Dictionnaire liégeois-français (Forir)/Aiw
Aiw, s. Eau, élément liquide, fluide. — Aiw di puss, di ponp : eau de puits, de pompe. — Aiw di gotîr : eau de pluie, eau pluviale. — Aiw di hiel : eau de vaisselle. — Aiw d’araînn : eau d’arène. — Aiw keûtt : eau dormante, eau stagnante. — Del nett aiw : de l’eau propre. — Del mâcèie ou del mâcîtt aiw : de l’eau sale. — Del klér, del rilûhantt aiw : de l’eau limpide, de l’eau cristalline. — Dè mâhaitèiè-z-aiw : des eaux malsaines, insalubres. — Aiw di menn : eau minérale. — Aiw fièreûss : eau ferrugineuse. — Del tenn aiw : eau tiède. — Di l’aiw ronpow : de l’eau dégourdie. — Aiw fèraie, panaie : eau ferrée, pannée. — Aiw d’amidon : eau d’empois. — Aiw di batem : eau baptismale. — Beneûtt aiw : eau bénite. — Vôïe d’aiw : voie d’eau, les deux seaux d’eau que porte un homme. — Alé kwèri d-l’aiw â flo : aller chercher, aller puiser de l’eau à la mare. — Tapé d-l’aiw è vizech : flaquer de l’eau, jeter une flaquée d’eau sur le visage. — Chipoté è l’aiw : barboter[1], gargouiller dans l’eau. — Kô-d’aiw : cours d’eau, courant d’eau ; chenal. — Avu dè grantè-z-aiw : avoir des inondations, être inonde, submergé. — Enn n’alé avâ l’aiw : s’en aller à-vau-l’eau. — A l’aiw ! Au feu ! cri d’alarme. — Mett di l’aiw è s’vin : mettre de l’eau dans son vin, se modérer, rabattre de ses prétentions. — Soula è toumé è l’aiw : cela est tombé dans l’eau, cela est manqué, cela n’aura pas lieu. — Il è prusti al freûtt aiw : il est pétri à l’eau froide. — Poirté d-l’aiw è Moûss : porter de l’eau dans la rivière, donner à celui qui n’a besoin de rien. — C’ess-t-inn gott d’aiw è l’mér : c’est une goutte d’eau dans la mer, une dépense insignifiante. — Diné dè kô d’sab è l’aiw : donner des coups d’épée dans l’eau. — Si sâvé è l’aiw po l’plaif : se couvrir d’un sac mouillé, se servir d’une excuse qui aggrave la faute plutôt que de l’atténuer. — Ess kom li pèhon è l’aiw : être comme le poisson dans l’eau ; se trouver bien, être à son aise en quelque lieu. — Ess kom li pèhon foû d’-l’aiw : être comme le poisson hors de l’eau, être hors du lieu où l’on voudrait être. — Alé so l’aiw : naviguer, voguer, faire le métier de batelier. — Pacé l’aiw d’on kô d’feré : dormir la nuit tout d’une pièce. — Noî intt deû-z-aiw : nager entre deux eaux ; ménager la chèvre et le chou, donner une chandelle à Dieu et une au diable. — Tini l’bech è l’aiw : tenir le bec dans l’eau, amuser par des promesses, laisser dans l’incertitude. — Lè deû fré si ravizet kom deû gott d’aiw : les deux frères se ressemblent comme deux gouttes d’eau. — Fé v’ni l’aiw so l’molin : faire venir l’eau au moulin, faire du profit à la maison. — Lè-z-aiw son bass : les eaux sont basses ; la bourse est à sec. — Fé v’ni l’aiw al bok : faire venir l’eau à la bouche, donner envie. — Ess to-t-enn aiw : être tout en eau, tout en nage, baigné de sueur. — Avu l’kow è l’aiw : ne battre plus que d’une aile. — Mè solé fè-t-aiw : mes souliers tirent l’eau comme une éponge. — Poirté di s’iaiw a l’apotikâr : porter de son urine à l’apothicaire. — Â pu gran feû l’aiw : il faut courir au plus pressé, il faut s’occuper de ce qui importe le plus dans le moment. — D’aiw rivin, d’aiw riva : ce qui vient de la flûte s’en retourne au tambour. — Alé printt lè-z-aiw di Spâ, di Chôfontaine : aller boire les eaux ferrugineuses de Spa, de Chaudfontaine. — Aiw di sinteûr : eau de senteur, eau odoriférante. — Aiw di Kologn : eau de Cologne. — Lè biess d’aiw : les animaux aquatiques. — Studî l’istoir dè-z-aiw : étudier l’hydrologie.
- ↑ N’employer jamais barboter dans le sens de murmurer.