Dictionnaire infernal/6e éd., 1863/Danse du sabbat

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Henri Plon (p. 198-199).

Danse du sabbat. Pierre Delancre assure que les danses du sabbat rendent les hommes furieux et font avorter les femmes. Le diable, dit-on, apprenait différentes sortes de danses aux sorciers de Genève. Ces danses étaient fort rudes, puisqu’il se servait de verges et de bâtons comme ceux qui font danser les animaux. Il y avait dans ce pays une jeune femme à qui le diable avait donné une baguette de fer qui avait la vertu de faire danser les personnes qu’elle touchait. Elle se moquait des juges durant son procès, et leur protestait qu’ils ne pourraient la faire mourir ; mais elle déchanta[1].

 
Danse du sabbat
 

Les démons[2] dansent avec les sorcières, en forme de bouc ou de tout autre animal. On danse généralement en rond au sabbat, dos à dos, rarement seul ou à deux. Il y a trois branles : le premier se nomme le branle à la bohémienne ; le second s’exécute comme celui de nos artisans dans les campagnes, c’est-à-dire en sautant toujours le dos tourné ; dans le troisième branle, on se place tous en long, se tenant par les mains et avec certaine cadence, à peu près comme dans ce qu’on appelle aujourd’hui le galop. On exécute ces danses au son d’un petit tambourin, d’une flûte, d’un violon ou d’un autre instrument que l’on frappe avec un bâton. C’est la seule musique du sabbat. Cependant des sorciers ont assuré qu’il n’y avait pas de concerts au monde mieux exécutés…


  1. Delancre, Tableau de l’inconst. des démons, etc., liv. III, disc. iv, p. 204.
  2. Bodin, Démonomanie, liv. I, ch. iv.