Guerre de 1870-1871 — Bataille de Reischoffen, 6 août 1870 — charge des 1er, 2me, 3me, 4me, 8me et 9me cuirassiers (Imagerie d’Épinal — Estampe 1871)
(Actualités)
BATAILLE DE REISCHOFFEN. — 6 août 1870.
Guerre de 1870–1871.
Charge des 1er, 2me, 3me, 4me, 8me, & 9me Cuirassiers.

Après la retraite de Wissembourg, le Marechal de Mac-Mahon qui devait être soutenu par les corps des généraux de Failly et Ladmirault, se trouva tout-à-coup aux prises avec les forces du Prince Royal de Prusse, en avant de la route de Bitche à Haguenau. — Le champ de bataille se trouvait resserré entre la forêt d’Haguenau à l’est et par les dernières chaînes des Vosges à l’ouest, dans un pays très-accidenté et couvert de bois. — Le Maréchal engagea vigoureusement l’action ; il s’avança jusqu’à Freischwiller à 2 kilomètres de Reischoffen ; mais les divisions du Duc de Magenta qui comptaient à peine 30,000 hommes, avaient à lutter contre une armée cinq fois plus nombreuse. — Cependant après des prodiges de valeur, vers midi, les prussiens pliaient et semblaient devoir battre en retraite, lorsqu’ils reçurent de nombreux renforts par les chemins de fer du Palatinat et du duché de Bade. — Le corps de Mac-Mahon attaqué par des forces aussi imposantes dut se replier, et c’est alors que pour couvrir sa retraite, le Maréchal ordonna aux régiments de cuirassiers de charger les masses prussiennes.
À cet appel, la charge sonne, les escadrons frémissent et s’ébranlent, et ces braves cuirassiers sachant d’avance qu’ils marchent à la mort, s’élancent contre l’infanterie et l’artillerie prussiennes, qui vomissent la mitraille et la mort sur une longueur de plusieurs kilomètres.
Quelques escadrons arrêtés par des houblonnières sont décimés avant d’arriver sur les batteries ennemies, mais d’autres plus heureux atteignent l’ennemi, enfoncent ses lignes profondes en les sabrant, et ne succombent qu’après avoir été entourés par des masses d’infanterie qui les déciment ou les font prisonniers.
Bien que la bataille de Reischoffen n’ait pas été à l’avantage des armées françaises, tout cœur français doit rendre hommage à la valeur de nos braves soldats et à l’héroïsme des cuirassiers qui, dans cette journée, se sont montrés les dignes émules de leurs devanciers d’Eylau et de la Moskowa.