Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle/Ficher

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FICHER, v. Ficher une pierre, c’est introduire du mortier sous son lit de pose et dans ses joints lorsque cette pierre est posée sur cales. Habituellement, pendant le moyen âge, on ne fichait pas les pierres, on les posait à bain-de-mortier, ce qui est de beaucoup préférable ; car il est difficile, lorsqu’une pierre est posée sur cales, d’introduire le mortier dans son lit et ses joints, et surtout de comprimer le mortier de manière à éviter les tassements. Cependant, lorsqu’on procède par reprises et incrustements, il est impossible de poser les pierres à bain-de-mortier ; dans ce cas, pour éviter le retrait du lit de mortier, pour le comprimer, il est bon, lorsque ce mortier commence à prendre, de le refouler au moyen d’une palette de fer et à coups de masses. Pour ficher les pierres, on emploie un outil que l’on appelle fiche : c’est une lame de tôle dentelée, munie d’un manche en bois ; cette lame est plate (1) ou coudée (1 bis).

Fiche.png
Fiche.coudee.png


On applique un plateau A de bois, armé de deux petites potences en fer C et de pattes B, au niveau du lit de la pierre à ficher, les pattes entrant dans ce lit. Un garçon met du mortier sur ce plateau, que le ficheur, avec sa truelle et sa fiche, introduit peu à peu sous le bloc. Lorsque le mortier refuse d’entrer et qu’il ressort par le lit supérieur de la pierre, c’est que la pierre est bien fichée et que sa queue est remplie. Alors, et après que ce mortier a acquis de la consistance, on le bourre au moyen du refouloir en fer (2).

Refouloir.png


Il est bon de laisser deux ou trois centimètres de vide sous le lit, le long du parement. On remplit ce vide, plus tard, en rejointoyant ; c’est le moyen de s’assurer que la pierre ne pose pas sur ses arêtes et qu’elle ne s’épauffrera pas sous la charge.