.

La construction messianique établie sur Pierre doit triompher des puissances de la mort et de l’enfer « pulie que suit l’interprétation pré » Isc donnée a poi tes de ri ladès. manifeste ment la pérennite est Ici pro mise a i Église que gouvernera Pierre, l « même, pu suite que la | cr| « t mte d « - la maison so| pi se d’abord la perpétuité du fondement, de même la pérennité assurée a i Église implique au préalable et iiur^iir la pérennité de la prérogative accordée au i rm «  « <t «  tus. n « n résulte « puSimon Pain n -t pasque li fondement historique de l’Église. qu’il en est lefon

dément adud et permanent : il dure d xd a nos veux dans une puissance « pu lie et délie, « pu « l « tient les clefs du roaumc. il « pu est l’autorité « 1 1- Il lIisi elle même, non pas s ; ms dnule SOU autorité diffuse, l «  régime particulier (les communautés, mais une auto i il. | i in laie et distincte, (pu est aux autorités p.irtieli

in us ce « pie Simon Pierre a été par rapport aux « lis, i

pies et à Paul lui même… A. Loisy, /

t. m. p. 10, I a primauté de l’une sera dune transmis

si 1 île par oie de succession «  « mt mue et K u il nue.

Telle est la conclusion « pu logiquement découle dune exégèse rationnelle du texte, conformément d’ailleurs a ce qu’exige la nature d’un i ouvoir i erma

lient dans les Sociétés humaines. Il f.uil singulièrement

rétrécir les | erspectlves évangéliques et les intentions les plus précises « le Jésus pour prétendra que la prl maute de Pierre lui est uniquement personnelle, qu’elle s’épuise avec la fondation « le l’Église, qu’elle s’éteint avec son titulaire, ainsi, du reste, « pus’éteignent aveu eux tous les pouvoirs départis aux apôtres Que les

apôtres et leur chef aient juin « le privilèges ex 1 1 aorili

naires, en tant que premiers prédicateurs « le i Évan gile, nul ne peut songer a 1 « ’nier : mais que leur mission de pasteurs, si on la leur reconnaît, n’ait pas ihï s, peu peiner, c’est ce qui est inconcevable, du moment qu «  l’Église confiée a leurs soins doit atteindre jusqu’aux extrémités de la terre et durer jusqu’à la consomma

lion des siècles.

i es apôtres ont « lune transmis leurs pouvoirs de pas

leurs aux évêques, leurs successeurs. De même, a plus

T. XIII D

259

PRIMAUTÉ DE IMKKHK DANS LES ACTES

260

forte raison, le prince des apôtres, Pierre, a transmis sa primauté à ses successeurs les papes, princes des pas tcurs. Car, si JéstlS avait jugé nécessaire a son Église, du vivant même des apôtres, un centre, un fondement d’unité, une autorité suprême qui remplaçât la sienne, il n’a pu vouloir qu’une telle primauté cessât d’exister après la disparition de ceux qui avaient été ses témoins et ses disciples, alors que, dans une Église plus vaste des pasteurs pourvus d’un prestige et de pouvoirs

moindres devraient Caire lace a une situation de jour en jour plus complexe et plus difficile.

4o Confirmation et collation île lu primante à Pierre.


Le Tu es Petrus n’est pas le dernier mot de.Jésus sur la constitution de l’autorité suprême qui devra régir son Église. À la promesse répondent une confirmation et une collation formelles.

1. Confirmation.

La primauté de juridiction entraîne logiquement, dans une société qui exige d’abord une adhésion de foi, un pouvoir doctrinal de contrôle et de direction. Un texte de Luc nous fait constater que ce pouvoir a été conféré à Pierre. « Simon, Simon, s’écrie Jésus, voici que Satan a obtenu [la permission] de vous cribler comme le froment… Mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » Luc, xxii, 31, 32. Aucun doute ne s’élève sur l’authenticité, aucune incertitude ne règne sur le sens de ce passage. « Celui que Satan souhaitait surtout faire tomber, c’était Pierre, le chef des apôtres. Jésus a connu le péril qui le menaçait ; il n’a pas voulu le préserver entièrement ; mais sa prière a mis à l’abri sa foi. Sa foi ne sera donc pas défaillante, et, revenu de son écart de conduite, c’est à lui qu’il appartiendra d’affermir ses frères. Il n’est pas dit d’ailleurs que les autres apôtres perdront la foi, puisqu’il ne s’agit que de les affermir. Mais le privilège d’une foi indéfectible n’est assuré qu’à Pierre. Le protestant Bengel a dit avec sa concision lapidaire : « En préservant Pierre, dont la ruine eût entraîné tous les autres, Jésus les a tous préservés. Tout ce discours du Seigneur présuppose que « Pierre était le premier des apôtres, dont la résistance » ou la chute déciderait plus ou moins du sort des « autres. » Le texte de Luc, si on l’isolait, pourrait se rapporter seulement à la circonstance prochaine du scandale des apôtres. Mais sa teneur est absolue, ce qui nous autorise à le rattacher à la promesse déjà faite à Pierre, rocher inébranlable sur lequel l’Église sera bâtie. [Ce terme grec (TT7)pîÇsi.v, « affermir », s’appareille à ce Kepha, si expressif, de Matthieu. ] La nouvelle déclaration du Christ précise ainsi que cette solidité du roc est celle d’une foi que rien ne peut ébranler, puisqu’elle est appuyée sur la prière de Jésus. Cette prérogative permettra à Pierre d’affermir dans la foi même les apôtres, sans parler des autres croyants. Et cela aussi longtemps que durera l’Eglise, contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront point. » Lagrange. I.’Évangile de Jésus-Christ, p. 512-513. Sans doute, nous avons là, d’abord et surtout, l’énoncé bref du privilège de l’infaillibilité personnelle et active accordée à Pierre ; mais, par le fait même que cette attribution n’est faite qu’à lui seul, chef suprême dont la foi primera et affirmera celle des autres pasteurs, par le fait même, et en dépit du revirement prévu, la primauté effective promise à Césarée se trouve ici confirmée solennellement par le Maître.

2. Collation définitive de la primauté à Pierre. — Simon-Pierre avait renié Jésus, et cependant c’est à lui que le Sauveur ressuscité apparut le premier. Son prin-Cipat suprême lui est donc maintenu. L’évangile de saint Jean va nous en raconter la définitive collation à l’apôtre réhabilité. Pour nous, l’authenticité et l’historicité de ce texte se trouvent être les mêmes que celles de l’évangile johannique en général et plus particuliè rement des chapitres qui relatent la résurrection et les laits postérieurs. Notons toutefois que, pour les critiques indépendants, le c. xxi, qu’ils considèrent comme additionnel, représente une tradition qui serait étroitement apparentée a celle des synoptiques et, par suite, d’un caractère beaucoup plus historique, dans son ensemble, que tout le reste du I v évangile. Nous ne nous arrêterons pas a discuter la prétention des rationalistes d’écarter comme légendaire toute parole prêtée à Jésus ressuscité, sous le prétexte que sa résurrection n’est pas un fait historiquement établi. Venons-en au texte, au pasce oues meus de Joa., xxi, 15, 17. « Lors donc qu’ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon Pierre : Simon, tils de Jean, m’aimes-tu plus que ceuxci ? Il lui dit : Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. Il lui dit : Pais ((îoaxe) mes agneaux. Il lui redit une seconde fois : Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? Il lui dit : Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. Il lui dit : Sois le pasteur (h’j’v.xxi^z) de mes brebis. Il lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? Pierre fut contristé de ce que Jésus lui avait dit pour la troisième fois : M’aimes-tu ? Et il dit : Seigneur, vous connaissez tout, vous savez que je vous aime. Il lui dit : Pais queote) mes brebis. »

La valeur probante du passage est évidente par elle-même. Jésus, qui est le bon Pasteur, Joa., x, 14-16, se choisit un vicaire pour paître son troupeau tout entier. Les deux termes du texte grec, dont le Maître se sert ici signifient, l’un et l’autre, « fais paître », « dirige », et ils s’appliquent spécialement à la conduite d’un troupeau. Mais il est à remarquer que le terme miixivz a déjà un sens plus étendu, dégagé de la métaphore du berger et du troupeau, et qu’il s’applique, en outre, à l’autorité temporelle d’un pasteur, chef de peuple ou roi. cf. Matth., ii, 6 ; Apoc, ii, 27 ; xii, 5 ; xix, 15, et aussi à la juridiction proprement spirituelle dans l’Église. Act., xx, 28 ; I Petr., v, 2. Quant aux mots a agneaux et brebis », la signification qui en ressort n’a pas besoin d’être commentée. Soulignons plutôt l’insistance du Sauveur, qui tient à réhabiliter Pierre à ses propres yeux comme devant ses frères, qui connaît et qui réclame dans le chef des apôtres non seulement une foi plus ferme, mais encore un amour plus fort que dans « ceux-ci », et la solennité de cette investiture, qui, réalisant le Tu es Petrus, montre moins clairement, sans doute, la perpétuité, mais plus explicitement l’universalité de la suprême juridiction de Pierre, sa primauté inamissible.

5o La primauté exercée par saint Pierre.

Il nous faut voir, à présent, dans l’histoire de la primitive Église, l’apôtre Pierre exerçant la primauté dont il est investi.

1. Dans les Actes des apôtres.

C’est Pierre qui préside le collège apostolique et qui, au lendemain de l’Ascension, propose de procéder au remplacement de Judas. Act., i, 15-26. C’est lui qui, à la Pentecôte, se présentant comme le chef de la communauté évangélique, inaugure la prédication apostolique. Il est bien entouré des Onze ; mais c’est lui qui est nommé en tète, comme leur chef : Petrus cum undecim… Dixerunt ad Petrum et ad reliquos apostolos… Act., ii, 14, 37. Le rôle de Pierre dans la guérison du boiteux et dans le discours qui la suivit, m. 1-26, n’est pas moins remarquable. Et, devant le Sanhédrin, c’est Pierre encore qui parle au nom de tous, iv, 5-22, ou Pierre en premier lieu, Petrus et apostoli. v. 27-29, 30-32. C’est Pierre semblablement qui au début assume le gouvernement intérieur de l’Église de Jérusalem, châtiant Ananic cl Saphire. v, 1-1 1, ou qui, avec Jean, se rend en Samarie imposer les mains aux convertis que Philippe a baptisés, vin, 1 1-2 1. Le texte, sans doute, . 14, s’exprime ainsi : miserunt (apostoli) ad eos PelrumelJoannem. Mais, outre que ce miserunt peut s’entendre d’une décision prise en commun, ce n’est qu’un mot qui, dans son raccourci, ne saurail prévaloir contre un contexte où nous voyons Pierre user de toute son autorité de prince des apôtres pour maudire Simon le Magicien et pour visiter les communautés de la côte palestinienne, ix, .’il - Ki. C’est lui encore, lui le premier, qui, d’autorité, sur l’ordre de Oicu menu-, ouvre aux gentils les portes de l’Église, en recevant au baptême le centurion Corneille et les siens, x, 1 sq., sans les taire passer parle judaïsme, xi, 1-18. Pierre ne nous apparaît pas moins chef, chef vénéré el aimé, lorsque, prisonnier du roi Hérode Agrippa, puis miraculeusement délivré, il est l’objet des angoisses et (les prières de tous les fidèles, la cause aussi de leur joie, xii, .’5-17. Enfin, lors de l’assemblée apostolique de Jérusalem, Pierre exerce manifestement une primauté que ne lui conteste ni Jacques ni aucun autre, xv, (I sq. Devant cel ensemble de faits, on peut reconnaître que i I’ierre est devenu en toute vérité le prince des apô très, le fondateur de la tradition chrétienne, le fonde ment de l’Église ». A. Loisy, Les Acte » des apôtres, p. 580. Pour qui admet la valeur historique du livre de saint Luc, ces témoignages sont décisifs. 2. J)(ins les épîtres. Les épitres catholiques ne nous fournissent aucun texte sur la primauté, pas même Celles qui sont de Pierre. Ce silence n’a rien qui doive

nous étonner, lui tout étal de cause ces écrits ne cou tiennent rien qui sur ce point contredise ou Infirme les affirmations des évangiles ou du livre des Actes. Les épîtres de saint Paul, en revanche, font plusieurs allusions a Pierre et à son autorité. Dans la I" BUS Corinthiens, l’apôtre, énumérant les chefs dont se réclament les diverses factions, leur fait dire tour à tour : Ego quidem sum Pault ; ego autan Apollo ; ego Cephas ; ego aulrm Christl. I Cor., r, 12. Quoi qu’on ait prétendu, il y a peu de chose à til er I TOJ uns nous, de cette gradation ascendante. Plus loin, Paul revendique hautement le droit de se comporter pratiquement comme les autres apôtres, ticui et ceteri apostoli et fratres Domlni et Cephas. ix, r>. Ici, Pierre est nette ment détaché du poupe (les autres autorités ; mais il laid bien avouer que, pas plus ici que dans répit re aux liai al es, Paul ne semble professer a l’endroit de < c plias une considérai ion particulière. Cela n’en donne que plus de prix aux déclarai ions où Paul reconnaît l’autorité de Pierre et la nécessité de confronter son enseignement avec h’sien. C’est de lui qu’il est allé faire connaissance a Jérusalem :.. vent Jerosolymam vtdere Petrum, < ! manst apud eum diebus quindecim. et c’est là plus (prune simple visite, c’est un séjour prolongé : le grec laTopr ( ooa suppose des entretiens prolongés. Aliuni autan apostolorum vidt neminan, nlst Jacobum fralrem Domini. Cal., i, 18-19. Pourquoi Jacques, sinon pour sa parenté avec.lesiis et pour sa situation particulière dans la Ville sainte ? El pourquoi Pierre, seul entre Ions les autres, sinon pour sa primauté 7

Ce n’est pas le récit du conflit d’Antioche qui peut nioili lier cette conclusion. Cal., ii, I I 21. Ni la doctrine, ni même l’autorité du prince des apôtres ne sont ici mises en question, mais uniquement sou altitude pra tique, préjudiciable aux convertis de la gentilité el contraire ù la ligne de conduite arrêtée sous sa prési dence à Jérusalem : c’est cette pusillanimité el cette Inconséquence que Paul a osé reprocher à Pierre, malgré sa primauté. Car c’est bien à cause de cet te primauté reconnue de tous que Paul insiste sur l’audace de sou Intervention. M. Loisv l’a bien vii, lui qui a écrit : L’altitude de Paul à l’égard de Pierre et son langage dans l’épître aux Calâtes prouvent simplement que la primauté de Simon ne se présentait pas et n’était pas considérée comme un pouvoir de domination ; mais le témoignage même de Paul atteste que Simon Pierre (tait le chef du service évangélique, l’homme avec lequel il fallait se concerter sous peine de travailler en vain. i< Évang. synopt., t. ii, p. 1 1. Ce témoignage de Paul rejoint et confirme celui des évangélistes.

Ainsi donc, le Nouveau Testament nous livre le dogme catholique de la primauté de saint Pierre exprimé formellement et déjà réalisé dans les faits. L’histoire de l’Église et la tradition vont nous eu montrer le prolongement légitime dans l’exercice du principat spirituel des pontifes romains.

II. La venue de saint Pierre à Rome et la primauté du Siège romain.

Ce sont deux faits d’un autre ordre, mais deux laits générateurs de droit, qu’il nous faut a présent exposer : Pierre est devenu l’évêque de Rome ; en mourant sur ce siège, il a ouvert pour les évêques de Rome la succession légitime a sa primauté universelle.

1o Saint Pierre a Rome. Mue saint Pierre soit venue Rome et qu’il y soit mort, c’est ce qu’admet la presque unanimité des historiens sérieux, même étrangers au catholicisme. Seuls, quelques polémistes s’obstinent a soutenir le contraire, pour des fins qui n’ont rien de commun avec la science. Ad. I larnack, Die Chronologie der altchristltchen Lltteratur bis Eusebtus, t. i. l elpzig, 1K ! » 7, p. 2 I 1, n. 2, et L. Ihk hesne. Histoire ancienne de l’Église, t. i. Paris. [906, p. 61 63, considèrent la question comme tranchée en faveur de la tradition. Ch. Guignebert, I. « primauté < ! Pierre et lu vauux < ! > Pierre à Rome, Pans 1909, qui a prétendu défendre la thèse

Opposée, s’est ait ire les justes sévérités de P. Monceaux.

L’apostolat de saint Pierre " Rome, dans Reo. rf’liisl. et < ! < Iill. rrl.. Paris, 1910, p. 21 1 sq. A. Paner n’a pas été plus heureux dans ses négations, brillamment réfutées

par le H. P. lîoehniinghaus, Vom Crabe des hetl, Petrus Funde une Feinde, dans Sttmmen du Zelt, 1918, p. 251 267.

C’est en vain que l’on a lente de solidariser la tradi

tion historique de l’Église romaine avec les récits légendaires concernant Simon le Magicien. Elle en est

indépendante et se soutient par des témoignages de

premier ordre.

L Clément, qui avait sans doute connu les deux apôtres, nous fournit, dans sa lettre aux Corinthiens.

/ Cor., . 1, 6, écrite à Rome vers 95, c’est a-dire trente

ans au plus après lese eneinent s, les données Mil

xanies ;.letons les yeux -.m nos vaillants apôtres ( >//(-.v roic, àvvh’/je inoarÔXouç). Pierre, (pu. victime d’une Jalousie criminelle, souffrit, non pas une ou deux épreuves, mais un grand nombre, ei ainsi martyr

(>/}-<.) u.71ç.- : ’)Ç.r ê nyi s’en alla au séjour de gloire (pu lui était du… 1’. Monceaux le lait remarquer. le bon

sens Indique ici qu’où doit rapportei f]u.ûv à ce qui

suit… Clément de Rome invoque ilon, le souvenir des apôtres romains, Pierre et Paul, souvenir reste vivant dans la Communauté locale… Celle allusion appelle

tout naturellement un hommage aux autres chrétiens de Rome qui on) partagé le sort des apôtres, tootoiç… on>v7)8po(o6r] jtoXu ttXtjÔoç bcXexr&M (cf. la multitudo

in grils de facile. À un.. l. XV, C. I IV i et ont laisse a

Rome (£vJ|u.îv) un magnifique exemple, La persécution

dont il est question ici ne peut être que la persécution de Néron : tous les faits ment ion nés. c, v i se sont ev i

demment passés à Rome. Ainsi, de ce texte célèbre, <>n doit tirer trois indications précieuses : a) clément considérait Pierre et l’a ul cou une les a apôtres v de l’Église

romaine ; b i il admettait le martyre de Pierre à Rome ; C) il plaçait ce martyre au temps de la persécution de Néron. P. Monceaux, op. ni., p. 226 sq.’telle est la seule explication plausible de ce passage fameux ; elle a

conquis tous les critiques auxquels les préjugés ne

jettent pas un voile sur les veux. Duclicsnc. Les Origines chrétiennes, cours lithographie, p. 7 ; ». On peut d’ailleurs lire dans i.’ascension d’Isolé, i. 2-3, ce texte fort suggestif : Après qu’il sera consommé, descendre Béliar, le grand prince, le roi de ce monde, qui la

dominé dès qu’il ; i existé ; el il descendra de son firmament mius la (orme d’un homme, roi d’iniquité, meurtrier de sa mire, qui lui-même est roi de ce monde. El il persécutera la plantation qu’auront plantée les douze apôtres du Bien Aimé ; des Douze, un sera livré entré ses mains. Éd. E. Tisserant, Paris, 1909, p. 1 16-1 17. Les historiens les plus sérieux admettent que ce Béliar est Néron » ! que l’apôtre par lui saisi ne peut être que Pierre. Mgr Tisserant, op. cit., p. 227, cite llarnæk, lequel est formellement partisan de celle identification et y découvre un témoignage de plus en faveur du fait de la mort de Pierre (à Rome) sous Néron.

2. Saint Ignace d’Antioche, quelque dix ou vingt ans plus tard, dans sa lettre célèbre aux Romains, les suppliant de ne pas le priver du martyre, leur dit : « Je ne vous donne pas un ordre connue Pierre ou Paul : ils étaient apôtres, je suis un condamné… » Rom., iv, 3, argument qui n’a de valeur véritable que si Pierre et Paul sont venus à Rome et si l’on peut traduire : « ils étaient vos apôtres, je ne suis, pour vous, qu’un condamné. .. ». Or, Ignace était le chef de cette Église d’Antioche qui se glorifiait de posséder la première chaire de Pierre ; le témoin est de poids. Que vaut, à côté, le silence de Justin ou d’Hermas, qui, d’ailleurs, ne parlent fias davantage de la venue et de la mort de Paul à Rome’? Il est amplement compensé.

3. Saint I renée.

Aux environs de l’an 180, l’évoque de Lyon, Irénée, qui connaît la tradition romaine pour avoir vécu à Rome plusieurs années, dit expressément que l’Église de Rome fut fondée par les saints apôtres Pierre et Paul. Dans cette page que nous retrouverons, il établit la série des pontifes qui se sont succédé depuis que « les bienheureux apôtres confièrent à Lin la charge d’évêque ». Cont. hier., III, ni, 1, P. G., t. vii, col. 845.

4. De la même époque, Eusèbe nous rapporte deux témoignages d’importance, l’un d’ « un homme d’Église nommé Caius », contemporain du pape Zéphyrin (début du iie siècle), qui, dans un écrit où il discute avec Proclus, chef de la secte phrygienne, s’exprime ainsi touchant les tombeaux des deux apôtres : « Je puis montrer les trophées des apôtres. Si tu veux aller au Vatican ou sur la voied’Ostie, tu trouveras les trophées de ceux qui fondèrent cette Église » ; l’autre, de l’évêque Demjs de Corinthe, qui, vers 170, s’adressant aux Romains, leur écrit er ces termes : « Vous-mêmes avez associé… la plantation faite par Pierre et Paul des Églises de Rome et de Corinthe… ; tous deux, partis pour l’Italie, y enseignèrent ensemble et subirent le martyre vers le même temps. » Hist. eccl., t. II, c. xxv, n. 5-8, P. G., t. xx, col. 208-209.

5. Au début et au milieu du iiie siècle, Cyprien de Carthage, Firmilien de Césarée, en Cappadoce, Denys d’Alexandrie Fabius d’Antioche, Calliste et Hippolyte de Rome, aussi bien que l’auteur inconnu d’un livre contre Artémon, bref, toute l’Église d’Orient ou d’Occident, admettent ou considèrent comme admis universellement que le siège de Rome est le siège même de Pierre, que l’évêque de Rome est le successeur de Pierre. Pour Tertullien, à l’ « heureuse Église de Rome les apôtres Pierre et Paul ont versé toute leur doctrine avec leur sang ». De præscript., xxxvi ; cf. ibid., xxx, xxxii, P. L., t. ii, col. 48, 42, 44 ; Scorpiace, xv, 2-5, ibid., col. 151 ; De pudicit., xxi, 9-10, ibid., col. 1025 ; Adv. Marcion., iv, 5, ibid., col. 366. Quant à Clément d’Alexandrie, Hypotyposes, dans Eusèbe, Hist. eccl., t. VI, c. xiv, rapportant comment fut composé l’évangile selon Marc, il rappelle d’abord que « Pierre prêchait publiquement à Rome la parole et annonçait l’Évangile sous l’action de l’Esprit ». Origène, peut-être influencé par les Actes de Pierre, nous dit de celui-ci que, « venu finalement à Rome, il y fut crucifié la tête en bas, sur sa demande expresse ». Dans Eusèbe,

Hist. eccl., l. III, c. i, llarnæk a même pu citer le témoignage du païen Porphyre, d’après un texte de Macarius Magnés, du siècle suivant. Die Mission und Ausbreilung desChristentums, t. i, Leipzig, 1906, p. 54, Et voila qui, en passant par l’évêque Pierre d’Alexan drie, Epist. can., tx, P. G., t. xviii, col. 183, et l’historien Eusèbe, trop dépendant malheureusement Actes apocryphes, Hist. ceci., i. ii, c xiv, xv, xxv, rejoint l’attestation du chronographe libérien.

6. Le Chronographe (libérien) de I an 354, écrit en tête de son catalogue des évéques de Rome : Pelrus ann. XXV, mens, uno, d. Vint, fuit temporibus Tiberii desaris et Gai et Tiberi Claudi et Neronis a consul. Minuci et Longini usque Serine et Vero. Passus autem cnm Paulo die ni kal. iulias consul, ss. imperanle Keronc. À la vérité, il n’y a aucun fond à faire sur les données chronologiques fournies par ce texte, qui n’iraient à rien de moins qu’à faire venir Pierre à Rome à une date beaucoup trop précoce. Plus intéressante est la Depositio martyrum, qui se rattache au même texte et nous livre un calendrier de l’Église romaine utilisant peut-être les recherches faites par Hégésippe vers 160 et où l’on peut relever : vin kal. martias natale Pétri de cathedra. — /// kal. iul. Pétri in Calacumbas et Pauli Ostense, Tusco et Basso cons. (Ces textes du Chronographe de l’an : J54, dans C. Kirch. Enchiridion fonlium historiæ ccclesiast. antiq., n. 491, 492.) Nous avons là une indication précieuse de la double commémoration faite par l’Église de Rome, le 22 février, de l’épiscopat ou chaire de l’apôtre, le 29 juin de sa « déposition ». Le consulat de Tuscus et de Bassus, il est vrai, nous reporte à l’an 258, au temps de la persécution de Valérien, deux siècles environ après la mort des deux apôtres. À cette date, a-t-on pensé avec beaucoup de vraisemblance, en raison de la tourmente qui sévissait sur la communauté romaine, les restes vénérés des apôtres Pierre et Paul furent transférés sur la voie Appienne, au lieu dit ad Catacumbas ; précisément, les anciens itinéraires disent que les tombeaux" des saints apôtres furent en ce lieu, à Saint-Sébastien, pendant quarante ans. Notitia ecclesiarum, dans De Rossi, Roma sollerranea, t. i, p. 139, 141. Que ce chiffre de quarante soit approximatif ou symbolique, suivant la remarque de Duchesne, il n’importe guère ; mais l’hypothèse du transfert s’en trouve confirmée, d’autant plus que ces indications diverses s’accordent avec les nombreux grafïïti du IVe ou du v c siècle, mis récemment au jour à Saint-Sébastien, avec l’inscription composée par le pape saint Damase et placée par lui ad Calacumbas : < Hic habitasse prius sanctos cognoscere debes Xomina quisque Pétri pariler Paulique requiris v. Rien que cette tradition et cette translation supposée aient été révoquées en doute, elles semblent bien être confirmées par les découvertes récentes. Les fouilles de Saint-Sébastien ont mis à jour (1915-1925), entre autres monuments notables, un antique triclinium ou salle d’agapes que les archéologues les plus avertis datent de la seconde moitié du ni’e siècle et dont un fragment de muraille montre encore plus de cent cinquante graffiti rappelant des repas funéraires célébrés en l’honneur de Pierre et de Paul et des invocations ou recommandations qui associent leurs deux noms : « Pierre et Paul, secourez Primus, pécheur… En l’honneur de Pierre et Paul, j’ai fait le re/rigerium, moi, Tomius Cxlius… » Ce mot refrigerium, qui se trouve répété quatre fois, désigne en latin l’agape liturgique en l’honneur des martyrs, sur leurs tombeaux, en sorte que nous avons là un émouvant témoignage en faveur de la présence à Rome du corps de l’Apôtre. Voir Atli délia pont, accademia romana di archeologia, travaux de P. Styger. O. Marucchi, R. Lanciani, A. Ratti, etc. Rome. sér. II. t. xii-xiv, 1918-1920. Cf. H. Chéramy, P. S. S.. Saint-Sébastien-hors-les-Murs, la basilique, le souvenir apostolique, le (iineliere ail C.ulurumbas », I’aris, 1925 et Les catacombes romaines, Paris, 1932, p. 150-151. Contre la translation, Delehaye, Origines du culte des martyrs, Bruxelles, 1912, p. 302-308, et Le sanctuaire des apôtres sur la voie Appiennc, dans Analecta bollandiana, 1927, p. 297-306.

7. Il est superflu d’insister, les monuments abondent, qui attestent le souvenir persistant de Pierre a Borne : son tombeau au Val Ican, el aussi les peintures, les vases, les inscriptions des catacombes qui portent son effigie OU son nom. À ces pieuses s’ajoute celle que nous fournit la tradition constante et unanime des Églises orientales même séparées. E1 qui ne voit la Signification et la valeur que pourrait avoir leur silence, alors que parmi elles il n’en est aucune qui revendique l’honneur de posséder le tombeau de Pierre OU Sa chaire définitive '.' Mais elles ne se taisent point : dans leurs liturgies, à l’envi, elles célèbrent celui cjui est « devenu le premier évoque de Home.

8. Pourquoi n’invoquerions nous pas enfin le Non veau Testament même 1 La l a Pétri, v, 13, nous four ait ces mots : Salulat vos Ecclesia, qu.se, est in Babylone eoelecta, et Marcus /ilius meus. I Infaussaire, si faussaire il y avait, se serait bien gardé de dater ce document qui de toute évidence, est de l’âge apostolique, d’un endroit où Pierre n’aurait pas fait un séjour connu de tout le monde. Il faut donc négliger bs fantaisies des vaudois, de Marsllede Padoue et de tous les polémistes qui aiment mieux chercher l’Apôtre en Babylone de Mésopotamie que de le trouver à Home. Ni le silence de l.uc dans les Actes, ni celui des épilres de saint l’aul, ni celui de Fo si plie ne nous interdisent de reconnaître que Rome est Ici représentée par Babylone. Renan lui même en convient, L’Antéchrist, p, 122. De fait, l’Apocalypse, XVI-XVIII, mais aussi les Oracles sibyllins, l. V, 160 (cf. saint Augustin, De civ. Dei, l. XVIII, c. ri, 2, /'. L., t. xi. i, col. 561), donnent à la Rome païenne, capitale d’Iniquité et lover de persécution, le nom de Babylone. D’ailleurs, à cette époque, l’antique cité chaldéenne ne comptait pas de chrétiens, semble i 11, et à grand’peine quelques.luifs.

On comprend, en définitive, que le professeur russe orthodoxe Bolotov ait écrit : …Le lait du martyre de Pierre à Rome est attesté si anciennement et par tant de témoignages, qu’il ne reste aucune possibilité de le nier. Lektsit pu istorti drevnei Tserkui, t. ii, Péters bourp, 1910, p. 55. On comprend que le professeur de Berlin, Hans Lletzmann, en dédiant son Petrus und Paulus in Rom s) la faculté de théologie protestante de

Bonn, déclare de même : Toutes les sources les plus anciennes laissent clairement entendre… que Mini Pierre a séjourné a Rome et qu’il y est mort niait vr… Les hypothèses laites en sens contraire… accumulent difficulté sur difficulté, ne pouvant d’ailleurs se justifier par aucun argument positif… Dès lors, je ne vois pas même la possibilité d’une hésitation, op. cit., 2o éd., Berlin Leipzig, 1927. p. 238.

2o Les successeurs de saint Pierre à Rome. Pierre est donc venu a Home, il y a prêché l’Évangile et organisé la chrét lente, il y a él abli sa cal haïra. Peu importe que son séjour y ait été continu ou Intermittent, que Pierre soit arrivé de très bonne heure a Rome OU seule nient à une dale tardive, ce qui nous paraît plus vraisemblable. Il est mort eveque de Home. Mais a I il eu des successeurs ? i.a plupart des critiques protestants, avec Lipsius et Harnack, affirment que, jusque vers ['an 150 ou 160, l’autorité épiscopale appartenait. dans la capitale, à une collectivité : ce serait seulement avec Anicct OU Pie qu’apparaîtrait l’épiscopat romain unitaire. La preuve qu’ils en donnent, ils prétendent la trouver dans le langage explicite ou dans le silence de Clément de Rome, / Cor. ; d’Ignace d’Antioche, Rom., et d’Hermas. Clément, nous dit-on, écrit comme si l’épiscopat de Corinthe, et donc aussi celui de Borne, étaient collégiaux, xliv, 4-6 ; Ignace ne connaît que les fidèles, nullement l’évéque de Home. n. 2 ; ix, l ; Hermas a des oracles, des reproches ou des préceptes pour les presbv très, les chefs, en un mot pour ceux qui occupent ou briguent les premières places, sans jamais une allusion a un évoque monarchique. Vis., II, m 6 ; III, ix, 7 : Mund., XI, 1 2.

Il est non moins vrai, par ailleurs, que vers le milieu du n'- siècle. l’Église romaine était en possession d’un catalogue de ses évêques. Nous en avons la preuve incontestable dans Irénée. Cont. Ii.ir., III, iii, .'(, qui nous amène aii environs de 180 ; dans p.usehe. Ilisl. eccl., I. III. c. ii. xiv, xv. xxxiv ; I. IV. c. i, iv, x. xix ; I. Y, c. vi, XXIV, et (./a-unic. ai I, qui, écrivant vers 324, utilise ce même catalogue, en s’appuyanl sur l’autorité d’Innée. d’Hégésippe et de Jules Africain ; enfin dans Épiphane, Hæret, kxvii, I. I t. xi. i, col. 372, qui, un demi-siècle plus tard, semble bien, en répétant la même série de pontifes romains, avoir utiliseun ancien document. Or, précisément, nous.avons par Eusèbe, Hist. eccl., 1. [V, C XXII, n. 3, que, venu a Rome sous Anicet, le Palestinien H sippe dressa une livle de succession jusqu’à Anicet. dont Éleutbère était diacre ie qui nous conduit aux alentours de l’an 160. El nous lis., n s. en outre, dans le Fragment de Muratori (vers '_' ligne 7. ;. que t le

ei emment par l lermas, pendant

que son frère Pie < « cupait la chaire de i Home. vers [50, par conséquent. Enfin, In phane, d’autres encore, nous fournissent l’im menls, de source romaine évidemment, fournis doute par le catalogue épiscopal, « l’on il résulte que ri glise de Rome connaissait non seulement les noms évêqUeS, mais encore les faits les plus notables de leur épiscopat

Concluon tout simplement que, dans les origines, la centralisation du pouvoir et des honneurs n’était pas

encore ce qu’elle devait devenir plus tard, par la

force des choses ci par le ra v nullement libre de certaines personnalités et, aussi, que les premiers pontifes s’effaçaient volontiers derrière leur Église 1

III. La primauté romaine, de la mort de saint Pierre à l’avènement de Saint Miltiade (ier-iiie siècle)

Nul ne doit s’attendre À constater, immédiatement après ta disparition de l’apôtre Pierre, une ! munie active et intense de ses successeurs sur les communautés chrétiennes, linonbien moins doit-on vouloir d’ores et déjà reconnaître les modalités vernementales <>u administratives de la papauté moderne. L’histoire pourtant n’est pas muette sur la primauté de l’Église romaine a cette époque reculée. l" L' Eglise de Rome jusqu’au pape saint ictor i fin du n si. l’n premier point est acquis : quelle que soit la date exacte que l’on admette pour la mort du chef des apôl res (eut re 64 el 67), on ne peut relever aucune discontinuité dans la vie de l’Église de Rome ; elle grandit et s’affermit malgré les persécutions.

1. La fin du /' liiele. Si nous ne savons rien de

certain sur les successeurs immédiats de Pierre, l.in. Ciel ou Anaclet, il n’en est pas de même du quatrième évêque de Rome, Clément (vers 100). il avait connu les apôtres Pierre et Paul, nous déclare Irénée, et il

s’était entretenu avec eux >, Cail. Ii ; it., i, III. c. m. '.<, /'. C. t. vii. co|. S 19. Or. a son époque, l’Église de

Corinthe, Église principale i et apostolique, était

depuis un certain temps déchirée par de épaves dissensions ; ['Église romaine estima devoir intervenir par lettre pour faire cesser un scandale m nuisible aux Chrétiens et si réjouissant pour les païens I taient ce les Corinthiens eux -mêmes qui l’avaient priée d’agir ? Le texte. î, 1. de l’épttre qui leur fut adressée : PpiSiov

V0[l(Ç0U.EV è7Tl.(TTpOÇ. ; s6flCI "Epi. TÛJV è-'.^TJTVJ

(jtÉvwv Tzixp’û(i.îv 7rpaY(iâT(ov « c’est bien tardivement, à notre avis, que notre attention se tourne vers les affaires en litige parmi vous », a bien aussi été traduit : « Nous n’avons pu nous occuper que bien tard, à notre gré, des questions par vous posées, » Mais, pour se justifier, cette lecture supposerait 7rap’&(iô>v plutôt que TOcp’û[i.tv. Href, cette intervention fut vraisemblablement spontanée ; elle n’en est que plus significative. C’est Clément qui écrivit, au nom de l’Église de Rome ; sa lettre fut portée à Corinthe par trois de ses envoyés. Sans doute, elle ne fulmine pas ; sans doute, elle parle le langage de la charité et se borne à donner des conseils ; mais le ton d’autorité n’est pas absent. Sans aucune visée formellement théologique, sans présentation aucune de ses titres à la primauté, Clément a conscience de son rang et de son rôle : « …Vous nous causerez joie et allégresse, dit-il pour finir, si vous obéissez aux conseils que nous vous avons donnés par le Saint-Esprit, si vous coupez court à l’emportement coupable de votre rivalité, selon l’invitation à la paix et à la concorde que nous vous faisons dans cette lettre. Nous vous avons envoyé des hommes fidèles et sages qui ont vécu sans reproche au milieu de nous depuis la jeunesse jusqu’à la vieillesse : ils seront témoins entre vous et nous. Nous avons agi ainsi pour que vous sachiez que toute notre préoccupation a été et est encore de vous amener promptement à la paix. » / Cor., lxiii, 2, 3, 4, éd. Hemmer-Lejay. Et plus haut : « S’il y en a qui résistent aux paroles que Dieu leur adresse par notre intermédiaire, qu’ils sachent bien qu’ils se fourvoient dans une faute et un danger graves. » Ibid., lix, 1.

Manifestement, celui qui parle ainsi se sent en possession d’un pouvoir considérable. L’apôtre Jean vivait encore, à Éphèse, et cependant on ne trouve, de sa part, nulle trace d’une intervention que la facilité des relations et la dignité de son auteur auraient amplement expliquée. Mais c’est de Rome que vint la monition ou la réprimande, vouŒTOÙvreç, dit le texte, vu, 1, et les faits ont prouvé que Rome avait le droit pour elle. Les Corinthiens, semble-t-il, se soumirent. Soixante ans plus tard, Hégésippe constatera que l’ordre est rétabli chez eux, et Denys de Corinthe, leur évêque, vers 170, nous fait savoir que la lettre de Clément est encore lue et conservée dans leur Église presque à l’égal des saintes Écritures (dans Eusèbe, Hist. eccl., t. IV, c. xxiii, n. 11) ; c’est au moins, suivant le mot de Renan, « la première décrétale ».

2. Le n Q siècle.

a) Au début du iie siècle (107-117), Ignace d’Antioche adresse une épître aux Romains, nous l’avons vii, pour les supplier de ne pas s’opposer à son martyre. Les adresses de ses autres lettres aux chrétientés d’Asie Mineure contiennent déjà une série d’épithètes louangeuses ; mais, pour l’Église de Rome, le ton s’élève encore ; l’emphase est à son comble. Plusieurs expressions sont remarquables, plusieurs aussi susceptibles d’interprétations fort différentes. Nous n’en retiendrons que deux : « Ignace à l’Église… qui préside dans le lieu de la région des Romains…, qui préside à la charité…, ^-aç xal TrpoxâO-rçTai sv totoû X^opCou’Pojaaîtov…, 7rpoxa87)u.évr) TÎjç àyd(7r7)ç… Les critiques se sont acharnés sur ces quelques mots et en ont proposé les traductions les plus variées : « (l’Église) qui se distingue entre toutes au pays des Romains…, qui se distingue par sa charité » ou bien : « protectrice do la charité ». Il faut admettre toutefois que ycoptou ne peut désigner l’empire et que ev totïw… indique le siège do l’autorité sans la limiter. En outre, 7rpox*0r ; j.ai signifie proprement « présider », et Ignace l’emploie à propos de l’évêque, Magn., vi, 1 ; en revanche, ce verbe ne veut jamais dire « être remarquable » ni « se distinguer ». Quant au mot àyàmt], « amour », « charité », il a souvent ce sens premier dans notre auteur et s’applique surtout

à l’amour de l’homme pour Dieu ; mais il est plusieurs fois aussi l’équivalent de « société d’amour », dans un sens voisin de celui d’ « agape » ou de < fraternité accouplé avec ; rpoxa01)|iiv7), il doit avoir ici cette signification concrète. Pour Ignace, dont l’ecclésiologie est si remarquable et qui a si précis le sens de la hiérarchie [’Église de Rome préside à la religion de l’amour, à l’union dans la charité. L’Église de Rome préside ; ce terme dont il ne se sert pas pour une autre Église et qu’Ignace insère à deux reprises au cours d’une salutation dont la magnificence verbale est déjà un singulier indice, ce terme implique une réelle présidence ou il ne veut rien dire. L’Église de Rome préside à la charité : puisque pour Ignace à.yy.nr l devient un synonyme d’haû^oia., puisque par lui une Église locale peut être appelée &.yé.ici…, pourquoi ce même mot ne désignerait-il pas l’Église universelle ? Cette interprétation, peut-être légèrement forcée, a-t-e]le chance de l’emporter sur celle qui, dans l’expression de l’évêque d’Antioche, voudrait voir simplement un rappel élogieux de la prééminence de l’Église romaine dans les œuvres de charité et de miséricorde ?

Aussi bien, Ignace marque à l’égard du siège de Rome une déférence parfaite. À ses yeux, les Romains « sont purs de toute couleur étrangère », ou plutôt « filtrés de toute matière colorante capable de polluer et d’altérer la pureté de l’eau. Leur doctrine est pure comme un filet d’eau de source. » C’est que Rome a reçu et sait garder fidèlement les préceptes apostoliques, Rom., iv, 3 ; elle n’a pas failli à sa mission : « Vous n’avez jamais trompé personne, vous avez donné à d’autres des enseignements ; eh bien, ce que je veux, c’est justement la mise en pratique de vos leçons et de vos préceptes. » Ibid., iii, 1. À quels faits particuliers fait donc allusion l’évêque d’Antioche ? Au décisif et fructueux « décret » de Clément ? peut-être ; car la Prima démentis est rapidement devenue célèbre en Orient. Quoi qu’il en soit, nous avons là un contexte qui précise à souhait la portée de cette présidence de la charité, de cette primauté romaine, telle que la voit saint Ignace. Cf. P. Ratiffol, L’Église naissante et le catholicisme, 8e éd., Paris, 1922, p. 167 sq.

b) Du reste, dès cette époque, les chrétiens les plus marquants font le voyage de Rome ; ils y accourent des extrémités de l’Orient, voire des contrées étrangères à l’empire. C’est l’apologiste Justin (t vers 166) qui de la Palestine grecque y vint au moins deux fois, y séjourna à la fin de sa vie et y tint une école catéchétique. C’est Tatien (t vers 180), venu de l’Assyrie, disciple de Justin et après lui didascale, mais finalement fourvoyé dans l’encratisme. C’est Rhodon, Asiate comme son maître Tatien et adversaire des hérétiques Apelles et Marcion. C’est Hégésippe, juif palestinien converti, qui, par Corinthe, vint à Rome sous le pape Anicet. soucieux de constater la continuité et l’uniformité de la tradition catholique en face de l’hérésie aux cent visages. C’est Abercius Marcellus, cet évêque de Iliérapolis, en Phrygie, qui a admiré, lui aussi, l’unité de la foi à travers le monde chrétien « c’est lui (le divin pasteur), dit son épitaphe, qui m’envoya à Rome contempler la majesté souveraine, et voir une reine aux vêtements d’or et aux chaussures d’or. Je vis là un peuple qui porte un sceau brillant. (Fin du n° siècle. » C’est Irénée lui-même, ce prêtre originaire de la province d’Asie, qui devait devenir évêque de Lyon.

r) Mais les hérétiques sont tout aussi empressés, et d’abord pour recruter des disciples, comme faisaient à l’onvi philosophes et lettrés, mais aussi, semble-t-il. pour faire approuver leur doctrine. Ainsi, vers 140. le gnostique alexandrin Valentin. qui est plusieurs fois excommunié. Ainsi le Syrien Cerdon, disciple de Valentin et précurseur de Marcion. Ainsi Marcion lui-même. ce « loup du Pont », comme l’appelle Tertullien, qui.

