Dictionnaire wallon-français/Cambresier/Section complète - H

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H.

Hachat babillard, babillarde, bavard, ſ. Qui parle extrêmement de choſes frivoles ou qu’on devoit tenir cachées, c’eſt une bavarde, c’eſt un franc babillard.

Hachi al kougneie, on dit prov. d’un ouvrage de la main groſſiérement fait, qu’il eſt fait à la ſerpe, qu’on en feroit autant avec une ſerpe.

On dit d’un homme mal fait, mal bâti qu’il ſemble qu’il ait été fait avec une ſerpe.

Hachreſſe couperet, ſ. m. Sorte de couteau de boucherie & de cuiſine fort large & propre pour couper de la viande, il a coupé cette viande avec un couperet.

Hafteu racle-boyau, ſ. m. Mauvais joueur d’inſtrument, fam.

Racleur, ſ. m. Mauvais joueur de violon.

Hâgne ſilique, ſ. f. Terme de botanique, c’eſt l’enveloppe d’un fruit, formée de deux panneaux qui s’ouvrent de la baſe vers la pointe & qui ſont ſéparés par un diaphragme ou cloiſon à laquelle les ſemences ſont attachées, les ſiliques des plantes légumineuſes ſe nomment gouſſes.

Gouſſe, coſſe, ſ. f. Enveloppe de certains légumes, comme pois, feves, lentilles, veſces, &c. une gouſſe de pois, de feves, des pois en coſſe, des feves en coſſe.

Écale, ſ. f. couverture extérieure & qui renferme la coque dure de certains fruits comme les noix.

Écale ſe dit auſſi des coques d’œufs & de la peau des pois qui ſe leve quand ils cuiſent.

Coque, coquille, ſ. f. Écale d’œufs ou de noix.

Brout ou brou, ſ. m. Ecorce verte qui couvre les noix, le brout des noix ſert à divers uſages.

Capſule, follicule, ſ. f. Termes de botanique, enveloppe membraneuſe plus ou moins forte dans laquelle ſont contenues les ſemences & les grains des plantes.

Caboſſe, ſ. f. Gouſſe qui renferme les amandes du cacao.

Alveole, ſ. m. Le creux des petites coupes où les glands, les noiſettes ſont enchaſſés.

Hâgné étaler, v. act. Expoſer en vente dans une boutique ou dans quelque autre lieu commode, il ne ſe dit que des marchandiſes, des denrées & autres choſes ſemblables, étaler des draps, des toiles.

Il ſe met quelquefois abſolument, il eſt défendu d’étaler les jours de fêtes.

Hagneurre morſure, ſ. f. Plaie, marque faite en mordant, guérie une morſure, d’une morſure, morſure de puces.

Hagnî mordre, v. act. Serrer avec les dents, ce chien mord les paſſants, leur mord les jambes.

On dit prov. il vaut autant être mordu d’un chien que d’une chienne, pour dire, qu’il n’importe de qui le mal vous vienne & par qui il vous arrive.

On dit fig. & prov. quand quelqu’un a fait quelque choſe dont il ſe doit repentir, qu’il s’en mordra les doigts, qu’il s’en mordra les pouces.

Mordre ſe dit auſſi des oiſeaux & de quelques inſectes ou vermines, le perroquet mord, cet enfant eſt tout mordu de puces, de punaiſes.

Mordre, v. n. Il a les mêmes ſignifications que l’actif, mordre dans du pain, des poiſſons mordent à l’hameçon.

On dit fig. & fam. qu’un homme mort à l’hameçon, pour dire, qu’il écoute avec plaiſir une propoſition qu’on lui fait pour le ſurprendre.

Démanger, v. n. Il ſe dit d’un certain chatouillement piquant entre cuir & chair, & qui donne envie de ſe grater, la tête lui démange, ſa plaie lui démange.

Il ſe met quelquefois imperſonnellement.

On dit fig. & prov. que l’on grate un homme où il lui démange, pour dire qu’on fait ou qu’on dit quelque choſe qui lui plaît, & à quoi il eſt extrêmement ſenſible.

Hah’lâde riſée, ſubſt. f. Grand éclat de rire que font pluſieurs perſonnes enſemble, en ſe moquant de quelqu’un ou de quelque choſe, il s’éleva une grande riſée.

Hah’lé rire à gorge déployée, maniere de parler qui ſignifie rire de toute ſa force.

On dit fig. éclater, s’éclater de rire.

haïâve, adj. de t. g. Qui mérite d’être haï, c’eſt un homme fort haïſſable.

Hargneux, adj. (H. s’aſpire) qui eſt d’humeur chagrine, querelleuſe, & inſociable, une femme hargneuſe, il a l’eſprit hargneux, l’humeur hargneuſe.

On appelle fig. & fam., chien hargneux, un homme mutin, querelleur.

Haïe ardoiſe, ſ. f. Eſpece de pierre tendre & de couleur bleuâtre, qui ſe ſépare par feuilles & qui eſt propre à couvrir les maiſons, groſſe ardoiſe.

Haïeteu couvreur en ardoiſe, ſ. m. Artiſan dont le métier eſt de couvrir d’ardoiſe.

Haïon échelon, ſ. m. Petite piece de bois qui traverſe l’échelle, & ſert de degré pour monter, il avoit le pied ſur le premier, ſur le dernier échelon.

Hairî ſolliciter, v. a. Inciter, exciter à faire quelque choſe, ils l’ont ſollicité à faire, ils l’avoient ſollicité d’entrer dans leur parti.

On dit abſolument, je ſuis las de ſolliciter.

Tirailler, v. a. Il ſe dit fig. pour marquer une importunité fréquente, il s’eſt bien fait tirailler pour conſentir à ce qu’on vouloit de lui.

Haitî ſain, ſaine, adj. De bonne conſtitution, qui n’eſt point ſujet à être malade, cet homme n’eſt pas ſain.

Il ſe dit des parties du corps, des fruits, des plantes & d’autres choſes inanimées, ce cheval a les jambes fort ſaines, voilà des pommes, des poires encore fort ſaines pour la ſaiſon, tout ce bois de charpenterie s’eſt trouvé fort ſaint.

Sain ſignifie auſſi ſalubre, qui ſert à la ſanté, les lieux marécageux ne ſont pas ſains.

Halcroſſe malingre, adj. de tout genre, il ſe dit d’une perſonne qui a peine à recouvrer ſes forces & ſa ſanté après une longue maladie, ou dont les forces & la ſanté diminuent ſans aucune maladie apparente, il a bien de la peine à revenir, il eſt du ſtyle fam.

On appelle pain coudé, un pain dont la croute ſe ſépare de la mie ſoit parce qu’il a été mal pêtri ou mal levé, ſoit parce qu’il a été ſurpris par une trop grande chaleur.

Hâle échelle, ſ. f. Machine de bois compoſée de deux longues branches traverſées d’eſpace en eſpace par des bâtons diſpoſés en ſorte que l’on s’en puiſſe ſervir pour monter & pour deſcendre, monter avec une échelle, à une échelle.

Echelier, ſ. m. Piece de bois traverſée de chevilles, qui ſert à monter au haut des grues, des engins, &c.

Hâle di cârmanne ridelle, ſ. f. Un des côtés d’un charti fait en forme de râtelier, une des ridelles ſe rompit.

Hâlé hâler, v. a. (H. s’aſpire) faire impreſſion ſur le teint en le rendant brun & rougeâtre, le ſoleil hâle en été ceux qui voyagent.

