Fragile Beauté

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Fragile Beauté


Dans les jardins et dans les cours désertes
Le vent fait encore pencher la pluie fine
Il faut refermer les lourdes portes.
Voilà les fleurs de saules ! C’est la Fête du Hanshi[1]
Quand le ciel est aussi capricieux que mes poèmes.
Je soutiens ma tête ; mon ivresse se dissipe
Tant m’éprouve et depuis si longtemps la douleur de notre séparation.
Même ce vol de grues s’est enfui…
Alors à qui puis-je dire ces mille blessures de mon cœur ?
Dans le pavillon, le froid soleil printanier éclaire mon guéridon,
Aucun des rideaux n’est relevé,
Et dolente, je ne m’accoude plus à la balustrade…
Je m’éveille : mon lit est glacé, le parfum de l’encens dissipé !
Mais la tristesse ne m’empêchera pas de me lever,
La claire rosée du matin s’égoutte
Les nouvelles branches des arbres poussent.
Que j’aimerais voyager ce printemps !
Le soleil dissipe la brume du ciel.
Ne fait-il pas beau temps, aujourd’hui ?

  1. Hanshi ou Fête du Froid-manger, instaurée en mémoire de Jie Zitui, qui préféra s’immoler par le feu plutôt que de trahir son souverain déchu. Cela se passait à l’époque des Printemps et des Automnes (636 av. J.-C.628 av. J.-C.)