Eulalie

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Traduction par Stéphane Mallarmé.
Les Poèmes d’Edgar PoeLéon Vanier, libraire-éditeur (p. 21-24).


EULALIE

J’habitais seul un monde de plaintes, et mon âme était une onde stagnante, avant que la claire et gentille Eulalie devînt ma rougissante épousée, — avant qu’avec les cheveux dorés la jeune Eulalie devînt ma souriante épousée.

Ah ! non moins brillantes les étoiles de la nuit que les yeux de la radieuse fille ! et jamais flocon que la vapeur peut faire avec les teintes pourpre et de nacre de la lune, ne peut valoir en la modeste Eulalie la plus négligée de ses tresses ! — ne peut se comparer en Eulalie les yeux brillants à la plus humble et la plus insoucieuse de ses tresses.

Maintenant le Doute, — maintenant la Peine, ne reviennent pas, car mon âme me donne soupir pour soupir ; et, tout le long du jour luit brillante et forte, Astarté dans le ciel, pendant que toujours, sur elle, la chère Eulalie lève son œil de jeune femme — pendant que toujours sur elle la jeune Eulalie lève les violettes de son œil.