Hâler eſt auſſi réciproque, & ſignifie être noirci par le hâle, les dames portoient autrefois des maſques de peur de ſe hâler.

Hâlé, hâlée, part. Noirci par le hâle, elle eſt toute hâlée.

Halenne chenille, ſ. f. Sorte d’inſecte reptile à pluſieurs pieds, qui ronge les feuilles & les fleurs des plantes & des arbres, groſſe chenille, les chenilles ſe changent en papillons.

Halette gradin, ſ. m. Petit degré, ſorte de petite échelle, on dit auſſi rancher, ſ. m.

Halkiné tergiverſer, v. n. Prendre des détours, prendre des faux-fuyans pour ne pas faire une réponſe poſitive, il a beau tergiverſer, il n’échappera pas.

Marchander, v. n. Il ſignifie fig. & fam. héſiter, balancer, il ne faut pas tant marchander, il faut ſe réſoudre, il a marchandé longtemps à faire imprimer ſon ouvrage, il fit cela ſans marchander.

Barguigner, v. n. Avoir de la peine à ſe déterminer particuliérement quand il s’agit d’un achat, d’un traité, il a été deux mois à barguigner avant que de rien conclure.

Halkotté vaciller, v. n. Branler, n’être pas ferme, il faut mettre cette pendule ſur quelque choſe qui ſoit ferme & qui ne puiſſe pas vaciller.

Chanceler, v. n. Être peu ferme ſur ſes pieds, pencher de côté & d’autre comme ſi on alloit tomber, il chancelle comme un ivrogne.

Branler, v. n. Être agité, pencher de côté & l’autre, ne pas tenir ferme, tout le plancher branle, en ce ſens on dit prov., tout ce qui branle ne tombe pas.

Halté clopiner, v. n. Marcher avec peine & en clochant un peu, il clopine, il s’eſt bleſſé au pied, il va en clopinant, il eſt du ſtyle fam.

Clocher, v. n. Boiter en marchant, il cloche bien fort.

Ham banc, ſ. m. Long ſiege où pluſieurs perſonnes ſe peuvent aſſeoir enſemble, banc de menuiſerie, banc de pierre.

Ham a quatte pî eſcabeau, ſ. m. Eſcabelle, ſ. f. Simple ſiege de bois ſans bras ni doſſier, élevé ſur quatre pieds.

Hamaide pince, ſ. f. Barre de fer applatie par un bout & dont on ſe ſert comme d’un levier, en Bourgogne on appelle cet inſtrument un levier, & une taravelle en d’autres endroits, lever une groſſe pierre avec une pince.

Hanci reſpirer, v. n. Attirer l’air dans ſa poitrine & le pouſſer dehors par le mouvement des poumons, il ne reſpire plus il eſt mort.

Haleter, v. n. (H. s’aſpire) reſpirer fréquemment, ſouffler comme quand on a couru & qu’on eſt hors d’haleine, ce chien ne fait que haleter.

Hangar paillaſſon, ſ. m. Couverture de paille ſous laquelle on met quelque choſe à l’abri.

Abat-vent, ſ. m. Grand paillaſſon qui ſert à rompre les vents qui nuiſent aux plantes.

Hans’cotte bure, ſ. f. Etoffe groſſiere faite de laine, habit de bure, être vêtu de bure.

Bureau, ſ. m. La même choſe que bure.

Hanté hanter, v. a. (H. s’aſpire) fréquenter, viſiter ſouvent & familiérement, hanter les bonnes compagnies, hanter les mauvais lieux.

On dit prov. dis-moi qui tu hantes, & je te dirai qui tu es, pour dire, qu’on juge aiſément des mœurs d’un homme par les perſonnes qu’il fréquente.

Hanter eſt auſſi neutre, hanter chez quelqu’un, hanter en bon lieu, hanter en de mauvais lieux.

Courtiſer, v. a. Faire la cour à une fille, chercher à lui plaire, il y a long-temps, qu’il courtiſe une telle, il eſt du ſtyle fam.

Hapâ volet, ſ. m. Ais qui eſt à l’entrée d’un pigeonnier, les pigeons ſe mettent au ſoleil ſur le volet.

Hapé échapper, réchapper, v. n. On échappe d’un danger, on réchappe d’une maladie.

On dit prov. l’échapper belle, pour dire, éviter heureuſement un péril éminent.

Agripper, v. a. Prendre, ſaiſir avidement, elle agrippe tout ce qu’elle voit, il eſt bas, on dit mieux agripper, v. a.

Dérober, v. a. Faire un larcin, prendre en cachette ce qui appartient à autrui, dérober une bourſe.

Voler, v. a. Prendre furtivement ou par force ce qui appartient à un autre, voler la bourſe de quelqu’un.

Hapé pol tignaſſe (s’) ſe tignoner, v. réc. Se prendre par le tignon, ces deux femmes ſe tignonerent, il eſt du ſtyle fam.

Hap’lopin écornifleur, paraſite, ſ. m. Celui qui écornifle, c’eſt-à-dire qui cherche à manger aux dépens d’autrui, qui cherche de franches lippées, c’eſt un écornifleur, c’eſt un franc paraſite.

Hâr, ſ. m. Dent, ſ. f. Il ſe dit des breches qui ſont au tranchant d’une lame, ce couteau ne vaut rien, il a des dents.

Breche, ſ. f. Petite fracture le long de la lame couteau ou d’un taillant de quelqu’un inſtrument de fer dont on ſe ſert pour couper, faire une breche à un couteau.

Breche ſe dit auſſi de pluſieurs autre choſes, faire breche à un pâté, il eſt venu bien des compagnies qui ont fait grande branche à nos proviſions, c’eſt une breche à l’honneur, à la réputation, &c.

Eſcarre, ſ. f. Il ſignifie fig. ouverture faire avec violence, fracas, le canon a fait une grande eſcarre dans ce bataillon, dans la muraille de la place, ſi nous abattez cinq cents arbres dans votre bois, cela fera une grande eſcarre, une grande breche.

Hâr, ſ. f. Hart, ſ. f. (H. s’aſpire) eſpece de lien fait d’oſier ou d’autre bois fort pliant, dont on lie les fagots, délier la hart d’un fagot.

Hardes, ſ. f. pl. (H. s’aſpire) il ſe dit généralement de tout ce qui eſt de l’uſage néceſſaire & ordinaire pour l’habillement, de belles hardes, de riches hardes.

Hâr & hotte dia & hurhau, termes de charretiers, ils diſent dia pour faire aller un cheval à gauche, & hurhau pour le faire aller à droite.

On dit prov. de deux perſonnes, qui étant chargées d’une affaire, la conduiſent par des voies oppoſées, que l’un tire à dia & l’autre à hurhau.

Hârdé ébrecher, v. a. faire une breche, ébrecher un couteau, un raſoir, &c. s’ébrecher une dent, il ne ſe dit qu’en ces phraſes.

Édenter, v. a. Rompre les dents d’une ſcie, d’un peigne, &c. il a édenté ſa ſcie.

Hârdé breche-dent, ſ. de t. g. Qui a perdu quelqu’une des dents de devant, cet homme eſt breche-dent, cette fille eſt breche-dent.

On dit, une vielle édentée, pour dire, une vielle qui n’a plus de dents.

