Discours de Michel Warschawski de la remise du Prix 2012 des Droits de l'Homme de la République française

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Discours de Michel Warschawski lors de la remise du Prix 2012 des Droits de l'Homme de la République française



2012

Madame la Ministre, Madame la Présidente, membres du jury et chers amis vous êtes ici nombreux. J'avais préparé un beau texte, je ne suis pas langue de bois, je vais improviser très rapidement dans le temps très court qui m'est alloué.


La violation des droits, dans mon pays, en Israël et dans les territoires que mon pays occupe, n'a plus à être prouvée. Le juge Goldstone, nommé par les Nations Unis, a fait son rapport. Le tribunal Russell, qui est un tribunal citoyen, mais très prestigieux, et dont nous avons la chance d'avoir le président, qui est aussi un des parrains de notre centre d'information alternative, parce que Stéphane Christian Hessel[1] nous accompagne depuis de très nombreuses années, ont montré que le droit est violé de façon systématique et une des tâches que nous nous sommes fixés comme centre d'information alternative, à Jérusalem et à Bethléem -je regrette que mon co-président palestinien n'ait pu venir ici, parce que ce n'est pas facile de quitter le pays lorsqu'on est palestinien, il faut le dire aussi- travaille contre l'impunité.

Les crimes sont là : il y a des responsables politiques, il y a des responsables militaires, il y a des colons. Nous faisons des dossiers pour que cela ne reste pas anonymes, et pour demander que ces gens qui ont, en tous les cas, qui sont soupçonnés d'avoir commis des crimes soient traduits devant la justice. Nous voudrions qu'ils soient traduits devant la justice de notre pays, mais les plaintes que nous avons déposées n'ont jamais eu de suivi et c'est la raison pour laquelle notre projet est de s'adresser à des cours internationales pour qu'elles fassent - et c'est la procédure : lorsqu'on ne peut être jugé dans le pays alors les procédures internationales peuvent être mises en marche. Nous refusons l'impunité, et je terminerai là-dessus, pour trois raisons.

L'une est une question d'hygiène publique internationale, que notre monde ne tolère pas que des criminels puissent être en liberté, puissent circuler librement. Ils doivent être pour le moins jugés. C'est une question d'hygiène internationale.

La deuxième raison, c'est faire justice aux victimes aussi, un peu de justice. Qu'ils puissent voir ceux qui commettent ces crimes traduits devant la justice. Qu'ils puissent d'abord avoir la vérité reconnue. Nos amis sud-africains, lorsqu'ils ont mis en place le processus de vérité et réconciliation l'avaient compris. La réconciliation c'est notre objectif, c'est notre but, c'est notre idéal, c'est notre rêve mais ça ne peut se faire que si la vérité est dévoilée et (que) si la vérité est dite par ceux qui ont commis ce crime.

La troisième raison, elle concerne mon peuple, les Israéliens. L'impunité, beaucoup d'entre vous sont des parents, certains déjà des grands-parents, les petits-enfants sont là, l'impunité, nous le savons, est le plus mauvais service qu'on puisse faire à nos enfants. Lorsqu'ils commettent des méfaits, il faut les punir ! Pour leur bien !

J'ai jamais aimé cette expression "qui aime bien châtie bien" mais il y a un acte d'amour dans la punition, un acte de responsabilité parce que sinon, si on est dans l'impunité, si on ne met pas de barrières, on ne sera stoppé que le jour où l'on se fracassera la tête contre le mur. Et lorsqu'on parle d'Israël et de la Palestine le mur est très concret. Et donc, c'est comme quelqu'un qui aime son pays. Oui, j'aime mon pays, mais je suis aussi conscient des crimes, des méfaits que sa politique coloniale commet. Pour son bien, nous demandons à la communauté internationale : "Jugez-nous et punissez-nous s'il le faut" parce que cela permettra à la génération de nos enfants et de nos petits-enfants, peut-être, de comprendre que si on veut être accepté dans la communauté internationale, si on veut avoir notre place, et une place légitime et respectée dans la communauté internationale, il faut mettre fin à des pratiques qui sont la violation du droit. L'impunité n'a jamais aidé personne. La lutte contre cette impunité est en fait un acte d'amour pour ceux qui commettent ces crimes.


Commentaires sur le discours[modifier]

Source : http://www.justice.gouv.fr/la-garde-des-sceaux-10016/prix-des-droits-de-lhomme-2012-24873.html Erreur de M. Warschawski. Nommant Stéphane Hessel, il se trompe sur le second prénom en substituant Frédéric par Christian.[2]


  1. Nommant Stéphane Hessel, il se trompe sur le second prénom en substituant Frédéric par Christian.9
  2. Télévisions