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    1. PRIMAUTÉ##


PRIMAUTÉ. LES PREMIERS SUCCESSEURS DE PIERRE’2 7< »

reçu dans le bercail, en est expulsé, lui aussi, en 144, par le pape Pie I, r. Ainsi la doctoresse égyptienne Marcellina, une lumière de la seete carpocratienne. Ainsi Horinus, ce disciple de Valentin, qui réussit à se faire admettre, pour un temps, dans le collège presbytéral, à qui Iréiiée adresse de si vifs reproches et que démasque le pape Victor. Tous ceux-là professent la gnose hétérodoxe ; vers la fin du siècle, voici les fauteurs de l’adoptianisme, avec Théodote le Corroyeur, de Byzance, ou du modalisme, avec Praxéas et Épigone, enfin du montanisme phrygien. Sictor, après Victor Éleuthère et Soter, tous les papes de cette époque défeudroiii l’unité catholique contre ces novateurs. Les montanistes s’efforcent longtemps à circonvenir l’Église romaine alors que chez eux, en Phrygie, ils sont vivement combattus ; en 177. les martyrs de Lj on, du fond de leur prison, adressent en leur la eue. ou tout au moins à leur sujet, une lettre à Éleuthère, alors évêque des Romains, afin <ie procurer la pais des Églises ». Eusèbe, Jli.-l. in !.. |. V, c. nr, n. I. l’n moment, les prophètes du Parade ! croiront avoir gagné un évéque romain (Zéphyrin ? Victor ?), ébranlé par les prétendues approbal ions émanées de ses prédécesseurs. Tertullien, Adn. Prax., 1. P. /… t. ii, col. 154 lr >. r > iq. Mais ce pape, au contraire, condamna la nouvelle prophétie. l’n peu plus tarrl. au temj s du pa]e Calliste, viendra le Syrien Alciblade, qui répand le livre d’Elksaï, lequel se présente comme une révéla I ion datée de la fin du e siècle.

il) Pourquoi de toutes paris se tourne i on ainsi

Vers Rome ? Sans don le, la capitale de le m pire exen e déjà par elle même une 1res réelle al I il a m e. Mais c’est

autre chose encore qui amène a Rome <ie si nombreux chrétiens. l>ès le milieu du n « Biècle, à tout le moins, l’Église de Rome est en possession dune règle de foi. régula ftdei, d’une formule qui s’impose déjà aux autres Églises et qui, en Orient comme en Occident, constituera le fond des divers symboles baptismaux. Elle possède aussi la plus ancienne lisie connue des livres canoniques du Nouveau Testament, puisque le Fragment <lr Muratori (vers 200), dont Harnack a souligné le caractère autoritaire et romain, a vraisemblaiiic ment arrêté le ca i scripturaire a] rès entente a ec

les chrél ienlés d’Asie.

Ce que délient aussi l’Église remaille, c’est la lui de

la prière, ir.r orandi. El c’est pourquoi Polycarpe, évêque de Smyrne, plus qu’octogénaire, se rend. eis 154, auprès du pape Anicei, pour tacher d’arranger avec lui le c on flil pascal, qui métaux prises l’Église romaine et les Églises de la province d’Asie. Rome ne cède pas, Polycarpe ne se laisse pas con aincre, et bien

qu’il ail quitté Rome en lions termes acc Anieet. la

controverse ne tardera pas à s’aggraver ; bientôt, elle menace de provoquer un schisme. Alors, le pape Victor (189 199), pour mel tre fin à cette dissidence, sou m et la question au Jugement des autres Églises, convoquées par lui en conciles régionaux : tous ces conciles, sauf celui d’Éphèse, la métropole asiate, approuvent l’usa ge de Home. En conséquence, Victor somme Polycrate d’Éphèse et les aut res é êques d’Asie de s’j conformer a leur tour, et, comme ils résistent, Victor entreprend

de les exclure de la communion ccclésiasl ique. Alors

Intervient trénée. L’évêque de Lyon est d’accord avec la tradil ion romaine ; il ne conteste pas la juridiction ni le jugement de Victor, mais il l’avcrlil respectueuse

ment et il le supplie de se relâcher dune ligueur sans

doute inopportune. La rupture totale est évitée, et, bien longtemps ayant le concile de Nicée, les Asiates auront abandonné leur usage.

Ce successeur de Pierre, qui d’autorité réunit ainsi en conciles régionaux l’épiscopal tout entier et dispose de la communion catholique à ce point qu’il en exclut tout un groupe important, cet évêque de Rome, dont

les sévéritestamentront finalement une soumission, n’est-il pas le chef de l’Église universelle, investi d’une primauté souveraine ? Eusèbe, Hist. ercl., t. V, c. xxiv, P. « ;., t. xx. col. 193-497. Pour le détail, voir l’art. Pâques, t. xi, col. 1950 sq.

e) C’est ce que proclame saint Irénée. Témoin ou acteur, il a observé les faits et les a confrontés avec le droit. Pourquoi les esprits inquiets OU ambitieux, pourquoi les fidèles, amoureux de l’unité dans la tradition catholique, s’adressent-ils a Rome ? C’esl avec cette Église, nous dit l’évêque de Lyon, a cause de son autorité particulière, que doit être d’accord toute Église,

c’est a dire tous les fidèles qui sont dans l’univers…

et c’est de fait en elle que les fidèles de tous les paj s ont conservé la tradition apostolique : Ad liant rriini (Ecclesiam) propler » iilit>rrm (potentiorem) prineipalitatemneeaseestt mnemeonvenire Ecclesiam, hot esteosgui suni undique fidèles, in qua semper, nl< ln^ qui sant undii /iir. eonservata est ea qust est ub apostolis traditio. < oni. hær., I. III. <. m. n.’_'. P. G., t. vii, col. 846 sq. Nous ne nous attarderons pas ici a discuter de non iaii ce texte ni les innombrables interprétations qui en ont été données ? Voir art. Kl Mil.nui in DI l’.M’i. t. vii. col. 16 ! I im ni i (Saint) t, vu.

col 2431-2438. Bornons nous. brièvement les

( « inclusions qui Intéressent la primante. La Itère autorité que l’évêque de Lyon reconnafl I romaine et qu’il fait remonter, d’ailleurs, par une suecession épiscopale ininterrompue, jusqu’à saint P est bien une prééminence juridique, envisagée tant au

point de vue docl rinal que disciplinaire, une primant » non seulement honorifique, mais effective, unique el

souveraine, ei il v a nécessité morale, logique poui

toutes les 1 élises, le apostoliques, de s’accorder

avei elle. Telle est l’explicite affirmation d’Irénée, de moins en moins contestée par la critique sérieuse

exemple de préjugés, qui ne néglige.nu un colitexti.

ii ni ou vécu.

I) Un contexte, nous en trouvons mi fort clair dans

la ( orrespondance échangée entre le pape Sotei 170) et l’évêque Denys de ( orinthe, L’épftre « le Sotei esl perdue ; mais Eusèbe a « on nu celle de Denys et il nous en cite quelques lignes. C’esl un magnifique i

de l’Église romaine i r son universelle et inépuisable

Ité, et aussi cette significative déclaration Aujourd’hui, nous avons célébré le saint joui du dimanche, pendant lequel nous avons lu votre lettre : nous continuerons à la lire toujours, comme un avei lissemeni, vouOrrcTafai, ainsi que la première, celle « pie Clément nous a adressée. Eusèbe, llpl. i tV, c. xxiii, n. 9 12. Soter a « loue renouvelé le eesti de (binent, et l’accueil fait a ses avertissements <’t

avis est |e même « |ui av ail « I « la il a ci-ux < ! < son prédé

cesseur, et voila leurs unis, a tous deux, conservés el lus par les Corinthiens, il v a plus : Denys confond les auteurs dans une veiu -ration uni « |ue. la lettre de Soter est la deuxième épttrc de l’évêque de Rome, a i i « le Corinthe, comme celle de Clément est la pre

iniiie. Du reste, observe Duchesne, si l’on met a

part les liv res qui portaient en tête, a lori ou à i aison, « les noms d’apôtres, la lettre « b- < lément et le Pasteur d’Hermas il 10 155) sont les seuls ouvrages qui aient ainsi pris place, en certaines Églises d’Orient, soit « tans i « - canon, soii dans s « ’s appendices. Cet honneur extra ordinaire rendu a deux auteurs romains es| (oui a fait digne de remarque. Eglises séparées, Paris.’p. 130. Les nombreux apocryphes qui se reclament de Clément (Clémentines, Canons ecclésiastiques, (’"iistitutions apostoliques, Canons </ « > apôtres I. en nous montrant que l’Orient plaçait volontiers s.i discipline sous le patronage de l’Église « le Home, confirment, à ce

point de vue spécial, le droit de primauté qui « les le îi’siècle, lui était universellement reconnu.

27J

PRIMAUTÉ. LK IIIe SIÈCLE

2 7 2

2° L’Église de Rome au iw siècle et jusqu’à l’avènement < ! < sami Miltiade (199-311). Au début du ii’- siècle, les montanistes liaient, nous l’avons vu. éta Mis à Home, et non sans Influence. Bien vite, du reste, ils se divisèrent, partagés entre leurs deux chefs, Proelus ci Eschines, contrecarrés en outre dans leurs intrigues par le monarchien Praxéas. Condamnés, ils en furent réduits à dresser Église contre Église ; mais vers 202, ils avaient fait une conquête de premier ordre, Tertullien (né entre 150 et 160, i après 240).

1. Tertullien catholique. - Catholique, Tertullien proclame la primauté de Pierre, fondement de l’Église, dépositaire des clefs du royaume des deux, investi de pleins pouvoirs pour lier et délier. De præscripl., xxii, P. L., t. iii, col. 33-36. Entre les Églises apostoliques, à l’enseignement desquelles il faut s’attacher, Rome a une place éminente : « Les Églises apostoliques montrent leurs titres : …Rome, Clément, ordonné par Pierre… Parcourez les Églises apostoliques… L’Italie vous offre Rome, à portée de Carthage môme… Voyez quelle foi Rome a reçue, transmise, partagée avec les Églises d’Afrique ; elle mêle à la Loi et aux prophètes les écrits apostoliques. » De præscript., xxxii, xxxvi, P. L., t. ii, col. 44, 49 sq. Cf. A. d’Alès, La théologie de Tertullien, Paris, 1905, p. 21(i sq.

2. Tertullien m mtaniste.

Montaniste, l’impétueux

Africain ne craint pas de s’affirmer novateur ; sans doute, il écrit encore : Mémento claves (ceeli) hic Diminuai Petro et per eum Ecclesiæ reliquisse. Scorpiace, c. x, P. L., t. ii, col. 142. Bientôt, il constate avec amertume que l’attitude du pape régnant envers les prophètes du Paraclet ruine l’influence de la secte, et il ne le pardonnera pas.. Il continuera, il est vrai, d’affirmer la primauté de Pierre et de citer, à l’appui, le Tu es Petrus. Adv. Marcion., t. IV, c. xi, P. L., t. ri, col. 380 ; Adv. Prax., x -ci, ibid., col. 180, 182 ; De monog., viii, col. 939. La déniera-t-il explicitement à ses successeurs : Prœsumis et ad te deriuare solvendi et alligandi potestatem, id est ad omnem Ecclesiam Pétri propinquam ? Qualis es, euertens alque commuions mmifestam Domini intentionem, personaliter hoc Petro con/crentem ? De pudicitia, xxi, ibid., col. 1024. On le pensera, si l’on admet que le chef ecclésiastique auquel s’en prend ici Tertullien est le pape de Rome. Le pamphlétaire s’en prend à un benedictus papa, auquel il reproche un édit autoritaire, peremptorium. Ironiquement, il cite ou prétend citer le début protocolaire de cet édit : Pontifex maximus, quod est episcopus episcoporum, edicit… Sans doute peut-on enire que de telles formules supposent que Tertullien connaît quelque part un pontife suprême. Mais il est loin d’être prouvé que celui auquel il en a soit précisément l’évêque de Rome, Calliste. Le titre de benedictus papa était d’un usage étendu, qui débordait Rome ; on a pu penser que tout le libelle était dirigé non contre Calliste, mais contre Agrippinus de Carthage, qui était lui aussi « un évêque d’évêques » ; bref, il est impossible, jusqu’à plus ample informé, de chercher dans le célèbre libelle un témoignage décisif en faveur de la primauté romaine. Cf. A. d’Alès, L’édit de Calliste, Paris, 1914 ; G. Bardy, L’édil d’Agrippinus, dans Rev. des sciences relig., 1924, p. 1-25 ; P. Galtier, Le véritable édit de Calliste, dans Rev. d’hist. ceci., t. xxiii, 1927, p. 465-481, et cꝟ. 1928, p.41-51.

3. Calliste et Hippolyte.

Hippolyte de Rome, rigoriste intransigeant, jalousement attaché à la tradition, adversaire personnel de Zéphyrin et de Calliste, accuse l’un et l’autre de compromissions avec l’hérésie et dénonce le deuxième comme coupable d’un renversement de la discipline. Philosophoumcrui, ix, 12. P. G., t. xvi c, col. 3379 sq. De Calliste. d’ailleurs, Hippolyte conteste l’élection et, se dressant en face de lui, il fonde, premier antipape, une communauté schisma I.

tique, sur laquelle il exerce, lui aussi, la juridiction la plus haute, l Je la sa réputation considérable, jusqu’en < n i< ut, et la publication sous son nom de canons et de consl il ut ions, qui ne peuvent être de lui dans leur état présent, mais qui prouvent du moins son influence romaine. Hippolyte, mort martyr, réconcilié avec Église légitime, après avoir sans doute mis tin volontairement a son schisme, demeure un témoin qualifié du droit comme du faitde la primauté romaine, exercée par Calliste et usurpée par lui-même. Les changements disciplinaires qu’Hippolyte avait reprochés à son adversaire comme des abus ne se sont pas limités à Rome, commis seulement par les prêtres et les diacres de cette ville. Hippolyte constate avec indignation qu’ils ont été renouvelés par les évêques, en d’autres Eglises. Voilà ce qui aggrave à ses yeux la responsabilité de Calliste ; mais voilà aussi qui suppose en L’évêque de Rome une juridiction singulière, une autorité etîective, qui ne s’arrête pas aux limites de son Eglise particulière, qui le constitue chef, évêque des évêques et s’étend à toutes les Églises. Voir article Hippolyte, t. vi, col. 2487-2511 ; et A. d’Alès, La théologie de saint Hippolyte, Paris, 1903.

4. Clément d’Alexandrie.

Attiré vers la gnose, c’est-à-dire préoccupé de vie intellectuelle et morale plus que d’ecclésiologie, Clément sait cependant opposer l’Église ancienne, apostolique, traditionnelle, aux sectes nouvelles, qui « violent la vérité et le canon de l’Église ». Strom., vii, 16, P. G., t. ix, col. 545. Dans le Quis dives salvetur, Clément nomme Pierre « l’élu, le choisi, le premier des disciples, pour qui seul, avec lui-même, le Sauveur a payé le tribut », xxi, ibid., col. 625. Et voilà qui semble assez explicite, en faveur tout au moins de la primauté de Pierre.

5. Origène.

Nous trouvons chez lui des assertions sensiblement équivalentes. Simon-Pierre est le « fondement magnifique…, la pierre très solide sur laquelle le Christ a fondé son Église…, In Exod., homil. v, 4, P. G., t. xii, col. 329, contre laquelle ne prévaudront point les portes de l’enfer », In Joa., v, 3, ibid., t. xiv, col. 188 ; il est vraiment le chef du collège apostolique, car le suprême pouvoir des clefs que seul il a reçu constitue en sa faveur une prérogative qui le place au-dessus et à la tête des autres apôtres, qui met entre eux et lui une différence d’excellence, bien qu’avec lui ils partagent le pouvoir de lier et de délier. In Matin., xii, 10-14, 31, ibid., t. xiii, col. 996-1016 et 1180. Et notre exégète ne croit pas se contredire lui-même lorsque, dans la suite du commentaire du Tu es Petrus, il en vient à faire bon marché de ce sens littéral qu’il a si clairement dégagé, pour faire du texte une application morale qui convienne à chaque fidèle, chaque chrétien étant Pierre, une de ces pierres vivantes dont se compose l’Église bâtie par Dieu. Ibid., xii, 11. col. 1000.

Mais le docteur alexandrin ne développe pas son ecclésiologie. Comme son maître Clément et comme Irénée, il proclame l’importance de la tradition apostolique et il énonce le statut hiérarchique de toute communauté chrétienne ; il sait que toutes les Églises forment un corps unique, In Matth., xiii, 2 4. ibid.. t. xiii, col. 1157 ; il n’énonce pas expressément la primauté romaine.

En fait, pourtant, il est loin de la méconnaître ou de l’ignorer. I >ans sa jeunesse, il a visité beaucoup d’Églises, et il se glorifie d’avoir, au temps du pape Zéphyrin, visité celle de Rome, désireux, écrit-il. de voir la très antique Église des Romains ». Eusèbe. Hist. ceci., 1. VI. c. xiv, n. 10. Plus tard, poursuivi par son évêque Démétrius, Origène se voit priver de ses fonctions de didascale et déposer de la prêtrise, en vertu d’une sentence prononcée par les évêques d’Egypte réunis à Alexandrie et communiquée aux évêques de la chrétienté. Ibid., t. VI, c. viii, n. 1. Démétrius obtient des adhésions nombreuses dans l’épiscopat, et surtout, en premier lieu — fait notable et souligné — l’adhésion de Rome. Au témoignage de saint Jérôme, Origène aurait été ainsi condamné par un concile romain. Epist., xiii, I, P. L., t. xxii, col. 447. Pour se justifier, il écrit, à son tour, à la plupart des évoques, au premier rans desquels Eusèbe mentionne le pape Fabien. Hist. eccl., t. VI, c. xxxvi, n. 1. Aussi Harnack observe-t-il que, dans le cas d’Origène, la voix de Rome parait avoir eu une particulière importance. Dans BatifloI, L’Église naissante, X 1, éd., p. 393.

6. Saint Cyprien. Ce pouvoir unique et prépondérant d’une Église occidentale jusqu’en Orient, c’est a cette époque (lin du ir s. et début du en") qu’il commence a être désigné par le terme primatus, usité non pas a Rome d’abord, mai, dans la province d’Afrique. I- :. Caspar, Primatus Pétri, dans Zeitschrifl der Savigny-Stiftung, Lan. AbteiL, t. xvi. ldL’7. p. 253-331, spéc. p. 324 et 330. Ce terme, primalUS, Il.c lit lire l’emploie en parlant du Christ, Col., i, I H, et saint Cj prien le cite expressément : Primogenilus « morluis, ni fteret m omnibus ipse primalum tenens. Testimon., n. t, Hartel, t. i, p. 63. Appliqué a Pierre, primatus, dans la pensée des anciens ailleurs, impliquerait un rapprochement entre le Seigneur.lé-sus et son apôtre, tous deux exerçant la primauté universelle, effecl ivc, le Christ, en son nom propre et de plein droit, Pierre, au nom du Sei une u r ci par délégation. Quoi qu’il eu soit, on peut de ce mot primatus relever quatre exemples incontestés (lie/, saint Cv prien de Caithage. l’n cinquièmi ajoute, tir ; de la seconde i ecensioii du I)/ catholtcæ Ecclesia unitate, c. rv. On sait, en effet, qu’en ce qui loue lie le témoignage de Cj prien en mal 1ère d’ecclésiologie, plus précisément sur la question de la primauté, une double difficulté surgit, > propos du texte isé ci-dessus et en raison de la controverse baptismale. Il ne rent re pas dans le cadre de cette étude de reprendre la discussion dans le détail. Il nous suffira de mettre en évidence ce qui importe ici. Aussi bien, la doctrine de Cyprien sur l’Église qu’il appelle catholique, c’est-à-dire universelle, mais d’abord une et vraie, ne semble pas avoir varié ; tout au plus peut on constater de sa part d’incontestables peser v es sur la pi’i niant é i omame a partir du conflit avec le pape Etienne (255). Pour l’évêque de Carthage, c’est l’autorité épiscopale qui réalise l’imité dans chaque Église locale, et c’est le schisme qui la rompt, en créant une hiérarchie multi pie. C’esl l’unité épiscopale qui fait l’unité de l’Église, m i bien, du reste, autour de chaque cathedra qu’au tour de la chaire de Pierre. Episcopatus unus est, cujus a singulis in soltdum pars tenetur. De unit., v, P. L. I. IV, col. 501. Mais si, à bien des reprises. ( ; prien rappelle l’égalité d’ordre et de dignité, la solidarité organique aussi, qui règne entre les évoques et les domine comme une nécessité intérieure et mystique, il ne se prive pas. pour autant, de souligner, dans la jurldic lion ecclésiastique, les distinctions et les rangs divers. Pour le siège de Carthage, il réclame une autorité réelle de direction sur les eveques africains ; au siège de Pierre, il reconnaît ce même rôle de facteur d’unité ; pratiquement, il recourt à Rome chaque rois qu’il s’agit de prévenir ou de réduire un schisme, qu’il soit africain, romain ou espagnol. Mais quelle Idée précise de la primauté romaine peut on découvrir dans C prien ? Le c. iv du /)< unitate nous fournit un teinoi gnage formel, où nous lisons :

Loquitur Dominus ad Pelrum. Ego t il > i dico, inquit, quia in es Pctrus… Super illum unum ecdlflcal Ecclesiam, ci quamvls npostolis omnibus rosi resurrectionem suam pareil] potestatem trlbual et dicat : Sicut mislt me Pater, et c&o mit lo vos. Acclpite Spiritum sanctum : si eu] us remisniiis pecenta, remittentur illi ; si en] us tenueritls, tenebun tur, tamen ut unitatem manifestaret, uoitatis eiusdem origineni al> uno tacipientem sua auctoritate disposuit. Hoc erant utique et ceteri apostoli quod luil Petrus, pari consoi tio pnediti et honoris et potestatis ; sed exordium ai> unitate prolictscitur, ut Ecclesia Christ ! uni monstretur. De unit., iv.

La deuxième recension, rétablie par J. (Jiapman et défendue brillamment par lui comme portant l’empreinte visible de Cyprien, est, dans sa brièveté, plus catégorique :

Loquitur Dominus ad Petrum : Ego tibl dico —, etc. Et eide m post ic-mii lectioiieiu su. un dicit : Pascc o es nieas. Super iiiiiiin sdilicat ecclesiam 1 1 illi pascend is o es mandat nias. Et quamvls apostolls omnl un parem triauat potestatem, unara tamen catliedram constitutt, ei uoitatis ori inein atque mtlonem su, auctoritate dis <>*ait. Hoc erant utique et ceteri quod luit Petrus, sed primalui l’ « -i r<> d il m. ni una l eclesia et c il i. di.. i lonslretur… (on bien el un.i ecclesia et catiiedra una monstratui. apm iii, / binéd., 1902, p. ±~> i ; cf. A. d’Alés, l" l tologie de saint Cyprien, 1922, p. m ? sep

Il est difficile d’admettre que la rédaction la moins explicite sur la primauté romaine reflète la doctrine d’un adversaire déterminé pendant le conflit sur le

baptême et es hér< tique, il est permis de s’en tenir aux

conclusions de (Jiapman : les deux textes m. lit 1res

probablement l’un et l’autre de 251 el ions deux de la main del’évêque de Carthage, le premier vis.mt le schismecarthaginois, le second, le schisme romain de Novatien. Cf. J. Lebreton, La double édition du « De unitate - de saint Cyprien, dans Rech. réf.,

cm t. 1934, p. 151

En fait, les textes de c.v prien qui reconnaissent a l’Église de Rome une primauté réelle et effective sont

ceux qui directement mit trait a une situation OU a une

personne de cette Église. Quand il s ; pit de défendre l’élection du pape Corneille, Cyprien écrit (fin 251 ou début 252), dans sa lettre à Vntonius : Pactus est autan Cornélius eplscopus de Dei et Christi ejus fudicio… cum Pabiani locus ni est cum locus Pétri il gradus cathedra sacerdotalts vacant. Epist., . B, éd. Bayard, t. ii, p. 136. Et quand les schismatiques de Carthage Intrl guent à Rome pour en obtenu : la communion et lui faire pièce à lui même, il ditare, dans > ! lettre I niiiie (252) : Navigare audent, el ail Pétri cathedram atque ml Ecclesiam principalem unde unilas wacerdotalis exorta est, ab schismalicis et profanis litlerat /rrrr. nrc cogitare eos esse Romanos quorum /, canle laudata est, ad quoi perfidia habere non i ci. i essum. Epist., i ix, il. ibid., p. 183. Ce texte est a

qu’il v a de plus cxpiessjl dans toutel’ceuvre eh’c.v prien sur hsujet qui nous occupe. Il faut se garder de trop demander a des écrits de ce genre ; mais ici la circonstance de’destination explique la vigueur des

ternies, lieux mots cependant de cette phrase’fameuse ont s ii se ile des comment aires en seais divers : principe

lem… exorta es/… Mentionnée au passe, cette origine la est) de l’unité sacerdotale (ou épiscopale) confère a l’Église de Rome une simple priorité chronologl que, « | ii i la rend principalem. Ainsi le veulent certains interprètes de la pensée ehCyprien. Toutefois, il est permis de chercher dans cette épithète de principalem (cf. la principalilatem d’Irénée) un sens plus fort, une priorité permanente de principe’, une priorité’de nat nrc et d’excellence, le verbe au passe. exorta esc’, n’exclu. inl pas une action qui se continue élans le prisent Cf. BatifloI, L’Église naissant, -… p. 11’. » : A. d’Alès, op. m., p. 388 395.

En dépit de ces affirmations, l’évêque de c. tribut ne craignit pas de résister au successeur cle Pierre, dans la controverse baptismale, et il se laissa emporter par l’ardeur de la polémique jusqu’à écrire que Pierre. au contraire d’Etienne, ne s’est pas targué cle s : i lr, primauté, ut dicerei se primatum lenere, et n’a pas prétendu que les nouveaux venus devaient plutôt lui obéir ; qu’il ne méprisa point Paul, mais qu’il se rendit de bonne grâce à la vérité et aux justes raisons que I J aut faisait valoir ». Cyprien veut que son cas à lui soit semblable à celui d’Antioche, qui mit aux prises Pierre et Paul. Epist., lxxi, éd. Bavard, t. ii, p. 258. Il va plus loin et, dans une lettre écrite à Etienne, il revendique pour chaque évèque la pleine autorité dans l’administration de son diocèse : Qua in ce nec nos vim cuiquam facimus ont legem damus, quand » habeat in Ecclesiee administratione voluntatis sua arbitrium liberum unusquisque præposilus, rationem actus sui Domino redditums. Epist., lxxii, 3, ibid., p. 262. On trouve des insinuations tout aussi pénibles et des déclarations plus hardies encore, soit dans d’autres lettres de Cyprien, soit dans les Sententiw episcoporum du concile de 255, dont le proamium porte évidemment sa marque. Bref, il n’existerait pas dans l’Église d’episcopus episcoporum qui ait un droit véritable d’imposer ses décisions à ses collègues.

Il faut donc reconnaître que l’évêque de Cartilage n’a pas une idée claire et complète de la primauté romaine. Catholique, certes, romain aussi, puisqu’il reconnaît l’excellence de la chaire de Pierre, il est d’abord et décidément africain. Subissant encore, sans doute, l’influence de Tertullien, il n’aperçoit pas les conséquences logiques de sa doctrine de l’unité catholique et de la cohésion organique de l’épiscopat universel autour de la chaire de Pierre, pas plus, du reste, qu’il ne « réalise » la portée, non seulement disciplinaire, mais doctrinale, et la tendance schismatique de son attitude intransigeante dans la controverse baptismale. Il reste que, jaloux de l’indépendance épiscopale, Cyprien admet et réclame l’intervention de Rome, le droit d’appel au siège de Pierre, quand il s’agit de mettre fin à un schisme et de sauvegarder l’unité.

7. Les deux Denys.

Dans une question d’ordre proprement dogmatique, nous voyons, vers la même époque (255), l’évêque de Rome intervenir avec autorité. Un disciple d’Origène, Denys, évêque d’Alexandrie, remarquable par sa science et surtout parl’importance de son siège, reçut une lettre de son homonyme, le pape Denys († 268), qui lui reprochait certains écarts de doctrine et lui en demandait compte. Quelque subordinatianisme semble en effet s’être infiltré dans l’enseignement trinitaire de l’évêque, au grand scandale de « certains frères », lesquels, nous raconte saint Athanase, sans avertir Denys, s’étaient rendus à Rome pour le dénoncer. Ainsi, ces Égyptiens n’hésitent pas à en référer au pape ; ils savent que c’est au pape qu’il faut s’adresser. De son côté, le pape Denys accepte le contrôle qui lui est demandé ; il écrit à Denys d’Alexandrie, et ce dernier, à son tour, accepte, sans difficulté, de fournir toutes les explications et rétractations qui sont exigées de lui ; il a appris à connaître le chemin de Rome et il a l’habitude, assure-t-il, d’informer le pape ou de le consulter sur les cas les plus difficiles qui intéressent la doctrine ou la discipline. S. Athanase, De sententia Dioni/sii, xiii et xviii, P. G., t. xxv, col. 461, 500-505 ; cf. Eusèbe, Hist. ceci.., t. VII, c. xxvi, n. 1.

8. Le cas de Paul de Samosate.

Il faut bien admettre que l’autorité suréminente de l’Église romaine s’imposait de plus en plus, en cette fin du m siècle, et non seulement parmi les évêques et les fidèles, mais encore, comme un fait perceptible, jusque dans le monde païen, puisque l’empereur lui-même ne l’ignore pas. Aurélien, appelé à se prononcer, décida que Paul de Samosate, déclaré hérétique et déchu de l’épiscopat, devrait sortir de la maison de l’église et laisser la place a l’évêque légitime. Peut-être, était-ce Paul, jadis puissant et influent aussi dans l’ordre civil, qui

avait osé faire appel à César. Mais César ne s’embarrassa pas dans les intrigues et sut reconnaître et déclarer que le bien en litige devait revenir à ceux qui étaient en communion avec les évêques d’Italie et l’évêque de Rome : à ceux à qui les évêques d’Italie et de la ville de Rome en notifieraient la sentence », TOÛ Sôy^a-roç è7tiaT£ ?.Xoiev. Hist. eccl., t. VII, c. xxx, n. 19, P. G., t. xx, col. 719. Décision très judicieuse, remarque Eusèbe. En somme, la primauté et le prestige du siège de Pierre se sont imposés, en cette année 272, quarante ans avanl Constantin, et àunelointaine Égliseet à un prince au moins indifférent à la foi chrétienne.

Conclusion. - Qu’il nous soit permis de conclure cette série de témoignages fournis par les trois premiers siècles en citant l’éminent historien L. Duchesne :

Ainsi, toutes les Églises du monde entier, depuis l’Arabie, l’Osrhoène, la Cappadoce, jusqu’aux extrémités de l’Occident, sentent en toutes choses, dans la foi, dans la discipline, dans le gouvernement, dans le rituel. dans les œuvres de charité, l’incessante action de l’Église romaine. Elle est partout connue, comme dit saint Irénée, partout présente, partout respectée, partout suivie dans sa direction. En face d’elle, nulle concurrence, nulle rivalité. Personne n’a l’idée de se mettre sur le même pied qu’elle. Plus tard, il y aura des patriarcats et autres primaties locales. C’est à peine si, dans le cours du iiie siècle, on en voit se dessiner les premiers linéaments, plus ou moins vagues. Au-dessus de ces organismes en voie de formation, comme au-dessus de l’ensemble des Églises, s’élève l’Église romaine dans sa majesté souveraine, représentée par ses évêques dont la longue série se rattache aux deux coryphées du chœur apostolique ; qui se sent, qui se dit, qui est considérée par tout le monde comme le centre et l’organe de l’unité. » L. Duchesne. Églises séparées. Paris, 1896, p. 155-156.

IV. L’affermissement de la primauté romaine : de la paix constantinienne à saint Grégoire le Grand (ive -vie siècle).

Quoique la primauté romaine soit fort nettement attestée au cours des trois premiers siècles, c’est surtout à partir du ive qu’elle prend un développement extérieur considérable et rapide. Nous devrons dès lors, pour garder une juste mesure, limiter notre enquête et nous borner, plus que jamais, aux faits et aux textes les plus notables et les plus caractéristiques.

Les persécutions ont pris fin, la vie ecclésiastique peut s’affirmer et s’organiser au grand jour ; mais les hérésies aussi et les schismes vont pouvoir entreprendre la conquête de la liberté. L’empereur est désormais favorable aux chrétiens, il enrichit leurs églises, honore leurs pontifes, estime leur croyance et la partage, apprécie la valeur sociale de leur morale et s’efforce d’en pénétrer le vieux droit romain ; mais, se déclarant « évêque du dehors », il oublie trop souvent que son pouvoir s’arrête au seuil du sanctuaire. Rome bientôt cesse d’être la capitale de l’empire, et César y laisse Pierre, seul chef, avec son prestige inégalable ; mais voici que, dans la nouvelle Rome, des ambitions se dressent, des intrigues se nouent, des schismes s’essaient en face de la chaire de l’Apôtre, en lutte contre sa primauté divine. Conciles, synodes, formulaires de foi. canons et anatlièmes se multiplient, que viennent trop fréquemment fausser ou annuler pratiquement les ingérences du pouvoir civil, que redressent toujours efficacement les appels à Rome, les interventions de la primauté romaine.

1o De saint Miltiade à la mort de saint Léon (311- 461).

Durant cette période qui correspond à peu près à la durée de l’empire constantinien. on peut commodément grouper les faits et les témoignages qui nous intéressent autour des grandes irises, schismes ou hérésies. qui agitèrent l’Église : donatisme, arianisme, schisme

d’Antioche, pélagianlsme, nestorianisme, monophysisme.

1. Le donatisme. En. Il mourait Mensuriu », évoque de Carthage ; Cécilien, son archidiacre, fut élu pour lui succéder ; mais aussitôt les évêques numides, ayant à leur tête Donat, évéque fies Cases-Noires, déclarent l’élection Illégitime, l’ordination invalide Cécilien, selon ses adversaires, avait jadis manqué à ses devoirs d’archidiacre envers les chrétiens emprisonnés et, en outre, il avait été consacré par un évéque tradileur. En conséquence, l’on procéda à une nouvelle élection ; Majorin, un lecteur, est élu et consacré, bientôt remplacé par Douai, surnommé le Grand par son parti. Comme l’évêque de Carthage était, en fait, primai de l’Afrique latine, le schisme s’élendit sur tout le pays : ce fut le plus douloureux déchirement que l’Église eûl encore connu.

La cause fut bientôt déférée a l’évêque de Rome par Constantin, devant qui l’affaire avait d’abord été portée. Le bon droit de Cécilien fui reconnu par le pape Miltiade ni l’il 1), dés l’année 313. L’année soi vante, un concile est convoqué par l’empereur à Arles, où fui confirmée la sentence romaine. Les donatistes

eurent lu ; n appeler à l’empereur, ce fui pour

entendre Constantin donner force de loi aux décisions de Rome et d’Arles. Alors, les sectaires n’eurent plus qu’une ressource : contester la légitimité de ions les pontifes romains depuis Corneille, lapsorum papam, el dresser pari oui en Afrique hiérarchie contre hiérarchie. Et bientôt ils s’efforcent d’avoir un évéque a Rome ;

s’ils se divisent en factions diverses et ennemies.

chac veul avoir son évéque de Home. Salnl Aui u

tin les en raillera : Qui, paucis président Afris, écril 11 d’un de leurs papes, in urbe Roma, Monlensium vel Cutzupitarum vocabulum propagavit. Episi., lui, 2, P. L., t. xxxiii, col. 196. Optai de Milève avait déjà

dit la chose eu termes plus formels. I)< s< liismalr iluna

listai tun, ii, 2 I, P. L., t. xi, col. 947-951 Bq. Avec leurs évêques légitimes, d’ailleurs, les catholiques africains

ont beau Jeu de répondre au prêt eut ions des dissidents : Non Cœctltanus exivit a Majorino aro tuo, sed Mujoriiuis a Cœciliano ; née Cseciltanus recessit a catht dia Pétri vel Cypriani, sed Majorinus. IhnL. r, 10, col. 904.

Mais c’est surtout l<’concile d’rles qui affirme la légitimité et la primauté de l’évêque de Rome, Les cent trois évêques assemblées « les diverses provinces d’Italie, des*, unies. d’Afrique, d’Espagne, de Bretagne, de Dalmatle représentent la plus grande partie de la chrétienté occidentale. Ils se savent reunis, pour la

première fols, par ordre d’un liés pieu empereur ; ils

le reconnaissent dignement : mais ils oui affirmé d’abord le lien de charité qui les unit entre eux, pré

seuls BU concile, el lous ensemble dans l’unité calhn lique, .suivant l’adresse inéine de la Ici Ire Synodale :

Communi copula carilalis et unitale malris Ecclesise catholicæ vinculo inhserentes ml Arelalensium civitatem pitssimi imperaloris voluntate adducti, unie te, gloriosis sime papa, cum mérita reverentta salulamus. Le concile regrette l’absence de Sylvestre : Profecto credimus, quia… severior fuisset sententia prolata, et te pariter nobiscum fudicanle cœtus noster majori lœtitia exultas .sW. Les évêques réunis à Arles n’ont pas cru, du reste, devoir limiter leurs délibérations à la cause donatiste ; ils ont édicté des règles qui pourront s’appliquer aux diverses provinces ; mais ils en réfèrent à l’évêque de Home pour les communiquer à tous : Placuit etiam antea scribi ad te, qui majores diceceses leurs, per te potissimum omnibus insinuari. Dans son eau. I, on décide, en effet, que Pâques sera partout célèbre le même jour et l’on s’en remet au pape du soin de

le signifier à tous, suivant la coutume. On peu ! bien.

sans forcer les termes, voir Ici, de la pari des indices

d’Arles, la reconnaissance d’une juridiction qui, dans la question pascale comme en toute autre, ne se limite pas à l’Italie ou à l’Occident, mais qui s’étend, comme déjà du temps du pape Victor, jusqu’à l’Orient, sur tous les évêques de l’empire constantinien. C’est ce qui ressort aussi du can. 2 : I)r lus qui in quibuscumque locii ordinati fuerinl ministri, in ipsis loris persévèrent. lansi, Concil., t. ii, p. 171 sq. ; Hefele I.eclenq. Ilisl. des conciles, t. i « , p. 2ô5 sq. : cf. Batiffol, L’/ paix constantinienne, p. 287-293 ; les articles Donat, Donai de Carthage, Donatisme, t. iv, col. 1687 sq.

2. L’arianisme. - a) l)ès les origines de l’hérésie arienne, l’évêque de Rome est informé. Episcoput Alexander… ad Silvestrum s. m… significaoit, aide ordinalionem Alhanasii, undecim tum presbytères quant eliam diacones, (puni Arii hæresim sequerentur, te l ski efecisse. Hilaire de Huiliers. Fragm. hist., P. I t. x, col. 684.

Au concile de Nicée (325), I’&|iooocnoc. fui adopté,

parce que, nous dit Athanase, les anciens évêques di

hi grande Home, quelque cent trente ans auparavant,

el ceux de noire ville d’Alexandrie avaient condamna

par écrit ceux qui disent que le I ils est une créai lire el

qu’il n’est pas consubstantiel au Père Epist. >I. ; A/ros, >. 6, P. (, .. t. xxvi, col. 1040. La fol de Nice »

es| |e fol de I’.ome.

li pourtant cen’esl pas le pape Sylvestre qui réunit d’autorité ce premier concile oecuménique ; commet Arles, c’est Constantin qui assemble, protège et d Le pape ne laisse pas d’3 avoir de l’action. Au 1 1 1 elle de Constantinople, celui la même qui entreprit d< condamner hpape Honoriua st a Sylvestn

aussi bien qu’a l’euipel eur. que les l’eres attribuent la

convocation du grand concile deNlcéc. Mansl, Coneil, , t. xi, p. 661. Et l’on peut, aujourd’hui encore, dans la liturgie gréco-slave, relever une louange copieuse « lu pape Sylvestre, le saint problgoumène du saint i île. qui, di In corj phée des saints Pères, a i onflrnu le dogme sacré el qui, en manifestant divinement li saint apôtre Pierre, a conduit au l.hrist la multitude

des ( iiecs. I, i.i, ii, I pain OSlaV. "Il la. dans M.d’l I

gny, Théologien /< Ecclesia, t. ii, Paris. 1928, p.

h i Plus tard, lorsque les nicéens fidèles furent per » cuiés par les euséblens, cens et voulurent en finir av » Athanase et les autres évêques qu’ils avaient réussi., déposer et faire exiler, et Us s’avisèrent, après un long oubli, d’en appeler À Rome. Le pape lui. i informe Athanase et le convoque ; 1 épiscopat d’ÉgypU adresse une synodale a toute la catholicité, spécial ! ment a.iules, évéque de Home. dans laquelle il s. plaint des procédés contraires.lux (.nions employés

par les ariens et leurs amis, quand ils sollicitent l’ing » renée impériale dans le gouvernement des ÉgliSCS

Athanase joint sa protestation a celle de ses colli

et dénonce le d. limer qui menace l’OlthodOXie Le p.ipi

.iules annule les déci ions du concile di ryr, |ustinc,

dans un coin île romain. Mu. et il c 1 1 et l li.in.is..

rappelle la sentence des trois cents Pères d x contre l’arianisme, enfin déclare expressément aux euséblens : Ignorez mois donc la coutume qui veut qu’on nous écrive d’abord et qu’ainsi la Justice soil rendue ici ? - Le fait n’est pas raconté seulement pai Vthanase, Apolog. roui, arian., 21 2. 35, P. G., I. xx. col, 281 288 sq., 308 : il est confirmé par s > les. Hisl, eccL, l I. c. xv, el Sozomène, Hist.eccl., I. III.

I x

C) (.’est le pape.Iules f’encore epu prn nque la i "eu nion du concile de S.irdique (343), OÙ le droit d’appel au siège de Rome est constate comme un fait, en niéini temps qu’il est incorpore au droit. Il est [ncontestabh que le concile de Sardique n’investit pas l’évêque di Home d’un pOUVOir nouveau, puisque l’usage d’en appeler à Rome de la sentence d’un concile provincial

est tenu par le pape Jules, nous venons de le voir, comnie un usage établi. <>n peut même dire que le concile « le Sardique, par esprit de conciliation, dépouille l’évêque de Rome du droit de juger en seconde inst ance, puisque la revision sera exécutée par un concile provincial à la désignation de l’évoque de Rome et choisi dans une province voisine de la province qui a jugé d’abord. Le concile de Sardique relient seulement, pour l’évêque de Rome le droit de prononcer s’il y a lieu a revision : il reconnaît à l’évêque de Rome ce que M. Babul appelle une juridiction de cassation » sur tout l’épiscopat catholique. Batiffol, La paix constantinienne, p. 447-449 ; cf. ibid., p. 444 sq. Hilaire de Poitiers ( f 366) nous rapporte de ce concile de Sardique la lettre s nodale au pape Jules, dans laquelle on lit : Hoc optimum et value congruenlissimum esse videbitur si ad capul, id est ad Pétri aposloli sedem de singulis qui busqué prouinciis Domini re/erant sacerdotes. Fragm. Iiist., ii, 9, P. L., t. x, col. 639. On ne saurait désirer une plus belle expression de la primauté romaine.

