Galerie des contemporains illustres/2/George Sand

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A. René et Cie, imprimeurs éditeurs (2p. 45-81).

GEORGE SAND
(Mme DUDEVANT).


Mais qui êtes-vous donc si vous pensez ce que vous dites parfois ?
Lélia, page 4.


Les poëtes sont des oiseaux ; tout bruit les fait chanter.
Pensée inédite, dérobée aux Mémoires d’outre-tombe.




Voilà un difficile et mystérieux sujet. On vous a tant parlé philosophie à propos de l’auteur de Lélia que vous me permettrez bien de débuter par une futile historiette, dont l’authenticité fait tout le mérite.

Il y a quelques jours, je dormais d’un sommeil pénible ; j’étais sous l’impression d’un cauchemar biographique, dont Dieu vous garde ! car c’est la plus atroce de tous les cauchemars, lorsqu’on Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/46 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/47 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/48 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/49 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/50 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/51 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/52 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/53 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/54 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/55 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/56 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/57 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/58 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/59 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/60 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/61 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/62 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/63 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/64 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/65 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/66 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/67 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/68 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/69 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/70 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/71 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/72 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/73 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/74 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/75 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/76 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/77 Page:Lomenie - Galerie des contemporains illustres - volume 2.pdf/78 nuyeux est le plus mauvais de tous les genres. Ce n’est ni du drame physiologique et brutal à la manière d’Alexandre Dumas, ni du drame spiritualiste et intime à la manière d’Alfred de Vigny ; ce n’est pas même du drame lyrico-fantastique, comme les Sept Cordes de la lyre, par exemple, où l’idéal tient lieu de passion, de mouvement et de vie ; c’est une sorte de juste-milieu entre Antony et Chatterton, un mélange sans nom de sensualisme et d’idéalisme, d’emportement et de langueur, quelque chose qui n’est, à proprement parler, ni vrai, ni élevé ; une action dénuée de réalité et de suite, mal engagée au début, maigre d’incidents, conduite péniblement d’invraisemblances en invraisemblances, et qui s’arrête bien plutôt, qu’elle ne finit ; c’est du reste toujours le même style, large, étoffé, splendide, toujours le même beau vêtement, mais, cette fois, rien dessous.

Cosima est le point de départ d’une nouvelle évolution dans la marche des idées de George Sand. — Ce n’est plus l’auteur jeune, passionné et fougueux d’Indiana, de Valentine, de Jacques, de Lélia ; ce n’est plus ce poète naïf, mobile, varié, touchant, contradictoire et vrai des Lettres d’un Voyageur, écrivant sous la dictée de sa mémoire, de son imagination et de son cœur ; ce n’est plus aussi ce génie tranquillisé qui, dans un moment de repos, enfanta André, Simon, Mauprat, les Lettres à Marcie ; c’est George Sand arrivé enfin à sa période de parti pris. À force de lui crier, amis et ennemis, qu’il avait un système, ils ont fini par le lui persuader, et voilà l’auteur d’Indiana qui fait décidément des romans humanitaires, et glisse entre deux amours des tartines de socialisme — Il ne s’agit plus d’œuvres de pure poésie, de pure inspiration ; il s’agit d’œuvres méditées, avec des intentions, des opinions, des doctrines, un but. — Les idées de M. Pierre Leroux ont succédé, comme influence sur l’imagination de George Sand, aux idées de M. de La Mennais. — Le roman démocratique intitulé le Compagnon du tour de France a été le premier produit de cette nouvelle crise intellectuelle. Ce roman n’a eu qu’un succès restreint et il n’a pas été terminé. — Ensuite est venu le roman d’Horace. Ce roman ayant été refusé par la Revue des Deux Mondes, il en est résulté, entre le directeur de ce recueil et George Sand, une rupture qui a eu pour conséquence la publication d’une nouvelle revue intitulée Revue indépendante, et créée de concert avec M. Pierre Leroux. — Dans cette revue George Sand a publié d’abord son, roman d’Horace, et ensuite Consuelo ; le succès de ce dernier ouvrage, le plus long de tous ceux de George Sand, semble avoir déterminé l’auteur à le prolonger indéfiniment. — Huit volumes ont déjà paru de cette encyclopédie ; et bien que M. Leroux ait aujourd’hui quitté la Revue indépendante, George Sand continue à traiter, sous forme de roman, le thème philosophique de son maître ; — la Renaissance dans l’humanité.