Guide d’ouverture d’une petite commune

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Samuel Goeta (OKFN France), Léa Lacroix (Wikimédia France), Pascal Romain (département de Gironde), Jean-Christophe Elineau (commune de Brocas), Fréderic Rodrigo (Openstreetmap France), Claire Gallon (Libertic), Benoît Prieur (Wikimédia France), Christian Quest (Openstreetmap France), Marie-Laure Vie (Wea), Benjamin Jean (Framasoft, VeniVidiLibri), Louis Julien de la Bouëre (Openstreetmap France, Tiriad/TelaBotanica), Adrienne Alix (Wikimédia France)
(p. 1-79).

OpérationLibre

WIKI DATA CARTO OUTILS LIBRES


GUIDE D’OUVERTURE D’UNE PETITE COMMUNE

– Retour sur le projet pilote Opération Libre à Brocas –

                 

   

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Le 30 août 2013.
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Ce document a été co-rédigé par :

Samuel Goeta (OKFN France), Léa Lacroix (Wikimedia France), Pascal Romain (Département de Gironde), Jean-Christophe Elineau (Commune de Brocas), Fréderic Rodrigo (Openstreetmap France), Claire Gallon (Libertic), Benoît Prieur (Wikimedia France), Christian Quest (Openstreetmap France), Marie-Laure Vie (Wea), Benjamin Jean (Framasoft, VeniVidiLibri), Louis-Julien de la Bouëre (Tiriad/TelaBotanica), Adrienne Alix (Wikimedia France).

Remerciements :

A la commune de Brocas et ses habitants pour leur accueil, à Jean-Christophe Elineau pour l’organisation sur place, à Benjamin Jean, Pascal Romain et Marie-Laure Vie pour leur participation, à Quebec Ouvert pour la base du site operationlibre.org, à Emma Livet pour les logos des barcamps et conférences, à Claudine Chassagne pour la base du programme de conférence, à tous les volontaires qui ont fait le déplacement et aux contributeurs en ligne qui ont également participé à libérer les informations de Brocas !

Résumé

Tous les territoires ne sont pas égaux face au développement des pratiques numériques.

Les zones rurales, impactées notamment par des contraintes d’accès et de moyens peinent à suivre les avancées des nouvelles technologies. Ces dernières offrent pourtant de nouvelles opportunités d’implication des habitants dans la démocratie locale, le partage de savoir et la valorisation du territoire.

Afin d’accompagner ces pratiques en milieu rural et démontrer les bénéfices de la libération de données et contenus publics, du travail collaboratif ainsi que de l’usage d’outils et licences libres, 8 organisations travaillant autour des outils, licences, contenus et données libres se sont mobilisées pour organiser une première “Opération Libre”.

Le principe de l’Opération Libre est d’animer le temps d’un weekend un territoire désireux de s’engager vers une culture libre et ouverte à la participation. A travers la mobilisation de volontaires, la mobilisation de la commune et la complicité de ses habitants, des initiations aux outils et projets libres, des cartoparties, des libérations et mises en valeur de données et contenus sont proposés afin de développer des projets sur le territoire, le mettre en valeur et profiter de cette première expérience pour identifier les opportunités des pratiques de libération en milieu rural.

Cet ouvrage collectif propose un éclairage sur la libération des informations pour une petite commune à travers les retours d’expériences de l’Opération Libre à Brocas. À destination des décideurs, agents publics, et lecteurs curieux de découvrir la mise en pratique, ce document propose également des fiches et méthodologies concrètes pour entamer une libération locale.

Sont considérés “libres” :

Les textes, photographies, bases de données, œuvres, créations numériques

Dès lors qu’ils sont accessibles en ligne et réutilisables par tous librement, sans restriction technique, juridique ou financière.

Les communes possèdent de nombreuses productions numériques : statistiques, budgets, cartes, photographies, archives…

Des projets collaboratifs d’utilité publique gagneraient à accéder à ces productions libérées. Les projets collaboratifs offrent une opportunité aux communes de valoriser leur territoire en s’appuyant sur les savoirs libres et la coproduction pour agir plus efficacement.

L’Opération Libre est un événement qui vise à rapprocher communautés, communes et habitants pour libérer des productions et mettre en œuvre la valorisation du territoire.

Opération Libre à Brocas c’est :

1 commune, 800 habitants, 25 volontaires, 48 heures pour coproduire

1000 photographies, 1 carte libre, 5 articles d’encyclopédie, 1 prise de vues aérienne, 90 numérisations d’archives, 140 données botaniques, 76 données communales, et des services à découvrir !

Les volontaires de l’Opération Libre, en partant du haut et de gauche à droite :
Jean-­Christophe Elineau, Tangui Morlier, Sylvain Machefert, Sébastien Dinot, Laurent Guerby, Marin Dubroca-­Voisin, Solène, Jean-­Baptiste Ingold, Benjamin Ooghe-­Tabanou, Rémy Lombard, Maryse, Claire Gallon, Benoît Prieur, Frédéric Rodrigo, Thomas, Louis­-Julien de la Bouëre, Clément Coubronne, Christian Quest, Rafael Sanchez, Léa Lacroix, Samuel Goeta.
Qu’est-ce que l’Opération Libre ?
Préparation de l’événement
Réunion de préparation
Les projets
Arrivée à Brocas
Productions du Groupe CARTO
Cartopartie Openstreetmap
Organisation
Services annexes
Vues aériennes
Intérêt pour la commune et ses habitants
Productions du groupe WIKI
Projet Wikipedia
Organisation
Résultats en chiffre
Intérêt pour la commune
Productions du groupe PHOTO
Numérisation
Organisation
Réalisations
Projet Commons
Modalités de publication sur Commons
Productions du groupe SCIENCES
Travail de l’équipe
Taxinomes
Résultat en chiffres
Intérêt pour la commune
Productions du Groupe HACK
Libération des données
Libération des comptes-­rendus
Résultats
Intérêt pour la commune
Services
OpenPostCard
Déroulement
Étapes techniques
Résultats
Ushahidi
Mise en place d’Ushahidi
Intérêt pour la commune
Modifications site institutionnel de Brocas
Bénéfices de l’Opération Libre
Découverte
Réappropriation
Informations
Services
Pérennisation
Animation territoriale et Lien social
Valorisation
Coût de l’Opération Libre
Limites et Leçons
Le retour des communautés
Conclusion
L’Opération Libre en images
Sources en ligne de l’Opération Libre
Comptes-Rendus
Vidéos et photographies
Médias et relais en ligne
Site de données et contenus libres de Brocas
Guide
Comment libérer une commune ?
Publier librement
Ce que dit la loi
Identifier les objets de publication
Définir une stratégie
Où trouver les objets de publication
Créer son fichier de publication
Les règles à respecter
Enrichir les données
Convertir une base de données en CSV
Passer à LibreOffice
Adopter les Creative Commons
Libérer des œuvres culturelles
Présentation de CKAN
Organisation de la publication sur CKAN
Les méthodes de mise à jour
Les bonnes pratiques
Retours d’expérience de Datalocale
Communiquer et Animer
Étapes de publication libre en résumé
Charte d’une Opération Libre
Fiche méthodologique d’organisation



Qu’est-ce que l’Opération Libre ?


Le principe de l’Opération Libre est d’animer le temps d’un week-end une commune désireuse de s’engager vers une culture libre et ouverte à la participation. À travers la mobilisation de volontaires, l’investissement de la commune et la participation de ses habitants, des animations sont organisées afin d’accompagner la transition vers des pratiques ouvertes et collaboratives basées notamment sur l’accessibilité des informations à tous. Des initiations aux outils et projets libres, des cartoparties, des ouvertures et mises en valeur de données et contenus sont proposés afin de développer des projets sur le territoire et le mettre en valeur. L’objectif de cette première édition était notamment de profiter de cette expérience pour identifier les opportunités de l’ouverture en milieu rural.

Les communes créent et gèrent de nombreuses productions numériques publiques :

  • des bases de données (statistiques, résultats, budgets, liste des associations, etc.) ;
  • des œuvres (photographies, textes, musiques, etc.) ;
  • des contenus (comptes­-rendus de conseil, arrêtés, discours, etc.).