Mais, en Orient, tous ceux qui ne sont pas inféodés à l’arianisme pensent de même qu’Hilaire et Athanase. C’est ainsi que Théodoret de Cyr, dans son Histoire ecclésiastique, déclarera que Jules Ier, en évoquant à Home la cause des nicéens déposés, « s’est conformé à la coutume ecclésiastique ». Hist. ceci., t. II, c. iii, P. G., t. lxxxii, col. 996. Et Socrates avait écrit dans le même sens, à propos de l’un des nombreux conciles tenus par les ariens : « …Jules, évêque de Rome, n’y fut pas ; il ne se fit représenter par personne. Or, la règle ecclésiastique défend de décider quoi que ce soit dans l’Église sans le consentement du pontife romain. » Hist. ceci., t. II, c. viii, P. G., t. lxvii, col. 196.

d) Avec le pape Libère (352-366), la papauté, on peut le dire, « est criblée comme le froment ». Nous n’avons pas à apprécier la fermeté du caractère ou de l’orthodoxie de ce pontife, mais nous devons souligner le déploiement extraordinaire d’efforts que mirent en œuvre les eusébiens et leur protecteur Constance II pour amener à leurs vues l’évêque de Rome, en particulier pour le faire souscrire à la condamnation d’Athanase et à la formule homéousienne de Sirmium. « On n’épargna pas Libère, évêque de Rome…, écrit Athanase. On ne fut pas arrêté par la considération que ce trône est apostolique, et que Rome est métropole de la Romania ; et on oublia qu’on avait auparavant, dans des lettres, traité ces hommes d’hommes apostoliques. .. On voyait Libère attaché à la droite foi, ennemi déclaré de l’hérésie arienne, appliqué à détourner d’elle tous ceux qu’elle attirait, et on se disait : « Si nous « gagnons Libère, nous les aurons bientôt tous. L’empereur espère que par Libère il attirera à lui tout le « monde. » Athanase, Hist. arian., 35-37, P. G., t. xxv, col. 733 sq. L’historien païen Ammien Marcellin (vers 330-400), qui, du reste, appelle le pape christianæ religionis autistes, a fort bien discerné le but et la portée de ces intrigues et de ces violences : « Constance, observe-t-il, avait atteint son but par la déposition d’Athanase ; mais il brûlait du désir de voir confirmer cette mesure par l’autorité supérieure qui appartient à l’évêque de la Ville éternelle, auctoritale quoque potiore seternæ Urbis episcopi prmari desiderio nilebatur ardenti. » L. XV, c. vii, éd. Gardthauscn, p. 63. Comment ce païen pouvait-il en venir à parler du siège de Rome en des termes qui rappellent [renée ? Il constatait, sans plus, la primauté, que les hérétiques ou autres dissidents n’ont niée que parce qu’elle se tournait contre eux. C’est ainsi qu’en 366 les semi-ariens et les macédoniens firent une démarche auprès de Libère et lui demandèrent de rentrer dans sa communion. Hefele-Leclercq, Hist. des conc, t. i b, p. 977-978. L’évêque de Rome exigea l’adhésion formelle au sym bole de N’icée ; il fut obéi et il accorda des lettres de réconciliation pour tous les évêques d’Orient. Voir art. Libère, t. tx, col. 631 659.

3. Le schisme d’Antioche. Le schisme mélétien

d’Antioche, l’un des épisodes les plus complexes de la vaste crise arienne, prit son importance de la situation du siège disputé - le deuxième alors de l’Orient — et de sa persistance pendant plus d’un demi-siècle (361415 environ). Nous n’avons pas à le raconter par le détail. Voir l’article MÉLÈCE d’Antioche, t. x. col. 520 sq. Qu’il nous sutlise de noter que les divers partis se réclamaient de Rome : Meletius, Vilalis atque Paulinustibi hæreresedicunt, écrit saint Jérômeau pape Damase. EpisL, xvi, P. L., t. xxii, col. 359. Épiphane, Ambroise, Jérôme, Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse. Basile le Grand, Cyrille de Jérusalem, Jean Chrysostome, prennent parti et agissent auprès du pape ; le concile de Constantinople (381) délègue à Damase trois évêques qui l’informeront de la cause. Jamais la juridiction du siège romain n’a davantage été reconnue et sollicitée.

En ?>1, Hasile s’adresse à Athanase, dont le prestigeest si grand et l’Église si proche, non pas pour demander à l’évêque d’Alexandrie de se constituer juge du conflit ou de le soumettre à un concile, mais pour le supplier d’obtenir l’intervention directe, plus rapide et plus sûre que la procédure canonique, de l’évêque de Rome, Damase Ier. Qu’en espère-t-il donc ? Qu’il examine les atlaires en litige, qu’il les aborde de sa propre autorité, aÙTùv aî>OsvT ? ( aai 7VEpL tô np5.y[iy., et pourvoie par des gens de son choix à la correction des coupables. Epist., lxix, P. G., t. xxxii, col. 432 sq. A Damase lui-même, d’ailleurs, Basile fait les mêmes déclarations : « Tout l’Orient est bouleversé… ; nous n’espérons de remède que de la visite de votre miséricorde ; c’est ainsi que, dans le passé, l’abondance de votre charité a toujours consolé nos Églises… Nous ne demandons là rien d’absolument nouveau, mais au contraire un geste conforme à l’usage. Nous savons, en effet…, que le bienheureux évêque Denys, qui brilla chez vous par la rectitude de sa foi et par les autres vertus, visita par une lettre notre Église de Césaréeet consola nos pères. » Epist., lxx, ibid., col. 433-435. Il y a plus encore peut-être, dans cette autre lettre du même saint Basile à l’évêque de Rome, où il est question de l’évêque Eustathe de Sébaste, qui, déposé par un concile provincial, « trouva cette voie, pour se faire rétablir sur son siège, d’en appeler à votre autorité. Que lui fut-il demandé par Libère, et quel assentiment y donna-t-il, nous l’ignorons ; toujours est-il qu’il revint porteur d’une lettre qui le rétablissait sur son siège ; il la présenta au concile de Tyane et fut rétabli ; à présent qu’il est publiquement déclaré arien, il ne peut être déposé, sauf par l’autorité qui l’a rétabli. » Epist., c.clxiii, ibid., col. 980.

Représentant de l’école alexandrine, Didyme l’Aveugle († 398) appelle saint Pierre le coryphée, xopuçatoç, le chef, Tcpdy.p’.xoç, celui qui occupe le premier rang parmi les apôtres, ô zx -pwTeïa èv toIç àTTocToXoiç eycov. C’est à Pierre que les clefs du royaume ont été confiées, il a reçu le pouvoir de réconcilier les lapsi pénitents ; ce pouvoir tous les autres le reçoivent par lui, y.où ttxvtsç S’.'oeÙTovS. De Trinitate, 1. I. c. xxv ii,

1. U.c. x.xvin. P. G., t. xxxix, col. 408,

417, 6ln. 726. À la même époque saint Épiphane de Salamine († 403) parle avec le même enthousiasme de la pierre solide sur laquelle l’Église est fondée.

Mais c’est surtout Jean Chrysostome, prêtre d’Antioche, mêlé de près au conflit, ensuite évêque de Constant inoplei : - 107). qui est, en cette fin du iv° siècle, l’un des témoins les plus illustres de la primauté romaine. S’cmploya-t-il auprès du pape pour amener avec le Siège apostolique la réconciliation de l’évêque Flavien

qui l’avait ordonné prêtre 1 Sozomène le dit, Hist. eccl., t. VIII, c. iii, mais son affirmation n’est pas absolument garantie. En tout cas, lorsqu’il fut déposé parle concile du Chêne, il en appela aussitôt à Rome ; Halladius, évêque d’Hélénopolis, g’y rendit de sa part, en même temps que quatre évêques porteurs d’une lettre de l’exilé. Ses adversaires, et jusqu’à Théophile, évêque d’Alexandrie, tous les intéressés, s’adressant au pape Innocent l, r (402-417), reconnaissaient ainsi manifestement sa suprême juridiction. Innocent, d’autorité, ordonne qu’un nouveau concile statue sur le cas de Jean et rende la paix à l’Orient. Abandonné de tous, l’archevêque martyr ne trouve plus, devant la mort en exil, d’autre réconfort, d’autre consolation, d’autre sécurité qu’en la fidèle affection du pape Innocent ; et celui-ci, après la mort du saint, accorde ou refuse sa communion aux évêques orientaux selon qu’ils gardent ou rejettent de leurs diptyques le nom de Chrysoslome : peu à peu, c’est la soumission de tous à c* Jugement de Rome, auquel ne se dérobent finale ment ni l’évêque d’Antioche, ni celui d’Alexandrie. Voir art. Jean Chrysostome, t. viii, col, 660-690.

4. Le pélagianisme. a) Après le concile de D108 polis (H5), qui avait innocenté la personne de Pelage,

celui-ci s’empressa d’adresser au pape Innocent les

actes qui lui servaient de caution, tandis que les eve ques d’Afrique, de leur côté, demandaient à Rome, une fois de plus, confirmation des condamnai ions portées

par eux dans leurs conciles de Carthage et de Milève (411, 412 et 41c>). Augustin, en son nom personnel, écrivait dans le nu" me sens. Innocent confirma les décisions des conciles africains et, tout en se réservant de citer à son tribunal Pelage et son disciple Célestius et de réformer, si besoin était, la sentence de I)iospolis, il

condamnai ! la doctrine incriminée. 1 >< h<i< causa duo concilia m issu sunt ad aposlolicam Sedan ; inde etiam rescripta venerunt, causa flniia est, pouvait dire l’évé que d’ilippone, dans un sermon demeuré célèbre. Scrm., t xxxi, 10, P. L., I. xxxviii, col. 734. Sur ces entrefaites, innocent meurt et Zosime M17 418) lui succède. Pelage et Célestius sollicitent leur

réconciliation, parviennent à surprendre la bonne toi

du pape, jusqu’à ce qu’un nouveau concile de Cal

thage (117) ait renouvelé toutes les sentences anté rieures et rappelé à l’évêque de Rome les décisions de son prédécesseur. I.’année suivante, un concile général africain démasque et réproue encore le pélagianisme. Enfin, Zosime publie sa fameuse Tractoria (418), qui condamnai ! définitivement les hérésiarques. Elle lui envoyée partout, nous dit Marins Mercator, et reçut les signatures des Pères ». Dix buii évêques italiens

ayant refusé de la souscrire, ils furent déposes ; parmi

eux se distinguait Julien d’Éclane, Cf. Marius Merca tor, Cemmonitorium, 1, P. L., t. xlviii, col. r>7 sq.. éd. Baluze, p. 138. On sait comment les papes Boniface l, r (418-422) et Célestin I" (422 432) continuèrent contre l’hérésie de Pelage l’exercice « le la suprême juridiction.

b) Mais c’est ici le lieu de citer les nombreux témoi gnages de saint Augustin (354-430) sur la primauté romaine, ou du moins les plus caractéristiques.

L’évêque d’1 lippone ne s’embarrassait pas du cas de Cyprien, qu’on ne manquait pas de lui opposer. Avec un grand sens des nuances, il faisait valoir en sa faveur les circonstances atténuantes. EpisL, xciii, P. /…

t. xxxiil, col. 340. En depil de tous les fauteurs de schisme, Augustin reconnaît le primat iu siè^e romain : lionuimv Ecclesiss in qua semper apostolica cathedra viguit principatus. Epist., m m. ibid., col. i < "> : î. Carde Pierre la primauté s’étend à ses successeurs : Situt enim quædam dicuntur qua ad apostolum Petrum proprie perlinere videantur, nec lumen habent illustrent intellectum, nisi cuni referuntur ad Ecclesiam, cujus ille agnoscitur in figura (/estasse persunam. propter primatum quem in

diseipulis habuit. In ps. cviii, t. xxxvit, col. 1431. Par la communion avec la chaire apostolique on se rattache aux apôtres et l’on est dans la véritable Église. Pour Augustin, d’ailleurs, le témoignage de l’Église d’Occident est à lui seul décisif, parce que c’est en Occident que se trouve le sièse du prince des apôtres : Puto libi ea/ii parlem orbis su/ficere debere, in qua primum apostolorum voluit Dominas gloriosissL <> martgrio conorare. Cui Ecclesia prtesidentem bealum lnnoeenlium si audire voluisses, jam tum periculosam juuentutern luatn pelagianis laqueis exuisses. Contra Julianum pelagianum, I. iv, 13, t. xliv. col. 6 18.

lài conséquence, l’évêque d’ilippone soumet lui-même son ouvrage au pape Boniface, non pour l’instruire, mais pour solliciter sa censure, s’il v a lien : H sec trgo qua… respondeo, ad tuam potissimum dirigere sanctitatem, non tam disrenda quam examinanda, et ubi forsilan aliquid displicuerit emendanda, conslilai. Contra duas tpist. pelag., 1, 1, t. xiiv, col. 549-551.

Mais Augustin, toujours aux écoutes de la tradition

catholique, n’est ici qu’une voix, la plus grande, parmJ le concert des témoins de la primauté. El saint Jérôme (340 120) ne pensait pas différemment sur ce point capital, lui qui écrivait au papeDamase : Egonullum prirnum nisi Christum seguens Beatitudini tum, ni est cathedra Pétri, communione consocior. Super iUam petram adifteatam Ecclesiam scia. EpisL, w, Ad humus., t. xxii coi. 355. Voir art. i <.i stin (Saint), t. i, col. 2413 sq ; Batiffol, Le catholicisme de saint Augustin, Paris, 1920.

â. Lc nestorianisme. (.Miami éclate la crise nesto tienne, le souvenir du grand pape Innocent, protêt leur de Jean Chrysostome Injustement dépose et exile, est encore présent. Nestorius lui même devance a l Ion »

ses adversaires, en délirant sa cause a Ce lest in I’r. À son loin ( 130), et sans tarder, Cv rille d’Alexandrie adresse a

Ce lest in les preuves qui établissent l’hérésie de l’évêque

de Constant i impie. Nous ne v unions pas. écrit ii. nOUS abstenir ouvertement et avec éclat de sa communion

avant d’avoir informé votre piété de ces faits, d., ,

donc nous faire savoir ce qu’il vous en semble et s il

faut demeurer eu communion avec lui ou si personne

ne doit plus communier avec lui. Mais |] est indis|ien sable cpie voire senleliec soit manitest emeii ; signifiée

aux évêques, soit de la Macédoine, soit de tout ro

rient, i Epist., xi. P. (, .. t. i xxv m. col. SI |q. La re ponse de Rome ne se lit LMicre attendre, (destin expédie ipialre lettres. L’une est adressée a Nestorius lui-même, qui est mis en demeure de corriger ses erreurs dans un délai de dix jours et de se rallier a la foi

d’Alexandrie approuvée par Rome ; il devra se son mettre a toutes les conditions qui lui sont imposées,

sous peine de se voir retrancher de la communion de l’Église catholique. La lettre adressée au clergé et au

peuple de Constant mople dénote bien en celui (pu l’écrit la pleine conscience d’une autorité suprême et d’une juridiction immédiate : le pape v casse d’anlo

rite les sentences d’excommunication portées par Nea

toriUS et s v s partisans et fait savoir que, de sa part, investi par lui de pleins pouvoirs, l’évêque d’A’exaa drie terminera cette affaire. Aux évêques d’Antioche. de Jérusalem, de Philippe*, une troisième lettre an nonce la sentence et les mesures portées contre Ne*

torius, liune de eodem Nestorio sciât Sanctitas tua a Nobfc.immo a ctiristu Dru. latam esse sententiam. Enfin, i ( v ri Ile. (. lest m signifie qu’il agir i de par I aulorit ; du siè^e romain et comme rues i/erens et simple exe cuteiir de la sentence papale : Auctoritate igitur teeum nostra Sedis adscita, nostra vice usas, hune exsequeria dislricto vigore sententiam… Jaffé, Regesta, n. ; 17 I. ; 17â. 373, : 1712.

(vrille accomplit sa mission avec célérité, s’en refe rant aux prescriptions Impératives de Célestin. Epist., ’.

wii et xviii. P. (’, ., i. i.wvn, col. 105, 124, Du reste, les évêques orientaux, même favorables à tfesto

lins, le pressent de se soumet lie ; lui même est bien

loin de récuser l’autorité « le l’évêque « le Rome ; il s’en prend à ce qu’il appelle l’apollinarisme de ses adversaires. Lorsque enfin le concile d’Éphèse est réuni ( 131 1, c’est par une adhésion au moins tacite que les Pères, en majorité orientaux, approuvent la déclaration, si formelle en faveur de la primauté romaine, du prêtre Philippe, légat « le (’. « ’lest in :.Vii/// dubium, imo steculis omnibus notum est, quod sanctus beatissimusque Petrus apostoloTUm princeps et caput, fideique columna et Ecclesisz catholiese fundamentum, « / Domino nostro Jesu Christo, Salvatore hum/mi generis ac Redemplore, claves regni aceepit, solvendique ac ligandi peccata potestas ipsi data est : qui ad hoc usque tempus et semper in suis successoribus vivit et judicium exercet. Mansi, ConciL, t. iv, col. 1295. ("était d’ailleurs Cyrille d’Alexandrie qui présidait, en qualité, il le disait du moins, de représentant du pape Célestin. Ibid., col. 1124. En tous les débats, en tous les actes du concile, il était fait état et mention d’abord des lettres et des décisions de l’évêque de Rome, et les dissidents, partisans de Jean d’Antioche, eurent bien soin de ne se point heurter, en tenant leur concile, aux légats de Célestin. En fin de compte, le concile cyrillien ratifiait ou acceptait expressément les prescriptions et sentences de Célestin ; il le lui signifiait en propres termes : Censemus et nos, valida et fuma perdurare quæ defmita fuerunt (rà ùpiauxva) a tua reverentia. Ibid., col. 1329 sq. : P. L., t. t., col. 511-522.

Après le concile, Célestin en poursuit l’exécution, et, lorsque Ncstorius exilé écrira sa justification, loin de récriminer contre l’autorité du siège romain, il essaiera de s’abriter derrière le pape. Dans le Livre d’Héraclide, écrit en 450, il salue avec satisfaction la lutte entreprise déjà par Léon le Grand contre le monpphysisme. Sans doute, ces sentiments sont intéressés ; mais encore peut-on noter que si Ncstorius, qui avait de nombreux partisans, avait cru pouvoir, pour sa défense, utiliser une hostilité réelle ou une opposition quelconque à l’égard de Rome, il eût été aussi intéressé à le faire et il n’y eût pas manqué. Mais la primauté romaine était, malgré tout, acceptée en Orient. Voir Nf.storius, t. x, col. 76-157 ; Éphèse (Concile d’), t. v, col. 137-163.

6. Le monophgsisme. Si, en ce ve siècle tant agité par les controverses christologiques orientales, l’appel à Rome est une procédure unanimement admise dans la chrétienté, rappelée comme un droit et un usage traditionnels par tous les papes, il est, d’autre part, certain que le primat de Pierre et celui de ses succès seurs est explicitement affirmé par les auteurs les plus divers.

a) Arnobe le Jeune (vers 450) écrivait alors :

Ecce apostolo psenitenti succurritur qui est episcoporum episcopus, et major gradus redditur ploranti quam sublatus est denegiinti. Quod ut doceam illud ostendo quod nullus apostolorum iiomen pastoris aceepit. Solus enim Dominus Jésus C.hristus dicebat : » Ego sum pastor bonus. » Hoc ergo nonien sanctum et ipsius nominis potestatem post resurrectionem suam Petro pæriitenti concessit, et negatus aegatori suo banc quam solus babuit tribuit potestatem ; ut non solum récupérasse quod amiserat probaretur, verum etiam et multo amplius psenitendo quam negando perdiderat acquisisse. Comment, in Psalm., ps. cxxxviii, P. L., t. lui, col. 545.

Pierre vit, parle dans son Église. Ibid., col. 548. Comme Moïse dans le désert, mais à travers les siècles. Pierre offre à ceux qui ont soif les eaux salutaires. Ibid., ps. evi, col. 490.

b) Cette doctrine, elle n’était ignorée de personne, pas même en Orient. Dès 448, un archimandrite de

Conslantinople, Eut yeln’-s, qui s’était signalé dans la lutte Contre Ncstorius. écrit an pape Léon I" i I 10 l’.l | une lettre où il accuse de nestoriauisine le patriarche d’Antioche. Bientôt le pape répond : Nos milem cum plenius quorum hoc improbitate fiât poluerimus agnoscere, necetse est, auxiliante Domino, providere. Epist., xx, P. L., t. l.iv, col. 713. Mais Antioche se défend : Eusèbe, évêque de Dorylée, celui-là même qui jadis avait été le premier à dénoncer Ncstorius, découvre l’apollinarisme d’Eutychès, que condamne l’archevêque <c. Constantinople Flavien. Sur-le-champ, l’archimandrite en appelle de la sentence de son évêque au jugement du pontife romain : attaché de cœur, affirme-t-il, a toute la tradition nicéenne, il s’en remet à la décision de l’évêque de Rome. Obsecro, quæ vobis visa fuerit, super /idem proferre sententiam, et nullam deinceps permillere a facliosis contra me calumniam procedere. Inter Leonis epist., xxi, ibid., col. 714-720. De son côté, l’évêque de Constantinople expédie à Rome toutes les pièces du procès. Ibid., xxii, col. 725. Théodose II, par ailleurs, presse Léon de condamner Flavien.

Le pape, qui a reçu tout d’abord les missives de l’archimandrite et de l’empereur, s’étonne du silence de Flavien ; c’était au pape, en effet, en premier lieu, à être informé. Epist., xxiii, ibid., col. 731. Léon demande des explications à l’évêque de Constantinople et, jusqu’à plus ample renseignement, se refuse à ratifier l’excommunication d’Eutychès, justifiant d’ailleurs avec insistance le droit d’appel au siège romain. Epist., xxiii, ibid., col. 733. À Théodose II, il répond dans le même sens. Epist., xxiv, ibid., col. 736.

c) Sur ces entrefaites, l’évêque de Ravenne, Pierre Chrysologue (t vers 450), mis au courant de l’affaire par Eutychès ou ses protecteurs, écrit à l’archimandrite pour l’exhorter à s’en remettre avec confiance au pape, dont il affirme magnifiquement la primauté : ut his quie a bealissimo papa Eomanse civitalis scripta sunt , obedienler allendas : quoniam bealus Petrus, qui in propria sede et vivit et præsidel, præstat quærenlibus fidei vcrilalem. Nos autem, pro studio pacis et fidei, extra consensum Romanæ civitalis episcopi causas fidei audire non possumus. Epist. ad Eulychem, Inter Leonis epist., xxv, ibid., col. 741-743.

Ce que proclame l’évêque de la cité impériale de Ravenne, l’évêque de la nouvelle Rome ne fait nulle difficulté de le reconnaître : dans une seconde lettre au pape, il ne discute pas le droit d’appel dont il sait que s’est servi Eutychès, il s’élève seulement contre les allégations fallacieuses de l’astucieux archimandrite. Commolus igitur, sanctissime pater, ob omnia quæ ausus est, dignare per proprias litteras suffragari quidem deposilioni canonice adversus eurn faclse. Sic enim et qux insurrexit hæresis, et ob cam cxcilatus tumullus facile cessabit. Deo coopérante, per Veslras sacras litleras. — Voilà, certes, qui nous éclaire sur la religion de l’évêque Flavien : pour lui, la seule autorité de Léon, ses décisions personnelles, une lettre de sa main, feront plus et mieux que toutes les autres interventions : la paix sera ainsi rétablie dans toute l’Égiis ?. sans qu’il y ait nécessité de convoquer un nouveau concile œcuménique. Prohibebitur vero et quæ evulgatur fulura esse synodus, ut ne sanctissimæ totius orbis Ecclesisz perlurbentur. Inter Leonis epist., xxvi, ibid.. col. 743 sq. Instruit de la vérité, Léon prescrit les mesures à prendre contre l’hérésiarque. Epist., xxvii. ibid., col. 752.

d) Vienne le Brigandage d’Éphèse, la suprême autorité de l’évêque de Rome n’apparaît que plus incontestée. C’est par fraude, non par opposition ouverte, que Dioscore a pu triompher au concile dont il s’est arrogé la présidence : à Chalcédoine. il sera mis en jugement pour ce fait : sqnodum ausus est facere sine

auctorilate Sedis apostolicæ, quod nunquam hfit, nim quant factum est. Mansi, ConciL, t. vi, col. 582. D ailleurs, du Brigandage d’Éphése, qui devait être solennellement condamné et annulé par le pape, Flav.en c onstantinople, Eusèbe de Dorylée, avaient appelé Home par le légat Hilaire, osant. du droit.qui, en Orient comme en Occident, était répute ordinaire et immémorial. Théodore ! de Cyr avait aussi appelé de la déposition prononcée contre lui a Lphese par parti de Dioscore. Il avait appelé en connaissance de cause, lui qui, dans son Histoire ecclésiastique.raconte comment le pape Jules « conformément a la rège », lit connaître à son tribunal les e^biens calomniateurs d’Atnanase et Athanase injustement dépossède par eux. HisLeccL, LU, ciii, P. C, t. lxxx… col 996. Si nous pouvons, dans sa lettre, faire la part de la rhétorique et de l’intérêt personnel, nous.levons y souligner aussi des phrases comme celle -ci a adresse de l’évêque de Rome : - À vous il appartient d être en tout le premier », Sv>. rcàvra Y*P ; » »"'>’"  ?<"*"’àouérrei… Et surtout Théodoret s’en remet a la sentence suprême et irrévocable du successeur de Pierre. : « J’attends la sentence de votre Siège apostolique. Je prie et je conjure Votre Sainteté de me secourir, moi qui fais appel à son droit et juste Jugement, de m ordonner de courir à vous pour montrer que mon enseignement suit les traces apostoliques ; je veux savoir de vous s’il faut que je me soumette ou non à Unique déposition. C’est votre sentence que j attends vous prononcez que je dois me soumettre, Je me soumettrai et n’importunerai plus personne au monde, m’en remettant à Dieu du dernier mot. » EpisL, CXin, adLeonem, P. C, t. ixxxiii, col. 1314-1317. il..est pas hors de propos que Théodoret, qui fait appel en propres termes a la Juridiction de Home, ri hésite pas a écrire au légat Henalus : Ce 1res samt Siège a la

primauté œcuménique des Églises. EpisL, cxvi, ibid.,

col. 1321 sq.

e) Cependant, Léon veut réunir un conc.le plenur.

et Théodosc H prétend que l’on s’en tienne a celui de Dioscore. Il fallut la mort « le Théodose, ’avènemen de Pulchérie et de Marcien pour que la catholicité pot

tenir de nouvelles assises a ( J.alccdoinc. Chalcédoine, ce fut pour I.éon le Grand, un triomphe personnel. mais ce fut aussi le point culminant de la primauté romaine en Orient (151). Ces empereurs Valentinien et Marcien la reconnaissent solennellement : ruom Sanctttatem, principatum in episcopatu divines flæi possideniem in principio justum credimas alloquendam : qualenus, <>m, u Impio errorc sublato, per celébrandam synodum le auctore maxima pax circa omnes eniscopos catholicæ fldei liai. Inter Leonis eptsL, i xxiii P. L., t. itv, col. 899. Tous attendent et désirent les décisions de Léon, qui, du reste, a donné à ses légats et à l’évêque « le (.onstantinople les Instructions les

plus précises. Ces légats, en l’ait, ont la haute direction

des débats dogmatiques. La lettre doctrinale adressée naguère par le pape a Flavlen est acclamée, tous les Pères s’y rallient et condamnent l’erreur d Eutychès. Dioscore, son audacieux protecteur, esi déposé, tandis que Théodoret de Cyr, malgré la déposition prononcée contre lui. est admis a siéger, sur l’ordre des légats, quia, i restitua ci episcopalum tanctissimus arcluepis copus Léo, d… imperalor sanxii ciii, adesse sacrasyno do. Mansi, op. cit., C vi, col. 590.,

Cette soumission aux droits du pontife romain et a sa souveraine et universelle Juridiction, le concile se l’ait un devoir de l’exprimer catégoriquement dans la lettre synodale qu’il envoie au pape Léon. lu es venu jusqu’à nous, y peul-on lire, tu as été pour tous l’interprète de la voix du bienheureux Pierre… Nous étions là environ cinq cent vingt eveques. que tu conduisais comme la tête conduit les membres… ! >.<" core a été justement condamné…, lui qui dans sa fohe, avait visé celui à qui le Sauveur a confie la garde de la vigne, nous voulons dire Ta Sainteté, et qui avait voulu excommunier celui qui a pour mission d unir le corps de l’Église. Inter Leonis episl.. xcvui, I. L.., col 951-960. À la lettre, les Pères de Chalcédoine ratifiaient leurs déclarations antérieures : « Pierre a parle par Léon. Mansi, ConciL, t. vi, col. 972Bsq.Alalettre, ils professaient la même foi a la primauté du pape que le moine romain, leur contemporain. Arnobe le Jeune U il demeurait cependant un.- ombre au tableau. Depuis quelque trois quarts de siècle peut-être - 1 > avait en Orient un notable parti d’évêques de cour remuant, et peu scrupuleux, qui alTcc.a.en ». par ca eu ambitieux et par jalomie, de ne vénérer dans le siège

r, „n ;, in que.’mi de la Ville éternelle, ant.que… ;, .tresse et pacificatrice des nations. À présent que

Bvzance était devenue (’.onstantinople. ville imper.ale.

et, , ue l’Occident.ugouvernait plus l’Orient, un espoir germail d’équiparer plus ou moins complètement f a nouvelle Rome a l’ancienne. Dès le concle de Constantmople, en 381, un canon, le Svavattfté adopté. qui était ainsi rédigé :. L’évêq^de CoiustanOnopte

a ii, primauté.riionneur ( : i Jïpecoeia TTR "rULTfi) après l’evèque de Home, pane que (.onstantinople est la nouvelle Home. Cf. Hcfele I, elereq o, , ,, .. t 11 „ M s,, . Ce canon n’avait pas reçu 1 assentiment du .j, , —,, . : Jais il avait celui du basileUS. En l, ..ulentl ;, !, ! „ ni semble bien lui emprunter l’expression insolite de sa lettre a Théodose II. pour l’engagera accepte, u. conçue que réclame, contre Dioscore d Alexandrie, Léon, l’évêque d, Home, cui prineipatum sacrrdotil saper omnesumoui ls cainuuT…, facaUalemde , „ !, - et sacerdolibus judicare…, teeandam solemnUatem iliorum… Inter Leonis c, ast., lv, P. L., t- "v. col 859. L’impératrice Galla Pladdla de même, qui témoigne sa vénéraUon pour hSiège apostolque.

ajoute a cette profession.le foi en la primauté du

sie.’c de Pierre une considération qui rejoint la pensée

de Son OIS Valentinien. c’est a savoir que Ion doit bien

cette déférence à la Ville éternelle maîtresse de I univers rMd., col. soi B ; cf. H Batiflol, L’Siège apos tolique, Paris, 1924, p. 523 s,, .

.m, , ! qu.n en soie parmi les…nous dise pllnalres oue le concile de Chalcédoine réaolul de publier..1 en

est un qui semble avoir été minul.eus.-meiit prépare

, , „- l’éplscopat présent ne fit.’..lie difficulté de lad mettre ; a., contraire, il le maintint.-..vers et contre tout H s’agit du fameux 28- canon, ainsi conçu

suivant en toutes choses les décrets des saints 1 , ., reconnaissant hcanon des cent cinquante évoques oui vient.(’être lu (le 3’canon du concUe de Xonstantinople. de 381). nous avons pris les mêmes réso utlons a, , sujet des privilèges de i.. très sainte ÊRlisc de Constantlnople, la nouvelle Rome. Les Pères on.

„, , „, , , ft vec raison au Siège de l’ancienne Rome sec

privilèges, ranc que cite ville était la vdle impériale.

, ..„. [e, „.„„. motiꝟ. les cent cinquante eveques ont

accordé que la nouvelle Rome, honorée (par la résidence ) de l’empereur d du Sénat et Jouissanl des mêmes privilèges que l’ancienne ville Impériale, doll avoir les mêmes avantages dans l’ordre ecclésiastique e, être la seconde après elle. - cf. Hefele Leclercq, op. , .„, , , /> p. 815 sq. On ne pouvait avec plus.1, désinvolture passer sous silence le droit divin constitutif de la primauté romaine : de la chaire de 1erre, prince des apôtres, de Pierre, i qui a parlé par Léon.

u. ce tte tête », dont ils se reconnaissaient naguère

les membres dociles, les l’eres de Chalcédoine ne se soucient plus. Ils bussent, il est vrai, le premier rang au siège de Rome : ils se contentent, pour Constantinople, jusqu’à nouvel ordre, d’une pri.u.tie d honneur seulement sur l’Orient. Mais, a voir sur quels

motif s, renouvelés du canon de.’581, i’s fondent cette hiérarchie et les prérogatives spirituelles du pontife

romain, qu’ils ont pourtant proclamé l’archet êque de toutes les Églises », on comprend l’énergique opposition faite par les légats de Léon à cette nouveauté dangereuse, on peut découvrir, dans ce 28’canon, le

second jalon d’une tradition qui part du concile de 38 I et qui délibérément s’organise pour l’autonomie, pour l’indépendance. Sans doute, Léon eût pu accepter, à la rigueur, cet accroissement d’honneur al l ribué par le concile au siège de Constant inople, mais il a pu lui sembler que c’était porter une atteinte aux préroga tives d’Antioche et d’Alexandrie, et il lui suffisait d’avoir eu raison de Dioscore sur le terrain de la foi et de la discipline. Surtout le pape ne pouvait sanctionner une affirmation explicite aussi grosse de conséquences que celle qui fondait la dignité et la préséance des sièges uniquement sur l’importance civile et politique des cités, la primauté de Rome sur une sorte de concession des « anciens Pères ».

Quoi qu’il en soit et qu’elles qu’aient pu être les intentions cachées des Pères de Chalcédoine, ils demandèrent à Léon de confirmer le 28e canon, comme les autres : « Nous te prions d’honorer de ta confirmation cette décision, et, de même que nous nous sommes pour le bien accordés avec toi, qui es la tête, nous avons confiance que la tête consentira aux enfants ce qui convient. » Inter Leonis episl., xcviii, P. L., t. Liv, col. 960. « Pour prouver que nous n’avons agi ni par partialité en faveur de quelqu’un, ni par esprit d’opposition contre qui que ce soit, nous te faisons connaître toute notre conduite, afin que tu la confirmes et y donnes ton assentiment. » Ibid. ; cf. Hefele-Leclercq, op. cit., t. ii b, p. 837. « Cette lettre synodale du concile de Chalcédoine est évidemment très insinuante. Elle veut présenter le 28e canon de Chalcédoine comme une simple confirmation du 3e canon de Constantinople, et il ne faut pas oublier que les évêques du concile de 381 ont légiféré pour l’Orient sans rien demander au pape Damase, ni collaboration ni confirmation. En 451, au contraire, le 28e canon, voté par le concile, agréé par l’empereur, par le Sénat, par la ville de Constantinople, est tenu en échec par l’opposition des légats du pape Léon, et le concile écrit au pape pour lui demander de le confirmer, on vient de voir en quels termes de déférence envers son autorité, qui est vraiment une souveraineté. Sans Rome, rien ne se fait de ce qui doit se faire pour la foi et pour l’ordre. Le siège de Constantinople attend du Siège apostolique la confirmation de ses droits, en reconnaissance du zèle qu’il a toujours témoigné à Rome pour la cause de la religion et de la concorde. On voudra bien remarquer que cette primauté à laquelle Constantinople rend hommage n’est ici nullement fondée sur la considération du rang historique et politique de la vieille Rome, mais seulement sur le privilège apostolique du siège romain. «  Batiffol, Le Siège apostolique, p. 564-565.

Malgré les conseils de Julien de Cos, dont il fait son légat permanent, malgré les instances de l’empereur Marcien et celles du patriarche Anatole. Léon se refuse absolument à confirmer le 28e canon, qu’il considère comme une œuvre d’ambition personnelle et comme attentatoire aux canons de Nicée. Tout ce qui va là contre est pour lui sans valeur, et, par l’autorité du bienheureux apôtre Pierre, il le casse. Epist., cv, ad Pulcl eriam. P. L., t. liv, col. 997. Au patriarche de Constantinople, Léon répète que le canon allégué de 381 est nul et non avenu pour le Siège apostolique, auquel il n’a jamais été notifié et qui ne connaît que les canons de Nicée, avec la constitution hiérarchique et la division en provinces ecclésiastiques qu’ils ont consacrées, Alexandrie avant le deuxième et Antioehe le troisième

rang, en raison de leurs origines apostoliques. Epist., cm, coi. 1001.

7. Conclusions.

Du donatisme au monophysisme, en passant par la longue et douloureuse crise arienne, la primauté romaine s’est affirmée sans cesse et précisée. Nous en avons une expression particulièrement vigoureuse et claire dans les écrits de saint Léon le Grand lui-même, dont la doctrine a été longuement exposée à l’art. LÉON I tr, t. ix, col. 218-309, auquel le lecteur voudra bien se reporter. En toutes occasions, dans ses sermons comme dans ses lettres. Léon adirme avec assurance et distinction que saint Pierre a la prééminence effective et la souveraine juridiction sur tous les pasteurs dont le Christ est le chef. C’est pourquoi le siège de Pierre est la tête de toutes les Eglises. Telle est la divine origine de ce droit que possède l’évêque de Home, d’examiner et de reviser toutes les causes qui intéressent l’ordre et la concorde ecclésiastiques. A l’exemple de ses prédécesseurs, mais avec plus d’assurance, à coup sûr, Léon délègue aux autres évêques les pouvoirs les plus amples : autant que ses plus grands successeurs, il a pleine conscience d’avoir reçu de Dieu le soin et le principat spirituel de la catholicité tout entière.

Les faits, cependant, sont plus éloquents encore que les paroles. De Miltiade à Léon, nous avons constaté que Rome recevait des appels de toutes les Églises, n’acceptant pas d’ailleurs qu’une cause jugée par elle fût portée devant un autre siège, fût-ce en Orient. Nous voyons ce point de droit observé à l’époque du concile de Chalcédoine, aussi bien qu’à celle du concile d’Arles, et ce ne sont pas les canons 3 e de Constantinople ou 28e de Chalcédoine qui changent rien à ce fait incontestable non plus qu’à ce droit reçu. « En réalité, écrit Batiffol, les soixante-dix ans qui séparent le concile de Constantinople de celui de Chalcédoine sont les années de la courbe remontante du crédit du Siège apostolique en Orient. Les échelons de cette courbe sont aisément reconnaissables. C’est d’abord le recours de saint Jean Chrysostome à Rome et l’action du pape Innocent en réponse à ce recours ; finalement le succès de cette action, en dépit de la résistance de Constantinople, d’Antioche, d’Alexandrie. Vingt-cinq ans après, c’est l’intervention du pape Célestin en Orient par la sentence prononcée à Rome contre Nestorius, et le pape obtenant du concile d’Éphèse, d’abord, puis de l’empereur Théodose II, la condamnation, la déposition, la relégation de Nestorius, en dépit des maladresses de l’évêque d’Alexandrie, Cyrille, qu’il a chargé de tenir sa place, et en dépit de l’obstruction de l’évêque d’Antioche, Jean. Vingt ans plus tard, c’est le concile de Chalcédoine, l’entente de saint Léon, de Flavien, de Constantinople, de l’empereur Marcien. le désaveu du Brigandage d’Éphèse, la condamnation de l’évêque d’Alexandrie, Dioscore : au demeurant, le point culminant de la reconnaissance par l’Orient de la primauté de Rome. Batiffol, Catholicisme et papauté, Paris. 1925, p. 37-38.

En Occident, cette primauté romaine passe dans le droit civil impérial. Valentinien III († 455) écrit dans ses Nouelles :

Cum pitur Sedis apostolicx primatum S. Pétri nieritum, qui princeps est episcopalis coron.e et romanre dignitas civitatis, sacra etiam synodi Firmasset auctoritas ne quid pneter aueto.it item Scdic istius illisïta présume tio altentarc nitatur (tune enim Ecclesiarum pax ubique servabitur, si reelorem suura agnoscat universitasi, et hsec cum hactenus inviolabiliter fucrint custodita, Hilarius Arelitensis, sicut venerabilis viri Leonis, ronmii pap ; v, lideli relitionc comperimus, contumaci ausu illicita quedam priesumenda tentavit, et ideo transalpiuas Ecclesias abominabilis tumultus invasit… Sed lioc illis omnibusque pro le^c sit, quidquid sanxit vel sanxerit apostolicfB Sedis auctoritas, ita ut quisquis episcoporum ad judicium romani antistitis evocatus

venirc ncglexerit, per moderatorem ejusdem provincise adessc coeatur, per omnia servatis quae diVl parentes nostri ronwn.T Ecclesise detulerunt. Novella, 17, P. L., 1. i iv, col. 6 :. 7.

En Orieni de même, au lendemain de Chalcédoine, pour réconcilier le pape Léon et l’évêque de Constantlnople Anatole, inspirateur du canon litigieux, l’empereur Marcicn a promis au pape que l’évêque donnerait foule satisfaction. Léon a insisté auprès de l’empereur, spécifiant qu’il s’agissail pour Anatole de satisfaire aux lois mêmes de l’Église, et l’empereur a décidé Anatole à se soumettre. « Anatoiios enfin a écrit au pape qu’il n’était pour rien dans la rédaction du 2ke canon, que seuls en étaient responsables ses clercs qui l’avaient proposé et les évêques qui l’avaient voté, et que d’ailleurs la confirmation de ions les actes du concile de Chalcédoine était réservée an pape. L’évêque de Consl an1 inople Iflchail le 28’canon comme Bossuel lâchera la Déclaration de 1682, et au pape Léon était laissé le dernier mot. Est-ce là ce que nous appellerons une préséance d’honneur », et quel nom choisir, si l’on ne veut pas entenduparler de primauté ? Cf. Batiflol, Calhollcisn < et papauté, p. 36* 37.

2o De stiini Hilaire ù saint Grégoire le Grand t 161 604). — Après saint Léon le Grand, ce sont encore li s agitations monophysites qui Boni au premier pian des affaires ecclésiastiques orientales. Le clergé byzantin donna bien vite la mesure de sa soumission au basileus, en souscrivant en masse l’encyclique de l’usurpateur Basilisque, en se ralliant ensuite, avec le mime ensemble, à la politique religieuse « le l’empereur Zenon. Mais les pontifes romains ne laissaient pas périmer les droits du siège apostolique.

1, Agitations tnonophysiles ; I’Hénotique <lr Zenon et leforn ulaire d’Hormisdas. Il faut d’abord signaler la lutte énergique menée par le pape Simplicius 1 168 483) contre les sanglantes rébellions « les monophysites de Palestine et d’Alexandrie. Auprès des empereurs, comme auprès des patriarches monophv sites, le pape

ne ménagea ni protestations, ni blâmes, ni excommunications. Mais c’est principalement contre l’Hénotique de Zenon que dut s’exercer l’autorité de l’évêque des évêques. Cet édit, publie en 482, consacrait, pour un temps, l’alliance de Constantlnople avec Alexan drie ; il insistait surtout sur les analliemes de saint Cyrille et, tout en condamnant Eutychès comme Nés torius, en réalité, il abrogeait Implicitement le concile de Chalcédoine. Seuls, Nicée et Constantlnople (381) feraient foi. Bien entendu, il y eut des victimes, qui firent les frais de cet BCCOmmodement impérial. Le

patriarche orthodoxe d’Alexandrie. Jean Talaïa, fut

déposé et bientôt il porta ses réclamai ions à Rome.

