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Fleurs d’ennui/Note de l’éditeur

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(p. iii-iv).

NOTE DE L’ÉDITEUR

Ceux de nos lecteurs qui ont lu le Mariage de Loti se rappelleront peut-être le nom de Plumkett, l’ami et le confident de Loti, le compagnon de ses voyages. Plumkett, pas plus que Loti, n’est une fiction. C’est à Plumkett que Loti, soucieux de la valeur de ses œuvres, soumet en premier lieu le travail qu’il vient d’achever. Loti a foi dans le jugement de Plumkett ; mais s’il accepte les critiques de son ami, et s’y conforme souvent, ce n’est pas toujours sans résister, sans défendre pied à pied le passage incriminé. C’est chose curieuse qu’un manuscrit de Loti révisé par Plumkett ; les observations, les réflexions, les réponses s’enchevêtrent au hasard de la dispute littéraire des deux amis, criblant le texte de notes, le zébrant de lignes noires, rouges ou bleues, en une saveur d’esprit aussi originale d’un côté que de l’autre. De cet échange de pensées, perdues avec les feuillets de la copie, est venue l’idée d’une collaboration à une œuvre commune ; non une de ces collaborations où le tempérament de chacun disparaît dans l’unité de l’ensemble ; Loti et Plumkett ont voulu conserver leur personnalité, laisser dans leur ouvrage la marque distinctive de leur nature. En écrivant Fleurs d’ennui, ils ont voulu faire quelque chose dans le genre de la Croix-de-Berny, où madame de Girardin, Théophile Gautier, Jules Sandeau et Méry, donnaient libre cours à leur fantaisie. Fleurs d’ennui est donc un livre double, dans lequel chaque auteur apporte à l’action son faire particulier, ses idées personnelles et les tendances instinctives de son individualité.