Or bien souvent, ces productions détenues par les administrations publiques ne sont pas publiées en ligne ou leur accès est soumis à des restrictions dans les droits d’utilisations voire au paiement de redevances.

En France, les initiatives d’administrations et collectivités se développent pourtant en faveur de la création et libération d’œuvres, données et contenus libres. Ces productions sont considérées comme “libres” dès lors qu’elles sont :

  • publiées en ligne et accessibles à tous gratuitement ;
  • exploitables sous des formats ouverts ;
  • réutilisables sans restriction.

Ces droits issus de la philosophie des logiciels libres garantissent la liberté d’utilisation, l’équité d’accès et le partage d’informations en ligne. Ils favorisent le développement de l’innovation et de la création sur leur réutilisation. Ils assurent la transparence des actions publiques tout en tissant un lien avec les habitants, leur permettant de s’impliquer plus activement dans la vie de la commune.

L’essor du savoir libre et le mouvement d’ouverture de données, contenus, recherches, et œuvres sont en marche à travers le monde. En France, plus d’une vingtaine de collectivités ont lancé un site dédié. Mais si le sujet avance, force est de constater que les zones rurales et les petites communes restent absentes de ces démarches de modernisation de l’action publique et de l’accès à l’information pour tous. Est-­ce un problème de ressources humaines ou financières ? Du manque d’informations libérables sur ces territoires ?

Creative Commons, Framasoft, Libertic, LibreOffice, OKF France, OpenStreetMap France, RegardsCitoyens et Wikimedia France se sont mobilisés sur l’organisation d’une Opération Libre pour questionner le potentiel des œuvres et données libres au niveau des petites communes et identifier les freins et leviers de ces démarches en zones rurales.

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Préparation de l’événement

La commune de Brocas, 800 habitants, en Aquitaine, est de longue date investie dans les logiciels libres. Elle a été la première petite commune en France à publier des jeux de données libres en 2011, elle affiche des licences libres (Creative Commons) sur le contenu de son site institutionnel et propose des photographies d’archive en téléchargement. Son engagement dans le mouvement du libre, la taille du territoire à couvrir et la richesse de son patrimoine faisaient de la commune un terrain idéal de prototypage d’une Opération Libre. Le conseil municipal de Brocas s’étant engagé par un délibéré dans l’organisation de l’événement, la préparation de l’événement démarra en février 2013.

Réunion de préparation

Un repérage sur place puis une réunion de préparation entre les organisateurs et le conseiller municipal en charge de l’Opération Libre à Brocas ont été nécessaires pour identifier les actions possibles à mettre en place selon le contexte local et gérer la logistique, notamment l’hébergement des bénévoles chez les habitants.

Charge à la commune de mobiliser sa population, préparer les jeux de données à ouvrir, mettre à disposition une salle d’accueil et du matériel pour la numérisation, ouvrir les musées et monuments aux contributeurs, préparer de la documentation, prendre en charge le déplacement des volontaires et obtenir l’autorisation de survol de la commune afin de pouvoir prendre des photographies aériennes.

Les communautés du libre devaient quant à elle créer l’identité visuelle de l’événement, mettre en place un site internet sur operation-libre.org et communiquer sur l’événement afin de mobiliser des participants volontaires. Wikimedia France proposa également la mise à disposition d’une cabine photo et Openstreetmap France se chargea de trouver un pilote de paramoteur pour réaliser des photographies aériennes libres.


Les projets

Il a été décidé de créer différents groupes spécifiques durant l’Opération Libre afin d’alimenter des projets libres existants. Le choix de ces projets libres a été déterminé par leur caractère participatif et la remise à disposition des productions sous licence libre. A noter : de nombreux autres projets libres thématiques existent pour valoriser les territoires et informations publiques.

GROUPE HACK


Datalocale est la plateforme mutualisée du Conseil Général de Gironde et de la région Aquitaine. Le site propose d’accueillir les données ouvertes locales. Brocas pourra donc y publier ses données sans avoir à investir dans la création d’un site internet. Une équipe de développeurs se chargera de libérer des données de la commune de Brocas jusque là inaccessibles ou enfermées dans des PDF. Des services seront également développés pour valoriser les données.


GROUPE WIKI


Wikipedia-logo-v2-fr.svg

Wikipédia est le projet d’encyclopédie collective établie sur Internet, universelle, multilingue et fonctionnant sur le principe du wiki. Wikipédia a pour objectif d’offrir un contenu librement réutilisable, objectif et vérifiable, que chacun peut modifier et améliorer. Une équipe de wikipediens se chargera de créer de nouveaux articles liés à la commune et son patrimoine ainsi que d’enrichir les articles existants.


GROUPE PHOTO


Commons-logo-en.svg

Wikimedia Commons est une médiathèque en ligne. Cette base de données multimédia centralise des médias libres, tels que photographies, dessins, schémas, musiques, textes écrits et parlés. Une équipe de wikimédiens sera en charge de numériser les archives de la commune et des habitants ainsi que d’animer un rallye photo afin de rendre ces contenus librement accessibles sur Commons.


GROUPE CARTO


Openstreetmap logo.svg

OpenStreetMap est un projet qui a pour but de constituer une base de données cartographiques libres du monde permettant notamment de créer des cartes sous licence libre. Les contributeurs seront chargés de créer une carte du territoire avec les habitants en collectant des données sur place. Un paramoteur sera également mis à disposition pour réaliser des photographies aériennes libres permettant de créer une vue aérienne.


GROUPE SCIENCES


Les habitants sont accompagnés dans la découverte pratique sur le terrain de la flore, mais aussi de la géologie et de la faune locale. Suite aux travaux d’identification, les données collectées sur la faune et flore locale serviront à alimenter la base de données de Tela-Botanica ainsi que les sites Taxinomes, l’inventaire multimédia géolocalisé de la biodiversité et le site Geodiversite.net.

Le réseau Tela Botanica s’adresse à toutes les personnes intéressées par la connaissance et la protection du monde végétal. Il permet notamment de collecter et redistribuer librement des données botaniques.

Arrivée à Brocas

Une vingtaine de volontaires a fait le déplacement vers la commune de Brocas pour participer et animer les différents groupes thématiques. Ils sont venus des quatre coins de la France : Rennes, Brest, Nantes, Paris, Lyon, Toulouse, Montpellier et Bordeaux.




Réalisé sur Umap map data © contributeurs OpenStreetMap

Arrivés le vendredi au soir (5 avril 2013), les volontaires étaient hébergés chez des habitants et ont eu l’occasion de repérer les lieux. Après une visite guidée de la commune et spécificités locales, une soirée au restaurant était prévue pour faire plus ample connaissance.

Lavoirs à Brocas 004.JPG

Brocas 06-04-12 007.JPG



Productions du Groupe CARTO


Le groupe Carto était en charge de deux chantiers, une cartopartie pour contribuer à Openstreetmap et réaliser une carte libre de la commune ainsi que la réalisation de photographies aériennes en paramoteur.

Cartopartie Openstreetmap

OpenStreetMap (OSM) est un projet international fondé en 2004 dans le but de créer une carte libre du monde. Ses contributeurs collectent des données dans le monde entier sur les routes, voies ferrées, les rivières, les forêts, les bâtiments et bien plus encore pour reconstituer une carte libre du monde. Les données cartographiques collectées sur OSM sont ré-utilisables sous licence libre ODbL. Contrairement à d’autres cartes (IGN, Google map), OSM permet à chacun de contribuer à la réalisation des cartes et de récupérer cartes et données librement afin de pouvoir les réutiliser. Des communes françaises utilisent déjà OSM, à l’instar de la ville d’Orange qui y voit plusieurs avantages :

  • une certaine qualité des données, et une croissance exponentielle de celles-ci ;
  • un modèle de partage sous forme de licence libre avec une véritable base mondiale collaborative ;
  • le foisonnement d’applications mobiles dédiées ;
  • les facilités d’accès et de mise à jour.


