Fables d’Ésope/Le Jeune Prodigue et l’Hirondelle

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Traduction d’Émile Chambry
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LE JEUNE PRODIGUE ET L’HIRONDELLE


Un jeune prodigue, ayant mangé son patrimoine, ne possédait plus qu’un manteau. Il aperçut une hirondelle qui avait devancé la saison. Croyant le printemps venu, et qu’il n’avait plus besoin de manteau, il s’en alla le vendre aussi. Mais le mauvais temps étant survenu ensuite et l’atmosphère étant devenue très froide, il vit, en se promenant, l’hirondelle morte de froid. « Malheureuse, dit-il, tu nous as perdus, toi et moi du même coup. »

Cette fable montre que tout ce qu’on fait à contretemps est hasardeux.

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Νέος ἄσωτος καὶ χελιδών.

Νέος ἄσωτος καταφαγὼν τὰ πατρῷα, ἱματίου αὐτῷ μόνου περιλειφθέντος, ὡς ἐθεάσατο χελιδόνα παρὰ καιρὸν ἐλθοῦσαν, οἰόμενος ἤδη θέρος εἶναι, ὡς μηκέτι δεόμενος τοῦ ἱματίου, καὶ τοῦτο φέρων ἀπημπόλησεν. Ὕστερον δὲ χειμῶνος ἐπιλανόντος καὶ σφοδροῦ τοῦ κρύους γενομένου, περιιών, ἐπειδὴ εἶδε τὴν χελιδόνα νεκρὰν ἐρριγωμένην, ἔφη πρὸς αὐτήν· « Ὦ αὕτη, σὺ κἀμὲ καὶ σὲ ἀπώλεσας. »

Ὁ λόγος δηλοῖ ὅτι πάντα τὰ παρὰ καιρὸν δρώμενα ἐπισφαλῆ τυγχάνουσιν.