Hardi com on pag di cour, on dit proverbialement d’un homme hardi juſqu’à l’impudence, qu’il eſt effronté comme un page de cour.

Harègreſſe harengere, ſ. f. (H. s’aſpire) celle qui fait métier de vendre des harengs & toute autre ſorte de poiſſon en détail, les harengeres de la halle.

On appelle fig. harengere, une femme qui ſe plaît à quereller & à dire des injures.

On dit prov. parler, crier comme une harengere.

Poiſſarde, ſ. f. Terme de mépris, qui ſe dit des femmes de la lie du peuple & de la halle, une poiſſarde.

Haridel farfadet, ſ. m. Il ſignifie fig. homme frivole.

Harotte haridelle, ſ. f. (H. s’aſpire) on appelle ainſi un méchant cheval maigre, vielle haridelle, méchante haridelle.

Hâſî, on dit, lever la main, lever le bâton ſur quelqu’un pour dire, ſe mettre en état de le frapper, & on dit d’un homme impétueux, il a toujours la main levée ſur ſes valets, pour dire, il eſt toujours prêt à les frapper.

Hâſplaie écheveau, ſ. m. Fil, ſoie ou laine repliés en pluſieurs tours, afin qu’ils ne ſe mêlent point, un écheveau de fil blanc.

Hâſpleu dévidoir, ſ. m. Inſtrument dont on ſe ſert pour dévider, c’eſt-à-dire, pour mettre en écheveau le fil qui eſt ſur le fuſeau, ou pour mettre en peloton le fil qui eſt en écheveau, mettre un écheveau ſur le dévidoir.

Tournette, ſ. f. Sorte de dévidoir.

Haſſe as, ſ. m. (L’s ſe prononce) carte qui n’eſt marquée que d’un point, un as de pique, &c.

Hâſtî broche, ſ. f. Uſtenſile de cuiſine, ſorte de verge de fer dont on ſe ſert pour embrocher la viande qu’on veut faire rôtir, tourner la broche, mettre à la broche, en broche, tirer la viande de la broche.

Hatrai cou, ſ. m. La partie du corps qui joint la tête aux épaules, alonger le coup, avoir le cou de travers.

Gorge, ſ. f. La partie du devant du cou, il a la gorge enflée, prendre à la gorge.

Goulot, ſ. m. Le cou d’une bouteille, d’une cruche ou de quelqu’autre vaſe dont l’entrée eſt étroite, une bouteille qui a le goulot caſſé.

Hatte breche, ſ. f. Au figuré, tort, on a fait une breche à ſon honneur, à ſa réputation.

Hatti rouſſir, v. a. Faire devenir roux, vous rouſſirez ce linge ſi vous le tenez trop au feu.

Hatti rouſſi, ſ. m. On dit, cela ſent le rouſſi, pour dire, cela à l’odeur d’une choſe que le feu a rouſſi & qui eſt prête à brûler.

Havaie cavée, ſ. f. Chemin creux, longue cavée.

Ravin, ſ. m. Ravine, ſ. f. Voy. fondraie.

Havé ratiſſer, racler, v. act. Enlever, emporter avec quelque choſe de rude ou de tranchant, quelques petites parties de la ſuperficie d’un corps, racler les ongles, les peaux, ratiſſer, racler les allées d’un jardin, ratiſſer des navets, des carottes, &c.

Draguer, v. a. Nettoyer une riviere ou un puits avec la rague, qui eſt un inſtrument fait en pelle recourbée dont on ſe ſert pour tirer les ſables des rivieres & pour curer des puits.

Hâvernat obier, opier ou aubier, ſ. m. Arbre fort dur qui reſſemble un peu au cornouiller ; il a les fleurs blanches diſpoſées en paraſols ; il porte ſon fruit en grappe, dont les baies plus groſſes que celles du ſureau, rougiſſent en mûriſſant, & renferment une ſemence dure, fort applatie, échancrée en cœur, les grives en ſont fort avides.

Il y a une autre eſpece d’aubier qu’on cultive dans les jardins à cauſe de la beauté de ſa fleur, elle eſt blanche & ramaſſée en boule, ce qui fait qu’on l’appelle communément, boule de neige, ou roſe de gueldre.

Qu’on me permette de donner ici la deſcription du ſorbier ou plutôt de ſon fruit pour détromper ceux qui nomment, grappe de ſorbier, ce qui doit être appellé, grappe d’aubier.

Les fruits du cormier ou ſorbier, qu’on appelle cormes ou ſorbes, viennent comme les raiſins pluſieurs ſur une queue ; ils ſont comme des petites poires ou neffles, de couleur pâle ou rouſſe, il ne mûriſſent jamais ſur l’arbre ; on eſt obligé de les abattre en automne & de les étendre ſur de la paille ; quand les cormes y ont été quelque temps, de jaunâtres, dures, âpres & déſagréables qu’elles étoient, elles deviennent d’un gris fort brun, molles, douces & agréables au goût, on en fait une boiſſon qu’on appelle cormé, Maiſon ruſt.

Havet croc, ſ. m. (Le C. final ne ſe prononce point) inſtrument de fer ou de bois, &c. à une ou pluſieurs pointes courbées, dont on ſe ſert pour y perdre ou pour y attacher quelque choſe, pendre de la viande au croc.

Crochet, ſ. m. Petit croc, un crochet à pendre de la viande, crochet bien garni.

Haveurre raclure, ſ. f. Les petites parties qu’on a emportées de la ſuperficie de quelque corps en le raclant, raclure de corne de cerf, raclure d’ongles.

Ratiſſure, ſ. f. Ce qu’on ôte en ratiſſant, ratiſſures de navets, jetter les ratiſſures.

Râpure, ſ. f. Ce que l’on enleve avec la râpe ou en grattant.

Havroûl ableret, ſ. m. Eſpece de filet carré attaché au bout d’une perche, avec lequel on pëche des ables & autres petits poiſſons.

Hawai pioche, ſ. f. Inſtrument de fer, large d’environ trois pouces & long de ſix à ſept, recourbé en forme de crochet à fumier, qui a un manche de bois.

Aſſette, ſ. f. Marteau avec une tête d’un côté & un tranchant de l’autre, large de deux pouces & un peu recourbé vers le manche ; c’eſt un inſtrument de couvreur.

Hawe houe, ſ. f. (H. s’aſpire) inſtrument de fer large & recourbé, qui a un manche de bois & avec lequel on remue la terre en la tirant vers ſoi, vigne labourée à la houe.

Hawé houer, v. a. Labourer avec la joue, il faut houer cette terre, ce jardin.

Il eſt auſſi neutre, ce vigneron ne fait que houer toute la journée.

Piocher, v. act. Travailler à fouir la terre avec une pioche, il faut piocher en cet endroit.

Aboyer, v. n. Il ne ſe dit au propre que d’un chien, un chien qui aboie aux voleurs, qui aboie après tout le monde, qui aboie contre les paſſants.

On dit prov. & fig. tous les chiens qui aboient ne mordent pas, pour dire, que tous ceux qui menacent ne ſont pas toujours fort à craindre.

Japper, v. n. Aboyer, il ſe dit plus ordinairement du cri des petits chiens, ce chien ne fait que japper.

Haw’lette racloir, ſ. m. Ratiſſoire, ſ. f. Inſtrument de fer dont les jardiniers ſe ſervent pour ratiſſer les allées des jardins.