Simplicius mourul sm les entrefaites ; Félix in I 183 492) se trouva bicnlôl sollicite, en même temps, pai l’empereur Zenon et le patriarche Acace, de Constan tinople. inspirateur « Ula politique bénoticienne. Le pape était Informé, grâce à la vélocité et au zèle des moines acémètes. Il avait envoyé à Constantlnople deux légats, chargés d’enquêter sur toute l’affaire et

d’enjoindre à Acace de comparaître devant un concile

romain pour s’y Justifier. Malheureusement, Vital el

Misènc, les ivu envoyés du pape, n’avaient pas su résister aux séductions byzantines et avaient coinniu nié ostensiblement avec le patriarche. Félix Ml réunit alors un concile à Home, qui déposa les légats et prononça l’excommunical Ion d’Acace. Dépisl anl la police du basileus, des accinètes curent l’audace de taire connaître la sentence en attachant la lettre papale au pallium d’Acace, durant une cérémonie. Tu es privé de la prêtrise, prononçait Félix, retranché de la communion catholique ; lu n’as plus droit aux fonctions sacerdotales. Telle est la condamnation que l’infligent le jugement du Saint-Esprit et l’autorité apos DICT, DE THÉOL. CATHOL.

tolique dont nous sommes dépositaires. Mansi, o ;, . cit., t. vii, col. 1053-1065. Une autre lettre mettait l’empereur en demeure de rompre avec l’hérésie, une troisième renseignait le peuple et le Clergé. Malgré la trahison de son defensor Tutus, le pape tint bon. ne ménageant ni a Alexandrie ni a Antioche les complices d’Acace.

Acace, au lieu de se soumettre, lit rayer des diptyques le nom de Félix III. rompit toute communion avec Rome et consomma le schisme (484), qui devait durer trente-quatre ans. Félix III réunit de nouveau un concile romain, qui confirma les anatbèmes lancés contre les trois patriarches hérétiques, Acace de Lonstantinople, Lierre le Foulon d’Antioche, et Lierre

Monge d’Alexandrie.

Le pape Gélase I" (492-496) devail continuer la

lutte pour la vérité catholique et l’autorité du premier

A Constantlnople, cependant, il était soutenu

par un groupe de moines acémètes dont l’influence

était assez considérable pour provoquer des InsUl

tions populaires réclamant l’union avec Romi ! pape Anastase II (496-498) invite d’autorité l’empe icur Anast ase a se séparer du schismat ique bui i esseui

d’Acace : mais, comme son prédécesseur, il échoue dans ses teidalives devant la politique fuyant)

Byzantins. Luis c’est a Lomé la compétition de deux rivaux Symmaque et Laurent : c’est seulement avec hpape Hormisdas (514-523) que le Siège apostolique peut intervenir avec vigueur. On a dit, à l’art. Hormis das, ce que fut cette Intervention, d’abord auprès de l’empereur Anastase. puis auprès de son successeui Justin l". Il convient seulement de souligner ici le édé employé par le pape. Il exige de chacun des évêques orientaux non seulement une profession de

foi conforme aux canons de Chalcédoine, mais encore

la condamnation formelle de tous les [auteun

schisme, sans en excepter Acace et ses sm i esseni s.

ii Formulaire d’Hormisdas était l’éclatante affli ination de la primauté du Siège apostolique. On ne peut passer sous silence, j lit-on, la déclaration de

Notre Seigneur.l< sus < ht ist, qui a dit : Tu es

Pierre… ! Cette parole, elle s’est trouvée confirmé efficacement dans la réalité, car c’est parie Siège aposto lique que s’est toujours conservée sans tache la religion catholique. Vienl.dois la condamnation t< > héré tiques Ncstorius. Eutychès, Dioscore et aussi l’ana thème contre Acace et tous les tenant s de l’Hi nolique,

l’adhésion explicite a la lettre doctrinale de Léon, i

Flavlen, enfin une formelle profession <ie roi à la bu préme autorite du pontife romain : …Nous voulons

suivre en toutes choses la communion du Siège BpOS tolique, ou réside l’entière et X I : ii<- solidité de la fol

chrétienne, où la religion B’eat toujours conservée

immaculée ; nous promettons, en conséquence, de retrancher des diptyques (eux qui sont sépares de la communion de l’Église catholique, c’est à-dire ceux qui ne sont pas d’accord avec le Siège apostolique.

Mansi, op. cit., t. VIII, col. It’.T : P. /… t LXIII, col. 160

Les légats ai teignirent leur bui à < onstantinople, en

mars 519 : le patriarche.ban signa le libellui <u pape.

sans faire la remarque que ce n’était pas une lettre

synodale. La sentence fut exécutée ; les noms des tau teins du schisme raves des diptyques séance tenante

Justin ordonna aux autres cvèques de l’empire de si

gnerle formulaire et, le’12 avril 519, ii notifiait au pape

cet le mesure, tandis que le patriarche et d’autres notabilités de Constantlnople écrivaient à Lomé un rapport sur les événements heureux qui venaient de s’v accomplir.

Quelle qu’ait été l’opposition que rencontra le formulaire d’Hormisdas a Antioche et à Alexandrie, il marque une date dans l’histoire de la primant. maine et de ses rapports avec l’Église de Constanti XIII

10.

nople : moins de soixante dix ans après le 28o canon de Chalcédoine, sur la base d’un document qui émanait du pape seul, le patriarche byzantin Taisait entière soumission au Siège apostolique.

2. De.Iran I, r à Pelage II. La paix procurée par rlormisdas ne pouvait se maintenir longtemps, mena cée qu’elle était sans cesse par les ambitions renaissantes des patriarches de la nouvelle Rome et par le cesaro papisme du hasileus.

a) Avec Justinien, l’empire trouva un unificateur et un organisateur remarquable : mais l’Église eut en ce prince un protecteur autoritaire, toujours prêt à se muer en persécuteur.

Dans le conflit de juridiction qui mil aux prises l’Occident et l’Orient, au sujet de l’illyricum, Boniface II (530-532) vit, en 531, le patriarche Épiphane de Constantinople frapper Etienne de Larisse, uniquement, déclarait ce dernier, s pour se poser en maître et juge des Églises de Thessalie ». Etienne eut beau taire appel à Rome et protester que c’est le pape qui est maître directement dans « son Illyricum », ce fut peine perdue ; il fut déposé, avec la connivence de Justinien. Cf. Hefele-Leclercq, op. cit., t. ii b, p. 1117-1119.

b) Bien plus heureux fut le pape Agapet 1er (535-530). Théodora avait réussi à faire élever le monophysite Anthime sur le siège de Constantinople. Amené à la cour par des affaires politiques, Agapet le démasqua et le lit déposer. Mais ce succès devait coûter cher à la papauté. Agapet mourait à Constantinople presque aussitôt, et après le règne éphémère de saint Silvère (536-537), arrêté et exilé par Bélisaire, Théodora obtenait en lin le pape de son choix, Vigile (538-555). Ce n’est pas ici le lieu d’apprécier le rôle doctrinal de ce pape. La controverse des Trois-Chapitres (545-553) lui donna l’occasion de réagir parfois avec courage et clairvoyance contre les abus de pouvoir du basileus qui le tenait à sa merci. Sa primauté n’était pas discutée, mais exploitée au profit de l’orthodoxie impériale. II fut invité à confirmer les canons et anathèmes du Ve concile œcuménique (Constantinople, 553) : ce fut son dernier acte de souveraine juridiction. La pression qu’il subit, en dépit de ses faiblesses, dénonce en lui le chef suprême de l’Église. Il convient aussi de remarquer que le concile, tout en se séparant de lui personnellement, déclara vouloir rester en communion avec le Siège apostolique. Première manifestation précise de la fameuse distinction entre sedes et sedens.

Son successeur, Pelage Ier (555-561), reconnut, lui aussi, le Ve concile, dont l’œcuménicité ne fut d’ailleurs admise que peu à peu en Occident.

c) Malgré tout, le droit du Siège apostolique n’était pas contesté en principe par les Grecs. Jean le Scolastique, qui deviendra en 565 patriarche de Constant inople, donne place aux canons de Sardique dans sa Concordia canonum. En pratique, l’ambition personnelle des patriarches, les ingérences abusives des princes entretiennent une perpétuelle menace de rupture. En 588, Jean le Jeûneur n’hésite pas à s’attribuer le titre de patriarche œcuménique : il occupe le siège de la nouvelle Rome, ville impériale, et le basileus a la prétention, depuis les campagnes de Justinien. d’avoir reconquis toute l’oikouménè… Pelage II (579-590) protesta comme il convenait, affirmant une fois de plus que « le Siège romain est, de par l’institution du Seigneur, la tête de toutes les Églises ». P. £, ., t. lxxii, col. 738.

3. La primante romaine sous saint Grégoire le Grand.

— Il est digne de remarque que les évêques de Home, quant à eux, n’ambitionnaient de porter aucun titre particulier, soucieux seulement de ne se point laisser dépouiller de leurs prérogatives essentielles. Les termes de papa, apostolicus, vicarius Christi, summus pontifex,

sumimis sacerdos, ne leur étaient |ias exclusivement réservés, ils étaient usités pour d’autres évêques. Le litre de sedrs aposlolica était donné a d’autres sièges. Il n’est pas jusqu’au titre de sernus serooram bei, que va adopter Grégoire le Grand, qui ne se trouve déjà dans saint Augustin et ne soit employé par de nombreux évêques. Aussi bien n’est ce nullement par des innovations verbales, non pas même par des initiatives fortement accusées, que ce pape fait figure dans l’histoire de la primauté romaine : c’est par la force même des traditions apostoliques qui en lui s’accumulent et se maintiennent.

a) Grégoire le Grand (590-604) trouvait une situation en apparence paisible, mais de toutes parts minée ou semée d’embûches. En Orient, il sait bien que la soumission au siège de Rome est loin d’être sincère et loyale dans tous les cœurs. Il n’ignore pas que le patriarche Menas a déclaré en plein concile, à Constantinople, en 536 : « Rien de ce qui se fait dans la très sainte Église ne doit se faire sans l’avis et sans l’ordre de l’empereur, et, comme vous savez, nous suivons le Siège apostolique et lui obéissons, sa communion est la nôtre, nous condamnons ceux qu’il condamne. » P. Batiffol, L’empereur Justinien et le Siège apostolique, dans Hech. de se. rel., 1926, p. 193-264. Grégoire sait combien est difficile pour un Oriental la conciliation dé ces deux principes de conduite. Il le sait d’autant mieux qu’il a rempli lui-même à la cour du basileus et auprès du patriarche ces fonctions d’apocrisiaire, qui sont une reconnaissance formelle, de la part de la nouvelle Rome, des prérogatives de la Rome apostolique.

Quand il traite avec les illustres sièges d’Alexandrie et d’x

tioche, il tient à en reconnaître et il en relève les privilèges : saint Pierre a honoré (decorauit) le siège d’Alexandrie en lui donnant comme fondateur son disciple Marc, l’évangéliste ; il a affermi ffirmauit) le siège d’Antioche en y siégeant lui-même durant sept années ; mais il a exalté (sublimaoit) le siège de Rome, qui a été le terme de sa course terrestre et le lieu de sa mort. EpisL, t. VII, xl, P. L., t. lxxvii, col. 882. On n’a voulu voir ici qu’une politique habile, pour s’assurer contre l’ambition du patriarche à prétentions œcuméniques de Constantinople ; on a voulu aussi y découvrir l’aveu d’une égalité de droits, en raison de leurs origines apostoliques, pour les trois grandes Églises d’Alexandrie, d’Antioche et de Rome. C’est faire bon marché des termes employés par Grégoire lui-même pour marquer la dignité de chacune. « L’erreur serait grande de confondre le principatus que I’évêque de Rome a hérité de l’apôtre Pierre et qui lui donne sur l’Église universelle une primauté de sollicitude, de responsabilité, de pouvoir aussi et d’assistance divine, de confondre ce prineipatus avec les droits stricts de métropolitain qu’il exerce sur les évêchés suburbicaires. Le principatus est un secours qui entre en jeu quand on fait appel au pape, et quand le pape juge son intervention opportune, nécessaire : le principatus n’a rien d’une centralisation organisée et imposée. « P. Batiffol, Saint Grégoire le Grand. Paris, 1928, p. 188-189.

Grégoire, d’ailleurs, ne fait pas difficulté de se conformer à l’orrfo sedium établi par Justinien, en confirmation du 28e canon de Chalcédoine, si résolument repoussé par saint Léon et qui donne le premier rang, après Home, au siège de Constantinople. Il en allait tout autrement lorsque Grégoire croyait découvrir dans un titre une usurpation, un empiétement, surtout une atteinte aux droits de la primauté romaine. C’est en recevant les actes d’un concile tenu à Constantinople que Pelage II, eu 588, avait découvert que le patriarche Jean le Jeûneur y était dénommé « patriarche oecuménique ». Pour cette raison, il avait cassé

ces actes, interprétant ce vocable qui remontait sans doute au schisme d’Acace, comme l’expression des Visées de l’évêque de la nouvelle Rome sur une autorité et une primauté universelles à la lettre.

L’affaire n’eut pas (le suite avant la mort de Pelage, mais après l’avènement de Grégoire, deux prêtres, condamnés synodalement à Constantinople, firent appel à Rome. Grégoire réclama les ades du concile qui Us avait jugés et, (levant le peu.l’empressement du patriarche, il parla haut et ferme : Si je vois que l’on n’observe pas les canons au (nom desquels réclame le) Siège apostolique, Dieu me dictera ce que Je dois faire contre ceux qui le méprisent. » Jaffé, Regesta, n. 1270 (août 503). Les gesta sont expédiés, on y constate que le titre de « patriarche œcuménique > est attribué a Jean le Jeûneur. Alors Grégoire proteste, au nom des droits imprescriptibles de son giège, contre ce patriarche « ’lui trouble foute l’Église » par ce « vocable scélérat ». Jaflé, n. 1358, à l’apocrisiaire Sabinianus, 1 «  « juin 595. Dans une lettre à l’empereur, lettre fort digne mais sévère, le pape condamne expressément le litre dont se pare l’évêque de Constantinople et qui est une offense aux lois, aux conciles, aux préceptes du Christ. Saint Pierre, qui pourtant s’est mi confier la sollicitude et le gouvernement de toute l’Église, n’a jamais prétendu être appelé apôtre uni versel.el le patriarche prétend être l’évêque universel. comme s’il était, en définitive, le seul à exercer l’épiscopat. Il faut donc rejeter ce titre comme blasphématoire, parce qu’il accapare pour un seul la dignité de Ions. Jaffé, op. cit., n. 1360, juin 595. Voir ibul., n 1352, dans la lettre à l’impératrice Constant ia, le même reproche à l’adresse du patriarche, de vouloir despectis omnibus… soins appellari episcopia.

Grégoire a conscience de défendre, non pas son honneur personnel, mais la cause de tous leBévêque ». A Jean le Jeûneur lui même, il signifie impérativement d’avoir a renoncer au titre litigieux, surtout aux prélent ions qu’il implique. Car Grégoire ne yeui absolument pas admettre que la querelle soit sans objet, à propos d’une appellalio frivoli nominis. Pour lui, le débal est grave, et il n’hésite pas a déclarer que quiconque prend le titre d’évêque universel, ou désire qu’on le lui donne, est un précurseur « le l’Antéchrist. Jaffé, op. cit., n. 1470, 1476 ; cf. Batiffol, Sain ! Grégoire le Grand, p. 204 sq. il savait la fortune et l’importance des mots dans le monde byzantin ; il savall aussi, pOUVOnS-noUS croire, à quoi s’en tenir sur les tendances , i„ patriarcat. Parfaitement au courant des usages protocolaires, s’il réprouve un titre déjà reçu, (’est qu’il y discerne un danger auquel il a voulu, inutilement du reste, parer par un acte d’autorité.

b) En Occident, Grégoire est aussi ferme pour main tenir intacts les droits du premier siège. Ces évêques de Misène, d’Amalfl, de Naples, le métropolitain de la Dalmatie occidentale, dans l’Illyricum, Natalia de Salone, le patriarche d’Aquilée, et nombre d’autres évêques doivent s’incliner devant une autorité « pu ne veut pas être tracassière, qui tient même à respect elles autonomies provinciales, mais qui ne cède ri.n des principes constitutifs de la hiérarchie. En Espagne, en Caule, en Grande-Bretagne, Grégoire fait sentir son action. Qu’il reçoive des appels, qu’il s’cITorcc de l’aire cesser un schisme, qu’il entreprenne la complète évangélique d’une région encore plongée dans le paganisme, partout et toujours Grégoire se révèle conscient de ses droits et de ses devoirs d’evèque des évêques, en même temps que de serviteur des serviteurs de Dieu. Placé entre le monde byzantin qui descend et le monde barbare qui monte, il fait figure d’arbitre ; entre deux époques, il se présente comme un admirable facteur d’unité, de tradition et de continuité : enfin, il nous présente la papauté, au seuil du Moyen Age. en pleine possession d’une active et bienfaisante primauté spirituelle. Voir l’art. GREGOIRE i.i. GRAND, t. VI, col. 1776 1781.

V. La crise d’adaptation au monde nouveau : de mort de saint Grégoire a celle de Calixte II (viie-xie s.).

Tandis que l’Orient grec ne l’acceptera que de plus en plus difficilement et s’en détachera sous des prétextes sans cesse renaissants, jusqu’à la consommation du schisme, la primauté du pontife romain obtient en décident une reconnaissance chaque jour plus complète. Depuis saint Grégoire, la papauté voit son influence grandir rapidement parmi les peuples nouveaux dont elle se fait l’educat rice. Jusqu’à ce qu’un nouveau césaro papisme contrecarre son action et diminue son prestige.

1° Du i il* nu L’siicU : l’organisation des chrétientés nouvelles. I ne première période nous montre la papauté concentrant ses efforts sur deux points principaux : la transformation de l’Italie sous ii, pou des Lombards et la sauvegarde de l’unité catholique contre le monothélisme ; une deuxième période est dominée par l’ascension politique de la papauté sous l’égide de la nation franque et par la lutte contre l’iconoclasme.

1. Du monothélisme l’iconoclasme. - C’est surtout dans ses démêlés avec l’empire byzantin que le apostolique eut a exercer les droits de sa primauté.

a) il faut arrivera Honorius (625-638) pour se trouve ! en race d’un notable épisode Intéressant le principal spirituel. Ses prédécesseurs Boniface i 8 615) et Boniface V (619-625), continuant l’action apostolique de Grégoire t « en Grande-Bretagne, avaient poursuivi l’organisation de cette jeune chrétienté, le premier, en l’efforçant, en 610, de re-ler !.. question des rites uniques : le second, en instituant l’évêque de Cantorbérj primat d’Angleterre. Honorlus, a son tour, développe l’évangélisatlon de la grande de. En Italie même, il parvient a mettre un terme définit !  ! au schisme d’Aquilée, qui dm.- depuis la querelle de-Cois Chapitres (553). Mais il est moins heureux dan l’affaire du monothélisme. Ce monophysisme mil conçu vraisemblablement par » - patriarche Sergius el accepté par l’empereur liera, lins.1 des fins politiques, rencontra une vive résistance eu Orient de la part du patriarche Sophronlui de Jérusalem. on sait de n que le pape Honorius ne sut pas dis.. nier l’hérésie monothéllte et la condamner. Mais., qui nous Importe, c’est.pie SergiUS, patliar.be.. cillilenique. sollicite encore l’approbation de l’évêque de Home. b) (.outre l’EcthiSt (638), publiée par ll.i.uluis comme loi (le l’État, l’Orient, a son ordinaire, ne n que faiblement : le document Impérial fut adopte en deux conciles de ( onstantinople < mais Les papes Séverin (640) et Jean i (640 642) le condamnèrent courageusement. Théodore i (642 649) poussa plus avant et déposa successivement les patriarches PyrrhUS et Paul. Il de Constantinople. Paul cul beau obtenir de l’empereur Constant il une mltigation du monothélisme officiel parla publication du Type (648), ce nouvel essai de formulaire eut le sort du pie..dent le pape saint Martin i (649 653), au concile du Latran (649), réprouva le moliol helisine sous toutes ses formes et prononça l’anathème contre ses chefs.

Jusqu’à la prison, jusqu’à la déportât ion. jusqu’au mari vie. il demeura inébranlable. Son successeur. Eugène [ « (654-657), garda la même attitude et condamna, à son tour, la synodique du patriarche Pierre. Alors se dela.be la noble ftgUTe de Maxime le I ""tes SeUT Ci 662), qui sut détendre les droits de la primauté et de l’orthodoxie. Dès le moment OÙ le Dieu Verbe est descendu vers nous et s’est incarne, écrit il de Kom. toutes les Églises chrétiennes répandues partout ont reçu et possède comme unique base et fonde

ment (l’Église) très grande qui est ici. Suivant la promesse môme du Sauveur, en effel, elle ne peut être renversée par les portes <le l’enfer ; elle possède les clefs de la foi orthodoxe en lui et de sa confession, et elle ouvre

à tous ceux qui s’approchent avec pieté (les sources) de

la seule et légitime religion, taudis qu’elle ferme et fait

taire toute bouche hérétique, clamant dans les hauteurs l’iniquité. » EpisL, P. (, .. t. xci, col. 137, 140.

c) Honorius avait eu des successeurs qui largement avaient rendu à la papauté son prestige ; saint Agathon (678-081) fut plus heureux encore. Après avoir tenu à Rome un concile préparatoire (070) qui renouvelait les décrets de 649, il rédigea une encyclique dogmatique contre l’erreur monothélite. Elle fut acclamée et adoptée par le VIe concile œcuménique réuni à Constantinople (680-G81), sous la présidence même de l’empereur Constantin Pogonat et confirmée par le successeur d’Agathon, saint Léon II (681-083). lequel s’employa, comme ensuite Benoît II (683-685) à en faire accepter les décrets en Occident (concile de Tolède, 684). Sur tout cela, voir l’art. Honorius Ier.

dj Mais la paix religieuse fut de nouveau troublée et l’unité catholique compromise par une nouvelle initiative impériale, le concile Quinisexte, de 692, convoqué par Justinien II pour s’occuper de discipline.

Parmi les 102 canons qu’il édicta, il en est plusieurs qui trahissent une certaine hostilité contre Rome et l’Occident. Le can. 2, énumérant les sources du droit ecclésiastique, omet à peu près tous les conciles latins et toutes les décrétales des papes. En revanche, il reconnaît tous les canons dits apostoliques, tandis que les cinquante premiers seulement étaient reçus à Rome. Les can. 13 et suivants sont manifestement dirigés contre le célibat ecclésiastique, tel qu’il était dès lors prescrit en Occident. Le can. 55 condamne et interdit l’usage romain de jeûner les samedis de carême. Le can. 67, par compensation sans doute, rend obligatoire l’abstinence, depuis longtemps tombée en désuétude en Occident, du sang des animaux. Mais c’est le can. 36 qui est le plus significatif. Il est ainsi libellé : « Renouvelant les ordonnances des IIe et IVe conciles œcuméniques, nous décidons que le siège de Constantinople jouira des mêmes privilèges que celui de l’ancienne Rome ; qu’il sera estimé autant que celui-ci pour ce qui est des affaires de l’Église, et sera le second après lui. Vient ensuite le siège d’Alexandrie, celui d’Antioche, et enfin celui de Jérusalem. » Hefele-Le ler.q, op. cit., t. iii a, p. 560-581.

Étant donnée la situation reconnue officiellement au pape par la législation byzantine, il était naturel que l’on demandât à celui-ci la confirmation de cet ensemble canonique ; mais le pape Sergius Ier (687-701) refusa de rien ratifier ; Jean VII (705-707) en fit autant, et lorsque, plus tard. Justinien II se prosternera aux pieds du pape Constantin Ier (708-715) et le priera d’approuver enfin les décisions prises en 692, il s’entendra répéter que le Siège apostolique n’acceptera jamais que les seuls canons qui ne sont pas en contradiction avec la vraie foi, les bonnes mœurs et les décrets de Rome. Des concessions furent faites néanmoins par le pape, sur le détail desquelles il est difficile de se prononcer. Voir l’article Quimisf.xte (Concile).

e) Le pontificat de saint Grégoire II marque le point culminant de toute cette période. C’est Grégoire II qui organisa la conquête évangélique et l’établissement ecclésiastique de l’Allemagne, en consacrant saint Boniface évêque pour cette chrétienté partiellement nouvelle (722). Dans la haute Italie, en face des inquiétants progrès des Lombards, il sut m ùntenir les droits du Siège romain ; enfin, il eut le premier affaire à l’hérésie iconoclaste. Léon III l’Isaurien avait imaginé cette épuration du christianisme (726) et il crut avoir tout sauvé en partant en guerre contre les

| saintes Images. Dans un concile romain, le pape condamna la théologie impériale. Avec saint Grégoire III (731-741), on en vint, une fois de plus, a la rupture Cf. Hefele-Leclercq, op. <it.. t. iii l>, p. 670 sq.

I) Pendant ce temps, en Syrie, saint Jean Damascène († 749), le défenseur des saintes images, enseignait que ce n’est point aux empereurs qu’a été donné le pouvoir de lier et de délier, unis aux apôtres et a leurs successeurs. Pour lui, du reste, saint Pierre est le coryphée premier du Nouveau Testament, 6 r/jç vfxç Sia6V)xr, ç Kopu(pai « 5raToç, le digne chef de l’Église inexpugnable, dont il tient le gouvernail, son fondement et son modérateur. Homil. in transfig. Domini, 2, 6, 9, 16, P. G., t. xevi, col. 548. 553, 560, 509.

Cependant, sous l’impulsion du Siège apostolique, les Églises barbares se reconstituaient en Alémanie, en Ravière, en Lombardie et, dans la jeune Église d’Angleterre, saint Bède (’735). faisant écho aux docteurs orientaux, célébrait Pierre, fondement et chef de l’Église universelle, qui vit, parle et agit toujours dans l’évêque d ; Rome. Homil., t. II, 15, P. L., t. xciv, col. 214 sq. : …Primalus Petro datur, ul unitas Ecclesise commendetur.

2. De la querelle des saintes images au schisme de Photius : la papauté et les Francs. — Nous n’avons pas à raconter ici les origines immédiates et la fondation de l’État pontifical. La papauté y trouva une sécurité plus grande et une indépendance relative, dont profita sa primauté spirituelle, surtout pour résister à l’emprise byzantine.

a) En 753, en effet, l’iconoclasme atteignait son apogée : Constantin Copronyme, dans un prétendu concile œcuménique, au palais de Hiéria, faisait condamner le culte des images et anathématiser les iconophiles par 318 Orientaux. Mais les patriarches d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem refusèrent de prendre part à ces palinodies, que Rome avait déjà réprouvées en la personne du pape Zacharie (741-752) et de ses successeurs. Paul I" (757-767) recueillit les moines iconophiles persécutés et Etienne III (768-772), dans un concile du Latran, en 769, renouvela l’anathème contre les iconoclastes.

Parmi les victimes de la tourmente iconoclaste, il faut citer le moine Théodore le Studite († 826), pour qui la papauté est le centre de l’unité de la foi. La primauté de Pierre, selon lui, a passé à ses successeurs, les évêques de Rome. Leur primauté est de droit divin, comme celle du prince des apôtres, 0dx -pwTapyia. 6etoc Tro’-p-svap/tx ; elle est sans appel et sans limite sous le ciel. C’est aux papes qu’il appartient de convoquer et d’approuver les conciles généraux, dont ils détiennent toute l’autorité. C’est par l’Église de Rome, coryphée de toutes les Églises, que l’on peut s’unir à celles-ci et aux patriarches eux-mêmes. Ei>ist., i, 2, passim, dans Salaville, Échos d’Orient, 1914, p. 23-42. Mais, si Théodore est particulièrement représentatif, il n’est pas isolé. Les patriarches byzantins de son temps, saint Taraise et saint Nicéphore, tiennent le même langage que le m une studite, et Nicéphore va jusqu’à déclarer que l’assemblée de 787 « a été on ne peut plus légitime et régulière, parce que, selon les règles divines établies dès l’origine, elle a été dirigée et présidée par cette glorieuse portion de l’Église occidentale, je veux dire par l’Église de l’ancienne Rome »..Xpol., i, P. G., t. c, col. 597. Et, en 700, le martyr saint Etienne le Jeune rejette le concile de Hiéria en ces termes : « Comment appeler œcuménique un concile auquel l’évêque de Rome n’a pas consenti, alors qu’un canon existe pour défendre de régler les affaires ecclésiastiques sans le pape de Roms ? » Vila, P. G., t. c, col. 1144 : cf. .1. Pargoire, L’Église byzantine, Paris, 1905. p. 290 sq. Mais l’hétérodoxie impériale maintenait le schisme par la violence.


b) Une réconciliation, telle quelle, fut réalisée par le II » eoncile de Nicée, VIIe œcuménique (787), provoqué et convoqué par l’impératrice Irène, avec l’approbation du pape Adrien I" (772-795) et en présence de ses légats La question de la vénération des saintes Images y fut traitée à fond ; l’erreur iconoclaste, formellement condamnée ; la doctrine traditionnelle, définie Mais Rome n’avait pas satisfaction sur toute la ligne car le concile édictait aussi 22 canons, dans lesquels’entreprenant de nouveau la réforme de l’Eglise grecque, il insérait la reconnaissance de tous les canons dits apostoliques et une déclarai ion d’œcuménicité touchant les 102 canons du concile Quinisexte. Adrien approuva les décrets dogmatiques, mais dans sa lettre au concile il protesta contre le titre de « patriarche œcuménique » dont se parail encore le patriarche de Constantinople ; il réclama contre les empiétement* et les spoliations dont le siège romain avait eu à soullnr de la part des Byzantins et il répudia purement et simplement les canons disciplinaires contrains aux droits du premier siège. Cf. Hefele Leclercq, op. cit., t. m b, p. 741 sq.

c) En Occident, du reste, la querelle des images i rou va un prolongement. Adrien transmil à Chariema une version, malheureusement défectueuse, des actes du Vil" concile œcuménique. Le prince franc se piouait, lui aussi, de théologie et seplaisail déjà à r< ter l’Église. H répond » par les Libri Carolini, qui prétendaient trouverun juste milieu entre les doctrines Iconoclastes de Hié’riæl les canons de Nice. Charle magne tint donc son concile, en 794, à Francfort, qui réunit l’unanimité « les Pères présents pour rejeter le concile de 787 : il fallut une longue et patiente tance, qui dura un siècle, pour que Rome lit prévaloir les décrets du VIIe concile œcuménique, enfin bien compris, lbid., p. 1061 sq.

il) Charlemagne, évêque du dehors, on le Balt, ne

s’en tint pas là. Ses capil ulaires ne respectent pas

toujours l.s limites de ses pouvoirs, et volontiers il légifère pour l’Église comme pour l’État. Il réunit un grand concile à Aix la-Chapelle (809), où, a l’instar d’un basilcusbyzantin.il taisait défendre et défli doctrine sur la procession du Saint Esprit. Use i que l’orthodoxie était sauve ; Rome approuva. I éon m (7 a. r > 816), dans un concile tenu en 810, con fl rma la définition d’Aix-la < hapelle. Mais, de s., pleine autorité de chef de la catholicité, et pour ne pas irriter davantage les Grecs, que cette expression nouvelle offusquait, il rerusa à l’empereur ( harles d Insé rer le Fitioque dans le Credo romain, lbid., p. 1127 1133.

Charlemagne combattit aussi l’adi ptlanlsme et.sur ce terrain du moins, il demeura en plein accord avec Le

ede Pierre : Adrien [ « , dans une lettre aux é^ espagnols, rappelle que, Pierre étant le chef de l’Eglise, toutes les provinces doivent se conformer au Siège romain ; en conséquence, il réprouve sévèrement les fausses doct rines, en particulier l’adoptianisme. qui se répand en Espagne, comme aussi toutes les pratiques contraires aux usages romains (785). En 798, de cert, Léon lll et Charlemagne réunissent à Rome el , ix -la-( hapelle deux conciles qui condamnent I hé résie espagnole. Mais c’est le pape qui a le dernier mol : c’est fondé sur sou autorité suprême que le concile Impérial condamne et définit ; la primauté romaine ne laisse point prescrire ses droits.

c) Néanmoins, il faut l’avouer, Charlemagne réussit trop souvent à maintenir la papauté dans un rôle secondaire en s’ingérant plus que de raison dans le gouvernement ecclésiastique. De son vivant, à vrai dire, la discipline se maintint, et les abus les plus criants furent dépistes et réprimés ; après lui, les

comtes et les ducs, reprenant des usages antérieurs, se

remirent à disposer à leur fantaisie des offices et des bénéfices. Le pouvoir des métropolitains, par suite de l’indignité trop fréquente ou de l’insuffisance des évêques en raison aussi de l’influence de plus en plus prépondérante de l’Église, grandit et s’amplifia outre mesure. La papauté dut intervenir, pour prévenir, contre les ambitions laïques ou cléricales, 1 établissement d’Églises nationales autonomes ou de patriarcats trop puissants.

De cette lutte, on peut signaler des épisodes multiples. Les plus typiques sont ceux que fournit l’histoire d’Hincmar, archevêque de Reims († 882), le plus habile le plus Influent et le plus savant des prélats francs de son temps. En 861, il dépose Rothade, évoque de Soissons. Celui-ci, fort des canons de S dime, en appelle au pape ; Htacmar soutient ou ayant

acce pté d’être jugé par des évêques de son choix, Rothade a renoncé lui même a son appel. Cependant,

Nicolas I" (858 867) reçoit l’appel ; il aura le dernier

moVel Rothade sera rétabli sur son voir

l’art. Nicolas I", t. M, col. 516 sq. Adrien H 872) fut moins heureux, il est vrai, contre I archevêqûede Reims, dans l’affaire de la déposition de son neveu, Hincmar le Jeune, évêque de Laon ; mais harles le Chauve fut pour l’oncle un allié pulï (uj(1, „ recoursà Rome. Hincmar de Rehns,

pointant, savait reconnaître la primante romaine ; mal » il la concevait à la façon des canons de Sardlque,

puisque, selon lui. le pape pouvait non pas JU

, d’une province voisli

causequl lui et I.pulsqui

sions du p ;, |, e n’étaient valides que si elles concordaient avec Us anciens eau. iii, s conciliaires. Pour lui.

Si les lires sont suspects, ! de peu d’autorfté. I appel

. juridiction plus consldérabh si les luges sont de choix, si l’accusation est manifi n est complètement inadmissible. À Dieu mi écrii, i ;, Nicolas l « , que mais fassions s, peu d< des privilèges -lu saint Siège et de son pontife que de rebattre vos oreilles des controverses et diffi portants o„ non dont les canons du concil. tes assemb I que les i

du pape h » d et autres pontifes de

romaine, ont confie la solution aux synodes provinciaux et aux métropolitains, si. par hae ""’s canons ne nous fournissaient pas de lumières dans une cause Intércssanl un évêque et que, par suite, i affalre ne pût être décidée dans un concile provincial ou comprovincial, nous aurions recou] de Dieu,

e’esl, dire au Saint Slègl I Ité pBT l’évêque Amolli

d’Orléans au concile de Saint Basle, P. L., t. i xxxix, col. 318… „

1e CBS des.1. elie équ. s île ItaVeline et « le M’'Il

orouve que le danger était un peu partout le même „„„ l’autorité de !.. papauté en (Veulent. Sans une reuse, les métropolitains seraient vite devenus entièrement autonomes. À Ravenne. I archevêque .han. malgré l’appui de l’empereur Louis II,

dut Plier sous la forte main de saint Nicolas I

Milan Vnspcrt brava jusqu’au bout (882) les senti de déposition i I d’i xcommunication, laissant

Successeur l’honneur d’une soumission totale.

n i -Église cependant, avait une législation ca nique : I harlemagne, en 774, avait reçu du pape Adrien [ « l’ancienne eoileetioi.de Denys le Petit, qu.1 promulgua solennellement à Aix-la-Chapelle, en 802, e’esl la Dyonisio-Hadriana. À partir du ix’siècle circulent aussi la Collectio Hispana ou Isidoriana, attribuée’. saint Isidore de Sévllle, et la Dacheriana. I es capitulaires authentiques de Charlemagne, de Louis le Débonnaire et de I.othaire furent. d’autre part, réunis en recueil, vers 827, par l’abbé M. seu.se. C’est sur ces matériaux divers que travaillent, entre 845 et 8.5, les 299

PHI. MA UTÉ. LE SIÈCLE DE FER

too

faussaires qui, après avoir mis eu circulai ion les Capitula Angilramni et les Capitula du pseudo-Benoît le

Lévite, lancent enfin, SOUS le nom d’Isidore Mcrcator, les Fausses décrétâtes. Sur l’origine exacte et la teneur de ces Taux grossiers, nous n’avons pas à insister. Voir l’art. Décrétâmes (Fausses), t. iv, col. 212-222, et cf. P. Fournier et G. Le Bras, Histoire des collections canoniques en Occident, t. i. 1931, p. 126-233. Retenons seulement que la dernière en date de ces falsifications encadre les canons des anciens conciles dans une double série de décrets pontificaux habilement falsifiés ou antidatés, souvent fabriqués de toutes pièces. Bien que son intention immédiate soit surtout d’affranchir l’Église des empiétements dont elle est la victime. l’auteur n’a pas laissé, en lin de compte, de renforcer, pour la protection des simples évêques, trop menacés à son gré par les métropolitains, le pouvoir de la papauté : les causes majeures des évêques ressortissent exclusivement au pape, même en première instance, alors qu’elles n’étaient jugées par lui d’ordinaire qu’en instance dernière et suprême ; les décrets des conciles provinciaux ne deviennent exécutoires qu’après l’approbation du Saint-Siège. Ces innovations partielles avaient beau être dans l’air, elles rencontrèrent des oppositions décidées. En définitive, le pseudo-Isidore a favorisé le développement du droit canonique et supprimé bien des conflits, mais il n’a ni suscité ce développement ni été seul à le promouvoir : les Fausses décrétales étaient, pour une part, conformes aux idées du temps. Presque aussitôt, Rothade de Soissons et Hincmar de Laon les utilisent. Quant au pape Nicolas I er, il est certain, d’une part, que son secrétaire Anastase en a tiré parti, et il n’est pas invraisemblable qu’il en ait fait personnellement usage. De son action immense et profonde, il faut pourtant chercher ailleurs la cause et l’explication. Avec une autorité et une sévérité jusque-là peut-être inouïes dans un pape et qui se manifestent antérieurement à l’apparition des faux isidoriens, il veille à ce que tous travaillent à instaurer ici-bas la paix et le règne du Père céleste, et il surveille l’œuvre et la conduite des rois : il n’hésite pas à excommunier Lothaire II, pour défendre les lois du mariage, pas plus qu’il n’hésite à excommunier Photius. Voir l’art. Nicolas I er, t. xi, col. 506-526.

g) C’est, en effet, sous le règne de ce grand pape que Constantinople vit éclater le schisme de Photius, frappé de l’excommunication romaine, en 863. Mais Photius est audacieux : en 867, dans un pseudo-concile, il fait anathématiser et déposer Nicolas. Il est immensément savant aussi : il donne à son schisme des bases théologiques subtiles et tenaces. L’addition du Filioque au symbole lui fournit un thème qu’il exploite à fond, comme il exploite les canons du Quinisexte et du Nicsenum secundum. Photius écarté pour un temps, le VIIIe concile œcuménique célébré à Constantinople en 869 fait l’union, sans supprimer les germes schismatiques : car les Grecs s’empressèrent de susciter un nouveau conflit à propos du rattachement des Bulgares au patriarcat byzantin. Photius profitera des froissements que cause à Rome l’attitude du patriarche Ignace et obtiendra finalement de Jean VIII une reconnaissance qui semble bien avoir été définitive. S’il est une seconde fois déposé, c’est d’ordre de l’empereur Léon VI, et Rome paraît s’être émue de cette déposition autant que de celle d’Ignace. Il n’en reste pas moins que l’attitude de Photius aura sur l’évolution ultérieure de l’Église grecque de graves conséquences. Voir l’art. Photius, t. XII, col. 1536-Kiiil. et ci-dessous, l’article suivant.

Il) Pendant ce lemps, les théologiens de l’Occident, alertés en 867 par le pape Nicolas I, r, répètent avec Ratramne de Corbie (t après 868) : Cernimus omnino romani pontifteis auctoritatem super cunctas Ecclesias

c.liristi præeminere, ut omnes episcopi illum habeanl caput, et ail ejus judicium pendeat quidquid in ecclesias ticts negoliis disponitur ; ut ex ejus arbilrio vel maneat constitution, vel corrigatur erratum, net sanciatur quodcumque færit innovandum. Contra Grsecorum opposila, I. IV, c. viii, P. L., t. cxxr, col. 336.

2° Lu primauté romaine et la féodalité (xe et xr s.).

— Ce qui caractérise cette époque, c’est, après les lamentables abaissements de la papauté au début du x c siècle, le souci qu’elle témoigne ensuite d’appuyer son autorité suprême sur une organisation canonique de plus en plus précise, capable de résister aux empiétements du flroit féodal. Il v a pour la papauté de terribles heures à vivre : c’est le siècle de fer, la tyrannie des Othons, la querelle des Investitures ; néanmoins, le preslige du principal spirituel va s’accroissant, du moins en Occident, comme l’attestent les déclarations de soumission et de fidélité de nombreux conciles provinciaux.

1. Un fait, entre autre, est révélateur. En 991, Arnoul, un bâtard carolingien, archevêque de Reims par la grâce de Hugues Capet, qui a pensé se l’attacher, trahit le roi au profit de son oncle Charles de Lorraine, prétendant à la couronne de France. Hugues est maître de la situation et veut punir Arnoul : le crime de trahison est manifeste : mais c’est là une de ces causes majeures où un évêque, en vertu du droit des Fausses décrétales, n’est justiciable que du pape. Hugues le sait, mais il n’ignore pas que le pape est favorable au roi de Germanie, dont le joug pèse au Capétien. Il est décidé qu’Arnoul sera jugé par-devant un i concile des Gaules » : ce fut le concile de Saint-Hasle de Verzy, qui se tint les 17 et 18 juin 991, non sans que l’on eût demandé à Jean XV (985-996) son aide et son approbation, mais sans que l’on eût reçu la réponse de Rome. L’accusé, du reste, finit par tout avouer : la question de fait ne se posait pas. Mais, en droit, il s’agissait de savoir si un évêque pouvait être ainsi jugé et déposé au concile provincial ou s’il devait nécessairement être traduit devant un synode romain ou devant un concile présidé par les représentants du Siège apostolique.

Arnoul, évêque d’Orléans, fait devant les Pères de Verzy le plus sombre tableau de la Rome pontificale et dresse un violent réquisitoire contre les papes misérables qui s’y sont succédé ; il invoque expressément l’autorité et les maximes du grand Hincmar, comme aussi les canons des antiques conciles africains. Il veut évidemment que l’on en finisse en écartant le recours au pape, pratiquement impossible. Gerbert, le futur Sylvestre II, qui nous livre le détail de tous ces débat s, nous laisse entendre qu’Arnoul d’Orléans a de nombreux partisans, et lui-même se range à son avis : nous avons là une démonstration collective, la première, peut-être, d’un gallicanisme qui se cherche. L’assemblée pourtant, n’est pas insensible aux arguments contraires d’Abbon de Fleury (f loi il), qui, ens’appuyanl sur dix-huit fausses décrétales. soutient les droits du Saint-Siège ; et il faut, pour hâter la conclusion, une intervention royale. Arnoul de Reims est déposé et emprisonné. Gerbert élu en ses lieu et place au sièye de Reims (21 juin 991). Texte des Acta dans P. L., t. cxxxix, col. 287-338. Mais Jean XV a répondu : il prétend réviser la cause jugée, et. à cet effet, s’ouvre le concile de Mouzon (995). Les évêques français, sur interdiction royale, n’y assistent pas. sauf Gerbert. Malgré les efforts de ce dernier, on casse les actes de Verzy, et le siège de Reims est rendu à l’archevêque dépossédé. L’année suivante (996), Grégoire V (996999) tient en présence d’Othon III un concile à Saint-Pierre : il y déclare que, lors de la déposition de i l’archevêque Arnoul. les évêques français ont mis en péril l’autorité du pape et l’unité de l’Église. Et. démontrant que la primauté de Pierre est malgré tout assez forte pour n’affirmer, le pontife publie un décret aux tenues duquel Arnoul est rétabli sur le siège de Reims. Hugues Capel mort (996), Robert le Pieux essaya de s’entendre a ce Grégoire V et lui en o ; i Alilion de Fleury. Arnoul réintégré, il fut convenu que les évéques compromis dans sa déposition se rendraient bu concile de Pavie (997). Ils se contentèrent de s’j faire représenter par un laïque. Les sanction"- ne se firent pas attendre : Ils furent suspendus de Nuis fonctions épiscopales. Quanl à Robert, roi de France, avant épousé, au mépris de la défense apostolique, une de ses parentes, il devra donner satisfaction, nm joinictneni avec les évéques qui ont approuvé cette union Incestueuse. Jaffé, Regesta, posl n. 3875. Un peu plus tard (998 ou 999), tandis que Gerberi est devenu archevêque de Ravenne, le roi Robert esi de nouveau mis en demeure, par un concile romain, de quitter sa femme Berthe, parce qu’elle esi sa parente, el di sous menace d’anathème, sept ans de pénitence. <>n sait comment Gerbert, devenu le pape Sylvestre il. inaugura son pontifical en rendant à Vrnoul de Reims ses droits archiépiscopaux, quia ejus abdicalic romano assrnsii carueril. Ibid., n. 3908.