Pour organiser la mise à jour d’une zone, des cartoparties sont organisées. Une cartopartie, souvent appelée “mapping party” ou encore “cartographie contributive” se définit comme un événement permettant de cartographier en collaboration avec des volontaires des éléments d’un quartier ou d’une ville.

Le but d’une cartopartie est de produire une carte complète d’une zone, en récoltant le maximum d’informations sur le terrain : où se trouve la mairie, les bacs de recyclage, les cours d’eau ou les routes et leur associer des coordonnées géographiques afin de pouvoir les positionner sur une carte. Les volontaires étaient donc invités à parcourir la commune pour identifier les éléments à relever. L’objectif était d’améliorer la cartographie de la commune, faire connaître le projet et initier de nouveaux contributeurs.

Organisation

Le tracé des voies depuis les photographies aériennes, l’import des bâtiments depuis le cadastre et une partie des adresses depuis le cadastre ont été intégré sur Openstreetmap au préalable.

Après une présentation du projet auprès des volontaires, des échanges avec les habitants ont eu lieu pour glaner des informations sur la commune, des noms de lieux, des sites intéressants…

Ainsi lors d’un petit déjeuner avec un couple d’habitants qui hébergeait des volontaires, une hôtesse a indiqué que dans sa jeunesse elle lavait son linge au lavoir. Le lavoir n’avait pas été identifié sur les monuments de la commune mais l’équipe a pu ainsi prendre connaissance de son existence pour partir à sa recherche durant l’Opération Libre.

Les routes, et les contours des bâtiments ont été ajoutés à distance par des contributeurs openstreetmap en ligne au préalable de l’événement afin de faciliter la collecte sur le terrain. Durant l’Opération Libre, de nombreux éléments sur les services locaux ont été rajoutés : lieux de recyclage, commerces, services aux habitants, monuments, sentiers de randonnées, jusqu’à la piste de l’ancien chemin de fer.

Cet enrichissement de la carte facilite les futures modifications à distance des contributeurs. Ainsi, de nombreux mouvements d’améliorations ont eu lieu, sur les intitulés ou corrections de chemins notamment, après l’événement : 2 000 enrichissements en 5 mois. Pour un maintien à jour effectif de la carte, il est cependant nécessaire que des habitants ou équipes de la commune se soient familiarisés avec les outils, ce qui était l’objectif de l’Opération Libre.

Après une brève présentation d’openstreetmap et de son fonctionnement, les volontaires sont partis à la collecte de données. Il est possible de collecter les données géographiques soit à l’aide d’un “walking paper” soit grâce à une application smartphone. Des points d’intérêts tel que les bâtiments publics, monuments historiques, commerces, infrastructures de la ville ont été identifiés.

De retour de la cartopartie, il fallait intégrer les données collectées sur la base de données openstreetmap. Deux outils sont disponibles pour faciliter l’intégration : Potlatch pour les novices et JOSM pour les plus expérimentés. Potlatch 2

JOSM

Rendu Openstreetmap de Brocas avant l’Opération Libre (mars 2013)

Rendu Openstreetmap de Brocas après l’Opération Libre (avril 2013)

Le visuel ci-dessous présente une comparaison des rendus de la même zone géographique sur Brocas dont en haut à gauche Google Map, en haut à droite Openstreetmap et en bas à gauche Bing. Le rendu Openstreetmap en plus de sa précision offre également plusieurs rendus différents selon que l’on souhaite mettre en avant les services, réseaux routiers ou l’environnement par exemple. Une fonctionnalité sur openstreetmap.org permet en un clic d’exporter le rendu de la zone désirée pour l’intégrer sur un site internet ou le télécharger.

Exporter ou intégrer un rendu OSM sur un site internet
Services annexes

Une fois les données intégrées sur Openstreetmap, c’est non seulement le projet de cartographie collaborative qui est enrichi mais également tous les services existants basés sur Openstreetmap.

Avec Maposmatic il est possible de réaliser en quatre click un plan de sa commune qui peut être imprimé librement et distribué aux touristes.

Étape de saisie des informations sur le terrain lors de la cartopartie Openstreetmap

Grâce à la libération des données sur Openstreetmap, 3liz a pu automatiquement intégrer les données de la commune en moins de 24 heures dans sa plateforme de visualisation des points d’intérêts adaptée à Brocas.

Cartogenic a également intégré les données de Brocas durant l’Opération Libre pour alimenter cette cartographie qui permet de localiser différentes données dans la commune en incluant notamment les monuments et cartes postales.

Wheelmap permet d’identifier les lieux publics accessibles aux personnes à mobilité réduite afin de faciliter leurs déplacements. L’accessibilité des lieux est l’un critères qui peut être relevé lors des cartoparties, ici le rendu pour Brocas.

Openstreetmap n’est pas qu’une base de données, le projet propose différents rendus de carte, des sites de calcul d’itinéraire, d’affichage spécialisé de certains types de données, des centaines de services annexes que l’on peut découvrir sur openstreetmap.org.

En libérant leurs données et en développant les pratiques collaboratives avec les habitants, les communes participent à alimenter de nouveaux services pour leur territoire.
Vues aériennes

Le second projet mis en œuvre par le groupe Carto était l’organisation d’un vol de paramoteur afin de produire des photographies aériennes libres du territoire. Une fois compilées, ces dernières permettent de créer une vue globale de la zone photographiée.

Brocas se situant sur une zone interdite de survol du fait de la proximité de la base aérienne 118, une dérogation a néanmoins pu être obtenue grâce aux efforts de la commune de Brocas et l’amabilité de la base aérienne de Mont de Marsan.


Une fois en vol, le pilote muni d’un appareil photo numérique a réalisé plus de 130 photographies aériennes de la commune de Brocas. Ces dernières ont été reversées en ligne sur Wikimedia Commons.

Un logiciel de compilation des photographies a ensuite été utilisé pour réaliser une vue aérienne globale de la commune. Lors de la projection des images auprès des habitants, la vue aérienne du plan d’eau a suscité de nombreux commentaires. On y aperçoit en effet les bancs de sable qui bouchent l’écoulement de l’Estrigon. Difficilement perceptibles de terre, c’était la première fois que le public pouvait concrètement visualiser ce problème qui nécessite un investissement de la commune pour le dragage. Les zones boisées touchées par la tempête de 2009 étaient également observables. La visualisation permet dans ce cas de mieux intégrer les enjeux environnementaux et faciliter la prise de conscience.


Intérêt pour la commune et ses habitants

La commune dispose désormais d’une cartographie libre du territoire. Openstreetmap peut servir de support à différentes activités.

La carte obsolète exposée au 'Syndicat d’initiative peut être remplacée par un rendu Openstreetmap avec les dernières mises à jour, dont les nouvelles constructions qui n’apparaissaient nulle part, et chaque habitant peut contribuer à la mise à jour pour assurer l’acuité de la carte au quotidien et la publier librement aussi souvent que nécessaire. Également, les services annexes tels que Maposmatic et ses cartes pour les visiteurs permettent d’offrir des services supplémentaires aux touristes de la communes.

Les pompiers locaux se sont également montrés intéressés par cette carte car elle indique les numéros des bâtiments sur la voirie, tandis que leurs outils actuels ne mentionnent pas ces informations. Le rendu met également en avant la richesse des services et du patrimoine local, rendant la destination plus attractive au premier coup d’œil.

La libération des données du territoire permet d’alimenter Openstreetmap qui est à la source de nombreux services. En desservant ses données sur OSM, la commune participe de fait à développer les services sur son territoire.

Enfin, l’exercice d’une cartopartie avec les habitants est un moment ludique qui réunit petits et grands autour d’une activité qui les incite à (re)découvrir leur territoire, s’initier à de nouvelles pratiques numériques, découvrir des outils et la lecture cartographique.

Jean-Luc Blanc-Simon

Maire de Brocas

Avec la nouvelle carte de la commune



Productions du groupe WIKI


L’équipe des Wikipédiens était chargée de participer, avec les habitants de la commune, à l’amélioration des articles de Wikipédia autour de Brocas et leur illustration avec des photos prises et publiées sous licence libre sur Commons grâce à un travail commun avec le groupe photo.