Piochon, ſ. m. Binette, ſ. f. Inſtrument avec lequel on donne un labour leger.

tire-fien, ſ. m. C’eſt ainſi que la Maiſon ruſtique appelle une fourche recourbée qui ſert à tirer le fumier de l’écurie, la Quintinie appelle cet inſtrument, un crochet à fumier.

Croc, ſ. m. (Le C. final ne ſe prononce point) longue perche au bout de laquelle il y a une pointe avec un crochet, croc de batelier.

Heïance ſucceſſion, ſ. f. Hérédité, les biens, les effets qu’un homme laiſſe en mourant, il lui eſt échu deux ſucceſſions en un an.

Hoirie, ſ. f. Terme de pratique, héritage, cela lui eſt acquis par droit d’hoirie.

Heïme animoſité, ſ. f. Mouvement de haine, par lequel on eſt porté à nuire à quelqu’un de qui on a reçu ou cru recevoir quelque offenſe, agir par animoſité, ſans aucune animoſité.

Henat verre, ſ. m. Sorte de vaſe à boire fait de verre, la patte d’un verre, le cul d’un verre, laver, rincer, fringuer un verre.

Heni hennir, v. n. (H. s’aſpire, on prononce hannir) il ſe dit du cheval quand il fait ſon cri ordinaire, un cheval qui hennit après les juments.

Heniſtrai gui, ſ. m. Sorte de plante qui naît ſur les branches de certains arbres, comme du pommier, de l’aubépine, du chêne, &c. la glu ſe fait de gui, on croit que le gui de chêne guérit le haut mal.

Henne di boi bûche, ſ. f. Piece de gros bois de chauffage, groſſe bûche de hêtre, de chêne.

On dit prov. d’un homme lent & peſant, que c’eſt un homme qui ne ſe remue non plus qu’une bûche.

Hep hache, ſ. f. (H. s’aſpire) inſtrument de fer tranchant qui a un manche & dont on ſe ſert pour couper & pour fendre du bois & autres choſes, ils mirent la porte à bas à coup de hache.

Hére haïr, v. a. (H. s’aſpire) je hais, tu hais, il hait, nous haïſſons, &c. je haïſſois, j’ai haï, je haïrai, je haïrois, que je haïſſe, haïſſant, vouloir mal à quelqu’un.

Haïr eſt de deux ſyllabes à l’infinitif & s’écrit avec deux point ſur l’i, il retient la même prononciation & la même orthographe dans tous les temps, excepté dans les trois perſonnes ſingulieres de l’indicatif, & dans la ſeconde perſonne ſinguliere de l’impératif où il n’eſt que d’une ſyllabe, & où il s’écrit ſans les deux points, je hai ou je hais, tu hais, il hait, hai le vice ſi tu veux te ſauver.

On dit prov., haïr comme la peſte, haïr comme la mort, haïr à la mort, pour dire, haïr extrêmement.

On dit auſſi, haïr le vice, l’erreur, pour dire avoir en horreur.

Haïr ſignifie auſſi, avoir de l’averſion, de la répugnance, haïr les compliments, haïr le travail, haïr à travailler.

On dit auſſi de toutes les choſes dont on reçoit quelque incommodité, qu’on les hait, haïr le froid, le chaud.

Heré bouter, v. a. Mettre, ce mot eſt vieux & ne ſe dit que par le bas peuple & par les payſans.

Gliſſer, v. a. Mettre, couler adroitement quelque choſe en quelque endroit, gliſſer ſa main dans la poche de quelqu’un.

Paſſer, v. a. Faire paſſer, paſſez les bras dans les manches de votre robe de chambre, paſſer un ruban, un lacet dans un œillet, il lui a paſſé ſon épée au travers du corps.

Pouſſer, v. a. Faire effort contre quelqu’un ou contre quelque choſe avec force, pouſſer un homme hors de ſa place, pouſſez un peu cela vers moi, pouſſez un clou dans une muraille, dans du bois.

Fourrer, v. act. Mettre une choſe dans une autre, fourrer ſa tête dans un trou, cette tapiſſerie eſt toute perdue, il y a des trous à y fourrer la main.

On dit prov. & fig. d’un homme inconſidéré, qui veut s’ingérer de tout, qu’il fourre ſon nez par-tout, pourquoi vient-il fourrer ſon nez où il n’a que faire ?

Hernat rets ou filet, ſ. m. Ouvrage de fil noué par mailles & à jour pour prendre des oiſeaux, tendre des rets, il a été pris au filet.

Hérô glaçon, ſ. m. Morceau de glace, la riviere charrie, elle eſt toute couverte de glaçons.

Herpai ciſeau, ſ. m. Ferrement plat qui tranche par un des bouts & qui ſert à travailler le bois, la pierre, &c. ciſeau de menuiſier, de ſculpteur, &c.

Fermoir, ſ. m. Chez les menuiſiers & les ſculpteurs, ciſeau fort tranchant.

Fermoir, ſ. m. Fer de ciſeau de menuiſier accompagné d’un autre petit fer recourbé en croiſſant, monté ſur un manche de bois & ſervant à ôter les chancres, la mouſſe & le bois mort des arbres, Maiſon ruſt.

Hervai têt, ſ. m. morceau d’un pot de terre caſſé, ramaſſer des têts de pot, on dit quelquefois teſſon, ſ. m.

Heſplé dévider, v. a. Mettre en écheveau de fil qui eſt ſur le fuſeau, dévider le fil que l’on a filé.

Heſſe échaſſe, ſ. f. Il n’a guere d’uſage qu’au pluriel, échaſſes, & il ſe dit de deux longs bâtons, à chacun deſquels il y a une eſpece d’étrier attaché, ou un fourchon du bois même, dans lequel l’on met le pied, ſoit pour marcher dans des marais, ſoit pour paroître plus grand & divertir le peuple, comme font les bateleurs ; monté ſur des échaſſes.

On dit d’une perſonne trop haut montée ſur jambes, qu’il ſemble qu’elle ſoit ſur des échaſſes.

Hêtre, ſ. m. (H. s’aſpire) grand arbre qui porte une eſpece de fruit qu’on appelle faîne.

Tournette, ſ. f. Sorte de dévidoir.

Heſſî aller à cloche-pied ; c’eſt-à-dire, marcher ſur un ſeul pied, courbant & élevant un peu l’autre.

Hette écharde, ſ. f. Piquant de chardon ou petit éclat de bois qui entre dans la chair, on lui a tiré une écharde du pied, il lui entra une écharde ſous l’ongle.

Hetté éclater, v. n. Se rompre, ſe briſer par éclats, ce bois a éclaté.

Il eſt auſſi, réc. le bois s’eſt éclaté.

Heupon gratte-cu, ſ. m. On appelle communément, gratte-cu, le bouton route qui vient ſur l’églantier ou roſier ſauvage qui eſt arbriſſeau épineux qu’on voit ordinairement dans les buiſſons & les hayes, on employe les gratte-cus dans les tiſannes apéritives ; on en fait auſſi de la conſerve qu’on nomme conſerve de cynorrhodon.

Heûre ſecouer, v. a. Remuer quelque choſe fortement en ſorte que toutes les parties en ſoient ébranlées, ſecouer un arbre pour en faire tomber les fruits ; ſecouez cette branche, ce manteau.

On dit à-peu-près dans la même acception, ſecouer la pouſſiere de deſſus un habit.

