Dictionnaire infernal/6e éd., 1863/Homme

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Henri Plon (p. 338).
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Homme. Il paraît qu’il n’y a que l’homme à qui la nature ait donné une figure droite et la faculté de contempler les cieux. Seul parmi les animaux il a l’épine du dos et l’os de la cuisse en ligne droite. C’est un fait, dit Aristote, que si l’homme est le seul à qui il arrive des illusions nocturnes, c’est parce qu’il n’y a proprement que lui qui se couche sur le dos, c’est-à-dire de manière que l’épine et la cuisse fassent une ligne droite, et que l’une et l’autre, avec les bras, soient parallèles à l’horizon. Or, les animaux ne peuvent pas se coucher ainsi : quoique leur épine soit parallèle à l’horizon, leurs épaules sont détournées et forment deux angles.

Lisez Hérodote, Plutarque et autres historiens, vous verrez qu’il existe des contrées fabuleuses où les hommes ont une tête de dogue ou de bichon, des pays où ils n’ont qu’un œil, d’autres où ils n’ont qu’un pied, sur lequel ils sautent, de sorte que quand ils veulent courir, ils sont obligés de se mettre deux et de se tenir par le bras ; d’autres enfin où ils n’ont point de tête, etc. [1].

  1. M. Saignes, Des erreurs et des préjugés, t. I, p. 10.