Six Wikipédiens (Agamitsudo, Auregann, Chougnawiki, Kvardek du, Symac et X-javier) étaient sur place pour accueillir, former les participants, et travailler directement sur les articles. D’autre part, la communauté wikipédienne s’est également mobilisée à distance pour contribuer au travail commun, pendant et après l’opération : amélioration des articles, tri des images ou recherche de sources. Par exemple, Acer11, wikipédien et moine dans un monastère de la région, s’est occupé de numériser des ressources sur le village qu’il avait dans sa bibliothèque.

Projet Wikipédia

Wikipédia est un projet d’encyclopédie multilingue coopérative, universelle et librement diffusable. Chacun est libre de créer ou enrichir les articles, tout en respectant les règles d’édition.


Organisation

Installée dans la salle polyvalente mise à disposition par la commune de Brocas l’équipe a accueilli le public tout en commençant à regarder les sources dont elle disposait et les articles à améliorer. Le public était invité à se créer un compte en ligne et accompagné dans leurs premières contributions, à l’image d’une jeune contributrice, FanDeOneDirection, qui a participé à l’amélioration de l’article Brocas.

Pendant ce temps, des contributeurs aguerris créaient et amélioraient les articles. Le samedi à 18 heures, une première restitution des avancées des groupes a été organisée pour présenter les projets aux habitants.

Le dimanche matin, certains Wikipédiens sont partis avec les contributeurs de Tela Botanica découvrir les lagunes de Brocas et les prendre en photo pour alimenter l’article qui se faisait alors dans le même temps dans la salle.

Le compte-rendu de l’équipe est disponible sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Op%C3%A9ration_Libre_%28Brocas%29/Compte_rendu

Résultats en chiffre
Article Taille avant OPL Taille fin OPL (dimanche 18h) Taille 13 avril
Brocas 22727 47788 52340
Robert Bézos 1779 3313 3313
Lagunes de Brocas 0 1546 4154
Église Saint-Jean-Baptiste de Brocas 3817 5398 5727
Frères Mazzetti 3383 3457 3457
Anciennes forges de Brocas 5932 6006 6006
Arènes de Brocas 3684 3725 3725
Estrigon 4151 4742 4742
Château d’Aon (Brocas) 0 2424 2509
Adolphe Larreillet 0 4886 4879
Gare de Brocas 0 1271 1482
Total 47427 86510 94288

Quatre articles ont été créés, sur les lagunes, le château, la gare et une personnalité locale, qui permettent de mettre en avant, diffuser et pérenniser le patrimoine de la commune par la publication en ligne. D’autres articles ont été largement enrichis, presque triplés, et enrichis de photographies.

Le travail important de documentation et vérification des sources a permis de familiariser les participants avec les notions de citations et crédibilité des sources ainsi que de droits d’auteurs afin de rédiger et illustrer un article de qualité. Des habitants ont mis à disposition des livres et œuvres en leur possession pour faciliter le travail des wikipédiens. L’approche historique de ce travail a principalement intéressé des personnes âgées mais a également permis de faire découvrir l’histoire de la commune aux plus jeunes.

Intérêt pour la commune

Wikipédia est le 5e site internet le plus visité en France. Développer une communication sur le patrimoine historique, culturel, environnemental de sa commune permet d’assurer une visibilité sur un projet phare de la toile. Un article qualitatif, complet et illustré permet de mettre en avant les attraits de la commune et de la rendre plus attractive, y compris sans disposer de site internet propre.

De par son envergure internationale, les contributeurs de Wikipédia travaillent également à la traduction des articles publiés en ligne. Une description de la commune pourrait ainsi se voir traduite dans l’une ou plusieurs des 285 langues de publication de Wikipédia : en anglais, italien, russe, coréen ainsi que des langues régionales. L’article de Brocas est actuellement disponible en 27 langues.

Au-delà de la création et enrichissement des articles pour l’alimentation du projet Wikipédia, des services se développent également sur son contenu. Il est ainsi possible de créer, modifier et publier librement des guides touristiques basés sur les articles (Wikivoyage) ou encore d’alimenter des applications qui utilisent ces informations pour guider les voyageurs. L’application mobile de Wikipédia permet également aux utilisateurs de découvrir les lieux de proximité en combinant géolocalisation et contenus des articles.

La commune de Brocas a découvert des statistiques locales grâce au travail de collecte des données démographiques et environnementales par les Wikipédiens. Cette action contribue à la réappropriation des informations existantes sur le territoire.

Enfin, le travail de documentation a permis de découvrir de nouvelles sources d’informations locales. Il a été enrichi grâce à la participation des habitants qui ont apporté notamment leurs livres anciens sur la commune. Certains ont d’ailleurs souhaité pouvoir numériser toute une œuvre afin d’en assurer la pérennité lorsque le support physique se dégradait mais il n’était pas possible de le réaliser en un si court laps de temps. Cet apport de documentation constitue un moyen pour la commune de se réapproprier son histoire, de mettre en lumière des éléments marquants de la vie locale et de diffuser un patrimoine commun plus largement. Cette action participative et inclusive constitue un moyen efficace d’animer un territoire, créer du lien social et redécouvrir un patrimoine de manière collective.



Productions du groupe PHOTO


L’équipe du groupe Photo était chargée d’accompagner les habitants de la commune dans la numérisation de photographies et cartes postales illustrant la vie locale à travers le temps et ses monuments, ainsi que d’organiser une sortie photo pour prendre des photographies récentes de la commune et enfin libérer le tout en publiant les productions sur Commons, la médiathèque libre de Wikimedia.

Numérisation

Une imprimante-scanner a été mise à disposition par un habitant de la commune. Elle a été utilisée pour numériser les archives de la mairie mais également les photographies, cartes postales, affiches, des habitants qui avaient été préalablement invités à apporter leurs documents. Chacun devait signer une autorisation de publication des éléments en ligne sous licence libre.

Observation carte d'archive durant Opération Libre.png

Pour les documents de grande taille, une numérisation-maison a été improvisée à base d’appareil photographique numérique fixé sur un trépied.

Organisation

A l’aide de l’imprimante-scanner, l’équipe devait placer les œuvres sous l’habitacle de l’imprimante, importer le document numérisé en l’intitulant et enregistrer le fichier afin de pouvoir le transférer ultérieurement sur la médiathèque libre en ligne Commons.

Cette action simple permet de familiariser la population avec les outils numériques. Activité intergénérationnelle, les anciens sont particulièrement utiles pour identifier des monuments, leur nom et leur histoire. Cette catégorisation est indispensable pour associer un texte explicatif aux visuels. Les jeunes, plus à l’aise avec l’outil numérique étaient fiers de montrer à leurs grands-parents comment numériser une photographie. Les tâches se sont naturellement réparties selon les compétences.

L’après midi, une partie des wikipédiens et des contributeurs Open Street Map sont partis cartographier et prendre en photo le centre-bourg et l’ancienne gare de Brocas. Les équipes sont également entrées dans l’église qui a été photographiée sous tous les angles.
Réalisations

Plus de 100 documents ont été numérisés durant l’Opération Libre. De nombreux documents restent à scanner par la commune et ses habitants.


Cabine Photo

Wikimédia France avait mis à disposition une cabine photo pour prendre des photographies de qualité des objets exposés dans le musée des forges de Brocas. Celui-ci a été ouvert pour la première fois aux photographes pour l’Opération Libre. Sa présidente était présente pour assister durant les prises.

Si les initiatives de valorisation et visibilité des œuvres culturelles à travers la diffusion en ligne se développent, rares sont les petits musées locaux à avoir mis en place ces pratiques, qui mènent cependant à valoriser le lieu en le faisant connaître par sa visibilité en ligne. Certains musées ont développé par ailleurs des stratégies financières par la diffusion sous licence libre d’œuvre en basse résolution et de commercialisation des hautes définitions.