On dit prov. & fig. ſecouer les oreilles, pour dire, ne pas tenir compte de quelque choſe, s’en moquer ; quand on lui repréſente ſon devoir, il ſecoue les oreilles.

On dit auſſi d’un homme à qui il arrive un accident fâcheux, qui reçoit quelque injure, quelque affront, & qui témoigne n’y être pas ſenſible, qu’il ne fait qu’en ſecouer les oreilles.

Hocher, v. a. Secouer, branler, hocher un prunier pour en faire tomber les prunes.

Se déteindre, v. réc. Perdre ſa couleur ; une couleur qui ſe déteint aiſément, ces draps-là ne ſe déteignent point.

Heûre (s’) ſe ſecouer, v. réc. Se remuer fortement pour faire tomber quelque choſe qui incommode. Les chiens ſe ſecouent quand ils ſont mouillés.

Heurre noiſe, ſ. f. Querelle, diſpute, chercher noiſe.

Heuvreſſe balayeuſe, ſ. f. Qui balaye.

Héve rainure, ſ. f. Terme de menuiſerie, petite entaillure faite en long dans un morceau de bois pour y aſſembler une autre piece ou pour ſervir à une couliſſe, faire une rainure, aſſembler des ais à languettes & à rainures.

Hévé évider, v. a. Faire une certaine cannelure à un ouvrage, évider une lame d’épée.

Hev’né fourgonner, v. n. Remuer le feu avec les pincettes, ne fourgonnez pas tant dans ce feu.

Hiedde troupeau, ſ. m. Troupe d’animaux de même eſpece qui ſont dans un même lieu, troupeau de vaches, un troupeau de cochons, & par extenſion, troupeau de dindons, d’oies, quand on dit abſolument, troupeau, on entend ordinairement un troupeau de brebis ou de moutons.

Bétail, ſ. m. Troupeau de bêtes à quatre pieds, qu’on mene paître ; comme vaches, brebis, bœufs, chevres. Il ne ſe dit guere que de ces ſortes d’animaux, garder le bétail.

Hiellaie écuellée, ſubſt. f. Plein une écuelle, une écuellée de ſoupe, de bouillon.

Hielle écuelle, ſ. f. Piece de vaiſſelle d’argent, d’étain, de bois, de terre, &c. qui ſert à mettre du bouillon, du potage, une écuelle à oreille, laver les écuelles, des lavures d’écuelles, en cette derniere phraſe, écuelles ſe prend pour toutes ſortes de vaiſſelles.

Hielle di boi gamelle, ſubſt. f. Jatte de bois où l’on met du potage, être à la gamelle, manger à la gamelle ; être à l’ordinaire des matelots & des ſoldats.

Hierchî traîner, v. a. Tirer après ſoi, les chevaux qui traînent un carroſſe, une voiture, traîner un corps mort ſur la claie.

Traîner eſt auſſi neutre & ſignifie pendre juſqu’à terre, un manteau, une robe qui traîne.

Hïeté ſonner la clochette, tirer la ſonnette, v. a. Faire rendre du ſon à une clochette, à une ſonnette.

Hîette clochette, ſubſt. f. Petite cloche qui ſe peut porter à la main.

Sonnette, ſ. f. Eſpece de clochette fort petite dont on ſe ſert pour appeller ou pour avertir, tirez la ſonnette afin qu’on vous vienne ouvrir la porte.

Hieurre accroc, ſ. m. Déchirure que fait ce qui accroche, qu’eſt-ce qui a fait cet accroc à votre habit ?

Hïi déchirer, v. a. Rompre, mettre en pieces ſans ſe ſervir d’inſtrument tranchant, déchirer un habit, un manteau.

Percer, v. n. S faire ouverture, cet abcès a percé de lui-même.

Ouvrir, v. a. Percer, ouvrir un abcès.

Crever, v. a. Faire rompre avec un effort violent, le débordement des eaux a crevé la digue, crever un ſac à force de le remplir, crever une botte, un ſoulier, un bas en ſe chauffant, un gros poiſſon creva les filets, crever un apoſtême.

Crever, v. n. Se rompre par un effort violent, le canon creva dès le ſecond coup, ſon fuſil lui creva à la chaſſe, ce tuyau eſt trop foible, il eſt à craindre qu’il ne creve.

Hikette hoquet, ſ. m. (H s’aſpire) mouvement convulſif de l’eſtomac qui ſe fait avec une eſpece de ſon non articulé, avoir le hoquet, la peur fait paſſer le hoquet.

On appelle hoquet de la mort, le hoquet qui ſurvient ordinairement aux mourants, & on dit être au hoquet, au denier hoquet, pour dire, être au lit de la mort, être près d’expirer.

Hinaie halenée, bouffée, ſ. f. L’air qu’on ſouffle par la bouche en une ſeule reſpiration, lorſqu’il eſt accompagné d’odeur, il ſe prend ordinairement en mauvaiſe part, il m’a donné une halenée de vin, il nous empoiſonne par des bouffées d’ail.

Flaquée, ſubſt. f. Une certaine quantité d’eau ou d’autre liqueur qu’on jette avec impétuoſité contre quelque choſe, le vent lui a jetté une flaquée d’eau par le viſage, il eſt du ſtyle fam.

Hiné lancer, ruer, v. a. Jetter avec impétuoſité, ruer des pierres, lancer un trait.

Ruer ſe met quelquefois abſolument, pour ſignifier, jetter une pierre, il gage qu’il ruera plus loin que vous.

Fronder, v. a. Il ſe dit de tout ce qu’on jette avec violence, il lui fronda un aſſiette à la tête.

Flaquer, v. a. Jetter avec impétuoſité de l’eau ou un autre liqueur contre quelqu’un, contre quelque choſe, il lui a flaqué un verre d’eau au viſage, il eſt du ſtyle fam.

Rompre, v. n. Il ſe dit des arbres dont les branches ſe rompent, étant ſurchargées de fruits ; tous les arbres rompoient de fruits, qu’il en rompt.

Éclater, v. a. Terme de jardinier, il ſe dit d’une branche ou d’une racine qu’on détache, ſoit à deſſein, ſoit par mal-habileté, de l’endroit où elle étoit venue, prenez garde de trop baiſſer cette branche de peur de l’éclater, ou qu’elle ne s’éclate.

Jouer à croix & à pile, ſorte de jeu de haſard, où l’on jette une pierre de monnoie en l’air, & où l’on perd ou gagne ſuivant que la piece tombe ou ne tombe pas ſur le côté qu’on a pris, qu’on a nommé, jettons à croix & à pile à qui l’aura.

Hiné de cou ruer, v. n. Jetter les pieds de derriere en l’air avec force, prenez garde à ce cheval, à ce mulet, &c. il rue.

S’éparer, v. réc. Terme de manege, qui ſe dit d’un cheval lorſqu’il détache les ruades, le cheval s’épare.

Hinon écliſſe, attelle, ſ. f. Petit bâton plat que l’on couche le long de la fracture d’un bras, d’une jambe, &c. pour le tenir en état, & faire que les os puiſſent ſe reprendre, mettre une écliſſe, on n’ôte les écliſſes qu’après tant de jours.

Hîon ſoubreſaut, ſ. m. Saut ſubit, inopiné & à contre-temps, ce cheval a fait deux ou trois ſoubreſauts qui m’ont penſé déſarçonner, un carroſſe rude qui donne des ſoubreſauts.

Cahot, ſ. m. Le ſaut que fait une charrette, un carroſſe en roulant dans un chemin raboteux & mal uni.