2. Cependant, el malgré celle persistance de la primauté romaine, une crise d’adaptation au monde féodal est discernable, que dénonçait à Saint I l’évêque Arnoul d’Orléans.

o misère d’un temps qui nous pi i < du patronage d’une si

grande Eglise ! s’écriait 11. Dans quelle ville dés laia trou

ver un refuge, quand on voit la souveraine des nations privée de tout secours humain et divin ? il faut le dire tout haut, le confesser ouvertement : à lu chute de l’empire, Rome a perdu l’Eglise d’Alexandrie, laissé échappe ! tatioche, sans parler de l’Afrique et de l’Asie. Voici que l’Europe elle même se retire d’elle. L’Église de Constantinople se dérobe, en effet ; le « ouide l’Espagne ne reconnaît plus sis lois, C’est cette séparation, dont parle l’tpotre, nonseuii ment di s nations, mais des i glises. il Thess., ii, 2. 3. t’approi l’Antéchrist semble Imminente puisque ses suppôts onl occupé les (mules et nous accablent du pouls de leurs roi ces… il d< icni claii qu’après l’ébranlement de la puissance de r. m ne ci lu défaite de larelli ion le nom de Dieu est Impunément déshonoré par les pai |ures. I’observance mi me des lois de l’Eglise est dédaignée des prêtres les plus haut placés. Home elle nu me. déjà presque réduite o la solitude, --es, parc d’elle même en ne veillant ni a sou pu. pie salut ni o celui des autres… P. L, , t. cxxxix, col. : tii<>.

Néanmoins, ils soni nombreux encore, el Burtout, parmi les grands moines de ce temps, ceux « pii professent, avec Alilion de Fleury, que l’Église romaine, semblable au porte clefs <y< royaume céleste qui a la primauté sur le collège apostolique, a le privilège de donner la vie à toutes les Églises qui soni connue ses membres dispersés dans les quatre parties de l’univers, en sorte que celui qui s’oppose à l’Église romaine s, sépare de ses membres et ent re dans le corps des adver saircs du (hrist.

Ainsi, la tradition demeure, el aussi le presl Ige même de l’apôtre Pierre, qui soutient celui de la papauté : les pèlerinages le prouvent, qui culminent tant de dé ts chrétiens à Rome, au travers des guerres partout allumées et de l’universel désordre. I es évéques surioui tiennent à visiter le tombeau de l’Apôtre et, au moins pour les métropolitains, la coutume du vo ; adlimina tend à devenir la règle. Enfin, les moines, -t surtoul les ordres réformés, religieux de Clunj. camal dules et plus tard cisl creiens, de même qu’ils loin nissent à la referme de l’Église ses champions les plus nombreux et les plus intrépides, constituent pour la primauté romaine le plus conslant et le plus actif service « le propagande et de liaison.

3. lui revanche, dès le début du V siècle, les rap ports se tendent de nouveau entre Moine et Constantinople. C’est d’abord l’affaire du quatrième mariage de Léon le Philosophe, dans laquelle s’affrontent le patriarche Nicolas le Mystique et le pape Sergius III (90 i -91 1 1. ou plutôt ileux disciplines canoniques divergentes.

Ln 1021, la tentative de Basile II pour arracher au pape.Jean XIX 1 102 1-1033) la reconnaissance du fit ride patriarche oecuménique au profit de l’évêque de Constantinople ravivèrent l’hostilité cuire Latins et Grecs. Dans le monde occidental, dans le monde clunisien surtout, l’indignation fut énorme et se traduisit par la vigoureuse remontrance de l’abbé Guillaume de

Dijon. Le pape ne céda pas : les griefs s’accumulèrent envenimèrent au point que l’on osa parla trancher des diptyques d< m de l’évêque de Rome.

La rupture définitive fut consommée par le patriarche Michel Cérulaire. En il ec i « - métropolitain de Bulgarie et seconde, dans sa polémique. par le Studite Nlcétas Pectoratos, il renouvela contre les Latins toutes les accusations de Photius, réprouvant comme autant d’hérésies toutes les coutumes oc « (dentales qui s’écartent des u nient Constantin Monomaque r « .i ; i i il i

i l’union. Le 16 julllel 1054, le cardinal Humberi el les légats de s ; iint Léon i (morl depuis quelques moisi déposaient sur l’autel de Sainte Sophie nn bulle

sole n ne Ile d’cxcommiinii al ion. tandis que ( i

les patriarches orientaux excommuniaient i leur tour les Lai ins et le pap était fait de la prin

romaine en < trient.

t. En Occident, la réforme entreprise des le milieu

dll siècle et milice si i :. ll-elilcllt. d’.ilu.r.l

l’impulsion d’Hildebrand, ensuite sous s.i direction, quand il de> Inl < In goire VII (10 te n

forme générale de i i. lise contribue à rendre a la primauté pontificale tout son prestige. Rome, du i o. cesse d’intervenir, chaque fois que le dogme ou la morale sont en |eu, aussi bien contre l’iu m sie i" n rienne que contre la simonie, l’investiture lalqui nicolalsme (incontinence des < len - I, I bique fois.nissi que les Intérêts supérieui s de la ch

ussi bien pour répandre la paix et la 1 1 "’Dieu que pour promouvoir les croisadi

Les collections canoniques ne cessent de se multiplier, qui toutes ou presque toutes maintiennent et amplifient les prérogatives du Si< i apostoliqui tons la collection du cardinal Deusdedit, ai tu 1087, et ( elled’sehlle de I.lleqiles i : |.

le Di ii, i ei la Panormh d’Yves de Chartres (1 111 tous ces recueils canoniques rejoignent parfaitement les Dictatus papm de < irégoire VII (1

.i eC la duel I nie pont lin. de un une d t OU cliant la primauté spirituelle. s m i.s collections, voir Fournier et Le Bras, op. cit., ’! - i et u. une

époque ou. au lu.. Il des pu i…il l es héritées de I 11

l’évêque de Rome va revendique ! la prééminence i tive sur le pouvoir t cm pore 1. nul n. ieusement

a lui contester son principal s pi rit ne I SUT toute l’Église. Les théologiens et les juristes impériaux pourront lui disputer la suprématie politique, ils lui reconnaîtront, au moins en principe ci en droit, lu souveraine [urldlc t nm ce. icsi.isi [que.

VI. La primatie universelle (viexiiie s.)

En 1123 sciait tenu le IXe concile oecuménique, Ier du l.airan ; M confirmait le pacte calixtln ou concordai de Woiius, qui incitait fin à la querelle des Investitures.

Mans une chrétienté réformée et soumise, en dépil des vicissitudes de leur principal civil, les papes vont, au long des xir el c siècles, tenir cinq autres conciles généraux, qui seront l’expression de leur puissance spirituelle incontestée.

303

l’IUMA UTÉ. L’APOGÉE

304

1o La consécration de la ré/orme grégorienne (11211154). — Peu à peu, les mœurs du clergé reprenaient plus de régularité et de dignité. Cependant, la querelle des Investitures laissait des ruines et des désordres nombreux. A Rome même, en 1 130, un schisme éclate : au pape Innocent II (1130-1113) s’oppose pendant huit ans l’antipape Anaclet ( Pierleoni). Innocent II doit chercher en France un refuge. Triomphant enfin, par le secours armé de l’empereur, Innocent réunit à Rome, devant plus de mille prélats, le Xe concile œcuménique (1230), IIe du Latran, qui condamne les hérésies de Pierre de Bruys et d’Arnaud de Brescia et entreprend de remettre en vigueur les anciens décrets concernant la réforme du clergé. Mais la tâche du concile, qui venait à son heure, lut interrompue : il ne nous en reste que 30 canons qui prouvent que la papauté, consciente de ses droits, savait les imposer à l’Église universelle, quand bien même, chassée de ses états, elle se trouvait errante et désarmée. Lorsque, dix ans plus tard, Eugène III (1145-1153) pourra rentrer dans sa capitale, c’est à lui, disciple de choix, que l’abbé de Clairvaux, saint Bernard († 1153) adressera ce magnifique panégyrique du successeur de Pierre qu’on découvre à travers toutes les pages du Dz consideratione. « Qu’est-ce qu’un pape ? » demande-t-il. Et de répondre : Tu es cui claves traditæ sunt. Sunt quidem et alii janitores gregumque paslores ; sed tu tanto gloriosius quanlo et dif/erentius ulrumjue præ céleris nomsn hæreditasli. Habent illi sibi assignâtes grèges, singuti singulos : tibi universi crediti, uni unus. Nec rnido ovium, sed et pastorum tu unus omnium paslor… Ergo, juxta canones luos, alii in parlem solticiludinis, tu in plenitudinem potestatis vocalus es. Aliorum potestas certis arclatur limitibus ; tua exlenditur et in ipsos qui potestatem super alios acceperunt. Nonne, si causa exliterit, lu episcopo cselum claudere, tu ipsum ab episcopatu deponere, etiam et tradere Satanæ potes ? Slat ergo inconcussum privilegium luum tibi, tam in dalis clainbus quarn ovibus commendalis. De consideratione, t. II, n. 15, 16, P. L., t. clxxxii, col. 751. Aux Milanais, récemment réconciliés avec le pape, l’abbé de Clairvaux donne ce clair aperçu des prérogatives du Siège apostolique : Plenitudo siquidem potestatis super unii>ersas orbis Ecclesias, singulari prærogaliva apostolicæ Sedi donala est. Qui igitur huic potestati resistil Dei ordinalioni resislit. Potesl, si utile judicaveril, novos ordinare episcopalus, ubi hactenus non fuerunt. Potesl eos qui sunt, alios deprimere, alios subtimare, proul ratio sibi diclaueril, ita ut de episcopis creare archiepiscopos liceat, ete converso, si necesse visum juerit. Potest a fini bus lerræ sublimes quascumque personas ecclesiasticas evocare, et cogère ad suam prxscntiam, non semel aut bis, sed quoties expedire videbit… Epist., cxxxi, P. L., t. clxxxii, col. 286287.

2o La primauté durant la lutte du sacerdoce et de l’empire (1 154-1254). — Les étapes de ce grand siècle, en ce qui concerne la primauté romaine, sont marquées par trois conciles œcuméniques. Il serait fastidieux d’enumérer les affirmations d’une souveraine juridiction qui est indiscutée et qui est de plus en plus en possession de tous ses moyens. Il est impossible, plus encore, de citer tous les textes des canonistes qui commentent à l’envi le Tu es Petrus et exaltent le pouvoir pontifical aussi bien dans l’ordre temporel que dans l’ordre spirituel.

Retenons, pour leur particulière opportunité, les conférences d’Anselme de Havelbcrg († 1154) avec les Grecs. Il sait fort justement leur faire observer que, s’ils peuvent à bon droit considérer comme inviolables les décrets de leurs évoques, ils doivent à plus forte raison recevoir ceux de la très sainte Église romaine, quæ per Deum et a Deo et post Deum proximo loco auctorilatis primatum obtinuil in universa, quæ per totum

mundum spetrsa est Ecclesia… llla su/tra petram /undala et BOlidata srmper /nuisit tnconcussa. Dialogi, t. III, c. v, P. L., t. c.lxxxviii, col. 1213 sq. Deux privilèges appartiennent en propre au siège de Pierre : videlicel præ omnibus incorruplam puritatem fidei et super omnes potestatem judienndi. Ibid., l. III, c. xii, P. L., ibid., col. 1 22 S B.

Le Décret de Gratien († 1158) ne nous enseigne rien qui ne soit contenu dans les décrétales antérieures, vraies ou fausses ; du moins a-t-il eu le mérite de recueillir les matériaux épars et il a facilité par là même la besogne des canonistes ultérieurs.

Saint Bonaventure († 1274) nous rappelle que toute la solidité de l’Eglise vient de Pierre, ou plutôt d’une seule pierre, qui est le Christ, et d’un seul Pierre, qui est le vicaire de cette pierre divine ; et il le prouve par Matth., xvi, 18. De per/ectione euangelica, q. iv, a. 3, Opéra, éd. Qaaracchi, t. v, 1801, p. 195.

De saint Thomas d’Aquin († 1274) nous attendrions un exposé à la fois plus précis et plus serré de la doctrine, si le Docteur angélique avait écrit un véritable traité de l’Église. Mais en fait, ces questions étaient considérées par la théologie d’alors comme ressortissant plutôt au droit canonique. Il faut nous contenter de quelques indications qu’il laisse tomber en passant, comme celle-ci : qu’adviendra-t-il d’un serment lorsqu’il porte sur un objet manifestement licite et qu’il ne semble pas y avoir place pour une dispense ? Si quelque œuvre se présente qui assure mieux l’intérêt général, on ne pourra que commuer la chose promise, et encore le pouvoir en appartient avant tout au pape, qui a la charge de l’Église universelle, qui habet cura/n universalis Ecclesiæ. On pourra même délier complètement du serment, ce qui est encore du ressort du pape, en toute matière touchant d’une façon générale au gouvernement ecclésiastique, domaine dans lequel le souverain pontife exerce un pouvoir plénier, pleniluiinem potestatis. Sum. theol., ID-IL B, q. lxxxix, a. 9, ad 3 am.

Ailleurs, saint Thomas fait cet te suggestive remarque : Ad unitalem Ecclesiæ requiritur quod omnes fidèles in fide convenianl. Circa vero ea qux fidei sunt, conlingit quæstiones mo’jeri ; per diversilalem autem sententiarum divideretur Ecclesia, nisi in unilale per unius sententiam conservaretur. Exigitur ergo ad unitalem Ecclesiæ conseruandan, quod sit unus qui toli Ecclesiæ præsil. Manifeslum est autem quod Christus Ecclesise in necessariis non déficit, quam dilexil, et pro ea sanguine.n suum fudil… Non est igitur dubilandum quin ex ordinalione Christi unus toli Ecclesiæ præsil. Sum. conl. genl., 1. IV. c. lxxvi : De episcopali dignilate et quod in ea unus sit summus.

La primauté du pape s’exprimait alors par des actes solennels. En 1779, Alexandre III (1159-1181), l’émule de Grégoire VII, tient le IIIe concile général du Latran, XIe œcuménique, non pas seulement pour confirmer la paix avec Barbcrousse, mais pour reprendre l’œuvre interrompue quarante ans plus tôt du statut de l’Église. Il nous en reste 27 capitula, tous disciplinaires.

Innocent III (1198-1216), affirma son autorité de pasteur suprême de multiples manières. Il s’éleva énergiquement contre l’annulation du mariage de Philippe Auguste avec Ingeburge, qui avait été prononcée par certains évèques français, et exigea que le roi quittât Agnès de Méranie et reprit son épouse légitime. Le 6 décembre 1199, à Dijon, le cardinal-légat Pierre réunit un grand concile qui s’occupa de l’interdit à lancer sur la France. Malgré les efforts du roi. l’interdit fut prononcé, et, à l’exception d’un seul, tous les évêques obéirent au pape. Cette union de l’épiscopat et du Saint-Siège irrita Philippe, qui estimait Saladin heureux « de n’avoir affaire à aucun pape », mais elle le décida aussi, pour éviter l’excommunication, à négocier avec Rome ; finalement, il se soumit.

En 1213, Innocent III lançait les lettres d’indiction du XIIe concile œcuménique. « Deux choses, y disait le pape, me tiennent surtout à cœur : la délivrance de la Terre sainte et la réforme de l’Église universelle. » Le concile s’ouvrit encore au Latran, le. Il novembre 1215, Après trois sessions seulement, il se terminait a la fin de ce même mois. Il faiil noter que plusieurs prélats grecs y assistaient et que les décisions de rassemblée s’adressaient aussi aux chrétiens orientaux. Mais nous ne possédons de l’œuvre conciliaire, outre le décret sur la reprise de la Terre sainte, que 70 capitula, dont la plu part concernent la discipline des riens et des fidèles.

Le can. 5 mérite une mention particulière : il renouvelle les privilèges des anciens sièges patriarcaux et décide qu’après l’Église romaine, quee, disponente Domino, super omnes alias ordinaria potestatis oblinet priiicipalum, utpote mater universorum Christt fidelium et magislra, l’Église de Constantinople tiendra la pre mière place (depuis 1204, e’e^l un Latin, qui occupe le siège patriarcal) ; l’Église d’Alexandrie, la deuxième ; l’Église d’Antioche, la troisième, et l’Église de Jérusa lem, la quatrième. Lorsque les chefs de ces Églises auront reçu du pape le pallium, après lui avoir prêti li serment de fidélité et d’obéissance, Ils devront égale men-t conférer le pallium à leurs suffrageants. Dans

toutes les provinces placées sous leur juridiction, on

pourra leur soumettre le Jugement des évoques, toul en sauvegardant les appels au Siège apostolique. Hefele-Leclercq, op. cit., t. v b, p. 1316 sq.

Le XIII’ concile œcuménique, que le pape Inno cent IV (1243-1254), forcé de quitter l’Italie, dut tenir à Lyon, en 1245, eut encore à s’occuper de la délh rance de la Terre sainte ; mais il édicta aussi un certain nombre de canons disciplinaires et promulgua une série de décrets pontificaux qui poursuivent la réforme ecclésiastique, en la consacrant par des textes juri diques. Frédéric II, en outre, était excommunié et déclaré déchu de toutes ses dignités,

3o Un point culminant : lu fin du XIIIe siècle. La

conquête et l’occupation de Constantinople par les Latins, en 1204, avaient été marquées et suivies par

des excès, des inlences, des destructions sans nombre

et sans excuse, I.’empire latin, fut, |’la nouvelle

Home et pour bien d’autres il les orientales, une

lamentable calamité, où la haine des Byzantins trouva un aliment facile et Inépuisable pour toul ci’qui venait

de l’Occident barbare. Dans les deux partis, un s’ingé niait à renchérir : on polluait, on exécrait, On rebapti sait, (m fulminai ! des anal bénies.

En 1232, cependant, la politique aidant, le pa triarche grec Germain il avait écrit, de Nicée, à Gré

gOire IX (1227-1211) au sujet de |a désirable fin du

schisme ; mais il ne poussa pas la concession Jusqu’à la

reconnaissance de la primauté romaine. |.e pape eut

beau envoyer des légats, on ne put aboutir à aucun résultat. Hardouin, Concil., t. vii, p. 149 ; Mansi, Concil., t. xxiii, col. 17, 27’. » : il’.). En 1245, Innocent l. devani le concile de Lyon, constatait l’échec de toutes

les tentatives d’union. ()n n’en continua pas moins de

poursuivre les conversations entre les deux Églises, surtout après la chute de l’empire latin et la rentrée du patriarche grec à Constantinople (1261). Pour de multiples raisons, où la politique axait sa grande part,

Michel PaléolOgue, renoua les relations officielles avec le pape Urbain IV (1261-1264). Celui ci lui dépêcha quatre nonces munis de pouvoirs très étendus. De son côté, Michel envoyait au pontife romain l’évêque de Crotone et reconnaissait formellement la primauté du Saint-Siège. C’est alors que, sur la demande qui lui en lui faite, saint Thomas d’Aquin écrivil son Contra trrores Grœcorum, dans lequel le Docteur angélique

s’attache à la réfutation des dix erses cireurs ou opinions particulières qui séparaient les Grecs des Latins,

mais sans s’arrêter a la question de la primauté romaine.

Clément IV (1265-1268) persévéra dans les efforts de ses prédécesseurs ; mais, en face d’un patriarcat troublé, il s’en tint à poser, comme condition préalable à toute union et a tout concile, l’adhésion des Byzantins au symbole de foi qu’il leur envoya en I2’17. Grégoire X (1271-1276) crut enfin aboutir. A Constantinople, ce n’était pas seulement la politique impériale, i aussi l’influence de.ban Beccos < 1296) qui travaillait pour l’union. Les évêques orientaux, au fond, acceptaient plus aisément la reconnaissance de la primauté

du pape <i l’acceptation du principe de l’appel à Rome que l’introducl ion du Filioque dans le symbole : les questions secondaires, exploitées par Photius, passaient au premier plan.

lapape convoqua néanmoins le XIIIe concile œcuménique, qui se tint a Lyon 1 127 1 1. Cinq nmt évêques

de tontes les Églises orientales et < 1 1 1 1. 1 1 s et mille

abbés se trouvèrent rassembles. L’union entre I I

que et l’Église latine fut vite rétablie, trop vite.

sans doute. Les ambassadeurs grecs, Germain, c patriarche, Théophane, métropolitain d Georges ^cropolite, sénateur et grand lo deux autres officiers de la cour de Paléologue v pi

i les lettres du basileus, des prélat Ironie,

l’aîné des princes impériaux. L’empereur répétait dans -es biiies bsymbole reçu de Rome ; il v prof’expressément la primauté romaine : //"-’/ iiu<, qu<sonda romana Ecclesia summum et plénum primalum ri prlncipalum super universam Eeelesiam oblinet, quem se ab ipso I>i>m ; im in bealo l’iir<> upostolorum principe sine veriiee, cujus romanus pontifi successor, eum potestatis plenitudii radier

et humtltter recognoscit. Il y demandait pour I i

que le maintien des rites ei coutumes compatibles avec la doi tune des con< des œcuméniques, i Andronic écrivait dans le même s, -us. et les prélats

annonçaient leur entrée dans l’unité de | l

dei la ra nt prêts à. h corder Immédiatement tout ce dont buis prédécesseurs s’acquittaient en v ers le Siège apos loliques avant le schisme. L’union fui donc soient ment proclamée et |urée. I lefele la-, |en q i a,

p. 153 sq. Mais cette union était superficielle. Malgré les efforts île.ban BecCOS, devenu pati

malgré la pression ex< r< ée par Michel, l<

veuljoiis et les siibliles controvei i a bientôt

un schisme de lait, qui devint officiel et dclili

l’avènement d’Andronlt |

Il lusion. Quoi qu’il en pul en que la

réforme de i t e, lis, . ne soit pas encore de tout point réalisée par son chef dans ses men n que.tes

abus renaissants réclament sans cesse des eii ris ininterrompus, on peut considérer cette im de

coin n H’un apogée. La primauté du pape est te, on nue :

lis Grecs eux mêmes, s’ils persistent dans le se] tisme, reprochent a la papauté bien plus les modalités secondaires que b’princ Ipe de sa prééminence de juridiction, et bien davanta’le heurter trop de traditions doctrinales ou disciplinaires des antiques es d’Orient. Le pape règne. Précisément, sa pri

matie universelle, jusque dans l’ordre temporel milite

sur la théologie. I "us les maîtres de cette époque, sans

en excepter les plus grands, s’ils étudient le principa spirituel du pontife romain, instituent d’emblée une comparaison eut re les deux pouvoirs, civil et religieux, et tentent d’en fixer les rapports.

C’est ce que l’on remarque au mieux chez Gilles de Rome (i 1316) et Jacques de Vlterbe. Pour l’auteur du /i. au potestate, si l’Église a le pouvoir

des clefs, ci’pouvoir, le pape le possède, qui adeptu apicem totius Ecclesia. n. 12, éd. de Florence, p. SX. Le pape, en effet, a tout pouvoir dans l’Église : Totum passe quod est in Ecclesia reservatur in sununo pontiflce. iii, 9, p. 155. N’ouï ad summum pontificem et <kI ejus plenitudinem potestatis spécial ordinale fidei symbolum et slatuere quæ <nl bonos mures spectare oiden tur. quia, sire île fuie sire de minibus quæstio nriretur. ad Ipsum speclaret deffinitivam dure sentenîiam, ac slatuere, ner luiii et l’irmiler urdinitrc t/uid christîatli se/dire deberent… Possunt itaque doctores per viam doctrinte de fuie et de muribus tractatus et libellos componere, sed quid senleulialiter sit lenrnilum… ad Solum summum pontificem pertinebil. Prolog., p. 7. Bref, le pape est spiritualissimus secundum statum et secundum eminentiam potentiai. i, 1, p. 9-10.

Jacques de Viterbe, dès les premières pages de son traité, nous présente l’Église et le pape sous l’aspect d’un royaume et d’un roi, et il poursuil son exposition systématique sans se départir un instant de cette analogie politique. Les prélats ecclésiastiques sont des princes ou des rois spirituels, le pape est comme leur empereur :

1 1 iiigitur nous, apud quem est summa potestas spiritualis regiminis, est succcssor Pétri, romanus videlicet pontifex, vicarius Jesu Christi… Hic est rex omnium spiritualiuni regum, » astor pastorum, pater patrum, caput omnium Odelium et omnium qui fidelibus præsunt. Unde et Ecclesia, cui præsidet, seilicet romana, mater et caput est omnium Ecclesiarum. Hic… est pontifex omnium christianorum et omnium Ecclesiarum rector, et episcopus l’rbis et Orbis. Qui… immediatum regnum exercere potest super Ecclesiam quamlibet. Hic est sacerdos sumraus et unus, cui onines fidèles obedirc debent tanquam Domino Jesu Christo… Hic est generalis judex…, et ipse a nemine judicari potest. Hic est, apud quem plenissimesunt clavesa Christo Ecclesise traditoe, quibus ligat et solvit, claudil et aperit, excludit et recipit. stringit et relaxât, sententiat et judicat. Hic est suminus ordinator divini cultus… Hic est dispensator summus etum versali s ministeriorum Dei et thesaurorum Christi, et EcclesiEe distributor dignitatum et ofticiorum beneiiciorumque ecclesiasticorum omnium, in quibus conferendis el distribuendis primam et summam obtinet partem… Hic est summus et universalis condilor canonum, et approbator legum sanctarumque omnium sanctionum, dispositor omnium ecclesiasticorum ordinum, confirmator institutionum et electionum, détermina tor dubiorum, ostensor omnium quae scienda sunt a singulis, et discretor omnium quæ in Ecclesia fiunt. De regimine christiano, IIe part., c. v, éd. Arquillière, Paris. 1920, p. 206-207.

Ce pouvoir du vicaire du Christ, il est sans limites :

… A nulla alia potestate puri hominis limitatur aut ordr natur aut judicatur, sed ipsa alias limitât, ordinat et judicat. .., ordini potestatum aut legibusab ipso positis noncoartatur. Potest enim agere et mediantibus aliis potestatibus et non mediantibus eis ; quando viderit expedire, potest etiam agere et secundum leges quas ponit et præter illas, ubi opportunum esse judicaverit. Ibid., c. ix, p. 273.

Nous ne saurions trouver plus parfaite conclusion à cette période ni expression plus adéquate de la primatie universelle de la papauté en ce xiirsiècle, qui finit en splendeur sur le premier jubilé de l’Église catholique (1300). Rien ne faisait prévoir la crise redoutable qui allait éclater si tôt après.

VII. La grande crise intérieure ; la Renaissance et la Réforme (xive-xvie s.).

La chute des Hohenstaufen, le séjour de la papauté en Avignon, le Grand Schisme d’Occident, autant d’événements qui, en ébranlant la chrétienté européenne, favorisent dans l’Église même l’éclosion d’une crise intérieure profonde. Mais il est des causes d’ordre ecclésiastique, qu’il importe de ne pas oublier : ce sont les abus qui, en viciant le gouvernement de plus en plus centralisé de l’Église, arrêtent le mouvement réformiste commencé deux siècles plus tôt ; et ce sont aussi les révoltes des royautés et des nationalités commençantes, non seulement contre l’ordre féodal, mais encore contre l’ordre social ancien.

1o Boniface VIII et les papes d’Avignon (1294-1378). Quand Boniface VIII s’assoit sur la chaire de Pierre, une forte concentration de la puissance ecclésiastique dans la main du pontife romain est réalisée. Cas réservés, exemptions, appels, réserves apostoliquei et expectatives, légations et nonciatures, traduisent dans les faits et dans le droit le pouvoir direct et immédiat que le pape exerce sur l’Église entière. Grégoire VU et Alexandre III se nommaient en vicaires de saint Pierre : depuis Innocent III prédomine le titre de vicaire du Christ, vicaire de Dieu, et la tiare orne son chef, la tiare a laquelle Boniface VIII donne la forme d’une double couronne, en attendant qu’un de ses successeurs, Urbain V, y ajoute la troisième. Depuis le XIIe siècle, le serment de fidélité au pape est exigé des métropolitains ; la confirmation des élections épiscopales, à dater du xr siècle, passe lentement des métropolitains au pape, et les éveques du xiir siècle soni promusDei et apostolicse Sedis gratia. Une disposition d’Alexandre III. en 1153, réserve au pape les canonisât ions. I)’autres causes doivent lui être déférées : saint Bernard, dans une lettre a Innocent II Cl 135° et dans le De consideratione il 152), joint sa voix à bien d’autres pour reprocher à Rome une excessive facilité à admettre les appels.’foules ces mesures avaient leur raison d’être, et ce l’ut pour répondre aux besoins de cette situation nouvelle que se constitua, avec son organisation caractéristique, la cour romaine, composée du Sacré Collège et de la curie. -Mais, dans cette administration centrale, l’absolutisme, l’intrigue, les passions humaines, eurent beau jeu à côté ou en marge des talents juridiques ou politiques. Les abus de la tête s’ajoutèrent a ceux des membres.

On sait assez que, déjà sous le pontificat de Boniface VIII (129-1-1303), la papauté connut de terribles échecs. Les frères mineurs spirituels, alliés des Colonna, ne se font pas faute d’attaquer même l’autorité spirituelle du souverain pontife, les vaudois regardent l’Église comme la synagogue de Satan, n’acceptant plus aucune hiérarchie ni aucun pouvoir suprême.

Un des premiers résultats de l’établissement de Clément V (1305-1314) en France, puis en Avignon, ce fut l’augmentation des annates. réserves, expectatives et autres droits du Siège apostolique : les revenus que l’on tirait de Rome ne rentrant plus, il fallait, par tous ces moyens, trouver des ressources nouvelles. Le prestige de la papauté n’y gagna rien, d’autant plus que le faste de la cour d’Avignon méritait amplement la critique. Clément V. toutefois, voulu ! mener à bien la réforme de l’Église : il réunit le XVe concile œcuménique, qui se tint à Vienne, en Dauphiné (1311-1312). Le concile supprima l’ordre des templiers : il reconnut que Boniface VIII était mort catholique, mais il cassa les actes du pontife qui déplaisaient au roi de France et édicta toute une série de décrets et d’ordonnances, que le pape fit réunir et insérer dans le Corpus juris canonici sous le nom de Liber Clementinus.

Jean XXII (1316-133 D.cut à affirmer la primauté du Siège romain dans des conditions beaucoup plus graves. Son adversaire, l’empereur Louis de Bavière, groupa autour de lui le parti des traticelles, avec L’bcrtino da Casale (v après 1330), tous adversaires fanatiques de la propriété et de la puissance temporelle de l’Église, auxquels font écho, pour des raisons diverses, des docteurs comme Jean de Jandun (ï 1328), Marsile de Padoue († 1342) et Guillaume d’Occam († 13191.

On a expliqué à l’art. Occam, t. xi. col. 866 sq., comment celui-ci fut amené par ses relations avec les spirituels à prendre part a la lutte contre Jean XXII, puis contre ses successeurs. celle polémique surtout personnelle, il consacra divers opuscules. C’est surtout dans les Octo quæstiones super potestate oc dignilale

papali qu’il exprime ses vues doctrinales. S il ne me ni rorigme, ni la nature divines de l’autorité pontiflcale, du moins prétend-il en marquer les limites, même dans l’ordre spirituel. Pour lui. l’évêque de Rome es le vicaire du Christ, non pas son successeur, nullement « m égal en puissance. Ce n’est que par une ; usurpation condamnable que les papes ou, pu s’aUnbucr la, , nitudo potestatis sans limitation d aucune sorte. M< m< idée dans le très court Tractatus de jnrisdictioneimpe ratons ii, causis malrimonialibus. a. ibid., col. 875. Le.De/ensorpam de Marsile de Padoue, qui eut Jean

de Jandun pour collaborateur, -I beaucoup plus radical et plus subversif. En premier lieu, toute primauté réelle est déniée à Pierre ; l’Écriture permet toul

au plus de lui reconnaître nue primauté d honneur, „„„, jamais, du reste, l’Apôtre ne se prévalul pour régenter ses collègues. En outre, l’évêque de Rome nés nullement le successeur de Pierre, qm peut « ren est point venu à Rome, qui, en tout cas, n y a Paressé Son airtorité au-dessus de celle de Paul. En définitive la papauté a fondé son hégémonie sur la situation de Rome, sur le souvenir des apôtres et sur le prestige d,

son clergé, la coutume s’esl établie de la consulter, d’un peu partout, et Constantin, en abandonnant au pape l’empire de l’Occident, consacra et acheva cett «  évolution. Voir art. Mahsile de Padoue, t. x, spéi ment col, 162-163. Ainsi, Marsile, qui devance les pro testants en niant [a primauté de Pierre dan I et qui conteste la venue de saint Pierre a Rome avec des objections que reprendra la critique du xixe siècle,

Marsile ne doute pas le moins du monde de 1 authenticité de la Donation de Constantin, Mais c’est pour lui un fondement humain d Illégitime d’un principal spirl tU En U S, d’abord, une bulle de Jean XXII condamne l « .s deux hérétiques ; le 3 avril 1327, une, bule fulminée contre Louis de Bavière, atteint Indirectement ses protégés ; le 9 avril suivant, ils sont excommuniés, déclarés suspens et cités à comparaître devant le Saint-Siège enfin, le 23 octobre 1327 paraissait la bulle qui condamnaH solennellement les principales erreurs au Defensor parts. Relevons-y les deux propositions suivantes :

l Quod beatus Petrus ; stolu. non plus auctoritatis

habuitquamaluapostollhabuenint.neci » mapo>toIo rWjulTcaput. Item quod Christus nu n capur dlroisH

^leXnecallquemsuumvIcariumfecit. 2.Ç « n « 

Btmplex, sont ex Instituttone Christl auctoritatise ! |url «  dictlonls eequalts Marsile en passa aux actes : il fut à Rome aux côtés de Louis de Bavière quand celui-ci s’j fil décerner la couronne impériale, m prononcer la déchéance de Jean XXII et (il élire, sous le nom de Nicolas V, I mineur Pierre de Corvara. Promu par ce dernier à l’archevêché de Milan. Marsile partagea bientôl les revers de fortune de ses protecteurs.

Un excès en appelle un autre : la Glossa ad Solita VI calcule, a l’applaudissement des juristes de la curie, que le pouvoir du pape vaut cinquan te iii, , tois celui de l’empereur. AJvaro Pelayo († 1352), tout en gémissant sur les abus qui désolent la chrétienté e sur la corruption ax [gnonnaise qui obscurcil la beauté de rP "lise dans son chef et dans ses membres, ne crainl , , as d’affirmer que, le pape étant le vicaire de Dieu, on ne peut pas plus assigner de limites à sa puissance qu à la toute puissance divine elle-même.

Jean XXII, qui développa considérablement 1 administration pontificale, mourut après avoir reçu à merci l’antipape Nicolas V (1330) et recouvre Home, pacifiée pour un temps.

Clément VI (1342-1352) -lut rappeler, lui aussi, sa suprême juridiction spirituelle à Louis de Bavière. 1 ai

un abus d’autorité jusque-la sans exemple celui_ci prétendit, de son propre chef, prononcer la nullité du

cimer mariage de Marguerite Maultasch, comtesse du Tyrol, et accorder la dispense de consanguinité qu, permettrait a celle-ci d’épouser le propre fils « le 1 empereur. Le pape prononça l’excommunication.

Le basileus byzantin était moins altier. En 1 Urbain V (1362-1370) reçut sa visite : Jean Pi Sue, aux abois devant les progrès de ^invasion Se venait implorer le secours de l’Occident. I aïjïïa solennellement hschisme dans SaintPierre e Connut la primauté de l’évêque de Rome, Mai

Sade ctail impossible, -t le retour a. union, x, .

bi en autre chose. L’unité, en Occident même, allait si

^Le Grand Schisme d’Occident et la crise concM (1378-1447) Les déchirements devenaient inévi tables ; les nationalismes s’exaspéraient autour au rôie pontifical, que l’incapacité et la corruption menaçaient a chaque conclave. Il suffit du, , - élection

,, ., „„„. eter la chrétienté dans la longe Sie calamité du Grand Schisme et dans une <

constitutionnelle peut être plus gra> H la faveur du schisme, la contre-Êgl Ue va U

, „ im ; ilt, , „ renouveau. Après Urbain VI (1

Sclare Wiclef.il ne faut plus reconnaître de pape, mais

, , , , „, vivre comme les Grecs, d’après ses pro

Si l’on conserve un pape, on réduira son pouvoir on

„ -imera les canonisations, les U

S.s, qui -au. 1 m--’;  ;  ;  ;  ;  ;  ;

pontificale. Vers cette doctrine 1 ’./

acheminent plus ou moins consciemi es par les faits, les réformateurs tchèques, rho-Ssmny. MathiasdeJ. - 1394) M

^eanHusd 1415), tous imbus àd.’ « es

, i, Marsile de Padoue sur la papaut.

Dations.1 les origines humaines de s, primauté, ’L.., ., , t général est considén

comme la seule véritable ai ésuprêm. dansl

universelle, qu’il faut distinguer de l’Êgl se pontifl.

n. au tres 5 voient toul au moins l’instrument de a ref orme qui s’impose et comme l’organe n gouvernent. C’est te de P^lementansrnc

clésiastique qui prend naiss, Ces conceptlo

.„„, .„, , |, . 1., consistance ; mais elles n étaler Eurnent neuves P Gull.au Durand le Jeune

l328), , , primauté romaine est incontestable

Romana Ecclesia domina a, fuda est aliarum, rec torcatholicusnonludicaturaquoquam, cui primum Pétri apostoli merilum, deind, -<<>'<<

Domini conciliorum venerandorum auci’ « " ;

rem m Ecctesiis tradiderit potatatem. Mus. m t., pri mautéde Pierre est d’institution divine la pr imauté

ecclésiastique, conciliaire. Vussi.M elle besoin dètrt xpliquée. élucidée, en tenant compte des divers droits

ecclésiastiques c séculiers : Quod primai Romana : decloretur et distingueretur per jura etclesiast ssecularia. De modo ""’Ly on, 1534, m. 1 et 27. fol. luiet mx> «  « t^le dr oit épiscopal que Durand Insiste, réclamant contr.

Kvocafionïarllcur « uses d’élecMon contre les

exemptions c contre tout ce qm porte atte nt « au pouvoir des évêques, pour le plus grand avantagi pouvoir papal. Il va plus loin : se réclamant des anc fanons élaborés par les synodes epi^paux.. ! les ^s* comme une barrière devant l’autorité du Sièg. api Houe < ontra sont lorum statuta Patrum condere aliqutd uelmutare ne, hujus quidem Sedis apostolicm P » ’"'""’;  : Ls.//w, L., . : Uol.v.. :.nu, .exèquedellende.m,

„ jn, t out iii, organisme vivant pour créer, applique ou retoucher les canons : c’est la tenue périodique des

conciles provinciaux et la réunion décennale du..m : i

    1. PRIMAUTÉ##


PRIMAUTÉ. LE GRAND SCHISME

312

cile œcuménique. Le vieux droil canonique est de la part de Durand l’objet d’un culte fervent ; il a un idéal Juridique très élevé ; malgré les hardiesses de sa pensée,

on ne peu ! prétendre qu’à ses eu le concile général détient l’autorité suprême dans l’Église ; en tout cas, il ne le dit pas expressément. Jean de Paris (Jean Quidort, † 1306) avait osé davantage, puisque, selon lui, le pape ne doit procéder à des mesures nouvelles, nisi cum magna maturitate et habita prias concilio generali et discussione facta ubique per titleralos. De potestate. regia et papali, dans Goldast, Monarchia, t. ii, p. 143.

Avec le Grand Schisme, de telles théories devaient fatalement rencontrer une faveur considérable. Pierre d’Ailly et Jean Le Charlier de Gerson vont s’en inspirer pour construire leurs systèmes de réforme in capile et in membris. S’ils se défient de Marsile de Padoue, ils font confiance à Occam, le venerabilis incœplor, et à Nicolas de Clam anges († 1137), leur ami.

Pierre d’Ailly († 1420) enseigne que la subordination de l’Église au pape n’est qu’accidentelle ; car c’est du Christ et non du pape que découle la juridiction des évêques et des prêtres ; l’évêque de Rome est la tête de l’Église, mais en tant que principaiis inler minislros…, minislcrialiter exercens, administraliter dispensons. De Ecclesise, ennr. gen. et sum. pontif. aurtoritale, dans Gerson, Opéra, t. ii, col. 928, 931, 958. Du reste, la primauté a passé d’Antioche à Rome, avec Pierre ; elle n’est donc pas attachée à un siège. On peut toujours en appeler du pape au concile général quand il y va du bien commun, car le concile général est supérieur au pape, peut le juger, le condamner et, si besoin en est, le déposer. Utrum Pétri Ecclesia lege regulctur…, ibid., t. i, col. 668669, 690, 691 ; i f. t. ii, col. 951 sq. Pour d’Ailly, en définitive, l’Église est pourvue d’un régime non pas monarchique, mais aristocratique. Voirl’art. Ailly (Pierred’) t. i, col. 642-654.

Gerson († 1429), le docteur très chrétien, n’est pas l’adversaire de la primauté du pape ; à cet égard, il est probablement moins aventureux que Pierre d’Ailly. Il accorde que l’évêque de Rome jouit d’une primauté réelle, monarchique, instituée par le Christ lui-même. Mais ce n’est pas à dire que le pape soit l’évêque universel, et que, comme tel, il jouisse d’un pouvoir immédiat sur toutes les Églises et sur tous les fidèles : la puissance est en lui subjective et exPeutive. Ce pouvoir exécutif de lier et de délier, cette juridiction instrumentale et opérative est sous le contrôle et la dépendance de l’Église universelle, pratiquement, du concile général, qui peut être convoqué par le premier chrétien venu et auquel peuvent être appelés, pour y délibérer, non seulement les évêques, mais aussi les simples prêtres et les curés, voire, à certains égards, tous les fidèles. Opéra, t. ii, De auferibilitate papæ et De potestate ecclesiastica, col. 201 sq., 2 19 sq., 529 sq. Voir l’art. Gerson, t. vi, col. 1313-1330. Nous voilà, quant à présent, bien plus loin que d’Ailly.