Projet Commons

Wikimedia Commons est une bibliothèque multimédia proposant uniquement un contenu libre, publié soit sous licence libre soit dans le domaine public. Cette banque de données regroupe la majeure partie des schémas, photos, vidéos et sons libres qui servent à illustrer les articles de Wikipédia dans ses différentes versions linguistiques. Créée le 7 septembre 2004, Wikimedia Commons dispose de plus de 18 millions de fichiers en 2013.

Une fois les œuvres numérisées, les équipes ont commencé à les transférer sur Commons.
Modalités de publication sur Commons

1. Importer un fichier


2. Contractualiser la liberté d’usage


3. Décrire le fichier et valider

Photos du déroulement de l’Opération Libre disponibles sur : https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Contributors_during_OPL_Brocas_2013
Résultats en chiffres
Période Nombre d’œuvres publiées sur Commons
Avant Opération Libre 12 photographies sur Brocas
Dernier jour de l’Opération Libre 175 médias : photos, films, cartes postales
Suivi des contributions 1 mois après OPL 496 médias : photos, films, cartes postales
Intérêt pour la commune

Numériser et publier des œuvres en ligne permet d’assurer leur pérennité au-delà du support physique périssable car sujet aux jaunissements, effritements ou moisissures. Ce travail de numérisation a donc permis en premier lieu de pérenniser la mémoire de la commune.

Si la sauvegarde visuelle est assurée, la compréhension de ces œuvres n’intervient que grâce à leur contextualisation et description. Entamer un travail d’archivage et de catégorisation permet de mettre en œuvre cette contextualisation en faisant appel à la mémoire des anciens et des passionnés collectionneurs de cartes postales ou documents thématiques sur le territoire, qui s’en trouvent valorisés.

Des archives ont été redécouvertes dans la commune de Brocas. Un ancien plan de l’église a ainsi été sorti des cartons de la mairie et pourra servir d’inspiration pour ses travaux de rénovation. Les habitants ont indiqué redécouvrir leur église et son histoire et la considérer d’un nouvel œil. Cette redécouverte du patrimoine a incité des habitants à partir à la recherche d’une fresque gallo-romaine locale prise pendant la seconde guerre mondiale.

La présidente du musée des forges a expliqué que l’Opération Libre avait permis aux habitants eux-même de découvrir les œuvres du musée. Rares sont ceux qui ont en effet franchi son seuil qui voit plus de touristes que de locaux.

Pour les associations et musées locaux qui détiennent des œuvres, la valorisation de leur travail est mise en œuvre par la diffusion en ligne sur le projet gratuit Wikimedia Commons qui possède une communauté dynamique de contributeurs. Wikimedia Commons collabore avec d’autres médiathèques afin de diffuser plus largement les fonds d’images libres, à travers Wikipédia notamment. En décembre 2008, les archives fédérales du Bundestag ont ainsi téléchargé 80 000 images vers ce site ainsi que la librairie du Land de Saxe, le musée ethnographique d’Amsterdam Tropenmuseum a téléchargé 35 000 images. Ces images, dont beaucoup ont une valeur historique, servent ensuite d’illustrations à des articles de Wikipédia, des sites web et des journaux en ligne. Ce type de collaboration assure à ces bibliothèques et musées une plus grande diffusion de leur fonds d’images, et une révision de ces fonds par les internautes qui signalent les erreurs comme des descriptions incorrectes ou des confusions entre auteurs homonymes, et permettent les corrections.



Productions du groupe SCIENCES


Le groupe Sciences avait la volonté d’accompagner les habitants dans la collecte et l’identification de la flore et de la faune locales afin de constituer une base de données libres du patrimoine environnemental de Brocas. Un accent plus fort a été mis sur le volet floristique.

L’association Tiriad et Tela-Botanica ont proposé découverte et participation à trois projets libres :

  • Tela Botanica, résau des botanistes francophones pour le référencement de la flore ;
  • Taxinomes la “biodiversité au numérique” pour le vivant dans son ensemble ;
  • Geodiversite.net inventaire participatif autour de la géologie.

À l’heure où le monde s’agite autour des données personnelles, des licences de réutilisations, le monde scientifique s’interroge sur la valeur (économique, usages, etc.) des données naturalistes. Depuis les premiers relevés du XVIème siècle aux voyages d’Audubon jusqu’aux relevés des associations naturalistes en 2013, les naturalistes ne cessent d’observer, récolter, échantillonner et noter toutes leurs observations.

Du carnet papier individuel, nous sommes passés aux bases de données informatiques spécialisées pour s’ouvrir aujourd’hui au programme de sciences participatives. L’appel au citoyen est devenu un incontournable des programmes scientifiques actuels. C’est une réelle démocratisation et une ouverture des sciences que le numérique collaboratif a ainsi permis.

C’est sur ce dernier aspect qu’il faut revenir. Très souvent les programmes de sciences sont “participatifs”. Cela signifie que, grâce à des outils souvent conviviaux et faciles d’accès, chacun peut apporter sa participation à la connaissance scientifique naturaliste générale. Par contre, très souvent, les données publiées sont protégées et ne sont pas diffusables largement.

Tela-Botanica a été un des premiers à développer un projet de sciences dites “collaboratives”. Collaboratives dans le sens où :

  • les données publiées le sont sous licences CC BY-SA. Donc libre à chacun de disposer de ses données et de celles des autres contributeurs ;
  • tous les logiciels et toutes les applications développées dans le cadre du réseau sont sous licence libre CeCILL ;
  • les données publiées peuvent être visualisées instantanément en ligne sur des fonds de carte dédiés (dont OpenStreetMap). C’est une valorisation rapide sans modération a priori des données de chacun sans distinction de qualité de l’observateur (débutant, expert…) ;
  • chaque personne inscrite peut participer aux discussions, projets Tela et proposer ses propres projets autour de la botanique. L’équipe Tela se charge de mettre en place les outils de partage et d’échanges appropriés (wikis, listes discussion, etc.).

La maison des minéraux de Crozon (29) a initié le projet coopératif geodiversite.net. Il est né de l’envie de créer ensemble et de partager de l’information sur les géosciences afin de faire découvrir la diversité des roches et les richesses du patrimoine géologique.

Le portail utilise les outils coopératifs du web et de la cartographie. Un portail commun conçu par et pour les habitants, les étudiants, les enseignants, les associations, les collectivités, les entreprises, les instituts, les universitaires, etc.

Les données sont publiées sous licences Creative Commons et géolocalisées sur un fond OpenStreetMap.

Les petits débrouillards ont repris l’outil développé en libre sur une base SPIP pour lancer le projet “Les Taxinomes”, inventaire géolocalisé du vivant. Le site fonctionne bien ! Près de 10 000 médias classifiés et géolocalisés, environ 400 participants inscrits sur le site et des usages récréatifs ou pédagogiques.

Les données sont publiées sous licences Creative Commons et géolocalisées sur un fond OpenStreetMap.

C’est le point de départ d’un projet pour partager l’exploration de la biodiversité ! Parce qu’il n’est pas nécessaire d’être triste pour être sérieux, nous vous proposons de jouer avec la reconnaissance des êtres vivants, des paysages et avec leurs relations ! Nous acceptons tout coup de main pour faire de ce projet un véritable outil de découverte, d’apprentissage et de valorisation de la biodiversité !

Travail de l’équipe

L’équipe de Tela Botanica est partie plusieurs fois en groupe sur le terrain, notamment avec les contributeurs Openstreetmap et les Wikipédiens et Commonistes. Tandis que certains relevaient la cartographie ou prenaient des photographies, le groupe Sciences a collecté des données de la faune et de la flore locale. Elle recueillait des échantillons, géolocalisait le lieu de collecte grâce à un GPS et prenait des photographies des espèces collectées.

De retour dans la salle polyvalente, les participants étaient invités à identifier les espèces grâce à des aides en ligne et une encyclopédie botanique, afin de les renseigner sur Tela Botanica.

Tela Botanica propose ensuite l’accès et le téléchargement de ces données créées sous licence libre. Le responsable des espaces verts de la commune de Brocas a activement participé à cette opération. Son travail d’entretien a d’ailleurs pu être mis en avant auprès du Maire. Ainsi sa pratique de tonte différée permet aux fleurs de s’épanouir et d’assurer leur reproduction d’une année sur l’autre, ce qui constitue une bonne pratique environnementale.
Taxinomes

Le projet Taxinomes propose un inventaire ludique multimédia géolocalisé de la biodiversité. Il est possible de renseigner sur le site des descriptions et médias des biodiversités locales. Les données renseignées sont ensuite librement téléchargeables.