Hipé échapper, gliſſer, v. n. Laiſſer tomber par mégarde, ma tabatiere m’eſt échappée de la main, cela m’a gliſſé des mains.

Hipette faux-pas, faux-bond, ſ. m. Voy. fé inne hipette.

Hiſſe ſouquenille, ſ. f. Sorte de ſurtout fort long, fait de groſſe toile, & qu’on donne ordinairement aux cochers & aux palfreniers pour s’en couvrir quand ils panſent leurs chevaux. Donner une ſouquenille à un cocher.

Hitte dévoiement, ſ. m. Flux de ventre. Les raiſins lui ont donné le dévoiement.

Hleng gaucher, gauchere, adj. qui ſe ſert ordinairement de la main gauche au lieu de la droite, il eſt gaucher.

Il eſt quelquefois ſubſt. C’eſt un gaucher.

giron, ſ. m. Il ſe dit de cet eſpace qui eſt depuis la ceinture juſqu’aux genoux, dans une perſonne, cet enfant dormoit dans le giron de ſa mere.

Hochet une boule ou un gâteau de charbon de terre, de tanée, de tourbe, &c.

Hôdé échauder, v. a. Laver d’eau chaude & bouillante, échauder un pot de terre.

Il ſignifie auſſi tremper dans l’eau chaude, échauder un cochon de lait, échauder de la volaille pour la plumer.

Hôdé (s’) s’échauder, v. réc. Il ſignifie fig. être attrapé, recevoir quelque perte, quelque mal dans une affaire, il ne s’engagera jamais dans de pareilles affaires, il s’y eſt échaudé, il craint de s’y échauder, il eſt du ſtyle fam.

Hôdeu échaudoir, ſ. m. Vaiſſeau qui ſert à échauder.

Hoïe houille, ſ. f. (H s’aſpire) Sorte de charbon de terre qu’on tire principalement dans les pays de Liege, tirer de la houille, bruler de la houille.

Hoircî écorcher, v. a. Dépouiller un animal de ſa peau, écorcher un cheval, un bœuf, &c.

On dit prov. qu’il n’y a rien de plus difficile à écorcher que la queue, pour dire, que ce qu’il y a de plus difficile dans une affaire, c’eſt le point de la concluſion.

Charpenter, v. act. Il ſignifie au fig. tailler d’une maniere mal adroite, vous charpentez la viande au lieu de la couper proprement, le bourreau charpenta le cou de ce pauvre patient.

Hoirnaie dagorne, ſ. f. Vache qui a perdu une corne, il ſe dit par dériſion & baſſement d’une vielle femme, une vielle dagorne.

Hoiſſe écorce, ſ. f. Peau d’un arbre ou d’une plante boiſeuſe, peler l’écorce.

Tan, ſ. m. Écorce de chêne moulue, avec laquelle on prépare les gros cuirs, moulin à tan.

Tanée, ſ. f. Tan uſé & qui ſort des foſſes.

Hol veule, adj. de t. g. mou, foible, léger, il eſt du ſtyle fam. il ſe dit en termes de jardinage d’une terre trop légere.

Hollé ſergenter, v. a. Il ſignifie au figuré, preſſer, importuner, fatiguer pour obtenir quelque choſe, il vous ſergentera tous les jours, juſqu’à ce que vous lui ayez accordé ce qu’il vous a demandé, il eſt du ſtyle fam.

Façonner, v. n. Il eſt dit dans le ſtyle fam. des difficultés qu’on fait d’accepter quelque choſe, pourquoi tant façonner ? acceptez ce qu’on vous offre.

Pouſſer, v. a. Il ſignifie fig. induire, inciter, c’eſt ſon ami qui l’a pouſſé à faire cela.

Hom écume, ſ. ſ. Eſpece de mouſſe blanchâtre qui ſe forme & qui ſurnage ſur l’eau, ou ſur quelque autre liqueur agitée ou échauffée, l’écume d’un pot qui bout.

Hontî (s’) rougir, v. n. Il ſignifie fig. avoir honte, confuſion, il faut rougir de commettre des fautes, & non pas de les avouer.

Hop comble, ſ. m. Ce qui peut tenir au-deſſus des bords d’une meſure, d’un vaiſſeau déjà plein, le comble d’un boiſſeau, d’un minot, il a donné cela pour le comble.

Comble eſt auſſi adj. Meſure comble.

Hopai tas, monceau, ſ. m. Ils font également un aſſemblage de pluſieurs choſes placées les unes ſur les autres ; avec cette différence que le tas peut être rangé avec ſymmétrie & que le monceau n’a d’autre arrangement que celui que le haſard lui donne.

On dit un tas de pierres, lorſqu’elles ſont des matériaux préparés pour faire un bâtiment : & l’on dit un morceau de pierres, lors qu’elles ſont les reſtes d’un édifice renverſé.

Barge, ſ. f. Pile ou meulon de foin ; monceau de menu bois.

Hopé combler, v. a. Remplir un vaiſſeau, une meſure juſque par-deſſus les bords tant qu’il y en peut tenir, combler une meſure, la meſure.

Hôpî démanger, v. n. Il ſe dit d’un certain chatouillement piquant entre cuir & chair, & qui donne envie de ſe grater, quand le temps vient à changer, ſa plaie lui démanger.

Frayer, v. a. Frotter contre quelque choſe, le cerf fraye ſa tête aux arbres.

Horbi eſſuyer, v. act. Ôter l’eau, la ſueur, ou quelque autre choſe d’humide en frottant, eſſuyer ſes mains à une ſerviette ou avec un linge, eſſuyer de la vaiſſelle qu’on a lavée, eſſuyez cette table.

Torcher, v. act. Nettoyer en frottant, les nourrices torchent leurs enfants.

Horbi l’cou ébrener, v. act. Ôter les matieres fécales d’un enfant, cette nourrice a ébrené ſon enfant.

On dit auſſi, remuer un enfant, pour dire le nettoyer & le changer de langes.

Horé canal, ſ. m. Conduit par où l’eau paſſe, nettoyer un canal.

Aqueduc, ſ. m. Canal conſtruit de pierre ou de brique, pour conduire de l’eau d’un lieu à un autre.

Horon madrier, ſ. m. Sorte d’ais fort épais.

Hoſai ou hoſette houſeaux, m. pl. (H s’aſpire) ſorte de chauſſure de jambes contre la pluie & la crotte, comme font les guêtres, les gamaches, &c. il eſt vieux, & il n’a plus d’uſage que lorſqu’en parlant d’un homme qui eſt mort en quelque occaſion, on dit prov. qu’il y a laiſſé ſes houſeaux ; de même qu’on dit, qu’il y a laiſſé ſes guêtres.

Hôſe encan, ſ. m. Vente des biens par un ſergent crieur, mettre à l’encan, vendre à l’encan.

Enchere, ſ. f. Offre que l’on fait au-deſſus de quelqu’un, pour une choſe qui ſe vent par juſtice au plus offrant, ou que l’on baille à ferme, faire une enchere, mettre enchere, mettre à l’enchere, couvrir une enchere, cela a été délivré à la premiere enchere.

Hôſî bondir, v. n. fig., lorſqu’on a une extrême répugnance pour un aliment, ou pour quelque autre choſe qui fait ſoulever le cœur, on dit, le cœur me bondit contre, cela fait bondir le cœur.

