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Gaspard de la nuit/Édition 1920/Le Falot

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Mercure de France (p. 73-74).
Livre II


III

LE FALOT


Le Masque. — Il fait noir ; prête-moi ta lanterne.
Mercurio. — Bah ! les chats ont pour lanterne leurs deux yeux.
Une nuit de carnaval.


Ah ! pourquoi me suis-je, ce soir, avisé qu’il y avait place à me blottir contre l’orage, moi petit follet de gouttière, dans le falot de Mme de Gourgouran !

Je riais d’entendre un esprit que trempait l’averse bourdonner autour de la maison lumineuse, sans pouvoir trouver la porte par laquelle j’étais entré.

Vainement me suppliait-il, enroué et morfondu, de lui permettre au moins de rallumer son rat de cave à ma bougie pour chercher sa route.

Soudain le jaune papier de la lanterne s’enflamma, crevé d’un coup de vent dont gémirent dans la rue des enseignes pendantes comme des bannières.

— « Jésus ! miséricorde ! s’écria la béguine, se signant des cinq doigts. — Le diable te tenaille, sorcière, m’écriai-je, crachant plus de feu qu’un serpenteau d’artifice. »

Hélas ! moi qui, ce matin encore, rivalisais de grâces et de parure avec le chardonneret à oreillettes de drap écarlate du damoisel de Luynes !