2. En attendant, et tandis que se prolonge le Grand Schisme, le rôle du pouvoir civil dans l’Église s’accroît outre mesure, s’ingérant, sans délai, entre la papauté divisée et l’intervention hypothétique du concile œcuménique. Gerson. d’ailleurs, prêche le devoir qu’a tout chrétien de se rallier à son prince dans ces heures troublées, et à plusieurs reprises l’université de Paris blâme et accuse de lèse-majesté ceux qui n’acceptent pas les décisions royales dans les affaires du schisme. Bientôt, de fait, la « soustraction d’obédience prive Benoit XIII de ses derniers partisans : on lui retire la collation des offices et bénéfices ecclésiastiques que déjà le prince tient en main. Puis les ordonnances royales du 18 février 1407 substituent entièrement le roi au pape dépossédé. Un nouveau régime s’instaure. avec l’approbation des docteurs, Simon de Cramaud

et Gerson en tête. On hésite cependant à mettre sur pied une véritable Hglise nationale : on n’ose rien promulguer ; enfin, Benoit XIII ayant menacé, le 19 mai

1 107, le roi de France d’une excommunication majeure éventuelle, on passe outre : on publie officiellement les ordonnances, le 15 mai 1408. Tout un ensemble de décrets et d’articles complémentaires, règlent, en octobre suivant, l’organisation de l’Église de France, Courtecuisse et Ursin de Talevende ayant d’ailleurs déclaré que Benoît X 1 1 1 a perdu sa légitimité du seul fait des attaques qu’il s’est permises contre le roi. Ainsi se constituent, dans cette crise, les libertés de l’Église gallicane : du despotisme de la curie on est passé à l’absolutisme du pouvoir royal.

3. En vain tentera-t-on. en 1 10’t. d’appliquer aux maux de l’Église un remède estimé plus efficace, en déposant, au concile de Pise, les deux papes rivaux ; on n’aboutit qu’à la formation d’une troisième obédience : le remède est pire que le mal.

Le concile de Constance faillit bien être plus pernicieux encore (1414-1418). On a fait justement observer qu’une institution temporelle eût sans doute succombé à pareille crise et que la reconstitution de l’unité dans de telles circonstances est une merveille qui retient l’admiration de l’historien le plus étranger à la foi chrétienne.

Le concile de Constance parvint à mettre fin au schisme, c’est un fait : Martin V (1417-1431) devint pape légitime et fut reconnu comme tel par la chrétienté, qui jamais n’avait accueilli l’idée d’une multiplicité d’obédiences et demeurait attachée à l’unité ; c’est là un résultat positif qui s’inscrit au compte de la primauté romaine. D’autre part, le concile consacra de nombreuses sessions à l’examen, à la discussion et à la condamnation des erreurs de Wiclef, de Jean Hus et de Jérôme de Prague, erreurs qui, par certains côtés, étaient nettement opposées à la constitution de l’Église et à l’autorité de son chef.

Mais l’assemblée tumultueuse et bigarrée de Constance prétendit préluder à la réforme de l’Église, en adoptant les théories conciliaires soutenues par les Français Pierre d’Ailly et Jean Gerson, par les Allemands Langenstein et Gelhausen, par l’Italien Zarabella. Plusieurs, Zarabella, d’Ailly et Gerson, d’abord, sont là, et agissent personnellement sur les délibérations. Dans les ive et ve sessions fut proclamée la supériorité du concile sur le pape : Le concile de Constance, légitimement assemblé dans le Saint-Esprit, formant un concile œcuménique et représentant l’Église militante, tient sa puissance immédiatement de Dieu ; et tout le monde, y compris le pape, est obligé de lui obéir en ce qui concerne la foi, l’extinction du schisme et la réforme de l’Église dans son chef et dans ses membres. »

Malgré ce qu’il a d’absolu dans l’expression — les hommes, surtout s’ils appartiennent à l’Église éternelle, légifèrent volontiers dans l’absolu — ce décret pris tel quel s’atténue notablement, pourvu qu’on le replace dans les circonstances où il fut rédigé et promulgué, alors qu’il y avait doute sur la légitimité des papes en présence. En outre, il s’en faut que l’unanimité ait été acquise à ce texte fameux, et il n’est pas sûr même que d’Ailly s’y soit rallié ; le vote a eu un caractère nettement irrégulier et tumultueux. D’ailleurs, jusqu’au concile (le Bâle, que suivront plus tard les gallicans, personne ne s’avisa de voir là une décision doctrinale authentique. Enfin et surtout, l’approbation du pape Martin Y, indispensable pour donner à une session le caractère dïccuménicité et à un décret uuvaleur décisive, a été expressément restreinte aux sessions tenues conciliariter, de même qu’aux décrets portés in fauorem fidei et salutem animarum. Or. on a pu disentei’sur le caractère « conciliaire « des sessions 313

    1. PRIMAUTÉ##


PRIMAUTÉ. LE CONCILE DE FLORENCE

!

ive et v. Sans doute, le pape élu à Constance évita toujours, pour sauvegarder la paix, de se montrer plus explicite. Mais son successeur, Kugènc I V ( l l.’il 1 147), lorsqu’il ratifia, dans son ensemble, le XVI* concile œcuménique, en l 1 16, ne manqua pas d’ajouter absque tamen preejudicio jurts, dignitatis et præeminentise Sedia apostolicez. C’était, en ce qui concerne l’œuvre accomplie à Constance, mettre hors de cause la primauté du pontife romain. Du reste, .Martin V, dans la xliii c session du concile, avait publié plusieurs décrets de réforme générale, dont certains portaient remède a quelques-uns des abus les plus criants reprochés a la curie. Le pape conclut ensuite, valables pour une

durée de cinq ans. avec chacune des nations, une con

vention particulière ou concordat, qui réglail surtout la matière des bénéfices, des annales, etc., BOil les principaux points de friction du Saint-Siège avec les cours. Enfin, au grand scandale de Gerson, il déclara que nul tic devail appeler du pape ni rejeter ses décisions en matière de foi. Gerson, Tract, quomodo et un liceat in causis fldei a Sununo pont, appellare, dans Opéra, t. ii, p. 303. Sur quoi, la clôture du concile fut prononcée (1118). Voir Hefele-Leclercq, op. cit., t. vu a, p. 71-584 ; art. Constanci >( : <>i<i<- iiri, t. iii, col. I20d sq., principalement col. 1206 « 1220 sq. 4. Pour continuer l’œuvre de réforme, et aussi pour répondre aux pressions exercées sur lui par les tenants des théories conciliaires, Nicolas Y ouvrit un concile, le 2, ’i avril 1 123, à l’ise ; mais, transférée < 1 " : 1 1 < j j- < I a Sienne pour cause de peste, celle assemblée ne put

guère que renouveler la condamnation des erreurs de Wiclef ci de 1 1 us et former des vœux stériles pour le retour des Grecs à l’unité. Le 7 mars 1 12 I, la dissolution fut prononcée par les légats pontificaux parce que, poussé par les Français, le concile entendait régenter le

Saint-Siège. Néanmoins, SUT les instances des princes. Mari in V se ele’-eiela a convoquer un concile général à BAle, pour 1431. Il mourut aussitôt après et laissa son

successeur, Eugène IV (i l.’d i 1 17). devant ses eni

ments et en face d’une opinion Impatiente. Eugène IV

dut permettre l’ouvert ure du concile (23 juill. 1431).

Dès la i ri’session générale, l’aBsemblée se déclara légitimement réunie et proclama le double bul à atteindre,

savoir « la réforme de l’Église dans son chef et dans ses

membres et l’extirpation de l’hérésie husslte. La

guerre sévissait dans les environs de Bflle, les prclals n’arrivaient que très leiilement : d’autre pari, le pape, d’accord avecJean Y III Paléologue, auiail souhaité

un concile dans une ville proche de l’Adriatique.

Eugène IV, par une bulle du 1 S décembre, prononçail

donc la dissolution du concile et en convoquait un aut re,

qui devait se réunir, dans un délai de dis huit mois, , i Bologne. Mais les Pères de Bflle ne l’entendaient pas delà sorte ; le légat temporisa, el une n « session s’nuv i il.

le 15 février 1432, qui renouvela les décrets de Con Btance touchant la supériorité du concile général sur le pape. Beaucoup de membres < i u bas clergé sont là. qui, nettement révolutionnaires et hostiles à toute

hiérarchie, veulent réduire la papauté à rien. On

aggrave les textes de 1415 : t n concile général reçoil Immédiatement son pouvoir du Christ, et tout homme,

même le pape, doit lui obéir en ce qui concerne la foi,

l’extirpation du schisme et les réformes générales de

l’Église dans son chef et dans ses membres. Dans In

ni" session, on somme Eugène 1 Y de comparaître et de retirer la bulle de dissolution. Dans la ve session, les Pères - ils n’étaient que i renie deux se disposent à déclarer le pontife contumace. Après unefurieuse bataille, le pape capitule, retire sa bulle. Dans les ses sions xx el suivantes, hconcile publie d’énergiques décrets de réforme dirigés contre le concubinage des clercs, mais aussi contre les annales, les appels répétés à Rome, les interdits généraux pour les fautes des par ticuliers, et contrebien d’autres abus --. In décret de la xv session prescrit formellement la célébration I lière des conciles provinciaux et des synodes diocésains. Mais, avec la XXIII’session, le conflit redevient aigu (25 mars l 136) : toutes les réserves apostoliques sont supprimées, les rapports du pape ave Collège sont étroitement réglementés ; enfin, a son couronnement et au jour anniversaire, hsouverain pontife prononcera un serment d’adhésion aux décrets « le Constance sur la supériorité du concile. Les Pères de Bâle, devant la résistance d’Eugène 1. constituent auprès d’eux unecurie, avec chancellerie, chambre, rote, destinée a drainer les ressources financières arrachées a la curie romaine. Le pape alors prononce la dissolution de l’assemblée révolutionnaire : devant son refus de revenir sur celle mesure, le concile, dai xxx r session (21 janv. 1438), fulmine coi une sentenceehsuspense-, et, dan-. I i session suiv. il déclare sebismatique hnouveau concile réuni par hSaint Siège < I errare. Une xxxmsession (16 mai l 139) proclame comme dogmes ehfoi la supériorité du concile généra] sur le papeet l’indissolubilité’lu concile Enfin les vingl <n trente Pères qui s, - sont destinés a siéger a Bflle déposent Eugène IV et bientôt un conclave, eph mcompte qu’un seul ciee te ure ardina), nomme un antipape, Amédée, duc de Savoie, -eus le

nom de lélix Y c’i nov. 1 139). Coin meil faut a Bon élu

des ressources, le concile l’autorise, en violation !

propres décrets, a |ev e-r des ; inn ; ilicl.ins iiim nu SUR

cpii dépasse toutes les prétentions de la c urie roit

Le monde s’alarma de - uses cxtr.i

ci decette menace d’un nouveau schisme ; Félix V ne

fut reconnu ni par les peuples ni par les princes ; les

meilleurs esputs. qui avaient été d’abord l’Ame de l’assemblée, hlégal Cesarinl, m-c rétaire du concile, is Sylvius, seni pins brillant théologien, Nie.ii.is de (’.usa. abandonnèrent le parti. Le 16 mal 144 tenace assemblée célébrait sa xi v et dernli re --c sslpn. 5. Pendant ce temps, s’était tenu le w il concile œcuménique, convoqué a Ferrare d’abord le 18 sep tendue 1437. Lecardinaux et évêques fidèles au

Saint Siènc ne lardèrent pas a s’v réunir. Eugène l

en perse m ne sv rendit h- 2 1 Janvier i 138, suiv i de près par l’empereur Jean YIII Paléologue et on grand nombre de dignitaires et ehthéole recs, entre

autres Bessarion de Nlcée, Mari d’Éphèseet Gémisthe Pléthon.

La peste chassa |e papecl le coin de. qui dut Se

transporter A Florence (1439) i durant quatre mois se mesurèrent Latins et « .nés. On voulut aller, plus qu’en 1274, bu fond des questions litigieuses ; on n’en réussit que mieux a se donner des preuves non équl veie|ues d’une antipathie mutuelle. Cédant.i la i siie politique, les Grecs consentirent néanmoins a une union, que promulgua le décret <l u < Juillet. Après une mise au point des doc t unes et pratiques c ontrovei ledécret aborde en ces termes la primauté du pape

1 Hfflnimus sanctam a| os tolicam Sedem et i omanum

| enil lin-, ni m imix ci miiii ciibeni leiiiie |<i iiii.itum et Ipsum | ont iliee-m (uccesso i cm c-s-ebeat i I et n pi Incl

piS a| OStOlOI uni el el lllll

c hrist i ico lum, totiusque Eccleslæ ci| ut ci omnium christianorum patrem bc doctoi c m existei’-.e i u m m

I e.1 tO I et I e> ||M i lleh. I e pendi ac puberaandi uni Vels.elein I eeleslalll a Pei minci iiiesiio Jesu Christo plenam i otestatem tredtimii esse, quemadmodum

..eis définissons que le

Saint s, , ;, . :, | osiollque M

le | mil l ce une ||n a la pi 1

niaiiii mu l’unh n a entier ;

e|lle Ce | mil Ie lonlaill est le

successeui du bien eureux

I ni i r. pi inec des ipvt n-. l< v ci iial le » icnudu Christ,

II i il îlet. Mllel’I : lise, le

pasteui ci le docteur de tous les chrétiens, et que Notre-Seii ni-iii.lesuse i risl lui a cicnuiien la personne de

saint I ici ie le | lein pou

oii de paftie, de ré ir et de

gOUV einer l’I lise non el

selle, : Insi c|u"il e^i contenu 3t !

    1. PRIMAUTÉ##


PRIMAUTÉ. LA PIN DU XVe SIÈCLE

310

etiam in nestis œcumenicodans les actes des conciles

jum concilioruni ci in sacris œcuméniques ci dans les

canonlbus contine tur.Denz.- s : iini s canons. Bannw., n. 69 I.

Sur la réduction de la phrase finale du latin, quemadmodum etiam, et sur la teneur exacte de l’exemplaire grec original et des copies, voir Hefele-Leclercq, op. cit., t. vii, p. 1044-1051.

Ainsi, ce n’est pas seulement le fait de lu primauté que consacre cette définition, c’est encore le droit, droit divin, émanant du Christ par saint Pierre, droit ecclésiastique, émanant des conciles et des canons de l’Église. Ce n’est pas d’ailleurs sans discussions fort vives et fort passionnées que fut admis et contresigné par les Grecs ce texte si formel ; ce n’est pas sans atermoiements que les décrets de Florence furent promulgués à Constantinople, et la fête de l’union célébrée ] solennellement à Sainte-Sophie, le 12 décembre 1452. L’année suivante, la ville succombait aux assauts des Turcs, le dernier Paléologue tombait dans la mêlée. Sainte-Sophie était transformée en mosquée, et le sultan Mahomet II élevait sur le siège patriarcal le moine antiromain Gennade († 1 Kit), lui 1472, sous le troisième successeur de Gennade, Siméon de Trébizonde, un synode byzantin révoquait les décrets de Florence : l’union avait vécu. Hefele-Leclercq, op. cit., t. vu b, p. 951-1052. Elle parut plus sincère et plus durable pour les arméniens, les syriens et les jacobites. Ibid., 1079 sq.

6. En Occident, d’autre part, les tendances plus ou moins hostiles au Saint-Siège essaient de se maintenir. Le roi de France Charles VII et l’empereur d’Allemagne Albert II s’efforcent d’exploiter et d’appliquer la doctrine de Constance et les décrets de Bàle. L’épiscopat français réuni à Bourges tente bien de s’interposer entre les conciles rivaux de Bàle et de Ferrare ; il réussit surtout à préparer, à l’usage du roi, qui en fait une ordonnance de son royaume, la Pragmatique sanction de Bourges (1439). Elle confirme d’abord vingt-trois décrets de Bâle, après quelques modifications secondaires. Tout ce qui restreint les droits du pape « t les ressources de la curie romaine, tout ce qui sauvegarde les prérogatives du roi Très Chrétien est affirmé et prend dès lors force de loi. Les appels à Borne, par exemple, ne sont permis qu’après épuisement des autres degrés de juridiction ou lorsque les plaideurs n’ont pas à faire plus de deux journées de chemin. Une décrétale clémentine est purement et simplement supprimée ; les cardinaux seront réduits au nombre de vingt-quatre ; en revanche, le droit d’appel comme d’abus au roi et aux parlements consacre l’ingérence du pouvoir civil dans les afïaires religieuses. Plus tard, Charles VII et Louis XI renonceront en partie à leurs prétentions ; mais les parlements défendront la Pragmatique avec acharnement et s’efforceront de la maintenir en vigueur. Voir l’art. Pragmatique sanction, t. xii, col. 2780.

En Allemagne, c’est par les décisions d’une diète de Mayence, en 1439, que l’empereur prétend mettre à profit les décrets de Bâle et de Constance. Mais la diète de Francfort, en 1447, devant la résistance d’Eugène IV, aboutit à un échec des légistes impériaux, surtout après le concordat dit d’Aschaffenbourg, qui, malgré de notables concessions faites de part et d’autre, reste lettre morte.

Félix V, le dernier antipape que le monde ait vii, demeurait étranger à toutes ces tractations : abandonné de tous, il se résignera, sous la pression du roi de France, à abdiquer entre les mains de Nicolas V ( 1 1 19), tandis que les derniers Pères de Bâle, qui avaient continué leur conciliabule schismatique à Lausanne, se réconciliaient avec l’Église universelle. Mais on verra encore, en 1482, André Zuccalmaglio, archevêque de

Carniole, entreprendre « le rouvrir le concile de Bâle et cette extravagance séduira un instant Laurent le Magnifique.

.." Hennissante et Réforme ; l’œuvre du concile de’/'rente (1447-1605). La chrétienté ébranlée ne

retrouvait pas sou assiette, parce qu’elle était loin encore d’avoir fait le tour des idées nouvelles. La Renaissance apportait un humanisme souvent débridé ; les vieilles hérésies s’amalgamaient étrangement ; la théologie cherchait sa voie, tandis que la réforme de l’Eglise demeurait perpétuellement à l’ordre du jour.

1. Théologiens. Les débats de Bàle et de Florence mirent en évidence des théologiens remarquables. Sur le point qui nous occupe, nous pouvons retenir Nicolas de Cusa et Jean de J’orquemada.

a) Nicolas de Cusa († 1 164) entreprit d’abord de justifier l’œuvre de Bâle, ou plutôt de lui fournir un vaste programme de réforme. C’est son fameux De concordantia catholica, présenté au concile vers la fin de 1433. Là, l’auteur attaque, l’un des premiers, l’authenticité de la Donation de Constantin et des apocryphes mis sous le nom de saint Clément. Mais à la perspicacité du critique ne correspond pas une parfaite exactitude doctrinale chez le théologien quand il se croit en droit d’affirmer que la défense du privilège divin du Saint-Siège repose uniquement, ou peu s’en faut, sur ces pièces apocryphes. C’était, sur l’origine même de la primauté romaine, raisonner comme Marsile de Padoue et Jean Hus, après en avoir détruit la réalité historique. Du reste, dans la Concordance, le pape n’est plus qu’un membre de l’Église, qui a été choisi pour être son représentant, son délégué, et tout autre évêque pourrait être élu comme chef de l’Église, d’autant plus que le concile œcuménique est supérieur au pape et à l’Église tout entière.

Mais les excès du concile de Bâle ouvrirent les yeux à ce théologien solide doublé d’un humaniste averti ; il se rallia au parti du pape. Ses négociations à Constantinople, entreprises au nom d’Eugène IV, contribuèrent à la participation des Grecs au concile de Florence et à l’union. Ses vues s’étaient à ce point modifiées que, devenu légat du Saint-Siège en Allemagne, il plaida brillamment, à la diète de Mayence, pour la suprématie pontificale. Dès lors, pour lui, le pape est le vrai chef de l’Église ; sans doute — et cela est un vestige de ses anciennes positions — le pape n’est pas l’héritier ni le successeur de Pierre, au moins directement, mais l’Église est Vexplicatio de Pierre, dans la multitude cle ses membres, parce que la grâce de Jésus est « expliquée » en elle. De même, l’Église est impliquée et renfermée dans le pape, en qui elle contracte tous les pouvoirs divers de sa hiérarchie. Voir l’art. Nicolas de Cusa, t. xi, col. 601-612.

b) Jean de Torquemada (| 1468) est un penseur moins original, mais c’est un vigoureux scolastique. au courant des idées de son temps. Dans son ouvrage capital Sturuna de Ecclesia, il soumet à une critique serrée les arguments des adversaires de la primauté et leurs hypothèses pour en expliquer le fait. Il démontre que ce n’est pas des apôtres, mais du Christ, que Pierre a reçu sa prééminence ; il démontre aussi que c’est de Pierre que les évêques de Borne ont hérité leur principat spirituel, et non pas des princes temporels, ni même des premiers conciles, encore bien moins des cardinaux. Summa de Ecclesia, éd. de Venise, 1560, t. II, n. 39, 12. 106, p. 152 sq. et 246 sq.

c) Beaucoup plus effacé, un théologien allemand de cette époque doit être ici mentionné : Gabriel Biel († 1495). Son Defensorium obedientiiv apostoliese ad Pium papam II destinatum, écrit en faveur du pape contre son propre archevêque de Mayence, Diether d’Ysenbourg, excommunié et déposé pour résistance aux ordres du Saint-Siège, lui attira la reconnaissance 31’PRIMAUTÉ. LA REFORME P ROT ESTA NT E

de Pie II, dont sa modestie lui interdit d’accepter les bienfaits. Pour Biel, l’évêque de Rome, successeur de Pierre, est, comme lui, vicaire du Christ. Il a donc sur toute l’Église une primante absolue, <t tous, pasteurs et fidèles, doivent se soumettre à son jugemenl suprême. Chef souverain, c’est de son pouvoir que découle, médiatement ou immédiatement, toute juridiction Spirituelle, toute dispensai ion des biens et offices ecclésiastiques. Il a tout pouvoir pour lier ou délier chaque chrétien ; supérieur à tout droit positif humain, il a, par suite, autorité et compétence pour dispenser n’importe quel fidèle ou clerc d’une loi portée par un concile même général. Le Defensortum, toutefois, n’accorde pas au pape un pouvoir de toul point sans limite, comme celui du Christ. Le pape ne peut rien contre l’Écriture ni contre le droit naturel ou divin ; il ne doil user de son autorité que pour le bien de l’Église

el |e salut des âmes ; pour qu’on puisse cesser de lui obéir, il sullil qu’il ail oui repassé- les limites que lui

Imposent le droit naturel, le droit divin ou l’Écriture ; mais pour qu’il cesse d’être le chef de l’Église, il faut

qu’il cesse, en tombant dans l’hérésie, d’appartenir a

la société chrétienne. Voir l’art. Biel, t. ii, col. 81 l 825.

2. Conciles et concordat ; politique et théologie. La réforme de l’Église demeurait un facile prétexte aux Ingérences du pouvoir civil dans le domaine religieux : la convocation d’un concile, plus que jamais, pouvail en cet le tiu du xv siècle, servir de manceux re conl re le

Saint Siè^c. Les papes, mêlés parfois plus que de rai

son a la politique Internationale, durent souvent, pour sauvegarder leur’essentielle primauté, consentir des concordats.

a) Pour venir à bout de.Iules II, prince temporel Casqué, Louis XII s’en prend au pont île romain, chef

de l’Église ; il rétablit la I ragmatique sanction, puis il assemble contre lui le conciliabule de Pise i t">i 1 1, qui échoue misérablement, après avoir tenté « le recom mencer le concile de Baie. Surceci, voir l’art, Latran (V concile oecuménique <ln), t. viii. col. 2668,

.Jules 11, en réplique, ouvre, le.’{ mai 1512, 8V6C

soixante dix neuf évéques, le lit concile oecuménique, V’du Latran, H s’entend avec Maxlmilien pour écarter les Gravamina des Allemands, plan de réformes calqué en maints endroits sur la Pragmatique sa net ion

de Bourges et dirigé BUrtOUt contre les annales, les réserves et tous les abus, vrais ou prétendus, de la CUXie romaine. Dans la iv session, les Pères frappent

d’anathème la Pragmatique, en sorte que la primauté remportait une double victoire.

Léon (1513 1521), qui termina ce concile, coin

plète les avantages du Siè^e apostolique. D’une parti il

esl élu envers et contre Maxiinilicn, cpii S’était dresse en compétiteur ; d’autre pari, il reçoit de Loin-. ll une adhésion au concile du Latran que va confirmer en 1516 la conclusion avec François I" du concordat

de Bologne. Dans la xr session, le l ! » décembre 1516,

le pape lil lire la bulle l’rinulii’u Ecclesta, laquelle avait ratifié ce concordat, pour que l’approbation du concile lui donnai plus d’éclat ; il lit lire aussi la bulle Pastor seternus abolissant la Pragmatique, cl.

avant déclaré nuls, sucni ap probante COncilto, cet lus

trument et les décrets et usages qui s rattachaient, il

promulgua de nouveau la constitution l’iuun sanctam

de Boniface VIII, sans préjudice pour la déclaration

Mentit (le Clément Y.

b) Les théories conciliaires ne soûl pas mortes pour aillant. Elles sont toujours discutées par les llieolo Kiens.

Lu 1511, contre le conciliabule de Lise, (’.ajetan († 15 !  ! I) publie à Rome un traité : Auctoritas papa ri concilii sive Ecclesiæ comparata. Le célèbre dominicain > défend les droits de la papauté, soutenant que le cou

cile œcuménique ne tient pas immédiatement de Dieu ses pouvoirs et qu’il ne saurait représenter l’Église universelle s’il n’est uni au pape. Le souverain pontife, au contraire, a dans l’Église unie autour de lui et par lui, l’autorité suprême, qui lui vient de Dieu et de son Christ.

Le coup porta : les prélats de Lise s’émurent et dénoncèrent aux docteurs de l’université de Paris t ce libelle suspect, injurieux pour les coin aies de Constance

et de Bâle > (1512). Louis || appuyait la requête ; il manda à l’université de faire examiner diligemment

le traité de Cajetan et de le réfuter par raisons, points

et articles. lu jeune docteur. Jacques Almain

(† 1515), fut chargé de ce soin. Son Liber de audoritate

L/ et conciliorum generalium, advenu* Thomam

île Vlo, pal ut a Paris dans le courant de cette même

année 1512. toutes les raisons, en effet tous les points, articles et propositions de Cajetan j sont exa minés et critiqués ; toul ce qui ne s’j trouve pas cou tonne aux décrets de Constance et de Bâle est repousse. Vprès avoir établi l’origine divine de l’autorité a

Elastique et l’avoir étudiée dans sa nature et son objet, Almain en vient au sujet dans lequel elle n side. Pi sans doute, et les papes en la personne de Pierre, l’ont

reçue Immédiatement du Christ : mais l’Église univer

selle l’a reçue aussi Immédiatement de son div In fonda leur. l’Église universelle. (’est a « lire l’ensemble d<

tous les fidèles, ou de tous les evéques. soit disperses, soit réunis en concile général. <.ar on voit, (ii Matth. xviii. 17. que l’Église a le pouvoir de Juger tous les

fidèles, sans en excepter, par conséquent, le souverain pont ite lui même. L’autorité de l’Église ainsi définie est supérieu

celle du pape, et c’est pour (c motif que le concile

il. représentant l’Église universelle, a le droit

d’imposer ses volontés au souverain | tife, de l<

juger et, au besoin, de le déposer, lui retirant la

suprême autorité executive qu’il possède.

(ajetan répliqua aussitôt par son ipologla traclatus df comparata auctorttale papm et concilii, Rome, 1512. M.ns la controverse s’éteignit peu r peu > Paris ; la

faillite de théologie n’avait pas encore condamne

l’ouvrage du dominicain lorsque, le il juin 1516, elle

prit connaissance des lettres royales lui enjoignant de surseoir a toute censure : le concordat de I’.oloçne était

conclu.

i. Lr protestantisme. L’année suivante. 1517,

éclatait la révolte de Luther. Ce n’est pas le lieu de

la raconter par le détail. Voir l’art, la nu c, t. ix. col. 1146 1335. Conl re le pape, Lut tur mena une guerre

inexpiable. Il n’est pas une légende, nom. absurde.

pas une table, même répugnante, qu’il n’ait exploitée avec une verve féroce contre son ennemi. Le pape est

I’lc( lirist. celui qui prend la place du Sauveur. Nous

savons comment les réformateurs entendaient les

textes (lu Nouveau l’est aillent : l’ieiie n’est que la

figure du croyant, le représentant de toute l’Église

fondée Mil’l’unique pierre, le ( bxiSt, et MM’la foi de ses disciples. Pierre n’a pas reçu d’autres pouvoirs que les autres apôtres et n’a jamais exerce la primante. Si Us

évoques de Rome sont parvenus a la suprématie sui

toute l’Église, c’est par une suite de circolist aines OÙ leur ambition a joue le principal rôle, aider par les princes, favorisée par les evéques. eux mêmes usurpa leurs.

Dès le i."> juin 1520, par la bulle Exurge, Léon N prononçait l’anal lième contre Luther, et. parmi les pro positions condamnées, il tant en relever plusieurs ton chant la primauté pontificale : -à. Romcuius ponttfex Pétri successor, nmi est Christi oicartus super omîtes iotius mundi Ecclesias, ab i/>so Christo in bealo Petro inslttutus. 26. Verbum Christi ad Petrum : Quodcum quesoloerts super terram. etc. (Matth., xv ii. exlendllur

dumlaxat ad ligala ob ipso Pelro. 27. Cerlum est, in manu Ecclesim uni papa promis non esse slatuere articulas ftdei, iinnw nec leges morum nec bonorum operum.

La lutte ne faisait que commencer, et, parmi les sujets les plus fréquents de la controverse entre auteurs catholiques et protestants, la primauté romaine fui l’un des plus ftprement disputés, [liyricus donnait l’autorité suprême au peuple sous la surveillance des anciens, Calvin la réservait aux seuls anciens, Brenz la confiait au prince temporel, assisté d’un conseil de ministres et de notables.

4. Le concile de Trente et la ré/orme catholique. — Paul III (1534-1549), sur les instances de Charles-Quint, avait, en 1535, envoyé en Allemagne son nonce Vergerio, un futur apostat, pour traiter de la question du concile. Une entrevue avait même, eu lieu avec Luther à Wittenberg ; les négociations semblaient avoir abouti ; un concile fut convoqué à Mantoue pour le 23 mai 1537. Pour arrêter leur ligne de conduite, les chefs du protestantisme tinrent une réunion préalable à Smalkade. Luther y proposa une confession nouvelle, les Vingt-sept articles de Smalkade, où il rejetait expressément la primauté du pape, tandis que Mélanchthon, plus pacifique, concédait encore au pontife romain une supériorité de droit humain. Mais tous furent d’accord pour refuser de se rendre à Mantoue et se réserver pour un concile vraiment libre en territoire allemand. « Que Dieu vous remplisse de la haine du papel » tel fut l’adieu de Luther à l’assemblée.

Le concile de Mantoue fut donc prorogé, le parti des rigoristes vit grandir son ascendant, l’Inquisition fut réorganisée, et l’Index inauguré. Mais la régénération de l’Église demandait autre chose, une vaste et profonde réforme, que seul un concile œcuménique semblait pouvoir efficacement entreprendre et mener à bien.

Il se réunit enfin à Trente, où les sessions s’ouvrirent le 13 décembre 1545. Interrompu à deux reprises (mai 1547-mai 1550, et avril 1552-janvier 1562), violemment agité par les orages qui secouaient le monde politique, il ne put terminer sa tâche qu’avec la xxv c session, les 3 et 4 décembre 1563. Poursuivant de front l’examen et la condamnation des doctrines hérétiques et la promulgation des décrets disciplinaires, il éclaircit les dogmes contestés, excluant par là même de l’Église les sectes protestante ; en même temps il concentrait les forces du catholicisme et donnait à celui-ci une organisation puissante et une discipline précise et rigoureuse.

Il était inévitable que se posât, à un moment ou à l’autre, la question de la primauté du pape et celle qui lui est immédiatement connexe des rapports entre le pape et les évêques soit dispersés, soit groupés en concile.

a) Les partis en présence. — Si l’ensemble de l’épiscopat catholique rejetait avec horreur les invectives des novateurs contre la papauté, s’il considérait comme de droit divin la place du pape au sommet de la hiérarchie, il s’en fallait de beaucoup qu’il fût unanime dan ; la manière de comprendre les rapports entre le successeur de Pierre et les successeurs des apôtres. Les essais de parlementarisme ecclésiastique de la première moitié du xve siècle avaient laissé en divers pays, et notoirement en France, des traces extrêmement sensibles. L’idée de la supériorité du concile sur le pape, proclamée à l’époque du grand danger de l’Église et en vue de circonstances très particulières, s’était généralisée. On lui aurait vainement opposé la définition de Florence signalée ci-dessus, col. 314. Outre que celle-ci, (lest inée aux Grecs, exprimait avant tout, ce que nul en France ne contestait, la supériorité du Siège apostolique sur celui de Constantinople, le concile qui l’avait proclamée, rival du concile de Bâle, n’était pas reconnu

par tout le m >nde comme œcuménique, il s’en fallait. on en dirai ! autant du V* concile du Latran, qui, en certains milieux, n’était considéré que comme une machination d’ordre politique et perdait de ce chef, aux yeux des Intéressés, son caractère d’œcuménicité.

Tan1 que la représentât ion de l’épiscopat se restreignit a peu près exclusivement aux évêques italiens — et ce fut le cas dans les deux conciles de Paul III (15 15 1547) et de.Iules III (1550-1552) — la question des rapports du pape et de l’épiscopat ne prit aucun caractère d’acuité. Il en fut autrement quand, a la troisième reprise, au concile de Pie IV (1 562-1563), arrivèrent a Trente, en nombre plus considérable, tant les évêques espagnols que les évêques français. Peu nombreux au concile de Paul III, totalement absents du concile de Jules III, auquel le roi Henri II était hostile, ces derniers parurent au concile de Pie IV et ilseurent, à partir de novembre 1562, en la personne du cardinal de Lorraine, un chef habile, modéré, assez indépendant de sa cour, d’une part, du pape, de l’autre, et dont l’influence se révéla bi ; ntôt prépondérante. On tenait, dans ce milieu gallican, dont le cardinal était l’animateur, à éviter tout ce qui aurait semblé mettre en échec les doctrines de Constance et de Bâle.

Une alliance ne pouvait que se conclure enti groupe et celui des prélats espagnols, dont le chef était l’archevêque de Grenade, et qui, d’un autre biais, entendait limiter — ou plus exactement délimiter — la puissance pontificale. Le grand principe invoqué dans ce milieu était celui du droit divin des évêques (on considérait plutôt ici les évêques dispersés et non groupés en concile), et ce quasi-dogme prenait toute son importance à propos d’une question d’apparence secondaire, celle de la résidence des évêques. Non sans raison, l’on attachait à cette question un intérêt considérable. Le concile était réuni avant tout, disait-on, pour promouvoir la réforme de l’Église ; la résidence des évêques et, d’une manière générale, des bénéficiers ayant charge d’âme ? était le seul moyen efiicace de parvenir à des résultats tangibles. On croyait donner à ce précepte un appui plus certain en le déclarant de droit divin. On n’était pas fâché d’ailleurs de heurter, ce faisant, les habitudes de la curie romaine, qui, soit par la pratique du cuirul de ? bénéfices même majeurs, soit par le fait qu’elle attirait et retenait à Rome bon nombre d’Ordinaires, donnait une grave entorse aux principes mêmes de la résidence. Sans doute on ne contestait pas au pape la prérogative, découlant de sa primauté, de décider quelles exemptions comportaient les principes, mais on tenait beaucoup à faire proclamer le droit lui-même. Aussi bien, cette question de la résidence de droit divin n’était-elle qu’un des aspects du problème plus général : d’où vient aux évêques leur juridiction ? Leur vient-elle de Dieu immédiatement, ou médiatement par l’intermédiaire du pape ? La majorité de la représentation espagnole tenait pour l’origine immédiate, quelles que fussent les explications, d’ailleurs assez confuses, où s’introduisait le jargon scolastique et par lesquelles on s’efforçait de faire intervenir, dans la collation du pouvoir juridictionnel des évêques, l’autorité du souverain pontife.

A l’extrême opposé de cette manière de voir, si situaient les défenseurs de l’autorité pontificale, canonistes plus encore que théologiens, qui, érigeant en principes éternels les pratiques du moment, avaient tout l’air d’absorber complètement l’autorité des évêques en celle du pape. Ils déclaraient que nombre de docteurs parmi ceux qui avaient bien mérité de l’Église avaient estimé que Notre-Seigneur n’avait institué comme éveque que Pierre tout seul, que les autres évêques l’avaient été par Pierre ou tout au moins par son autorité ; i s voyaient des inconvénients à dire, en reprenant le mot de saint Paul, que les évêques avaient 321

    1. PRIMAUTÉ##


PRIMAUTÉ. LE CONCILE DE TRENTE

été établis par l’Esprit-Saint pour gouverner l’Église de Dieu ; jamais ils n’auraient concédé que les évêques pussent être appelés les vicaires de Dieu i et ils acceptaient difficilement qu’ils fussent nommés les successeurs des apôtres. Voir (les textes en ce sens dans E. Ehses, Conc. Trid., t. ix, p. 231-232. Sur la question même de la résidence, ils soutenaient que les défenseurs du droit divin en arrivaient à séparer l’Église de son chef : l’aire proclamer la résidence de droit divin. c’était garantir l’indépendance de la juridiction épiscopale à l’égard de Home, ei de celle Indépendance il cl ail possible de conclure que l’épiscopat, pris dans son ensemble, était au-dessus de son chef. Telles i les positions respectives, il est aisé de comprendre à quels résultats devait aboutir le concile.

b) Les décision » prises. Sur l’allumât ion même de

la primauté du pape, il n’y eut jamais de difficulté. Au cours des débat s, même les plus aigus, il ne fui jamais porté atteinte a celle prérogative pontificale. On put entendre le vieux doyen de Sorbonne, Maillard, appe 1er le pape > vicaire de Jésus Christ, reetor ei moderalor loiitis Ecclesia », Cône. Trid., t. i. p. 386, el lesambas sadeurs laïques du roi de France parler de même, en présentant les articles de réforme demandés par leur

maître. Ibiil., p. 3’. » 2. Le cardinal de Lorraine, à bien

des reprises, s’exprima dans des tenues analogues

(voir en particulier son luiiiim. iiini., p. 207 208) el se vit d’ailleurs confier par le pape de très importantes missions. On pourrait citer nombre d’évêques fi am aifi

qui parlèrent dans le même sens ; nommons au moins

ceux d’Évreux (ibnl., p. 209), de Verdun (p. L’iui. d’Amiens (p. 21 1), de Châlons (p. 212). Les sentiments de l’unanimité du concile s’expriment, à ce sujet, dans le vole qui termina la dernière Bession (4 déc. 1553). A la question posée : Placeine uobts m huit sacra vécu menicæ synodo finis imponatur ei omnium ei slngulo mm, qua tam sub Paulo III" et Julio III" quam sub .S’" 1 " l)..V. Pio I V, romanis poniifleibus, in ta décréta et deftntta suni confirmatio a B mo romano pontifice

    1. PETATUH’##


PETATUH’.' tous les Illemlires présents, a une seule

exception pics, celle de l’archevêque de Grenade, répondent : PlveET, reconnaissant par là que leur

œuvre ne prend sa valeur que par la confirmation du

souverain pontife. Ibiil., p. 1108.

Mais il fut Impossible de faire aboutir aucune déci sion sur les points contestés. Laissons de côté, parce

qu’elle s’est embrouillée à plaisir au cours des débats,

la question de la résidence (le droit divin. On s’en tint, en lin de compte, à une formule qui ne donnait aux demandes espagnoles qu’une satisfaction bien Impar faite : Cum pracepto ihm" mandedum sit omnibus quibus (inimuriim runi commisse est oves suas cognos cere, pro lus sacriflcium offerre, dil le décret adopté a la XXIII’session (ibid., p. 623), laissant tomber, entre eognoscere et pro lus sacriflcium offerre, le mol regere

qui avait pain dans les projets de janvier 1563. Ibnl.. p. 367 et 369, voir surtout la noie 7 de la p. 368.

Il est plus instructif de voir’le sort qui lui fait aux

textes se rapportanl de façon directe a la primauté pontificale ci aux rapports cuire la juridiction papale

cl celle des évêques. (.’est à propos du sacrement de

l’ordre que celle question avait clé introduite, et les discussions Interminables qui s’élevèrent a propos de

ces lexles expliquent que dix mois se Soient écoules entre la session xxii sur’le sacrifice de la messe ( I 7 sept.

ir>()’2) el la session xxiii sur l’ordre (15 juill. 1563). Ces discussions interféraient d’ailleurs avec celles qui étaient relat ives à la résidence et elles turent terminées en même temps par les décrets dogmatiques et disciplinaires de ladite session.

Sitôt Unis les déliais sur le sacrifice de la nn sm’. I< s théologiens mineurs avaient été saisis des articles sur le sacrement de l’ordre. Conc. Trid., t. ix. p..">. Au

DICT. lu I liror.. c. I HOL.

nombre de sept, ces articles représentaient les doctrines protestantes qu’il s’agissait d’examiner. Le 7e était ainsi conçu : Epîscopos non esse //resbyteris superiores neque habere jus ordinandi. Nulle mention n’y était faite, on le voit, ’lu droit divin. C’est sur les articles en question que travaillèrent d’abord les théoii du concile. De leurs observations sortit le 13 octobre, élaboré par une commission de définiteurs, le pi d’exposé doctrinal et de canons qui devait être soumis aux congrégaf ions générales. I >ans l’ensemble, ce double projet av ail les mêmes lignes que celui qui fut

nitivement adopté a la xxiir session. Le sont les différences qui doivent être remarquées. L i la partie quie t devenue lec. iv (Denz. Bannw., n. faisait allusion à la hiérarchie, où se sériaient les différents ordres, et s’exprimait ainsi : Sequitur in son* tu calnolica Ecclesia, qua ii, l simililudinen illius

Hierusalemn alrit m tira ducripla est, hierarchiam per succedentium ordinum aplissimam distributi uno si vivio un bari n., Christi m ii rn s vicario, roi pontifice constituions me. Trid., t. ix. p

I. (0 sq. Le développement suivant rejetait laconcep lion protestante du sacerdoce universel des fidi

dt ainsi.m pouvoir des évêques : fSynodus) déclarai, prælei cèleras ecclesiasticas potestates epit ml hum hicrarchicum ordinem perlinere, <, ui non solum a presbyleris differunt sed iiii^ eliam supcrioi nom, cum in aposlolorum Un uni successerinl, ete Ibnl.. i. 19 sq. On voit que rien n’exprimait i( i l’existence di droit divin de l’épiscopat ; ce droit divin d’ail n’était pas exclu, et es évêques étaiei I mi>

cesseurs des apôtres. Les can. i 5 avaient sensiblement la forme qu’ils ont gardé* Lt 6. qui signalait

tel ne de la liai an lue. ne faisait pas un ni nui. comme II

canon définitif (Denz. Bannw., n. 966), de l’institution divine (divina ordinaliont) de cette hiérarchie. Le 7% à des différences de style près, avait la forme a< tm lie. Il

n’v av ait pas de 8’canon.

A cette rédaction qui s’efforçait, semble-t ii, d< demeurer neutre, on comparera utilement le texte de la doclrina que Séripandi, on des présidents <u i oi élaborait vers le même moment. Texti i Trid.,

i. ix, p. n 12. Conçu d’une manière beaucoup plus large, cet exposé s’efforçait défaire place au pouvoii épiscopal et a celui du pape. En dehors des d ordres de l’Église, il signalait l’existence d’un pouvoir mm plus seulement d’ordre, mais de juridiction, mai quant ainsi une distinction entre ces deux concepts qui

était absente ib s aut les textes.