Hôſî enchérir, v. a. Faire une offre au-deſſus de quelqu’un, mettre enchere ſur quelque choſe, enchérir une maiſon ſur quelqu’un, au-deſſus, par-deſſus quelqu’un, il a fait venir des gens pour enchérir.

Hos’lé pattu, ue, adj. Qui a de la plume juſques ſur les pieds, pigeon pattu.

Hos’lé (s’) ſe botter, v. réc. Il ſe dit de ceux qui en marchant dans un terrain gras, amaſſent beaucoup de terre autour de leurs pieds, on ne ſauroit ſe promener dans ce jardin qu’on ne ſe botte.

Hôs’min d’cour bondiſſement, ſ. m. Mouvement de celui qui bondit, on ne lui parle point de prendre médecine, qu’il ne lui prenne un bondiſſement de cœur.

Hoſſâ fondriere, ſ. f. Il ſe dit d’un terrain marécageux, ſous lequel les eaux croupiſſent faute d’écoulement, & où l’on a beaucoup de peine à ſe tirer, tout ce pays-là eſt plein de fondrieres.

Hoſſe-cowe hochequeue, ſ. m. Sorte de petit oiſeau ainſi appellé, parce qu’il remue continuellement la queue, c’eſt un hochequeue.

Bergéronnette, ſ. f. Petit oiſeau noir & blanc qui fréquente les rivieres.

Hoſſî hocher, v. a. Secouer, branler.

On dit fam. hocher la tête ſur quelque choſe, pour dire, marquer par un mouvement de tête, qu’on déſapprouve quelque choſe ou qu’on ne s’en ſoucie guere, il ſe mit à hocher la tête, il s’en alla en hochant la tête.

Locher, v. n. Il ne ſe dit qu’en parlant d’un fer de cheval qui branle & qui eſt prêt à tomber, regardez aux pieds de ce cheval, j’entends un fer qui loche.

Vaciller, v. n. Chanceler, n’être pas bien ferme, il faut mettre cette pendule ſur quelque choſe qui ſoit ferme, & qui ne puiſſe point vaciller.

Bercer, v. a. Remuer le berceau d’un enfant pour l’endormir, bercer un enfant.

On dit fig., j’ai été bercé de cela, pour dire, j’en ai ouï parler mille fois.

Branler, v. n. Être agité, pencher de côté & d’autre, tout le plancher branle, la tête lui branle, les dents lui branlent, en ce ſens on dit prov. tout ce qui branle ne tombe pas.

Hoſſî & mange, on dit fig. & fam. en parlant d’un homme qui eſt menacé de perdre ſa place, qu’il branle au manche.

Hôtig gardon, ſ. m. Poiſſon blanc d’eau douce, qui a le corps large, le dos bleu, la tête verdâtre, le ventre blanc & les yeux grands, pêcher du gardon, manger du gardon.

On dit prov. d’un homme qui a un air de fraîcheur & de ſanté, qu’il eſt frais comme un gardon.

Hotte mortoiſe, Académie. Mortaiſe, Trévoux, ſ. f. Entaillure faite dans une piece de bois de menuiſerie ou de charpenterie ; pour y recevoir le tenon d’une autre piece quand on les veut aſſembler, faire une mortaiſe ou moirtoiſe, ouvrage aſſemblé à tenons & mortoiſes.

Hoûbieïe houblonné, houblonnée, part. du verbe houblonner qui ſignifie, mettre du houblon dans la biere, cette biere eſt trop houblonnée.

Hoûbion houblon, ſ. m. (H. s’aſpire & dans tous les dérivés) eſpece de plante qui entre dans la compoſition de la biere, plante des perches pour appuyer le houblon, manger du houblon en ſalade, cueillir du houblon.

Hoûbîre houblonniere, ſ. f. Champ planté de houblon, une grande houblonniere.

Hougnette veillote, ſ. f. Petit tas de foin qu’on fait lorſque l’herbe du pré eſt fauchée & qu’on la fane.

Houïot, on appelle, pelote de neige, une boule que l’on fait avec la neige preſſée, ils ſe battoient à coups de pelotes de neige.

Houki appeller, v. a. Se ſervir de la voix ou de quelque ſigne pour faire venir quelqu’un, je l’appelle & il ne vient point.

Houkî-foû provoquer, v. a. Inciter, exciter, il l’a frappé, mais il y avoit été provoqué auparavant par beaucoup d’injures.

Hoûlâ huchet, ſ. m. (H. s’aſpire) cornet avec quoi on appelle ou on avertit de loin.

Houlé éculer, v. a. Se dit des bottes & des ſouliers qui s’abaiſſent par derriere ſur le talon, par la faute de celui qui marche, éculer des ſouliers, des bottes.

Il eſt auſſi réciproque, quand un ſoulier eſt trop petit, il s’écule facilement.

Houlé boiteux, adj. Qui boite, être boiteux.

Il ſe prend auſſi ſubſtantivement, c’eſt un boiteux, c’eſt une boiteuſe.

Bancroche, ſ. m. Terme de dénigrement qui ne ſ’emploie que dans un ſtyle fam. & en parlant d’une perſonne qui a les jambes tortues.

Bancalle, ſ. f. Il ſe dit populairement d’une femme dans le même ſens qu’on dit bancroche en parlant d’un homme.

Hoûlé hurler, v. n. (H s’aſpire) il ſe dit d’un long cri que font les loups & les chiens, on entend les loups hurler, ce chien a hurlé toute la nuit.

On dit fig. d’un homme qui jette de grands cris de douleur, il ne crie pas, il hurle.

Bruire, v. n. Il n’eſt guere d’uſage qu’à l’infinitif & à la troiſieme perſonne de l’imparfait de l’indicatif, où l’on dit il bruyoit, rendre un ſon confus, on entend bruire les vagues, le vent, le tonnerre.

Houlot culot, ſ. m. L’oiſeau le dernier éclos d’une couvée, on donne auſſi le nom de culot au dernier né des autres animaux & familiérement parmi les hommes au dernier né d’une famille.

On appelle encore fig. & fam. le dernier reçu d’une compagnie, le culot de la compagnie.

Houlotte chat-huant, ſ. m. (Le t. de la premiere ſyllabe ne ſe prononce point & l’H. de la ſeconde eſt aſpirée) ſorte de hibou qui mange les ſouris & les petits oiſeaux, on prétend que les chats-huants voient plus clair la nuit que le jour.

Hulotte ou huette, ſ. f. (H. s’aſpire) eſpece de hibou, de gros oiſeau nocturne, le cri de la hulotte eſt triſte.

Houmé humer, v. a. (H. s’aſpire) avaler quelque choſe de liquide en retirant ſon haleine, en cette acception, il ne ſe dit guere que de certaines choſes, comme humer un bouillon, humer un œuf.

On dit auſſi, humer l’air, pour dire, s’expoſer à l’air en telle ſorte qu’il entre, qu’il pénetre dans les poumons.

Gober, v. a. Avaler avec avidité & ſans ſavourer ce qu’on avale, gober une couple d’œufs frais, il eſt fam.

Écumer, v. a. Ôter l’écume de ce qui bout ſur le feu, écumer le pot, la marmite, écumer du ſucre, des confitures.

Houmé l’aiwe on dit de certaines choſes qu’elles tirent l’eau, pour dire, qu’elles s’imbibent, qu’elles s’abreuvent d’eau, ce cuir-là n’eſt pas bien préparé, il tire l’eau comme une éponge.

