Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Loup rassasié et la Brebis

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Loup rassasié et la Brebis.

Traduction par Émile Chambry.
FablesSociété d’édition « Les Belles Lettres » (p. 101-102).


230


LE LOUP RASSASIÉ ET LA BREBIS


Un loup gorgé de nourriture vit une brebis abattue sur le sol. Comprenant qu’elle s’était laissée tomber de frayeur, il s’approcha et la rassura, en lui promettant, si elle lui tenait trois propos vrais, de la laisser aller. Alors la brebis commença par lui dire qu’elle aurait voulu ne pas le rencontrer ; puis, qu’à défaut de cela, elle aurait voulu le trouver aveugle ; en troisième lieu, elle s’écria : « Puissiez-vous, méchants loups, périr tous de male mort, puisque, sans avoir souffert de nous aucun mal, vous nous faites méchamment la guerre ! » Le loup reconnut sa véracité et la laissa partir.

Cette fable montre que souvent la vérité a son effet même sur des ennemis.