L’équipe Sciences a organisé la collecte de données de la faune parallèlement à la collecte de données botaniques.

Résultat en chiffres

Pour Tela Botanica, l’équipe a réalisé 164 observations concernant 112 plantes.

Pour Taxinomes…

Intérêt pour la commune

Ce patrimoine local est désormais visible et accessible depuis le site institutionnel de la commune de Brocas qui peut désormais mettre en avant sa richesse naturelle illustrée et géolocalisée.

Ce partage en ligne assure la pérennité et diffusion de l’information, représentant une source d’attractivité environnementale du territoire peu mise en valeur auparavant.

L’animation a permis de familiariser et sensibiliser les habitants avec leurs ressources en faune et flore locale.



Productions du Groupe HACK


Le groupe Hack, constitué de développeurs confirmés, était en charge d’accompagner la libération des données de la commune, libérer les comptes-rendus des conseils municipaux et développer des services.

Libération des données

La première étape entreprise par la commune de Brocas a été d’identifier les jeux de données disponibles en interne. En échangeant avec la secrétaire de mairie, il a été possible d’extraire les documents et fichiers gérés en interne et de constituer une liste, tout en mettant de côté les données de sécurité ou à caractère personnel qui ne sont pas destinées à être publiées. Cela représentait au final une cinquantaine de jeux de données, sans compter les archives et photographies traitées par le groupe Photo, ni les données des partenaires ou jeux détenus par d’autres administrations.

Toutes les productions numériques libérables n’ont cependant pas pu être retrouvées. Dans certains cas les archives de même documents (tels les arrêtés) n’existaient plus sur l’ordinateur car un même fichier sert de base aux enregistrements et les anciennes versions sont écrasées par les nouvelles. Une pratique encore courante dans les petites communes qui ne voient pas toujours l’intérêt des archives numériques quand la version papier reste disponible. De nouvelles pratiques d’archivages sont donc à mettre en place afin d’assurer la pérennité des productions.

Le second problème rencontré fut l’utilisation de logiciels (dont comptables) qui ne permettent pas l’export des données dans un tableur. Les budgets doivent dans ce cas être recopiés manuellement ou exportés en PDF. Ces deux pratiques sont sources possibles d’erreurs dans la reproduction. L’utilisation de logiciels autorisant l’export .csv constitue un avantage dans la pratique de libération et eux seuls permettent d’avoir la main mise sur les données produites à la source.

L’intercommunalité a été sollicitée pour fournir des données. Ont ainsi été mises à disposition l’évolution du prix de l’eau et l’évolution des effectifs de l’école. L’école a également été mise à contribution ainsi que les équipes sportives locales. Un moyen de favoriser la réappropriation puis le partage. Un travail de mise en forme a ensuite été nécessaire pour nettoyer les tableaux : un seul tableau par fichier, pas de champs d’intitulés vide, description des champs, etc.

Les données ont ensuite commencé à être publiées sur www.datalocale.fr, la plateforme mutualisée de la région Aquitaine et du département de Gironde qui accueille les données des collectivités locales. Toutes les publications n’ont pu avoir lieu durant les 48h de l’Opération Libre. Jean-Christophe Elineau, le conseil municipal en charge de l’ouverture des données a donc passé du temps a posteriori pour finaliser les publications. Le temps nécessaire à la commune, entre la collecte, nettoyage et publication pour un jeu de données est estimé par Jean-Christophe Elineau à cinq jours pleins.

Libération des comptes-rendus

Organisation de la libération des comptes-rendus ? En quelques points pas trop techniques (pour les éléments plus techniques fournir un lien vers un texte technique disponible en ligne)

Codes de récupération des données des comptes-rendus de conseils municipaux développés par RegardsCitoyens disponibles ici :

https://github.com/RouxRC/various_scrapers/tree/master/PVs-CM-Brocas

D’autres jeux de données ont également pu être extraits des comptes-rendus qui sont souvent l’occasion de rapatrier des jeux de données. Ainsi la liste des parcelles forestières sinistrées de la commune qui a dans un premier temps été publiée sur la plateforme www.nosdonnees.fr qui héberge gratuitement et librement des jeux de données libérés.
Résultats
Intérêt pour la commune

La libération des données et des contenus de la commune assure une meilleure information aux habitants, arrivants et visiteurs. Aujourd’hui encore, des informations tel que le Plan Local d’Urbanisme ne sont pas accessibles en ligne aux habitants. Il faut souvent prendre le temps de se déplacer en mairie sur les horaires d’ouverture afin de pouvoir consulter des documents nécessaires, en l’occurrence pour envisager l’extension de son habitat. Leur accès en ligne permet d’offrir un service pratique moins chronophage en interne comme en externe. Au-delà de la libération des seuls jeux de données, la publication structurée des données textuelles de délibérations ou arrêtés permet aux habitants de rester informés des actions entreprises par la mairie et des dernières dispositions. Elles peuvent être à la source de meilleurs services de suivis, système d’alerte sur les thématiques d’intérêt et d’un engagement facilité dans la vie locale. La création d’une méthodologie de publication continue et mise à jour permet de pérenniser le patrimoine numérique de la commune en garantissant son archivage et sa documentation. Les publications peuvent être réutilisées pour la création de cartographies ou services tiers. Cette dissémination en ligne assure une meilleure visibilité de la commune et de ses infrastructures.



Services


Les volontaires avec des compétences de développement informatique étaient invités à créer ou transposer des services numériques pour la commune de Brocas. Deux outils ont ainsi été mis à disposition : OpenPostCard qui propose une comparaison visuelle de photographies anciennes et présentes, et Ushahidi, une plateforme participative qui permet de remonter des informations géolocalisées multimédias.

OpenPostCard

OpenPostCard est un service qui a été développé et appliqué durant l’Opération Libre par un membre de l’Open Knowledge Foundation France. Ce service permet de comparer deux photographies ou cartes postales représentant un même lieu sous le même angle. Cela permet d’effectuer des comparaisons de l’évolution historique du bâti de la commune à travers des visualisations avant/après.

Déroulement

Accompagné d’une habitante « mémoire » de la commune, l’équipe n’avait qu’à se munir d’un appareil photographique numérique. Après avoir identifié des photographies ou cartes postales librement réutilisables, ces dernières ont été numérisées. L’équipe est ensuite partie prendre des clichés contemporains représentant la même scène sous le même angle afin de pouvoir réaliser une visualisation comparative du cadre.

La difficulté résidait dans le fait d’obtenir le cadrage le plus proche de l’image historique. La pente des toits, si elle est restée identique, peut aider à caler la prise. Souvent les photographies anciennes sont réalisées depuis le milieu de la route, ce qui s’avère périlleux avec la circulation contemporaine. Être accompagné d’un habitant qui aura reconnu le lieu, tiendra la photographie originale et gérera la circulation facilite la tâche.



Étapes techniques


Cette partie technique n’est réalisable que par les personnes maîtrisant à minima le HTML.

Le logiciel Hugin, librement téléchargeable sur hugin.sourceforge.net et compatible Mac, Windows, Linux a été utilisé pour aligner les points communs des images avant/après et produire des images du même format.

Après avoir posté les anciennes et nouvelles photographies sur la bibliothèque multimédia Commons (en s’assurant que les images sont bien librement utilisables), on lance Hugin.

Dans l’assistant, on clique sur "1. charger des images" et on sélectionne les deux images avant/après.

Dans l’assistant, on appuie sur "2. Aligner".

Dans l’onglet Points de contrôle, un message d’erreur s’affiche, on clique sur ok.

Sur l’image de gauche, on clique sur un point de l’image que l’on retrouve à la même position sur le même bâtiment. On clique sur ajouter et on tente de trouver un maximum de points identiques, à différents endroits de l’image, pour optimiser l’alignement.