Houm’reſſe écumoire, ſ. f. Uſtenſile de cuiſine fait en forme de cuiller plate, percée de pluſieurs petits trous & qui ſert à écumer, une écumoire de cuivre, d’étain.

Houp huppe, ſ. f. (H. s’aſpire) il ſe dit de la touffe de plumes que portent certains oiſeaux ſur la tête, la huppe d’une alouette.

Pelle, ſ. f. Inſtrument de fer dont on ſe ſert à remuer diverſes choſes.

Houplaie pellée, pellerée, pelletée, ſ. f. Autant qu’il en peut tenir ſur une pelle, une pellée de plâtre, une pelletée de terre.

Fig. pour ſignifier qu’il y a de grandes richeſſes dans une maiſon, on dit, que l’argent s’y remue à pellerées.

Houplé hucher, v. a. (H. s’aſpire) appeller à haute voix ou en ſifflant, il eſt vieux & n’a plus guere d’uſage qu’à la chaſſe.

Hoûre dos, ſ. m. Il ſignifie figurément la partie oppoſée au tranchant, le dos d’un couteau.

Hoûrlai boſſe, ſ. f. Il ſe dit d’une élévation dans toute ſuperficie qui devroit être plate & unie, un terrain plein de boſſes.

Hoûrmin échafaud, ſ. m. aſſemblage de pieces de bois qui forme une eſpece de plancher, ſur lequel les ouvrier montent pour travailler aux lieux où ils ne peuvent atteindre autrement, on ne peut plus travailler à cette muraille ſans échafaud, ce bâtiment eſt achevé, il faut ôter les échafauds.

Échafaudage, ſ. m. Conſtruction d’échafauds pour bâtir, il en a couté beaucoup pour l’échafaudage.

Hoûté écouter, v. a. Prêter l’oreille pour ouir, ne parlez pas ſi haut, on nous écoute, il étoit à la porte, pour écouter ce qu’on diſoit.

On dit d’un homme qui parle lentement, & qui croit bien dire, qu’il s’écoute parler, & abſolument qu’il s’écoute.

Écouter ſe dit auſſi fig. ; & on dit, écouter la raiſon, pour dire, ſe rendre à la raiſon, n’écouter que ſa colere, ſa paſſion.

Attendre, v. a. Demeurer dans un lieu juſqu’à ce que telle choſe ou telle perſonne arrive.

On dit prov. il ennuie à qui attend, pour marquer que c’eſt preſque toujours avec impatience & avec ennui qu’on attend.

Attendre ſe joint ſouvent avec la prépoſition après ; & alors il ſert à marquer le beſoin qu’on a de la perſonne ou de la choſe qu’on attend & l’impatience avec laquelle on attend, il y a long-temps qu’on attend après vous, c’eſt un argent après lequel il attend pour partir.

Naqueter, v. n. Attendre ſervilement à la porte de quelqu’un, il a naqueté long-temps.

Houtte abri, ſ. m. Lieu où l’on ſe peut mettre à couvert du vent, de la pluie, de l’ardeur du ſoleil & de toutes les autres incommodités du temps, chercher un abri.

À l’abri, façon de parler adverbiale, à couvert, ſe mettre à l’abri de la pluie, être à l’abri derriere une muraille, une haie.

Hoûvion écouvillon, ſ. m. Vieux linge attaché à un long bâton avec quoi on nettoie le four lorſqu’on veut enfourner le pain, ou avec quoi l’on nettoie le canon lorſqu’il a tiré, & qu’on veut le recharger ou le rafraîchir.

Hovâde ramoneur, ſ. m. Celui dont le métier eſt de ramoner les cheminées, il étoit noir comme un ramoneur de cheminée.

Hové ramoner, v. a. Nettoyer le tuyau d’une cheminée, en ôter la ſuie, ramoner la cheminée.

Balayer, v. a. Ôter les ordures d’un lieu avec un balai, balayer une Egliſe, une chambre.

Écouvillonner, v. a. ſe ſervir de l’écouvillon pour nettoyer le four, écouvillonner le four.

Hovlette broſſe, ſ. f. Sorte d’uſtenſile ſervant à nettoyer les habits, ou à ôter la pouſſiere & la craſſe, & fait de brins de bruyere fort fins, ou de poil de cochon & de ſanglier, il faut donner deux ou trois coups broſſe à ce cheval.

Vergettes, ſ. f. pl. Une épouſſette, une broſſe ſervant à nettoyer des habits & des étoffes, il faut donner deux ou trois coups de vergettes à ce manteau.

Hovlette â ſolé décrottoire, ſ. f. Sorte de broſſe dont on ſe ſert pour décrotter.

Hov’té broſſer, vergeter, v. a. Nettoyer avec la broſſe, les vergettes, broſſer un cheval, un habit, vergeter un chapeau, un habit.

Décrotter, v. a. Ôter la crotte, décrotter des bottes, des ſouliers, décrotter des habits.

Hûfion coque ou coquille, ſ. f. Écale de noix, je n’en donnerois pas une coque de noix.

Huflé ſiffler, v. n. Former un ſon aigu en ſerrant les levres en rond & en pouſſant ſon haleine, il ſiffle bien fort, ſiffler pour avertir quelqu’un, pour appeller quelqu’un.

On dit fig. il n’a qu’à ſiffler, pour dire, qu’il n’a qu’à faire connoître ſa volonté pour être obéi, il eſt du ſtyle fam.

Siffler ſe dit auſſi du ſon aigu que forment quelques animaux, comme les ſerpents, les cignes, les oies, &c. quand ils ſont en colere, on entendoit ſiffler les ſerpents.

Il ſe dit encore du bruit aigu que fait une fleche, le vent, une pierre pouſſée avec force, &c. écoutez le vent comme il ſiffle, il entendoit les balles de mouſquet qui lui ſiffloient aux oreilles.

Siffler eſt auſſi actif, & ſignifie chanter un air en ſifflant, ce merle, ce ſerin ſiffle tous les airs qu’on lui apprend.

On dit, ſiffler un oiſeau, pour dire, ſiffler devant lui, pour lui apprendre à ſiffler des airs, qui eſt-ce qui a ſifflé votre linotte ?

On dit fig. ſiffler quelqu’un, pour dire, l’induſtrie de ce qu’il aura à dire ou à faire en certaines occaſions, il répondit à merveille, on l’avoit bien ſifflé.

Huflet ſifflet, ſ. m. Petit inſtrument avec lequel on ſiffle.

Hochet, ſ. m. Sorte d’inſtrument propre à divertir & à amuſer un enfant au maillot, un hochet de criſtal garni de grelots d’argent.

Huré écurer, v. act. Frotter, éclaircir avec du ſablon, de la lie ou autre choſe ſemblable, il ſe dit de la vaiſſelle, de la batterie de cuiſine, ou autres uſtenſiles de même nature, il faut écurer ces chaudrons, ces poëles, ces chenets.

Sablonner, v. a. Écurer avec du ſablon, ſablonner de la vaiſſelle.

Tripolir, v. a. Nettoyer avec du tripoli qui eſt une ſorte de craie un peu rougeâtre dont on ſe ſert pour éclaircir la vaiſſelle.

Hûrluburlu hurluberlu, ſ. m. Un homme qui agit étourdiment ſans prendre garde à ce qu’il fait, c’eſt un hurluberlu.