Sied pnetei omnes ims gradua, pneter omnei bos iplriluales et eccleslasticaa potestates necesse tuit, superiorem aliqiuuu m Eccleahi esse potestatem, non quantum ad cr

i s i in isi i vert conset natlonem, sed quantum ad corporis

im/siui gubernationem, Mae est eplscoporum potestas qui m m soin m a presbyterls dllTerunt, sed iibs nipei lores su ni. nain euiii in apostolorum locum successerint…

Lien que ne fût pas mentionnée l’origine divine de ce pouvoir Juridictionnel, la façon dont Séripandi ei vaii l’importance était une indication. Mars cetti reconnaissance des droits de l’épiscopal s’accompa gnail d’une affirmation plus formelle encore des droits de la primauté pont Iflcale :

v i cum Ecclesia eathollca una su. ad cujus unitatem

conservandam requiritur ut « mines fidèles In unius ftdel

veiilale enuv cuianl atque ut e]us ie r unen sit ci.huai uni.

necesse esi, ununi totl l ccleslæ præesse i ordinatione ( inisii… ipso i eclesiam suam Invistbillter gubernante il régente, alium esse votait eplscopum et pastorem, a quo Isibilltei i eclesi i catbol eu optimo nUnine gubernaretur, un. pasci retur atque, quod omnium maximum est. in

unilale ventalis lnlei cunt incictur. I I ne pertinent claves

ic ; ni cœlorum uni Petro et successoribus ejus promisse. 1 lue quod illi anie passionem m mdav il : Pgo r giwi / 1

Mil

11.

(Luc, xxii, : t2>. 1 1 utquod ante ascensionem In cselum : Pasce oves mea » (Joa., . 17). Hue, quodad liirisdictlonem pcii 1 1 1 i plenil udo potestat is…

Ce texte, d’ailleurs, ne lui pas mis en discussion, el c’est à propos du texte officiellement proposé le 13 octobre que s’abordèrent les deux pari iv 1 1 y aurait inlcrêl à étudier de près les t>ofa qui turent exprimés dans la discussion générale qui sui il. spécialement ceux de évêques qui apparurent comme les chefs des deux fractions. Voir le votum de l’archevêque « le Grenade, ibid., p. is, et, en sens diamétralement opposé, celui de l’archevêque de Rossano, p. 55. De cette discussion sortit une seconde forme du décret dogmatique qui fut distribuée le 3 novembre. La doctrina, répartie en cinq chapitres, s’efforçait, au c. v, de faire, dans la hiérarchie, une place convenable aux évêques et au pape.

Prœter jam commémorâtes diversos ordinum graduse j spirituales potestates, docet S.synodus, episcopos in Ecclesia catholica sub uno Christi in terris vicario, romano pontilico, per quern sunt in parlent sollicitudinis, non auteni in pleniludineni potestatis vocal i, præcipuum locum obtinere, atque ita, ad similitudinem cælestis 1 Iierusalem, ecclesiasticam hierarchiam per succedentium ordinum aptissiniam dispositionem a Christo Domino constitutam esse… Quoniam vero episcopi in apostolorum locum successerunt… pcrspicuum est, eos a presbyteris non soliun differre, sed illis etiam superiores esse. Ibid., p. 106, 1. 2 !) sq.

Cette idée que le pape appelait les évêques in partem sollicitudinis paraissait pour la première fois de manière officielle ; elle s’exprimait aussi dans le 7e et dernier canon (les autres demeurant inchangés).

(.an. 7 : Si quis dixerit, non fuisse a Christo Domino institutum, ut essent in Ecclesia catholica episcopi ac eos, cum in partem sollicitudinis a pontifice romano, ejus in terris vicario, assumuntur, non esse eros et legitimos episcopos, presbyteris superiores et eadem dignitate eademque potestate non potiri, quam ad ha ; c usque tempora obtinuenint : A. S. Ibid., p. 107, 1. 29 sq.

Il y a intérêt à comparer cette formule à deux autres, dues à l’archevêque de Grenade, qui accentuaient davantage le droit divin des évêques, tout en reconnaissant celui du pape. Nous les fondons ensemble :

Si quis dixerit, episcopos [qui in partem sollicitudinis a summo pontifice vocantur] jure divino non esse institutos neque presbyteris superiores, et eodem jure eos romano pontilici, Christi vicario, in quo solo tanquam in capite omnis plenitudo est potestatis, non subjectos esse : A. S. Ibid., p. 107, note 2.

Il est impossible de relever, même sommairement, les diverses variantes qui furent proposées de ce can. 7 (souvent dédoublé en un 7e et un 8e, parfois un 9e). Leur étude serait néanmoins très instructive, car on y verrait les nuances fort diverses que pouvaient prendre les deux opinions en présence. Textes, ibid.. p. 108-111.

L’est pendant la discussion du texte officiellement préposé qu’arriva, le 3 novembre, le gros de la députalion française, ayant à sa tête le cardinal de Lorraine. Dès le 20 novembre, l’évêque de Lavaur prenait la parole. Tout en se ralliant, d’une manière générale, au schéma proposé, il faisait sur le can. 7 diverses observations. 11 fallait expliquer plus clairement que les évêques étaient institués par le Christ, chacun dans son lù/lisc. La formule qui in parlent sollicitudinis vocali, etc., empruntée à d’anciens documents pontificaux, ne lui déplaisait pas. mais il ajoutait :

Papa succedit Petro, sed apostoli, ut Cyprianus ait, habebant eandem auctoritatem cum Petro. Kst igitur Petrus pastor pastorum, non autem episcopus universalis Ecclesia’, quod et Gregorius Magnus fatetur. ftaque quilibet episcopus habet summam auctoritatem In ejus (= sua) Ecclesia, sed subest metropolitano et denique summopontiîici tanquam ei, qui omnium Ecclesiarum et pastorum

curam babet, qui specuuui débet quomodo ille populum iuum gubernet, Princlpalis Itaque cura Ecclesbe partieula iis est ejus cul coimnUi i est : accessori i autem est papse, qui in universall Ecclesia potestatem habet, episcopus, autem in sua sola particulari ; alias essel unus episcopus in Ecclesia l> « -i <i alii non essent episcopi, ted illitts <// oicarii. Ibid., p. i">x, i. 12 sq.

Sous une imprécision de termes que le compte rendu analytique a sans doute aggravée, on ne peut s’empêcher de trouver ici un effort pour serrer de près un problème que d’autres noyaient sous des flots d’éloquence. Voir, par exemple, le votum de l’archevêque de Rossano, prenant violemment parti contre le droit divin des évêques, p. 112-122.

Plus diplomate que l’évêque de Lavaur, moins théologien peut-être, le cardinal de Lorraine s’expliqua a la séance du 4 décembre. Il essayait une voie moyenne, et, n’en déplaise aux critiques des théologiens pontificaux, il était fort partisan d’un canon qui précisât le caractère de l’autorité du pape : Ocuwum cunonem necessario addendunt censuit in quo plenaria et universalis potestas summi pontificis staluatur. Il n’en était que plus fort pour demander la reconnaissance du droit divin des évêques, que la formule officielle du can. 7 ne lui paraissait pas suffisamment garantir ; il proposait de dire : S. q. d. episcopos non esse a Christo in Ecclesia constituas… A. S. Ibid., p. 108, 1. 35 sq.

Mais cette institution divine des évêques ne disait rien de bon aux adversaires. Lainez et l’archevêque de Rossano s’accordaient à la trouver fort préjudiciable aux droits du pape. Le général des carmes, Nicolas Audet, la taxait tout uniment d’hérésie : Non solum error, verum eliunt hæresis est diccre quod potestas prælalorum inferiorunt pupæ est immédiate a Deo sicut potestas pupæ. Ibid., p. 223, 1. 36 sq.

De ces discussions fort confuses — 205 avis furent exprimés dans la discussion générale sur la seconde formule — une conclusion semblait s’imposer. C’est qu’il convenait, si l’on parlait des évêques et de leur pouvoir, de parler aussi du pape et de définir mieux que par la simple incise : in partem sollicitudinis vocali, son droit universel. Les défenseurs les plus en vue de la primauté, les archevêques d’Otrante et de Reggio, mettaient sur pied, en janvier 1563, une formule qui introduisait quelques relouches dans le c. v de la doclrina, mais qui surtout dédoublait le can. 7. Le nouvel art. 7 affirmait l’institution des évêques par le Christ ; episcopos esse a Christo in Ecclesia institutos ; il serait suivi d’un art. 8 :

Si quis dixerit beatum Petruin ex Christi institutione primum inter aposlolos suinniuntqite ejus incarium (remarquer les « mmn.s-, qui laisse de la place pour d’autres vicaires » du Christ) in terris non laisse, aut in Ecclesia non oportere esse union summum pontifleem Pétri successorem et cum eo regiminis auctoritate parem, et in romana sede legitimos ejus successores ad hsec usque tempora jus primatus In Ecclesia non habuisse : A. S. Ibid., p. 228, 1. 17 sq.

A Home, où l’on était tenu jour par jour au courant de la discussion, les canonistes pontificaux essayaient de leur côté une rédaction du c. v. où s’affirmerait de manière plus précise la dépendance des évêques. Ils n’aboutissaient qu’à un texte embrouillé et presque inintelligible :

l >ocet sant’la s on, lus episcopos, >iui a vero Christi Vicario, pontifice romano, in universum Orbem primitum tene nte, beati Pétri apostolorum principis successore, totiusque Ecclesia ; capite ac omnium christianorum paire, pastorc ac doctore, in partem sollicitudinis assumuntur ex ejusdem Christi institutione in Ecclesia catholica præcipuum locum, dependentem ab eodem Christi vicario, cui in B. Petro pascendi, regendi et gubernandi universalem Ecclestam a 1).. Jesu plena potestas tradita est. obtinere. Quoniam vero episcopi in apostolorum locum successerunt… Ibid.. p. 233, 1. 17 sq.

:’.’PRIMAUTÉ. LE CONCILE DE TRENTE
: >, ic>

Le can. 8, ci-dessus proposé, était maintenu, mais avec suppression de l’épithéte summus devant vicalius et adjonction d’une finale conforme à ce que l’on vient de lire dans la doctrina sur les pleins pouvoirs du souverain pontife. Ibid., p. 234, I. 1 sq.

Or, que l’on se reporte maintenant au texte définitif promulgué à La xxiir session et l’on verra qu’aucune de ce » rédactions n’a abouti et qu’il reste à peine trace dans le libellé actuel d’une doctrine de la primauté. Le c. iv de la doctrina se contente de dire que les évêques, successeurs des apôtres, appartiennent d’une manière spéciale à l’ordre hiérarchique et que, placés, comme dit l’Apôtre, par l’Esprit-Saint pour régi]

L’Église de Dieu », ils sont supérieurs aux simples prè-I l’es. On voit que la mention du souverain pontife a

complètement disparu. Cette mention ne se retrouve qu’au can. 8, qui paraîtra bien grêle, comparé aux définitions si explicites que nous avons rencontrées.

Si quis (lixcrït episcopos, qui auctorltate roman] pontlflcls assumuntur, non esse legltlmos et vi-ios episcopos, sed finmentum numanum : A. s. Denz.-Bannw., n. 968.

En revanche, on remarqiiera que le droit divin dis évêques n’est pas exprimé non plus dans le eau. 7 :

.S7 qttis di.ccril episcopos non cs.se presbyteris superiores. Tout au plus, le eau. <i exprlme-t. Il d’une manière vague que l’ensemble de la hiérarchie est d’institution divine : Si qilit dixerti m Ecclesia catholica non <ssr hierarehiam divina ordinations irulitulam, quæ constat ex episcopis, presbyteris et minislris : A. S. DcuLliannw. , n. 966.

Dans l’état actuel de la documentation, il est impossible de dire comment s’est faite celle simplification, qui est en définitive comme u) aveu d’impuissance. Le procès-verbal de la congrégation générale « lu

; i juillet 1563, qui prépara le texte de la xxii* session, 

tient en deux lignes (Conc. Trid., t. i, p. 601, 1. 35) el

constate simplement l’accord final sur les deux décrets de l’ordre et de la résidence, Quæ duo décréta tandem conclusa w approbata fueruni » ost decetn et ultra menus, qui bas magnis contentionibus ci disputationibut super eis dispuiatum est. Ce n’est certainement pas dans cette séance, bien qu’elle ail duré si heures, que le travail définitif tut accompli, el les renseignements mêmes que fournissent les sources complémentaires (énumé

ires ibid., p. 602, note I) ne concernent en somme que

des détails de rédaction. De l’histoire fort compliquée des rapports échangés ent re Rome, et Tiente de janvier

a juillet, il semble résulter que,’le guerre lasse, le pape l’n' I Y lui nié rue demanda a ses légat s de laisser tomber les articles litigieux. Dans l’impossibilile de trouver une formule qui satisfit aux desiderata des deux part is, il préféra qu’il ne fut pas touché, dans un texte qui après tout était relatif au sacrement de l’ordre, a la

question si délicate des rapports entre juridiction du pape et juridiction des évêques. Beaucoup plus large

d’esprit que les caiionistes et les théologiens de son entourage, désireux avant fout de faire aboutir le concile, respectueux de la libelle d’une assemblée dont

il attendait de grandes choses, préoccupé de réunir pour les votes décisifs l’unanimité inorale, il sacrifia, de bonne grâce, semble I ii, une définition dont la nécessité ne lui paraissait pas s’imposer. Du moins. cette histoire mont ici elle que l’un des problèmes soulevés par le dogme de la primauté pontificale était

encore très loin de sa soin I ion. Sur foule celle histoire,

voir I’. Richard, L< concile de Trente (suite de Hefele Leclercq, Histoire des conciles), p. 651-925, malheureusement confus et partial. Se rapporter de préférence aux textes officiels publies par E. Ehses,

5. Les théologiens postérieurs ou concile de Trente. o) Malgré toul la doctrine axait progressé qui affirme la primauté du pape et sa supériorité sur le concile.

L’œuvre même de la réforme catholique, dans sa conception et dans sa réalisation, le rôle prépondérant assumé par les pontifes romains pour la réussite finale de l’assemblée de Trente, la fondation et l’extension des ordres religieux nouveaux, comme celui des jésuites, favorisaient de plus en plus l’autorité du Saint-Siège. La défense des positions catholiques contre la théologie protestante amenait nécessairement les auteurs catholique a préciser la question du pouvoir pontifical.

Bellarmin († 1621), qui a considérablement développé l’ecclésiologie en reyard des négations luthériennes, calvinistes ou autres, établit d’abord que l’Église n’est ni une démocratie, ni mie aristocratie, ni une dépendance de la société civile, mais une monarchie spirituelle, tempérée surtout par un élément aristocratique. Jésus-Christ, en effet, a fait de son Église, royaume de Dieu, une société, un bercail avant a si tête, an dessus des apôtres et des évêques. rai.s pasteurs et vrais princes de droit divin, saint Pierre, chel unique et pasteur suprême. Saint Pierre ayant fixé son a Rome, les évêques de Itome. sis successeurs, ont hérité de sa primauté.

Si la première fonction du pape est d’instruire, la seconde est de régir le troupeau de Jésus-Christ, agneaux et brebis. A cet te lin. il possède la plénitude de la juridiction ecclésiastique. Seul, il lient son autorité (le Jésus-Christ Immédiatement, les autres évêques devant recevoir la leur par son entremise. Comparée l’ensemble de l’épiscopat, même réuni en concile

rai, il garde sa prééminence effective ; car les jugements conciliaires demeurent encore subordonna

ceux du juge suprême, le pontife romain. Bien plus, le

pape n’es ! justiciable d’aucune juridic lion bumaine. Si

un pape venait a tomber formellement dans l’hérésie,

par le fait même, cessant d’être membre de l’Église, il

cesserait d’être le vicaire du christ, le concile n’aurait qu’a constater cette déchéance. En conséquence de s.,

juridiction souveraine, le souverain pontife exerce sur Ions les fidèles, dans l’ordre spirituel, un pouvoir x <i i laide et direct, connue les primes sur leurs sujets dans

l’ordre temporel. Bellarmin complète son exposé en traitant des principales applications et modalités <u

pouvoir pontifical : jugement des (anses majeures et

appels ; convocation, présidence et approbation des conciles ; élection ou confirmât ion d< s é êques canonl saiion des saints ; approbation des ordres religieux ; dispensai ion des Indulgences, etc. Voir l’art. Bi n w

vus, l. ii, col..")lin s(|.. jpéC. 590 591. I. de La Sel

La théologie de Bellarmin, Paris, 1908, p. 7 1 sq.

Moins original sur la théologie pontificale, plus thétique peut être, el plus systématique aussi qui I Ici lai ini n. Su arc/ ( ; 1017° n’a pas manqué de rev is, les positions catholiques et d’abordei toutes les objet

lions des novateurs. Dans son traite De loir catholica, la disp. est tout entière consacicc a la primauté de

l’évêque de Home, successeur de Pierre. Dieu que tous les apôtres aient reçu du Christ Immédiatement les

plus amples pouvoirs, c’est a Pierre seul que fui donno

la juridiction suprême sur l’Église universelle, et d<

((die sorte qu’il eut I ou joui s. en ce pouv ou. un SUi scur. ce qui n’a pas ete donne aux autres apôtres. l’<

est’c sens de iu es l’drus. dont Suaic/ discute en détail les in Ici prêtai ions diverses, anciennes ou moi Ici lies ; telle est de même la conclusion des autres textes

du Nouveau Testament concernant les prérogatives d< Pierre. De /nie cathol., disp.. sect. i,’)pera, éd. iv es.

t. XII, p. 280 Sq. Mais celle primauté effective de saint

Pierre, elle s’est transmise a ses successeurs sur le sie^c de Rome, et c’est de droit dix in que le i" utile romain esl le pasteur suprême de l’Église universel ! , deuxième point est établi avec un luxe de preuves (pu

prouve le souci de répondre pertinemment aux nom

b l’eu ses obj cet ions historiques faites par les prol est an t s.

Le traité s’achève sur le mode de désignation du pape, sur la certitude que peut comporter la légitimité de tel pape en particulier, sur l’inamovibilité de la dignité et de la fonction papales. Ibid., sect. ii-vi, ]>. 291 sq. Ailleurs, en divers traités, Suarez examine les principaux eus. spécialement en matière de dispenses, d’approbations, de mesures coercitives, où s’exerce la primauté du pontife romain, et il affirme à cet égard qu’il a la suprême juridiction ecclésiastique et que seul il peut créer une obligation qui s’étende à l’Église unici selle.

b) Ainsi, l’on constate que les théologiens privés devancent notablement les définitions officielles. Ils devancent aussi, par exemple, le Catéchisme romain (1560), qui affirme bien l’autorité du prince des apôtres et de ses successeurs, mais en la rattachant comme une nécessité logique à l’unité de l’Église, sans parler ex professa du primat, comme tel, de l’évêque de Rome.

Conclusion sur celle période. — La crise conciliaire et les tentatives d’insubordination n’étaient pas terminées, quand, dans le mouvement complexe du protestantisme, s’amalgamèrent toutes les récentes hérésies. Tandis que les positions théologiques étaient entièrement renouvelées par la controverse, la primauté du pape, aux prises avec les tendances régaliennes, césaropapistes ou nettement schismatiques, sauvait l’essentiel de ses prérogatives, en concluant des concordats, et maintenait plus fermes que jamais les principes sur lesquels s’appuierait une discipline puissamment réorganisée. Si le concile de Trente n’a pas consacré explicitement le triomphe de la doctrine de la primauté romaine, il faut reconnaître que son œuvre tout entière, dont le principal mérite revient à la persévérante action de la papauté, a préparé l’inéluctable et formelle définition du concile du Vatican.

VIII. L’épanouissement : du concile de trente a nos jours (xviie-xxe s.).

Avec le pape Clément VIII (1592-1605), qui donna une édition révisée de la Vulgate et publia un nouveau catalogue de l’Index et les livres liturgiques réformés, on peut considérer l’œuvre du concile de Trente comme achevée. Une nouvelle période commence, pendant laquelle la papauté devra lutter pour assurer l’acceptation et l’application de cette œuvre, en dépit des oppositions des princes, des légistes et parfois de certains prélats. 1o La théologie moyenne : saint François de Sales. — Évoque de Genève, fort au courant des objections protestantes et des thèses rajeunies des théologiens pontificaux ; très au fait, par ailleurs, des visées des gouvernants et des juristes, François de Sales († 1022), contemporain de Suarez et de Bellarmin, est moins un théologien spéculatif qu’un controversiste et surtout qu’un apôtre travaillant directement les âmes, un évêque aussi de la reforme catholique. Qu’il s’agisse de démontrer à ses adversaires que l’Église catholique est « unie en un chef visible », il va droit à l’essentiel : « Je ne m’amuserai pas beaucoup en ce point, dit-il. Vous sçaves que tous tant que nous sommes de catholiques reconnoissons le pape comme vicaire de Nostre-Seigneur : l’Église universelle le reconneut dernièrement à Trente, quandelles’addressaà luy pour confirmât ion de ce qu’elle avôit résolu, et quand elle receut ses députes comme presidens ordinaires et légitimes du concile. » Les controverses, part. I, c. iii, art. 2, dans Œuvres complètes, éd. d’Annecy, t. i, 1892, p. 91. Cependant, l’apôtre du Chablais insiste, quand il y a lieu, sur la primauté du pape et, par exemple, lorsqu’il s’agit de démontrer que :

La cinquième caractéristique des hérétiques est le mépris du Siège apostolique, point où excelle Luther… Si l’on retranchait de Luther et de Calvin les insultes et calomnies déversées contre le Siège apostolique, il en resterait bien peu de piges. lit, cependant, si quelqu’un doute que le mépris

du Siège romain soit une caractéristique de l’hérésie, qu’il écoule les paroles par lesquelles le Christ a établi l’apôtre Pierre chef de l’Église : Et sur cette pierre je bâtirai mou Eglise. Par suite, celui-là n’appartient pas a l’Église, qui ne s’appuie pas sur la pierre que la bouche du <.lu i s t a si grandement magnifiée. Et, puisque le même Christ a coniie ses brebis a la garde de Pierre, elle n’est |> ; is brebis du Christ, celle qui ne veut pas avoir Pierre pour pasteur. Que les hérétiques ne viennent » as après cela prétendre que le pontife romain n’est pas le successeur de Pierre ou que l’autorité accordée a Pierre n’a pas clé transmise au pontile romain ; car, cette autorité avant été conférée a Pierre pour le bien commun de l’Église, elle n’a pas du cesser avec Lierre, lequel devait disparaître par la mort au bout de peu d’années, mais durer autant que l’Église militante, qui demeurera Jusqu’à la fin du monde ; par conséquent, l’Église doit avoir un successeur revêtu de l’autorité même dont’ouïssait Lierre. Or, personne n’a jamais été appelé par l’Église successeur de Lierre, dans ce sens, en dehors du pontife romain. Reconnaissons donc, ce qui est vrai, que le siège du pontife romain est celle pierre sur laquelle a été bâtie l’Église, véritable bercail du troupeau du Seigneur…

Et François de Sales ne se prive pas de citer les nombreux témoignages des Pères, de saint Cyprien à saint Bernard, qui abondent en son sens. Opuscules, ibid., t. xxiii, p. 144 sq.

L’évêque de Genève cependant n’ignorait rien des difficultés pratiques toujours possibles entre les évêques et la curie, presque inévitables entre les princes et le pontife romain.

2o Le développement du gallicanisme et des doctrines régaliennes.

Malgré la bulle de Fie IV (1559-1565) promulguant officiellement le concile, le 26 janvier 1564, et dans laquelle étaient révoquées toutes les concessions de privilèges ou d’exemptions contraires aux décisions tridentines, les gouvernements, qui avaient tant réclamé la réforme ecclésiastique, ne montrèrent que peu ou point d’empressement à l’accueillir. Ni en France ni en Suisse, il ne fut permis de publier les décrets conciliaires. Selon les parlements français, c’eût été porter atteinte aux libertés de l’Église gallicane, et c’est vainement que le clergé en réclamera encore la réception pure et simple aux Étals généraux de 1614. Il est vrai que les conciles provinciaux avaient souvent passé outre et mis en vigueur la nouvelle discipline, du moins quant à l’essentiel. Sur ce point voir V. Martin, Le gallicanisme et la réforme catholique : essai historique sur l introduction en France des décrets du concile de Trente (1563-1615), Paris, 1919.

En Italie, saint Charles Borromée († 1584) avait sans relard travaillé puissamment à l’application des décrets du concile et à leur parfaite assimilation par le clergé italien. Mais en Espagne, à Naples, dans les Fays-Bas. Philippe II n’avait donné son acceptation que conditionnelle, « sans préjudice des droits de la couronne. En revanche, les princes catholiques de l’Allemagne reçurent le concile de Trente à la diète d’Augsbourg de 1566, sans aucune réserve ; ainsi agirent la Pologne, le Portugal et la république de Venise. Mais, pratiquement, un peu partout, les gouvernements deviennent absolus et prétendent tout régenter, même la religion de leurs sujets, en n’accordant qu’un respect fort diminué et une obéissance fort intermittente au chef suprême de l’Église.

1. Le gallicanisme. - A Venise, à l’occasion d’un grave conflit de la Sérénissime république avec le Saint-Siège, le pape Paul V (1605-1621) fulmina l’anathème et l’interdit, le 17 avril 1606, pour défendre les droits de l’Église en matière d’immunités et de mainmorte. Le servile Fra Paolo Sarpi († 1623) était alors le théologien officiel du gouvernement. Il était surtout le chef d’une opposition à la fois politique et religieuse à la cour romaine. Car non seulement il prit à tâche de démontrer que les immunités ecclésiastiques, loin

d’être de droit divin, ne reposaient que sur les conces sions des princes ; il écrivit encore une histoire du concile de Trenle (1619), qui n’est qu’un long acte d’accusation dirigé contre le concile lui-même et surtout contre la papauté. C’est au même conflU polit ico religieux que se rattache l’évolution qui devail mener à l’anglicanisme l’archevêque de Spalato, Marc Antoine de Dominis, dont le ! >< republica christiana commençait à paraître en Til7. La primauté de droil divin du pape y était clairement attaquée. Voir Dominis, t. iv, col. 1668.

Il y aurait injustice à confondre avec ces polémistes outranciers les représentants les plus avancés de la théologie gallicane, le légiste Pierre Pithou († 1596) ou même le syndic de Sorbonne, Edmond Richer(† 1631 I, bien qu’ils se soient I ; i i I s l’un et l’autre les ardents

champions des libertés gallicanes. Le clergé de France, d’ailleurs, au premier tiers <u xviie siècle, était loin

d’être complètement acquis à ces idées. Il faut recon naître néanmoins que les thèses soutenues jadis a Constance et à lia le n’avaient pas eut ie renient disparu.

l’absolutisme gouvernemental était tout disposé a s’en servir. Richelieu voulut tenir la balance égale, et. taudis qu’il faisait brûler le Mn re <iu jésuite Santarelli, De potestate summi pontifleis, Rome, 1625, par la main du bourreau, il obligeait, en 1629, Edmond Richei a. une rétractation. La crainte de la prépondérance des jésuites, partisans déterminés de l’autorité pont Ificale, la naissance et les progrès du Jansénisme, la complaisance royale, tout concourait a grandir l’école ^ ; illi cane : en 1636 encore, on oail une portion du clergé demander le rétablissement de la Pragmatique. Sur tout ceci, voir Y. Martin. Le gallicanisme politique et le clergé de France, Taris, 1929.

Tant que les conflits furent circonscrits dans les limites des questions temporelles ou mixtes, la primauté

du pape ne fui pas mise en cause à proprement parler.

Mais, en 1681, Louis i convoqua une assemblée extraordinaire du clergé, qui compta trente six prélats

et treille huit députés <u Second ordre, choisis a la

dévotion de la cour. La question de la régale lut l’oc

casion d’une déclaration au sujet de la puissance.

siastique en général et de l’autorité spirituelle du pape

in particulier. BoSSUel († 1704), qui avait une nm

Fiance médiocre en ceux qui allaient ainsi légiférer, S’efforça de maintenir les débat ! dans la ligne de la tradition catholique. Mans son sermon d’ouverture, nous savons par lui même qu’il eul grand soin de ne pas atténuer les droits du pape et qu’il voulut expies sèment maintenir intact ce mol de < harlemagne que.

quand celle Eglise (l’Église romaine) imposerait nu JOUg a peine supportable, il le lalicllail souillai plutôt

que de rompre la communion avec elle. Néanmoins, l’assemblée adopta les quatre articles si fameux de la déclaration du clergé de France. Voir l’article DÉ< i ration de 1682, t. ii, col. 185 205, a compléter par

V. Martin, op. Cit. Si le premier article peut elle cou si dére comme respectant siillisainineiil le principal spi rituel du pontife romain, il n’en est pas de même des trois autres. Le deuxième, en eflet, professe expresse

ment la validité des décrets de Constance sur la supé liorilé du concile. Il est d’ailleurs erroné, puisque ni les papes n’ont approuvé ces décrets, ni la pratique de toute l’Église ne les a confirmés. I >u troisième art Icle, le moinsque l’on puisse dire, c’est qu’il est forl Imprécis

en réalité, il s’éclaire par le précèdent et revient il pic

tendre que l’exercice de l’autorité pontificale est réglé

par les canons conciliaires, qui lui sont supérieurs, et aussi par les coutumes, maximes et canons de l’Église

gallicane, opposes aux décrets disciplinaires de Trente. Le quatrième, plus vague encore, ise à restreindre l’infaillibilité pontificale, à rencontre des précédentes déclarai ions du clergé de France (1625) et de la faculté

de Paris (1663). Sur ces deux derniers actes, voir Y. Martin, op. cit., p. loi sep, 21^ sq.

In édit royal du X mars lli « 2 tit de la déclaration une loi d’État et rendit obligatoire en France l’enseignement des quatre articles. La Sorbonne y lit bien opposition pendant quelque temps, moins par souci d’orthodoxie que par indépendance : il fallut se soumet t re. A la demande du roi. Bossuel essa a l’apologie de ce qu’il considérait un peu comme son œuvre, dans sa Defensio declarationis gallicans, remaniée sans i jusqu’à son dernier jour et jamais publiée de son vivant. Le P. Maimbourg en fit autant, par son Traih historique de l’établissement et des prérogative » de l’Église de Rome et de ses évéques, Taris, 1685. Le gallicanisme s’infiltra de proche en proche jusque chez les savants bénédictins du xvrr siècle et, parmi les historiens de l’Église, chez Tillemont, Launoy, Alexandre, plus tard l’Ieiii.

Le pape Innocent XI (1676 L689) et après lui Alexandre VIII (1689 1691) protestèrent contre la

déclaration. Alexandre VIII, en 1690, la cassa formellement, comme nulle et sans valeur. L’entente lu Se rétablit entre Louis XIV et le Saint Siège que s..us

le pontificat d’Innocent XII (1691-1700) : les membres de l’assemblée de 1682 promus a des évêchés n’obtin

n ut du pape leurs bulles qu’au prix d’une rétractation

et d’une lett re de repentir, et le roi. de son ( ftté, et rivit au pape, le l l septembre 1693, pour lui annoncer le reliait de son édit. Mais les tendances gallicanes pei sisit reni longtemps parmi les théologiens du clei France.

Le plus représentatif, sans doute, de ces maîtres de la théologie gallicane, est Honoré rournélj (1 I qui reconnaît, à vrai dire, la primante de Pierre, m. us n’accorde à ses successeurs qu’une primauté diminuée, subordonnée à celle des conciles et des canons. "ir l’art. « .Aiiii wismi. t. vi, col. 1096 1137.

En face de celle tradition, qui w réclame fort de Gcrsonel s’appuie surtout sur le concile d< Constance, il faut signaler la piimaneiuc de la tradition ultramontaine, acquise a la plenitudo potestatis revendiquée pai le saint Siège. Elle est brillamment représentée par les théologiens des grands ordres religieux, mais aussi pai des auteurs moins Intéressé ! aux prérogatives romal nés. Citons l cnelon t ; 1715), « lent la Dissertatio ! < summi pontificis auctoritate, composée aprèsl’a ! idée de 1682, est explicitement favorable non seule ment a la supiéme Juridiction spirituelle, mais encore

au magistère infaillible du souverain i tlfe. Citons

encore Jean Claude Sommiei (1 1737), dont V Histoire dogmatique du Saint Siège, dédiée à n../f<.x, nL, ’/c /<i//v Clément 1. 7 vol., Nancꝟ. 1 7 1 1. 1733, n’étail pas simplement destinée, i gagner les faveurs de Tonne et qui renferme tant de pages solides ; citons Mathieu Petitdidier († 1728), dont le Traité théologique pour l’autorité el l’infaillibilité du pape, Luxembo

1724, fui violemment attaqué 1 par les jansénistes, qui en obtinrent même la suppression, par arrêt du parlement de Met/ et de Paris (8 juin et l" Juill. 1724). i i, du même auteur, Dissertation historique et critique sur le sentiment du com il>- </< Constance, tout fiant l’autorité fi l’infaillibilité des papes, Luxembourg, 1 7J7.’_'. Lc fébronianisme. Le plus opiniâtre des cano nistes gallicans fut, sans contredit, le Flamand Zcger Bernard Van Espen (1 1728), professeui a 1 ou v ain, qui dut se réfugier en 1 follande pour av olr relus. d’accepter la bulle Unigenilus. Il eul comme

Jean Nicolas de llontheim {’17nii), auxiliaire et

vicaire général de l’évêque-électeur de Prèves. Pet suadé que les excessives prétentions de T.. une axaient

creuse la scission dans l’Église, pi ln< ipaleliieiit a ce les dissidents du protestantisme. I lontbeim écitv il. SOUS le pseudonyme de Fébronius, en 1763, un ouvrage reten33 l

    1. PRIMAUTÉ##


PRIMAUTÉ. LE GALLICANISME

332

Lissant : De siniii Eeclesiæ deque légitima potestate romani poniificis. Il n’y reconnaissait au pape qu’une simple primauté d’honneur, sans la primauté de juridiction, déniait radicalement a l’Église son caractère monarchique et subordonnai ! formellement le pontife romain au concile général. En conséquence, il invitait avec instance le souverain pontife à renoncer aux droits et prérogatives qu’il devait soit aux concessions de ses pairs, les autres évêques, soit aux Fausses décrétales, soit même a la violence. Les évêques, du reste, et les princes étaient véhémentement exhortés à sauvegarder l’Église menacée dans sa constitution divine, eu contraignant Rome à se désister de ses prétentions, si les conseils et les prières n’y suffisaient pas. L’ouvrage servit quelque temps, malgré les inégalités et les contradictions qu’on y pouvait relever, à alimenter les polémiques des dissidents contre la hiérarchie catholique et surtout contre la primauté pontificale. Dès 1704, le pape Clément XIII (1758-1769) le condamnait et dès lors toute l’Europe fut inondée de réfutations et d’apologies. Au premier rang des adversaires de Fébronius, il faut distinguer le jésuite Zaccaria († 1795), avec son Antifebronio, Pisaro, 17(57 : Pierre Ballerini († 1 764), avec son traité De vi ac ratione primatus rornanoTum pontificum, Vérone, 1770, et Nicolas-Sylvestre Bergier († 1790), qui, malgré ses préjugés gallicans, sut écrire contre l’audacieux traité de Fébronius une lettre fort pertinente au duc Louis-Eugène de Wurtemberg, le 12 octobre 1775. Enfin, à l’incomplète rétractation de Hontheim, en 1778, le cardinal Gerdil († 1802) opposa une remarquable critique, Animadversiones in commentarium Justini Febronii in suam retractalionem, Home, 1793.

3. Le joséphisme et le synode de Pistoie.

Joseph II, empereur d’Allemagne, sut accommoder à ses fins politiques et à ses visées philosophiques les théories de Fébronius. Il soumit à son placet toutes les bulles pontificales (1781) ; il abolit la réserve papale et reconnut aux évêques le pouvoir d’absoudre de tous les cas réservés (1781) ; il supprima de même les empêchements canoniques des troisième et quatrième degrés de parenté (1783). En même temps, il s’attaquait au pouvoir des évêques, fermait des couvents, limitait le nombre des séminaires et s’ingérait de mille manières dans l’administration ecclésiastique et jusque dans les moindres cérémonies du culte. Léopold II, successeur de cet « empereur sacristain », rapporta les lois novatrices dans les Pays-Bas, mais en Autriche le joséphisme, le droit du souverain circa sacra, survécut ; il prédominera jusqu’en 1850.

Une autre manifestation de fébronianisme, approuvée par Joseph II, ce fut, en 1780, le congrès d’Ems. Là se réunirent, pour protester contre l’érection d’une nonciature à Munich (1785), mais surtout pour assurer l’indépendance des archevêques envers Home, les délégués des archevêques-électeurs de Cologne, de Trêves et de Mayence, auxquels s’étaient joints les représentants de l’archevêque de Salzbourg. De cette assemblée sortit une punclation en 23 articles qui abrogeaient toutes les exemptions, supprimaient les recours et demandes de dispenses à Home, comme aussi la prestation par les évêques du serment de fidélité et d’obéissance au Siège apostolique. De plus, les bulles et les brefs des papes n’entreraient en vigueur qu’après acceptation et publication par les évêques. Lu définitive, les électeurs prétendaient réduire les droits et les pouvoirs du pape à ceux qu’il avait durant les trois premiers siècles. Ce ne fut là qu’une démonstration sans suite : la majorité de l’épiscopat allemand demeura dans la soumission au Saint-Siège, qui, en la personne de Pie VI (1775-1799) et du nonce de Cologne, Pacca, garda une attitude ferme et résolue. En 178’.). les trois électeurs reconnurent expressément le droit du souverain pontife à

envoyer des nonces et a accorder des dispenses, et l’ie Y I, dans sa réponse, mit en pleine lumière le fond. ment de ce droit et des autres prérogatives du chef de l’Église. Du reste, en 1780, le pape Pie VI, dans son bref Super soliditates, avait condamné à la fois le fébronianisme et la punctation d’Kms.

Eli Italie, la lutte n’était pas moins vive : la plupart des cours montraient une hostilité grandissante contre le Saint-Siège. Le grand-duc de Toscane, Léopold. frère de Joseph 1 1, secondé dan » les affaires ecclésiastiques par un prélat imbu d’idées jansénistes et gallicanes, Scipion Ricci, évêque de Pistoie-Prato, et d’un professeur de Padoue, Tamburini, introduisait nombre de réformes inconsidérées dans les diocèses toscans. Pour vaincre les résistances, Léopold provoqua la réunion d’un synode, qui se tint à Pistoie, par les soins et sous la direction de Ricci. On y toucha, par une foule de mesures, au droit canonique, au culte et aux prérogatives du pouvoir civil cirai sacra ; mais on y professa au ; si le jansénisme et le gallicanisme, jusqu’aux quatre articles de la déclaration de 1682 inclusivement. .Malgré la pression du gouvernement, la plupart dis dix-sept évêques de la Toscane "e refusèrent à adopter les décisions de ce conciliabule ; le peuple même se révolta contre les innovations : le palais de Ricci fut menacé, et à la mort de Joseph II, quand l’archiduc devint empereur, Ricci dut résigner son siège (1790). La bulle Auclorem fidei, du 28 août 1794. condamna le synode de Pistoie et ses doctrines nettement hétérodoxes. Il faut signaler, en particulier, la condamnation, comme hérétique, de la dénomination attribuée au pontife romain de chef ministériel de l’Église.

Insuper, quae statuit, romanum pontificem esse capul ministeriale, sic explicata ut romanus pontifex non a Christo in persona beati Pétri, sed ab Ecclesia potestatem minKterii accipiat, qua velut Pétri successor, verus C.liriiiti vicarius ac totius Ecclesia 1 caput pollet in universa Ecclesia : Iheretica.

A la fin du même document est réprouvée la témérité insigne et frauduleuse du synode, qui a osé louanger et adopter les quatre articles gallicans de 1682. malgré les condamnations des papes Innocent XI et Alexandre VIII. Ricci se soumit en 1799 et renouvela sa rétractation, en 1805, aux pieds de Pie VIL Voir l’art. Pistoie (Synode de), t. xii, col. 2134-2230.

La papauté avait malheureusement moins bien défendu ses prérogatives en cédant, de guerre lasse, à l’offensive des cours et des gouvernements, qui exigeaient la suppression de l’ordre des jésuites. La Compagnie de Jésus supprimée par le pape, qu’elle avait toujours vaillamment servi, allait manquer à l’Église pour un temps, qui serait particulièrement tourmenté et périlleux.

3° De la révolution française au concile du Vatican (1789-1870). — Nous n’avons rien dit de l’action des papes contre le jansénisme ou contre le quiétisme ; il est à remarquer, à ce propos, que si le gouvernement royal, en France, sut retrouver la véritable notion du magistère pontifical pour demander la condamnation du jansénisme et du quiétisme, les parlementaires gallicans lièrent finalement partie avec les disciples dégénérés d’Arnauld pour faire front contre l’autorité suprême du Saint-Siège. Tandis qu’à Utrecht, dès 1723. un schisme positif se déclarait et se consommait, en opposition à la bulle Unigenitus, en France, jansénistes aigris et gallicans obstinés étaient prêts pour des entreprises de plus vaste envergure.

1. La constitution civile du clergé.— La constitution civile du clergé fut. en effet, l’aboutissement non pas seulement des menées des. philosophes », mais encore des rancunes et des préjugés accumulés et coalisés contre Rome depuis cent cinquante ans et plus. Ce que nous devons signaler ici. dans cette nouvelle et révolu333

    1. PRIMAUTÉ##


PRIMAUTÉ. RENOUVEAU DE LA DOCTRINE

tionnaire pragmatique du.2 juillel 1790, c est n même temps que le bouleversement des lois et des coutumes canoniques, la rupture presque complète’1rs liens hiérarchiques avec Rome et la méconnaissance de la primauté du pape.

Le 13 avril 1791, par le bre ! Chantas, Pie VI condamnait solennellement cette violation des droits , 1c L’Église et de son chef, interdisant, du même coup, aux ecclésiastiques de prêter le serment à la constitution « hérétique en plusieurs articles, sacrilège, schématique, renversant les droits du Saint-Siège, aussi opposée à l’ancienne discipline qu’a la nouvelle

On sait comment le schisme s’aggrava par a persécution et comment cette persécution atteignit I je vi lui-même, qui devait être, suivant ses ennemis, le dernier pape. Voir l’art. Constitution civile du clergé, t. iii, col. 1537 sq. v.inxiin

2 Concordai et Articles organiques. Pie VU M*"" 182 : 5), successeur de Pie VI, presque aussitôt après sou avènement, put rétablir en franc son autorité, avec le libre exercice du culte. Le concordai signé en 1801, devenu loi d’État en 1802, consacrait, une fois de plus, la primauté romaine. Toutefois, au Concordat, traité bilatéral, Bonaparte Ht accoler soixante-dix-sepl articles organiques, rédigés par ses légistes, à l Insu du pape, et promulgués avec le Concordat, comme s. ls

formaient avec lui un toul indivisible (8 avril 1802). A l’Instar de l’ancien régime, on veut sauvegarder les [Ibertés gallicanes : l’exequatur gouvernemental est requis pour la publication et la mis, - en vigueur des actes pontificaux ; la déclaration de 1682 sera obligatoirement enseignée dans les séminaires ; I appel comme d’abus est rétabli, et certains cas sont prévus, où les ecclésiastiques sont justiciables du Conseil d’État ; aucun concile ne peut se tenir sans autorisation du gouvernement. Bref, toul l’arsenal désuel delà monarchie est de nouveau utilisé, « .’est en vain que

Pie VII protesta contre celle addition. Par ailleurs, on

a nu dire que les Articles organiques ont servi à fane passer le Concordat, malgré l’opposition acharnée qu 11 soulevait. Rien, en revanche, ne désarma la fraction des anticoncordataires de la Petite-Église, en France, et des stévénistes en Belgique qui, les uns et les autres. nevoyaient dans l’acte de 1801 qu’un attentai sacri

I, ., ,, . aux droits imprescriptibles de l’Église et décli paient la Juridiction des évêques nouveaux, exemple

que suivra, en 1809, la série tyrolienne « hs manhar tiens à l’égard des prêtres envoyés par la Bavière. Encore faut. Il ici souligner cel acte considérable

inouï dans les fasles de la papauté, par lequel I le VU demandait à toul l’ancien épiscopat une démission pure et simple et déclarait qu’en cas de relus llpassc rail outre, dépossédanl ainsi de leurs sièges les anciens titulaires. Au seuil du xix » siècle, c’étail une solennelle affirmation, par un l’ait immense.de la primauté du pontife romain.