Le tutoriel complet pour réaliser ce type de comparaisons visuelles est disponible sur : openpostcards.okfn.fr

La manipulation est un peu complexe techniquement mais en suivant le tutoriel, une personne un peu aguerrie en informatique peut reproduire ce type de projet. La principale difficulté réside dans le tâtonnement des différents paramètres qu’il est nécessaire de faire pour arriver à une bonne visualisation.

L’opération idéalement doit se faire en binôme : une personne qui connaît bien la commune, une autre qui fait les manipulations. L’étape des points de correspondance peut être un bon moment d’échange qu’il faut documenter, l’habitant apporter une connaissance de l’évolution du bati qui idéalement accompagne la visualisation.

Résultats

La présentation de ce projet comparatif de cartes postales a suscité l’enthousiasme des habitants lors des restitutions. C’est un moyen efficace de découvrir la commune et son évolution à travers le temps, tout en intégrant la participation des habitants pour partager leurs connaissances et les documenter.

Le projet est actuellement visible sur le site de la commune de Brocas à l’adresse suivante, une façon de dynamiser la présentation du territoire.



Ushahidi


Ushahidi (“témoignage” en swahili) est une plateforme qui utilise le concept de crowdsourcing au service de la cartographie sociale. Ushahidi fournit un site aux internautes pour soumettre un rapport sous forme de photographie, vidéo ou SMS via son téléphone mobile ou internet, générant une archive temporelle et géospatiale de l’événement.

Ushahidi permet aux autorités et organisations de filtrer et vérifier en temps réel des données “terrain” remontées notamment par des habitants via des canaux tels que Twitter, SMS, Email et RSS. Ce logiciel libre est particulièrement utile pour les organisations qui ont besoin de trier des données par fiabilité, notamment dans les cas de gestion de crise : tempête, inondations ou événements sociaux : {corr|éléctions|élections}}, manifestations afin de faire remonter les besoins en secours ou alertes de sécurité.

Ushahidi a été utilisé notamment lors des violences postélectorales au Kenya en 2007-2008, lors du séisme de 2010 en Haïti, et lors des incendies de forêt en de 2010 en Russie.

Mise en place d’Ushahidi
Une plateforme Ushahidi a été implantée pour la commune de Brocas par @amnesic de Libertic. Elle a été testée durant l’Opération Libre pour suivre le travail des équipes sur leurs déplacements. À noter : il est également possible d’utiliser le service en ligne d’Ushahidi afin de passer outre l’étape d’implantation locale.
Intérêt pour la commune

La commune de Brocas est située au cœur de la Forêt Landaise et fait partie du Parc Naturel des Landes de Gascogne. Cerclés de forêts de pins, ces espaces sont sujets aux incendies et tempêtes. Lors de la tempête Klaus de 2009, de nombreux arbres se sont abattus sur les routes, isolant la commune.

Licence Creative Commons By SA Commune de Brocas
http://opendata.brocas.fr/node/14

Les habitants, munis de leurs tronçonneuses, sont allés découper les arbres pour libérer les voies. Le pilotage, répartition des actions et suivi des avancées pourraient se gérer grâce à un outil tel qu’Ushahidi permettant aux habitants de remonter les informations sur place. Par contre cela requiert que ces derniers possèdent un téléphone, que les lignes téléphoniques soient fonctionnelles et que chacun ait été sensibilisé à l’usage de l’outil. Un pas vers la gestion numérique qui semble encore haut mais plus modestement, cette plateforme participative peut également servir à l’organisation de chasses aux trésors ou autres animations ludiques et projets participatifs avec les habitants.



Modifications site institutionnel de Brocas


La commune de Brocas a modifié son site internet dans le cadre de l’Opération Libre. Désormais, les contenus sont sous licence libre (Creative Commons) et la carte de géolocalisation de Brocas est un rendu Openstreetmap. Les cartes postales avec une visualisation d’évolution temporelle ont été intégrées sur le site. La section données ouvertes renvoie vers les données libérées désormais accessibles aux habitants avec des informations telles que l’évolution des effectifs dans l’école primaire, la fiscalité locale ou la répartition du budget de la commune. La mise à disposition de ces données permet de faciliter l’accès et une meilleure information des habitants sur la vie à Brocas. De nouvelles pratiques doivent être mises en place dans la création et gestion du patrimoine immatériel afin d’assurer la mise à jour et pérennité des démarches.



Bénéfices de l’Opération Libre


Cette première édition d’événementiel collaboratif en lien avec la libération des connaissances a été l’occasion de créer des services à valeur ajoutée pour la commune et ses habitants : carte libre, plan détaillé de la commune, vue aérienne globale, services participatifs, outil de visionnage temporel des photographies, accessibilité des informations locales en ligne, numérisation et pérennité du patrimoine, référencement de la faune et flore locale, le tout en faisant participer les habitants pour les sensibiliser et les former aux pratiques numériques.

Plusieurs thèmes de valeurs se détachent de cette action.

Découverte

Découverte par les habitants de leur richesse et patrimoine local, découverte des outils numériques et projets collaboratifs, découverte des notions de savoir, outils et licences libres.

Réappropriation

Ces découvertes favorisent la réappropriation du territoire par la commune et ses habitants. La création d’une carte libre leur permet de gérer ses évolutions et les publications au gré de leurs attentes. La création d’une base de données sur le patrimoine environnemental local ou la mise à disposition de données par l’intercommunalité ont permis de constituer une base commune et accessible à tous.

Informations

La publication libre de données et contenus en ligne favorise la diffusion et l’accessibilité en ligne des informations et du patrimoine de la commune.

Services

La réutilisation des productions numériques en ligne permet de développer des services utiles aux habitants de la commune, aux nouveaux arrivants, aux touristes et visiteurs. Le site de la commune a pu être enrichi de fonctionnalités et supports de valorisation.

Pérennisation
La numérisation du patrimoine assure sa sauvegarde et pérennité. Sa libre publication en ligne contribue à sa mise en valeur.
Animation territoriale et Lien social

Les groupes thématiques ont pu inclure des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants, des personnes âgées, chacun pouvant contribuer selon ses centres d’intérêts (patrimoine, environnement, cartographie, etc) et ses compétences. Ce type de rencontre avec une population variée renforce le lien social et le sentiment d’inclusion derrière l’entité de la commune. L’Opération Libre est un support à l’animation du territoire et aux échanges et rapprochements entre habitants.

Valorisation
La visibilité des informations et du patrimoine en ligne permet une valorisation du territoire et une forme d’attractivité relayée également par les retombées médiatiques.
Coût de l’Opération Libre
Intitulé
Description
Montant
Transports
11 membres organisateurs
2 081,94 €
Hébergement
Arrivée la veille : hôtel
44,45€
Restauration 15 personnes sur 1 soirée + 2 jours
Petit-déjeuner, déjeuner, dîner
1 050,50€
Photos aériennes
Carburant vol paramoteur
43 €
Supports de communication
Tshirts et Stickers
417,75 €
Mise à disposition
Logements sur place, scanner, paramoteur, cabine photo, vidéoprojecteur, salle de réunion, imprimante
0 €
Coût total
3 637,64 €
Coût pris en charge par les organisateurs
1 485,60 €
Coût total pour la commune
2 152,04 €
Détails disponibles sur http://framacalc.org/vmk9v9ndcx
Limites et Leçons

L’Opération Libre a été organisée comme un projet pilote inédit sur sa forme. Cette expérimentation, si elle est apparue positive pour les participants et la commune a cependant souffert de certaines limites et freins rencontrés.

En premier lieu, le nombre d’habitants mobilisés a été très restreint. Une dizaine d’habitants a été réellement impliquée et une quarantaine au total a participé aux séances de restitutions organisées en soirée. Une communication tardive a sans doute été en cause ainsi que l’objet du message. Beaucoup d’habitants avaient entendu qu’il s’agissait d’une rencontre numérique et ne se sentaient donc pas concernés. L’organisation d’un “rallye photo” aurait été plus parlant et aurait peut-être permis de mobiliser plus d’habitants en évitant le lexique numérique. L’objectif initial de formation des habitants s’est rapidement transformé pour certains groupes en production à la place des habitants. Ce qui constitue un réel problème pour la pérennité des services créés. Sans compétence locale pour maintenir les informations à jour, les services peuvent devenir rapidement obsolètes. Une communication efficace devrait s’axer sur les intérêts des habitants et associations locales et être mise en avant lors d’événements physiques et a minima deux mois avant l’événement.