Ni les exigences de Napoléon, dans l affaire du mariage de son frère Jérôme, que Pie M refusa de déclarer nul, ni la procédure gallicane que l empereur mil en œuvre pour faire casser son propre mariage, ni la pression exercée sur le pape prisonnier pour lui arracher les onze articles préliminaires du concordat de Fontainebleau (1813), n’eurent raison de la résistance de Pie Y 1 1 et ne purent lui faire abandonner les droits essentiels du Siège apostolique : le pape au dernier moment parvint à se ressaisir eu dépit des manœuvres

, 1e l’empereur.

3 Restauration et renaissance catholique. Louis XVIII conclut avec le pape Pie VII une nouvelle

eonvention.lcll juin 1817, laquelle ne fut jamais exé cutée.Maisles Articles organiques furent en partielaissés

dans l’oubli jusqu’à CC que, sous le ministère, 1e illele.

en 1824, un décret royal vhil ordonner de nouveau

l’enseignement « les quatre articles dans les séminaires, epemdant, une série de concordats allemands. ron’eùrs entre la papauté et les différents É taises le congres de Vienne, donnaient a 1 autorité du Saint-Siège ^occasion de s’affirmer au pays de Luther et de Fébronius, tandis qu’un « nouveau catholique y rendait a la vieille foi romaine son prestige dans la littérature et dans les arts.

En France, le comte Joseph de Maistre (J l*2J> fa V sait paraître son livre fameux Da pape, Pans, 1820 1 s’attache a démontrer non par la théologie, mais par , a rl ature des choses, comment li ; glise universelle ap p elk la suprématie pontificale, et cel e-c. 1.nia. hb liVe du souverain pontife. L’ordre naturel, c est, en effet nue l’Église soit gouvernée comme toute a association, que son gouvernement soit une monar cW étant donn é, le noml re des sujets et étend.

de l’empire ». Voir l’art. ^ « "JV’^Ï-Î/t col 1663-1678. L’abbé Félicité de Lamenna

soutenait au début des idées semblables, pnn, , p.

lement dans son ouvrage De la religion ******* ses rapport » avec l’ordre politique et eloil, 1 ans. -, ous deux s’élevaient ai ec éloquence contre le » surs : vants de ce vieux gallicanisme qui ne pouvait conec voir, disaient-ils, les libertés de l’Église de Frana

dans l’asservissement à l’État.

Blen tôt, |, , hoe du gallicanisme et du l.beral.s.n conjonction parfoisd< ces deux tendances, au cours du X ixe siècle, font apparaître, plus manifeste que Jai la nécessité d’une suprême iiiridlrtton splritueft changements de régime, en Fnmce, l’insurrection de.la

Bêla le soulèvements de Grèce, de Pologne, d

ménie, l’émancipation des IrlandaU, les mené, bonarisme italien, les agitations poiir le Wsorffimento,

autanl d’occasions pour le souverain pontife d Interxi nil. pie m (1829 1830), dans s., première encyclique (l(1’., , m ai 1829, s’élève à la fols contn ces sophlsl du siècle qui ouvrent le port du salut a toutes l rions et contre ces sociétés secrètes d’hommes fa. lieux qui s’appliquent à désoler l’Êglls. et ft perdn , , , , , i n Vllemagne, c’est contre la législation antl canonique concernanl les mariages mixtes qu agir le ihef de l’Église, par un bref du 25 mars

ptr un, - s, , , , , , -rae.es d’autorité. En Portugal, « rire XVI (1831 1846), dans les années 1833 et ivh. menace dom Pedro et Marie II des peines canoniques les plus sévères et obtient que cesse la persécution idln

gée contre le clergé. En 1845. H rei he au tsai

las [ « | CS brutales Injustices de son gouvernement a l’égard des catholiques et… obtient l’atténuation des lois persécutrices. En Suisse, les catholiques, aux p.

avec iii, gouvernement sectaire, sont vigoureusemenl défendus par le pasteur suprême, dans l’encyclique du

, 7 mal 1835. En France enfin, le libéralisme religieux de Lamennais est condamné par l’encyclique Miran

r.. s de 1834.

Wee Pie l (1846 1878), l’action du pontife rom s’intensifie encore, au fur et à mesure que les nécessites

de l’heure l’exigent. Libéralisme en Italie. Joséphlamc

en Autriche, appelle, , ! tour à tour la réprobation du

pape, tandis qu’en Uleraagne. de 1857 a 1860. il * avec les principaux États une série nouvelle de concordats pacificateurs et que. Angleterre, par un bref du 29 septembre 1850, il rétablit la hiérarchie catholique. "’Mais c’est surtout avec l’encyclique Quoi le Sullabus (8 déc 1864) que s’affirme la primaut. ritU eiie du vicaire de Jésus-Christ, routes les erreurs issues du gallicanisme, du rationalisme et du libéralisme x sont réprouvées une fois de plus. Retenons parmi les propositions condamnées, celles qui visent particulièrement la primauté du pape :

xviii i uveralns ponUles et les conciles cecun

ques se sont écartés des limites de leur pouvoir, onl usurp »

    1. IMUM I’l’É##


IMUM I’l’É. LE CONCILE DU VATIC N

1rs droiti des princes ci se Boni trompés dans certaines de leur-, définitions, même en matière de i’à et de morale. - — xxvin. il n’esl pas permis aux évi ques de publier même les lettres apostoliques sans la permission du gouvernement. kxxiv. La doctrine de ceux qui comparent le pontife romain a un prince libre et exerçant son pouvoir dans l’Église universelle est une doctrine qui a prévalu au Moyen Age. — xxxv. Rien n’empêche que, par un décrel d’un concile généra ] ou par le fait de tous les peuple-, le souverain pontifical

soit transfère (le l’évêque et (le la ville de Rome a un autre évêque et a une autre ville. - XXXVII. Ou peut instituer des l’élises nationales soustraites à l’autorité du pontife romain et pleinement séparées de lui. — xxxviii. Trop d’actes arbitraires de la part des pontifes romains ont poussé à la division de l’Église en orientale et occidentale. — xlix. L’autorité séculière peut empêcher les évoques et les fidèles de communiquer librement avec le pontife romain et réciproquement. — l. L’autorité séculière a par elle-même le droit de présenter les évêques et peut exiger d’eux qu’ils prennent en main l’administration de leurs diocèses avant qu’ils aient reçu du Saint-Siège l’institution canonique et les lettres apostoliques. — t.i. Bien plus, la puissance séculière a le droit de déposer les évêques et de les priver de l’exercice de leur ministère pastoral ; … elle n’est pas tenue d’obéir au pontife romain en ce qui concerne l’institution des évêchés et des évêques. Texte latin dans Denz.-Bannw., n. 1723 sq.

En divers pays, Italie, France, Russie, le pouvoir civil interdit la publication du document pontifical. Mais en France, l’épiscopat et l’opinion catholique, sans distinction d’écoles ou de partis, élevèrent contre cette interdiction d’énergiques protestations ; ceux-là même qui seraient un peu plus tard les adversaires de la définition de l’infaillibilité pontificale se firent alors les défenseurs de la suprême juridiction du chef de l’Église.

4. Le concile du Vatican et la définition de la primauté romaine. — Au reste, la primauté du pape n’était pas directement mise en question parmi les théologiens catholiques, mais seulement l’infaillibilité « personnelle » du pontife romain, conséquence logique de sa suprême autorité spirituelle ; encore ne voulait-on discuter que l’opportunité d’une définition de cette prérogative.

Quoi qu’il en soit, la primauté continuait de s’exercer : le 14 décembre 1869, la constitution Apostolicse Scdis, du 12 octobre précédent, modifiait, sans attendre l’ouverture du concile, toute la législation canonique des censures et des cas réservés. Le 29 juin 1868, Pie IX avait publié la bulle d’indiction du concile. dont il fixait l’ouverture au 8 décembre 1869. Les 8 et 13 septembre, deux autres lettres apostoliques avaient été adressées, l’une. Arcana divinse Providentise, à tous les évêques schismatiques d’Orient, l’autre, Jam vos omnes, aux protestants et aux membres des autres communions dissidentes. Mais aucun prélat grec ou oriental ne parut au concile, ni aucun représentant des autres confessions séparées. Nous n’avons pas à étudier ici en détail l’histoire du concile, voir l’art. Vatit (Concile du), mais seulement à marquer le résultat auquel il aboutit sur la présente question. Le 18 juillet 1870, dans la IVe session publique, s’ouvrit le scrutin définitif, par lequel fut adoptée par une majorité importante la constitution Paslor selernus sur l’Église, que Pie IX promulgua sur-le-champ. Le c. IV aborde cl définit le magistère infaillible du pape, tandis que les chapitres précédents concernent sa primauté. Le c. Ier reconnaît et proclame la primauté de saint Pierre, en condamnant toute assertion qui tenterait de la nier ou de la ramener à une simple primauté d’honneur. Le c. ii définit spécialement < la perpétuité » de celle primauté de saint Pierred ans ses successeurs, les pontifes romains :

Quod aiitem in beato Ce que le prince des pasapostolo l’elro, princeps tcurs, le souverain pasteur

pastorum et pastor magnus des brebis, Notre-Seigneur ovium, Dominus Christus, Jésus-Christ, pour le salut

in perpetuam salutem ac

perenne Louiiiu I aclesia instituit, id eodem auctore

in Lcclesia, quæ fundula super petram ad liuem saculoruin usque filma slabit, jugiler durare necessee I. Xulli sane iluhiuin, imino

sieeuiis omnibus notum est,

qUOd salictus bcal issmius « pie l’etius, apostolorum princeps et caput ftdeique columna ci Ecclesia ; catho licalundamentum, a Domino iiostro Jesu Christo, salvatore humant generis ac redemptore, claves regni accepit : qui ad hoc usque tempus et semper in suis successoribus, episcopis sancta : Romanse sedis, ab ipsofundatae ejusque consecrata ? sanguine vivit et prasidet et judicium exercet. (Conc. Ephesinum, act. 3 a ; cf. Mansi, Concil., t. iv, col. 1295.) l’nde quicumque in bac cathedra Pétri suecedit, is secundum Christi institutionem primatum Pétri in universam Ecclesiam obtinet. < Manet ergo dispositio verit itis, et beatus Petrus in accepta fortitudine peine perseverans suscepta Ecclesia ; gubernacula non reliquit. (S. Léo, Serm., iii, De suo natali, 3. P. L., t. liv, col. 146). Hac de causa ad romanam l-’cclesiam « propter potentiorem principalitatem necesse semper fuit omiieru convenire Lcclesiam, hoc est eos, qui sunt undique fidèles i S. Irena ? us, Contra hivresen, t. III, c. ni, ?, , ]’. G., t. vii, col. 849), ut in ea sede, e qua « vencrandacommunionis jura » (S. Ambrosius, Epist., xi, 4, P. L., t. xvi, col. 946) in omnes dimanant, tanquam membra in eapite eonsociata in unamcorporis compagem coalescerent.

Si quis ergo dixerit, non esse ex ipsius Christi institutione seu jure divino, ut beatus Petrus in primatu super universam Kcclesiam habeat perpetuos successores ; aut romanum pontiftcem non esse beati Pétri in eodem primatu successorem : A. S. Denz.-Bannw., n. 1824, 1825.

perpétuel et le bien (le l’Église, a institued ois la

personne du bienheureux

apvtre Pierre, il faut. avec son aide, que cela dure d nis cette Église, qui, fondée sur la pierre, doit demeurer inébranlable jusqu’à la fin des miJcs. Nal ne doute, tous les siècles savent que le glorieux saint Pierre, prince et càe ! des apôtres, colonne de la foi. fondement de l’Église catholique, a reçu de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sauveur ci rédempteur du genre humain, les clefs du royaume et que, jusqu’aujourd’hui, il it toujours, préside, juge dans ses successeurs, les évêques du saint siège de Home, fondé par lui et consacré par son sang. (Conc. d’Éphèse.) Quiconque dès lors succède à Pierre sur cette chaire, celui-là, selon l’institution du Christ, détient la primauté de Pierre sur toute l’Église. « Ainsi demeurent les dispositions prises par la vérité même, et le bienheureux Pierre, qui garde la force une fois reçue de lu pierre, n’abandonne point le gouvernail de l’Église qui lui fut confié. (Saint Léon.) C’est pour cette raison que de tout temps il fut nécessaire, qu’avec l’Église romaine, à cause de son pouvoir tout spécial, se mit d’accord toute Église, en d’autres termes les fidèles de partout » (saint Irénéel, pour que, en ce siège, » source, pour tous, des droi ts d ? ta communion (saint Ambroisc), ils se fondissent on un seul corps, étant les membres associés a la tête.

Si quelqu’un prétend, dés lors, que ce n’est point par l’institution du Christ, et donc de droit divin, que le bienheureux Pierre a des successeurs de sa primauté sur toute l’Église, ou que le pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre en ce qui concerne la primauté, qu’il soit anathème.

Le c. iii, De vi et ralione primalus romani pontificis, précise bien que le pape est, par le fait, investi d’un pouvoir direct et immédiat sur toute la chrétienté, sur toute la hiérarchie, sans préjudice d’ailleurs des droits de la juridiction ordinaire et immédiate des évêques qui sont très explicitement rappelés. Par conséquent, le pape doit jouir du libre exercice de son ministère apostolique et de la libre communication avec tous les membres et toutes les parties de l’Église ; en toute cause canonique, on peut interjeter appel à son jugement, lequel est indéformable même par un concile œcuménique. Voici les passages essentiels de ces textes :

Docemus et declaramus. Nous enseignons et décla-Ecclesiam romanam. dispoions que l’Église romaine, nente Domino, super omnes alias ordinarbs potestatis obtinere principatum, et banc romani pontiflcisjurisdictionis potestatem, qu ; i’vore episcopalis est, Imme-’I i ; i t uni esse, erga quam cu-Juscumqueritusetdignitatis pastorea atque fidèles, tam scorsum slngull quam siiiuil omnes, offlcio hiérarchies subordinations veræque obedientlae obatringunt m.

non soluiii in reluis quæ nd lidem ci mon s, sed etiam in iis, quæ ad disciplinant et regimen Ecclesiaa per totum ni lu m diffuaae pertlnent ; ila « t, cuatodlta cum romano pontiflee tam communionls quam ejuadem Bdel professionia unitate, Ecclesia I hristi sit nnus grex sub unoaummo pastore… I >enz. liannw., n. ]H27. Tantum autem abest, ut

li : rc sumini pontiflcia potestus officiai ordlnarlæ ac Immédiats illi episcopalis jurisdictlonis potestatl, qua eplscopl, <|ni positi n Spirltu tanclo in apostolorum locum successerunt, tanquam veri pastorei assignatoa sibl gregea ilngull slngulos paccunl cl regunt, ni cadem b supre mu et univei sali pastorc asseratur, roboretur ac vin ilicelur… //inL, n. 1828.

il quonlam divino aposlolicl primatui Jure romainis pontifes unlverstx Rcclc sue prasest, docemua etiam el declaramui eum esse ! udl cem supremum ndelliim el in omnibus causis ad exa nien eccleslasticum spectantibus ad ipsius possc i nd iii i mi recurri ; Sedis vero apoatollcæ, cujua auctoritate major non est, Judlcium a nemine tore retrac tandum, neque cuiquara de

i us lies ri judic are |ud ! i -Quare

a recto eritat is i ra mite aberrant, qui affirmanl licere ni> Judlclia romano i uni pont ificum ad œcumentcum concllium tanquam ad auctoritatem romano pontiflee superiorem appeltare, lhiil., n. 1830.

si <|nis ttaque dixerit, i mu : i m ii i ii |i(ini i iirnn haberc tantummodo offlcium Inspectionis vel directionis, non autem plenam et supreniimi potestatem Jurisdictlonis In universam Ecclcaiam, non solum in rébus iin ; c ad fldem et nions, sed etiam in iis quos ad disciplinam et regimen Ecclesire per totum orbem diffusa : pertlnent ; aut cum haberc tantum potiores partes, non vero totam plenitudinem iin.jns supremæ potestatis ; uni hanc ejus potestatem

par une disposition du Seigneur, a sur toutes les autres nue prééminence (lui conférant) un pouvoir ordinaire ; que ce pouvoir de juridiction du pape, pouvoir qui est épiscopal, est immédiat ; que ce pouvoir oblige pasteurs et Adèle » de tout rite et de toute dignité,

pris a part OU considères en

bloc, aux devoirs de la subordination hiérarchique el de l’obéissance vraie, non

seulement en matière de foi el de morale, mais aussi en

ce qui touche la discipline el le gouvernement de l’Église

répandue dans le monde. I >c la sorte, en gardant avec le pape l’unité de communion ci la profession d’une même

loi, l’Église du Christ est un seul troupeau, sous un seul pasteur suprême…

Loin d’ailleurs que ce pouvoir du souverain pontife porte préjudice au pouvoir ordinaire et Immédiat de la luridict Ion éplscopale,

qui l’ail des évéqueS, établis

par le Saint-Esprit et successeura des apôtres, les vrais pasteurs qui doivent paître et diriger, chacun poui son compte, le troupeau qui leur esi assigné ; ce pouvoir des évéquea n’en est que mieux affirmé, renrorcé, défendu par lepastcui

Suprême et universel…

Puis doue que c’est par le

droit divin de sa prim iule

apostolique que le pape va la ii te de l’i Iglise unh ei selle, nous enseignons el déclarons aussi qu’il est le iune suprême des fidèles el que, dans toutes les affaires ressortissant au contrôle eeelesi isi Ique, il est loisible de recoin n a son ti ibunal. quani au Siège apostolique, n’j ayant aucune autorité supérieure a la sienne, ses jugements ne peuvent être

ie ises par personne, et nul n’a le droit de Juger son

|ugement. insi ceux là s’écartent de la oie droite

de la Vérité, qui allument qu’il est licite d’en appeler

des sentences du pape au concile oecuménique comme a une autorité supérieure fi celle du bou erain puni ire. I tes lors, si quelqu’un « lit que le pape a simplement

Ilice de surveillance ou

de direction et non un pou olr Jurldlcl lonnel plein et suprême sur toute l’Église, non seulement en m il 1ère de loi ci de morale, mats encore en ce qui touche ta discipline et le gouvernement de l’Église répandue dans tout le monde ; « pie de

ce pouvoir suprême il n’a

que le principal et non toute la plénitude ; OU encore que ce pouvoir n’est pas un

pouvoir ordinaire et Immé niin esse ordinariam et diat sur toutes et chacune

immediatam sive in omnes des Églises, sur tous et cha ac singulas Eccleslas sive in cun des pasteurs et des fldè omnes et slngulos pastorea les, qu’il soit anathème. et fidèles : A. S. Ibid., n. is : n.

Désormais. la définition solennelle de la primauté du pape est acquise, et la théologie se devra d’en faire état. Ce n’est pas que les apologistes n’aient plus a en j nst i lier les fondements historiques ; Pie X (1903-1914), en condamnant le modernisme, par le décret Lamentabili, en 11)07, réprouvera encore deux propositions qui ont trait précisément aux origines du dogme et du fait de la primauté romaine :

.’)."). Simon Petrua ne suspic itus quidam unquain est, sibi a Christ o demanda tu m esse prima tu in in Kcclesi i. — -56. I sia romani non ex divinal’rovident i ; e ordm ilione. sed ex

mère politicia conditionibua caput omnium Eccleslarum

cilecta est. Denz.-Bannw., n. 2055, 2056,

Au vrai, nous reconnaissons ces assertions ; mais le théologien n’a plus qu’à ajouter les précisions et les conclusions utiles. L’article Papi. t. iii, col. 1877-194 i. expose en détail et précise comment, dans le gouverne meiii ecclésiastique, toul aboutH au pape, il ne nous reste présentement qu’à énoncer un certain nombre de conclusions.

IX. Conclusions.

Du long exposé qui précède, il résulte que le gouvernement suprême de l’Église cal ni iique est attaché au siège de Romi. que celle |uridl< lion universelle du pontife romain est un | > ni i >ir sans appel. Illimité eu choses ecclésiastiques, ordinaire et direct, Immédiat aussi sur tout le troupeau du Pasteur éternel : enfin que celle primante spirituelle du successeur « le Pierre s’ordonne à l’unité du corps du Christ, c’est sur ces trois points qu’il nous faut Insister pour finir.

1o Primauté du pape et tiège >i< Honu l.n quel sens et a quel titre la primauté « le Piei rc et de ses succès leurs « si elle liée au sli i rom fin !.< droll divin de Pierre lui même a son origine dans la volonté du Christ, constituant son Église sur un i Icment Inde fcctlble. C’est de ce droit divin encore que les su seurs légitimes de Pierre, les évêques de Rome, tiennent, à leur tour, leur primauté : tel « si le fall que nous livre la tradition catholique, en sorte que, de droll divin.au m uns médlatement, les évêques de Home sont a perpétuité les vicaires du Christ, Investis de la même primauté qui fui conférée à Pierre. Ainsi parle le concile du alii au.

Mais est il de foi que la primauté spirituelle Voulue par le Christ doive être Indissolublement liée au de Home.’Cl sommes nous tenus de croire que nulle autorité, pas même celle du pape, ne puisse transférer cette primauté à un aut re sli

Tour répondre a celle question complexe, qui n’est pas neuve, il faut, en définitive, examine ! les < onditiona qui actuent et situent le droit divin dans le siège de Home et, par le fait, les modatih s historiques et juridi ques en vertu desquelles la primauté de Pierre 1 1 de s, s successeurs demeure et doit demeurer liée au romain. Quatre solutions sont en présence.

1. Le privilège du siège de Rome est de droit divin : c’est un ordre formel du Christ qui a déterminé le choix

de la Ville éternelle, insi ont pense des théologiens

comme Melchlor Cano, Grégoire de Valentia et d’au

très, en tête desquels il faut citer saint Robert Hcliarmin. Mais il semble bien que cette opinion ne puisse

être théologiquement démontrée.

2. Ni le Christ ni même Pierre lui même n’ont voulu lier la primauté au siège romain. La connexion que nous constatons n’est qu’un simple fait historique, humain. Ainsi pensaient certains jansénistes du xvhf siècle, les tenants du synode de Pistoie condamné par Pie VI, Fébronius et un certain nombre de gallicans. Ainsi enseignait Nuytz, professeur de Turin, condamné, lui aussi, par Pie IX, en 1851 et de nouveau dans le Syllabus. La conséquence d’une telle doctrine, c’est que l’Église pourrait, indépendamment même du pape, transférer la primauté à tout autre siège épiscopal que celui de Rome : opinion qui, supposant une autorité ecclésiastique supérieure à celle du pape, se trouve par là même écartée tant par la tradition que par la constitution Pastor aeternus.

3. Une opinion, moins radicale et que les Pères du concile du Vatican se sont abstenus de réprouver formellement, a été soutenue par D. Solo, Banez, Paludanus et d’autres théologiens. Selon eux, Pierre a librement, de sa seule détermination propre, fait élection de Rome pour y établir son siège définitif et le centre de l’unité catholique, en sorte que le pontife romain, son successeur, peut, avec la même liberté, prendre une détermination différente, qui transférerait la primauté à un autre siège épiscopal.

4. L’opinion communément reçue, celle qui s’accorde le mieux avec l’enseignement des Pères et des conciles, comme avec l’ensemble des théologiens, estime que ce n’est point sans une intervention spéciale de la Providence que Pierre a finalement choisi Rome comme son séjour. Cette doctrine est défendue par Franzelin, Palmieri, Perrone, Hillot, Bainvel, Tanquerey, de Groot, Schultes, Van Noort, Mgr d’Herbigny. On la qualifie volontiers de théologiquement certaine. Mais il faut, pour demeurer dans cette note, ne pas exagérer la portée de la thèse. Il faut affirmer, sans doute, que l’élection de Rome par Pierre a manifestement été confirmée par Dieu, sans cependant avoir été formellement l’objet d’un précepte divin antécédent.. Il faut en déduire que ce choix ne peut être changé par aucune autorité humaine, pas même par le souverain pontife en personne. Mais il faut ajouter que le pape demeure libre de choisir le lieu de sa résidence, c’est-à-dire de sa présence effective et réelle, pourvu qu’il demeure en droit et en fait évêque de Home. C’est du reste ce qui advint pendant le séjour de la papauté en Avignon, ce qui était arrivé bien des fois auparavant, ce qui devait arriver encore bien souvent dans la suite. Enfin, il ne saurait être question de considérer Rome comme éternelle, en tant que ville, et de faire de cette perpétuité un dogme de foi : ce n’est pas nécessaire à la primauté de l’évêque de Rome. Il reste que la succession de Pierre dans la primauté est liée au siège de Rome par /c fait même de Pierre, agissant non point nécessairement en conséquence d’un ordre formel du Christ, mais sous l’action de la Providence, sans qu’il paraisse absolument indispensable de faire appel à une révélation au sens précis du mot. Les Actes des apôtres mentionnent la manifestation surnaturelle qui invita Paul à passer d’Asie en Macédoine. Act., xvi, 9. Rien n’empêche de supposer que Pierre, en venant à Rome, aurait été guidé par de semblables avertissements. Rien non plus ne le démontre, et il convient, en ces matières où l’histoire a son mot à dire, de ne pas affirmer plus que l’on ne peut prouver. Il reste du moins que Rome ne conféra pas la primauté à ses évêques, qu’elle la reçut par suite d’une particulière et précise disposition de Dieu.

2o /{apports de la primauté pontificale et de la juridiction des évêques. — Nous avons dit que, devant les difficultés d’une solution de ce problème, le concile de Trente avait finalement renoncé à prendre parti cl avait même laissé en suspens la définition projetée de la primauté du pape. A l’époque du concile du Vatican, le sujet était assez clarifié pour que l’on piU essayer de donner des précisions qui n’étaient pas possibles au xvi 8 siècle. A définir la primauté pontificale, nul ne voyait de difficultés ; néanmoins, au concile, quelques uns des membres de l’opposition étaient d’avis qu’y était bon non point de limiter, mais de délimiter l’autorité universelle attribuée au pape. Ce qui fut tait

pour la prérogative de l’infaillibilité, dont l’objet et lei conditions turent soigneusement précisés, aurait dû être fait, pensaient-ils, pour la primauté elle-même. Rien ne ferait mieux comprendre ce qu’était celle-ci que la comparaison des droits réciproques du pape et des évêques. Le temps malheureusement ne permit pas au concile de mener à bien celle discussion.

Telle qu’elle fut proposée aux Pères, le 9 mai 1870, la constitution Pastor aeternus déclarait, dans son c. iii, que le pouvoir de juridiction du pape était un pouvoir épiscopal, ordinaire et immédiat : docemus et declaramus, liane, qux proprie est episcopalis jurisdiclioms potestas, ordinariam esse et immediatam. Cf. Mansi-Petit, ConciL, t. lii, col. 5 1). Ce sont exactement les mots qui seront employés dans la définition même, ci-dessus, col. 336 sq. Le projet ajoutait d’ailleurs, presque immédiatement, que ce pouvoir du souverain pontife n’était pas en opposition avec le pouvoir de juridiction des évêques, lequel était, lui aussi, ordinaire et immédiat, ibid.. col. ti A, texte qui fut de même finalement adopté. Bien qu’il ne soit dit nulle part que ce pouvoir épiscopal est de droit divin, c’est ce qui ressort néanmoins de l’ensemble de la constitution et aussi de textes que nous verrons plus loin. Nul n’aurait songé à l’époque du Vatican à faire de l’épiscopat, en tant que tel, une institut ion de droit positif humain. C’est de droit divin qu’il existe des évêques, et, puisque leur pouvoir juridictionnel est dit ordinaire, c’est donc qu’il n’est pas simplement une délégation du pouvoir pontifical.

La difficulté restait, à vrai dire, de montrer le rapport entre ces deux juridictions, toutes deux épiscopales, ordinaires et immédiates. Dans les critiques qui furent adressées, lors da la discussion générale, au c. m du projet distribué par la députation de la foi, il convient de retenir celles qui furent faites par Mgr Dupanloup, à la séance du 10 juin ; l’évêque d’Orléans y reprenait, comme il le dit lui-même, les arguments énoncés avant lui par d’autres orateurs de l’opposition : « La primauté du pape, disait-il. nous l’acceptons tous, c’est-à-dire la plénitude de son pouvoir. Mais, de même que l’océan a des limites, de même nous pensons que la primauté a les siennes et doit être réglée dans son exercice. » Les mots j>oteslas episcopalis, immediala, ordinaria, employés pour caractériser le pouvoir pontifical, ne lui plaisaient guère, et comme jadis à Trente l’évêque de Lavaur, ci-dessus, col. 323, il rappelait le mot de saint Grégoire : Si anus universalis est (episcopus) restai ut vos episcopi non silis. « Je ne nie point, continuait-il, que, dans un sens très vrai, la juridiction du pape sur chaque diocèse soit épiscopale. puisque le pape est le chef des évêques, qu’elle soit ordinaire, puisque à coup sur elle n’est pas déléguée, qu’elle soit immédiate, puisqu’elle peut s’exercer directement sur chacun. Mais, puisque la juridiction « le l’évêque, elle aussi, est épiscopale, immédiate et ordinaire, que ces mots par l’usage, par le droit, par la nature même des choses sont consacrés, quand il s’agit de l’évêque, je ne serais pas d’avis que ces mots fussent employés, afin que les juridictions de l’évêque et du pape soient marquées comme distinctes et différentes, bien que dérivées de la même source et tendant à la même lin. bien que limitées île manière différente. Je m’associe donc aux amendements qui ont déjà été proposés sur c.- point. » Ibid., col. 573-574.

L’amendement essentiel tendait à remplacer le mot jurisdiclio episcopalis par celui de jurisdiclio primatialis ; c’est à son sujet que parla aussi, non sans habileté. l’évêque de Saint-Brieuc, dans la même séance. Ibid., col. 592-593. Le schéma proposé par la députation de la f :  ; i fusait État du mol de s mit ( uaoïn. meus hoiw est honor universalis Ecclesia ; non sans malice, le prélat demandait que l’on n’arrêtai pas trop tôt la citation et que l’on ajoutai les mois du vieux pape : Si sua unicuique episcopo jurisdictio non servatur, quid aliud agitur nisi ut per nos, per quot ecclesiasticus custodiri débet ordo, confundatur ? Ibid., col. 596 B.

Mais la députation de la foi tint bon sur ces mots : voir ibid., col. 10-11, les réponses faites aux amendements proposes. Sur le mot episcopalis, elle renvoyait aux explications qui seraient données dans la IIe partie de la Constitution De Ecclesia Christi ; elle expliquait le mot immédiat, le justifiant par les réponses de Pie VI aux » punctateurs d’Ems », où le pontife faisait valoir, pour appuyer ses dires, des mots de Gerson et mène de Bossuet ; elle développait enfin les raisons pourquoi cette juridiction ne pouvait porter ombrage a celle des éveques.

Elle faisait d’abord remarquer que le schéma proposé expliquait nettement que la Juridiction des éveques était, elle aussi, ordinaire et Immédiate ; elle ajoutait : « Les difficultés faites proviennent de fausses suppositions ou d’explications inexactes de ce pouvoir immédiat que le schéma attribue au pape : on lui fait signifier qu’il pourrait n’y avoir pas de droit divin, dans l’Église des évêques. qui sont les pasteurs particuliers, ou que le pape pourrait un jour gouverner l’Église sans éveques, sans pasteur ? particuliers : quasi stgniftcaretur ont episcopos, qui suni pastores parliculares, non esse in Ecclesia jure dioino semper debere, mit romanum ponltflcem regere unquam posse Ecclesiam absque episeopis seu pastoribu » parlicularibus. Mais, ce qui est vrai, c’est qui’le pape a sur l’Église universelle un pouvoir ordinaire et immédiat en ce sens que, soi vaut une constitution de droit divin (ex staiulo divini Ins online /, il appelle à partager sa sol lie il ude des évê « pies particuliers, qui, avec un pouvoir ordinaire et immédiat, paissent ci gouvernent les troupeaux parti CUliers qui leur sont cou lies.

Ces explications données par la députai ion de la foi

devaient s’inscrire dans la Consiitutto dogmalica II’ii, Ecclesia Christi, qui ne pui être discutée. Voir le texte t. i.nr, col. 308 sq. on y reprenait, somme imite, tes définitions préparées a Trente sur l’organisation gêné raie de l’Église et de sa hiérarchie. Le c. iv, qui Isible ment s’inspire de certains des textes présentés jadis.

expose « pie l’Église n’csi pas un agrégat de membres é^aux ; les ministres qui accomplissent les fonctions

sacrées ne s’y distinguent pas seulement d’ailleurs par

des droits inégaux au point de vue des sacrements. Outre un pou oir d’ordre plus étendu, les é êques mil.

en plus des simples prêt les. le droit de g0U enici. a ce un pouvoir propre et ordinaire, les BglisCS (pli leur son ! confiées. El le texte ajoute :

Ilaque et sinnuli in sua quisque Ecclesia et congregati

in synodis de doctrine et disciplina decernunt, leges feront, Judlcium exercent. Neque las est presbj teiis »  » e a lus clericis m id in gradu et munere quidquam sine antistltis auctort

taie ancre : ut Ecclesia super episcopos consl itual ur et omnis actus Ecclesiæ per eosdem prepositos gubernetur.

Verum etiam supremi muneris docendi et gubernandi universam Ecclesiam episcopi expertes non sunt. Illud enim ligandl et solvendi pontificium quod Petro soli datum est, collegio quoque apostolorum, suo tamen capiti conjuncto, tributum esse constat, protestante Domino (suit le texte de Matth., xviii, 18). Quapropter Inde ab Ecclesia ! primordiis œcumenicorum conciliorom décréta et statuta jure merito tanquam Dei sententiæ et Spiritus sancti placita summa veneratione et pari obsequio a fidelibus suscepta sunt.

On voit le souci qu’a le texte d’établir le droit divin des évêques, leur rôle de docteurs, de pasteurs et de juges, et non seulement de chacun dans son Église particulière, mais encore, quand ils sont groupés en concile, pour enseigner et gouverner l’Église universelle. Le dernier paragraphe essaie ensuite de montrer comment ce droit se raccorde au droit suprême du souverain pontife :

At quoniam primatus Petro datas est, ut una Ecclesia Christi et cathedra una monstreretur, romano pontifie ! ceteri présides nibjecti sunt, tum singuli in propriis Eccles iis adminlstrandis, tum nniverat in eommunlbus Kcclesianegotiis gerendis. Ad summum enhn hierarebam pertinet

nova* Ecclesias instil lien-, jani inslitnlas allis linibus cil cumscribera aut promu aboiera, « tnpiH » proprioi pastores vei eligere vel electos conflnnara, horum potestatem etiam ordinartam ampliare et restringere, acta rive siriKulorum sive s nodorum (Ujudicare, ipsos quoque pnesules, uni opus est, a munere removere. N’eque lu pro untveraall i eclesia quidquam disponere vel discernera poasunt, nisi a regnanti

pontilicc in partein solljejliidinis VOCati : et liect. al) eo

congregati, tanquam vert indices et Rdel décréta et disciplinate^es coudant, romani pontiQcis est geoeralia eonnn concilia non solum convocara et dissolvere, se « i etiam dirigera et conflnnara. Ibid., col. 310.

Sur cet cllorl de serrer d’un peu plus près le pro

blême dei rapports entre deux pouvoirs de droit dix in.

on ne lira pas sans intérêt le rapport <u I’. J. Kleu’S..1., rédigé après ici turc des observations faites pat divers membres du concile, sur <e qui concerne, dit-il. la pari qu’ont les éxèques dans le gouvernement d< l’Église el (e « pii touche à l’autorité des conciles, il ne

semble pas axoir de difficulté. Les exèques app par le pape a partagel s, , sollicitude ne sont point (b Simples conseillers ; de COnceri avec le pape, ils publient

de vrais décrets comme juges et déflniteurs ; ces di

ont une autorité souveraine ci obligent imite l’Égllsi

ceci pose, il n’v a aucun doute que les ee « pies n

quelque rôle dans l’enseignement et le gouvernement. Mais, d’autre part, il est défini au can. t de la rr tant titution que le souverain pontife est dépositain

poinl de la pari pi incipale de l’autOI ité, mais de tout* la plénitude du pouvoir suprême i non potiOTCt tanlw

partes, sni roi m plenitudirum tupremm potatatii

s’eiisuil donc que ce pouvoir suprême est dans un don ble sujet. dans le corps dese équex uni au pape et dans

le pape seul. C’est ici qu’il paraîtrait avoir dlfficulti i : i hoc videatur difficile este. Mansl Petit, Concil., t. LUI, col. 321 BC.

lai définitive, et pour résumer cette discussion, b droit constitutionnel de l’Église présente une particu larité qui empêi he de le comparer a aucun des droits existants. L’Église n’esi pas a coup surum fédération, mi des dynastes plus ou moins autonomes se groupe raient autour d’un président, même Investi de ti> s grands pouvoirs, comme les divers souverains de r ll,

magne de 1871 -e groupaient autour de l’emp< allemand. Ce n’est pas non plus un Étal centralisi

selon la bu mule napoléonienne, ou opéreraient. dans les diverses portions du territoire, des préfets ad nuliin :. simples délégués du pouvoir central. C’est quelqui

Chose de Iles particulier, ou il tant fane la part t.inl

des Institutions de droit divin que des déterminations

que les événements oui apportées a ce droit.

< est au pape, somme toute, qu’il appartient, dans la plénitude de son pouvoir, de concilier son droit et

sa mission av ce la mission et le droit des év éques Selon une Sagesse et une discrétion imitées de celles du |

céleste, il prendra les mesures qui lui sembleront ! c plus utiles au salut des.’unes, loi suprême. Primaut

signifie pas absorption de toutes les Juridictions infé

i ie. Il es ; surtout primante ne signifie pas cent rails.itlmiiiistr.il ive illimitée, vu v ieaire du Christ de Serrer ou de desserrer les liens qui rattachent au prcinii i sic : les autres sicues. -clou des besoins et des exlgell ces toujours variables dans l’espace comme dans le

temps. î.a papauté, dans l’ensemble de son histoire, a fait suffisamment preuve de ce sens supérieur des opportunités fécondes, en rectifiant, le cas échéant, la

ligne de Bon action, pour que l’Église doive lui faire c rédil et confiant e.

3o Primauté et unité. Enfin il convient Ici de remarquer brièvement que la primautédu pape s’ordonne à l ; i nécessaire unité de l’Église du Christ. Il n’j aura qu’un seul bercail et qu’un seul pasteur.. .Ion… 16, c’est la volonté du Père et de celui qu’il a envoyé. Joseph de Maistre a magnifiquement démontré comment le pape, pasteur suprême de l’Église universelle, es1 le seul principe possible, le principe divin d’unité dans l’Église. Par lui seul peut se réaliser l’indispensable unité de doctrine et de gouvernement et, par suite, la véritable catholicité ; par lui seul peut se maintenir indéfectible l’apostolicité, avec le progrès et la fécondité de l’évangélisation ; lui seul, dominant de son principat spirituel toutes les puissances terrestres, peut assurer à l’Église indépendance et liberté. Les faits sont là, du reste, plus éloquents (pue toutes les démonstrations, qui prouvent que les Eglises séparées souillent la division, l’endettement même et jusqu’à l’anarchie, faute d’une autorité suprême unificatrice. Seule, l’Église catholique, ainsi que le remarquait Vladimir Soloviev (1853-10(10), n’est ni une Église nationale, ni une Église d’État, ni une secte fondée par un homme ; seule, elle traite avec les puissances du monde, au nom de Dieu, sans en accepter de loi ni de credo ; seule, elle prétend à l’unité dans la doctrine et dans le gouvernement des âmes. Seule, elle peut entendre et approuver sans réticence cette profession de foi d’une âme éprise d’unité : « Comme membre de la vraie et vénérable Église orientale ou gréco-russe, qui ne parle pas par un synode anticanonique ni par des employés du pouvoir séculier, mais par la voix de ses illustres Pères et docteurs, je reconnais pour juge suprême en matière de religion celui qui a été reconnu comme tel par saint Irénée, saint Denys le Grand, saint Athanase le Grand, saint Jean Chrysostome, saint Cyrille, saint Flavicn, le bienheureux Théodoret, saint Maxime le Confesseur, saint Théodore le Studite, saint Ignace, etc., à savoir l’apôtre Pierre, qui vit dans ses successeurs et qui n’a lias entendu en vain les paroles du Seigneur : Matth., xvi, 18 ; Luc. xxii, 32 : Joa., xxi, 15-17. » Vladimir Soloviev. Lu Russie et l’Église universelle, p. lxvi. cité par Mgr d’Herbigny, Theologica de Ecclesia, t. ii, p. 211. Ainsi se rejoignent et se complètent les paroles du Maître : Tu es Pelrus… ut unum sinl.

I. Sources.

Les principaux documents ecclésiastiques sur la primauté du pape se trouvent commodément rassemblés dans Cavallera, Thésaurus doctrines culhnlictr, Paris, 11)20, n. 31 1-388. Les autres tetes ont été indiqués au cours île cet article.

II. Travaux.- En dehors des ouvrages de P. Batiffol et « les autres travaux mentionnés au cours de la précédente étude ; en dehors des nombreux articles de ce dictionnaire qui traitent spécialement des auteurs, des papes, des documents, des doctrines et des faits doctrinaux relatés à propos de la primauté du pape, il faut surtout signaler les articles Papauté, par Yves de La Brière, A. d’Alès, G. Neyron et S. I lurent, dans le Dicl. apolog. de la foi catholique, t. iii, col. 1333-1534 ; l’art. Église, par A. Médebielle, dans Suppl. mi Dici.de la Bible, t. ii, cil.."> 15-691 ; 1’. Schepens, L’au(ftenticité de saint Matthieu, A 17, JS. dans liech. de sc.relig., t.w, 1920, p. 269-302 ; M.-J. Lagrange, Évangile selon saint Maintien, Paris, 1023 ; Évangile selon saint lue, Paris, 1921 ; Évangile selon saint Jean, Paris, 102."> ; Éptlre aux Galaies, Paris, 1018 ; L. Duchesne, Histoire ancienne de l’Église, 3 vol., Paris, 1007-1010 ; le même, L’Église au VI’siècle, Paris, 102."> ; le même, Éludes sur le Liber pontificalis, Paris, 1887 ; le même, Églises séparas, Paris, 1896 ; E. Vacandard, Éludes de critique et d’histoire religieuse, II’sér., Paris. 1910 ; G. Mollat, Les paPcs d’Avignon, Paris, 1912 ;  !.. Salembier, L< Grand Schisme d’Occident, Paris, 1902 ; Noël Valois, La France et le Grand Schisme d’Occident, Paris, 1800 et 1902 ; le même, La crise religieuse du A I » siècle. '_> vol., Paris, 1909 ; A. H iiuliillart, Quatre cents ans de concordai, Paris-l.illo, 1005 ; Charles (.crin, Louis XIV et le Suinl-Sirqe, 2 vol., Paris, 1898 ; le même, Rechercha histor. sur l’assembl ilin/r ihFrance’! < 764-’, Paris, 1870 ; Pastor, Histoire de » pape » depuis la /in du Moyen Age, 10 vol. parus en Iran Pans, 1888-1934 (10 vol. éd. allem., Fribourg-en-B.) ;

.1. Tixeront, Histoire des dogmes dans l’antiquité chret., 3vol., Pau., 1904-1912.
G. Glez.