Cet axe de pérennité des actions entreprises est également en question du fait que la dynamique repose sur un conseiller municipal. Quid des actions en cas de départ ? Avoir un relais ou une structure locale capable d’accompagner les habitants sur le long terme semble nécessaire pour assurer la persistance des services et productions à travers la formation des habitants et organisations.

Le volet de sensibilisation des habitants a donc été assez limité. La plupart ont pris connaissance des projets et de leurs principes lors des restitutions. Certains retours de projets ont d’ailleurs suscité l’intérêt des habitants : “C’est génial Wikipedia. Comment fait-on pour contribuer ?” quand les formations avaient lieu la veille. Autant d’opportunités manquées d’accompagnement des habitants durant l’Opération Libre. Une présentation préalable des savoirs et informations libres semble nécessaire afin de mobiliser les habitants pour co-produire en amont de l’événement et assurer la diffusion de la culture des logiciels, outils, données, contenus et licences libres auprès du grand public.

Le second problème identifié fut la difficulté d’accès à certaines informations. Les œuvres culturelles, les données numériques de différents niveaux de collectivités, les données du parc naturel. La sollicitation d’accès et de réutilisation de certains produits numériques n’est pas (encore) entrée dans les mœurs et rencontre de nombreuses réticences, limitant les possibilités de valorisation et de réappropriation des informations par la commune. Ce sont donc les habitants qui ont le mieux contribué à l’apport d’informations culturelles à travers leurs archives et documents personnels. Ce qui témoigne par ailleurs de l’opportunité de la coproduction pour pallier aux défauts d’accès.

Le groupe en charge de la rédaction d’articles pour Wikipedia a dû travailler dans l’urgence, découvrant une partie de la documentation du territoire sur place (à défaut de versions numériques). Une meilleure préparation en amont avec l’accès à certains éléments nécessaires au bon déroulé des actions semble nécessaire pour un événement optimal. De manière générale, la question numérique reste mal appréhendée. Les problèmes d’insertion et d’usage numérique au sein de la commune comme auprès des habitants demandent pédagogie et accessibilité quand les acteurs du numériques peinent parfois à sortir du jargon.

Cet aspect a été l’occasion de questionner l’approche des projets collaboratifs. Si Openstreetmap et Wikipedia par exemple sont des projets que chacun peut alimenter, dans les faits, la marche pour assimiler les règles et outils afin de contribuer correctement requiert un temps d’adaptation et de la volonté. Les outils de ces projets ne sont pas toujours aussi simples d’usage qu’ils pourraient l’être et certains ne sont d’ailleurs accessibles qu’en anglais. L’intégration de nouvelles fonctionnalités répondant au besoin d’usage des communes faciliterait l’adoption.

La temporalité de 48 heures est très courte pour mener tous les projets. De nombreuses actions se sont poursuivies après l’événement. Cependant cette limite temporelle était bien identifiée et l’Opération Libre avait pour objectif premier de lancer une dynamique sur le territoire. Passer plus de temps à l’accompagnement et formation de médiateurs aurait pu faciliter la transmission.

Enfin, un sujet qui n’a pas été particulièrement développé sur l’Opération Libre à Brocas est le volet démocratie participative à travers les outils numériques. RegardsCitoyens a analysé les comptes-rendus municipaux mais le seul projet permettant l’expression conjointe de la commune et de ses habitants était Ushahidi or celui-ci n’a pas été intégré sur le site de la commune. Les problèmes d’insertion numérique, d’habilité à l’usage de ces outils, mais également de la rencontre entre une proposition et des attentes expliquent le manque de réappropriation. Pour les territoires souhaitant avancer sur le volet démocratie participative, des projets existent qui pourraient être adaptés pour favoriser l’implication citoyenne en ligne.

Le retour des communautés

L’organisation d’un événement commun entre des communautés du libre qui se croisent souvent sans co-produire systématiquement a été une expérience particulièrement enrichissante pour les volontaires.

Ce fut l’occasion de rencontrer des contributeurs connus uniquement via des échanges en ligne, l’occasion de découvrir et parfaire les connaissances sur les différents projets, l’occasion d’affiner ses compétences et pratiques par l’échange avec les groupes, l’occasion enfin de rapprochements entre les projets et contributeurs.

Un aspect intéressant fut la collaboration inter-projets. A titre d’exemple, les illustrations de la zone Natura 2000, furent fournies par l’équipe Sciences ; un travail conjoint et spontané s’est effectué entre OSM et Wikipédia notamment pour la localisation de tel château ou pour une meilleure compréhension commune du parcours de l’ancienne ligne de chemin de fer (cf. gare de Brocas) ; des membres de Regards Citoyens et OSM ont formé le représentant de Open Knowledge Foundation France à l’utilisation du logiciel Hugin ce qui a permis le lancement du projet OpenPostcards qui intégrera tous ses contenus dans Wikimedia Commons.

À noter, la présence wikimédienne était constituée par des wikipédiens et des commoners. Mais des acteurs d’autres projets collaboratifs auraient eu leurs places. Que ce soient les projets Wikimedia avec Wiktionnaire pour l’élaboration d’un dictionnaire français/gascon relatifs aux toponymes locaux (grand intérêt de la population concernant ces questions) ou Wikisource pour la numérisation et le traitement d’un texte comme “La chanson de la noyade de Brocas” retrouvée par les équipes.

De nombreux autres projets collaboratifs existent qui peuvent parfaitement compléter des actions à mettre en place sur une Opération Libre, selon les motivations des communautés et les contextes locaux.

Conclusion

Favoriser le rapprochement des communes et de leurs habitants par le biais de projets numériques collaboratifs est un outil particulièrement efficace pour travailler sur le lien social, la valorisation du patrimoine, l’attractivité, la conservation du patrimoine de manière collective.

Les actions de libération de petites communes contribuent à la fois à se conformer à la loi sur le droit d’accès à l’information publique, à moderniser les pratiques de mobilisation et publication, à profiter des mobilisations et productions collectives.

Les communautés de projets libres ont également eu des retours positifs par le biais de cette action, notamment à travers les nombreux échanges et croisements entre les projets libres participant à l’événement. La carte OSM a ainsi pu lier ses objets aux articles Wikipédia nouvellement créés.

Les petites communes elles aussi sont riches de données numériques décrivant leur territoire mais il s’agit bien souvent de données :

  • à récupérer auprès d’autres entités partenaires pour favoriser le décloisonnement
  • à numériser pour assurer la pérennité
  • à collecter et reconstituer pour assurer le libre usage.

S’appuyer sur les projets citoyens et collaboratifs permet aux petites communes d’avancer plus rapidement et à moindre coût dans la réappropriation des valeurs de son territoire. Cette première expérience sur la commune de Brocas a démontré l’intérêt et la pertinence des actions d’ouverture en milieu rural tout prouvant la faisabilité à cette échelle. L’Opération Libre en liens

Photo d Equipe Censuree d Operation Libre.JPG

Comptes-Rendus

Vidéos et photographies

Médias et relais en ligne

Site de données et contenus libres de Brocas

http://opendata.brocas.fr/node/2

http://www.datalocale.fr/drupal7/search/apachesolr_search/brocas

Guide

  •  Guide d’ouverture d’une commune

    Comment libérer une commune ?


Cette partie présente les bonnes pratiques et méthodologies pour libérer les données, textes et œuvres d’une commune. Elle n’aborde pas spécifiquement les intérêts de ces pratiques ni n’approfondit le sujet de l’ouverture des données et contenus qui font déjà l’objet de nombreux dossiers. Pour plus d’informations, nous vous recommandons de lire la documentation disponible sur http://opendatafrance.net/documentation/

Publier librement

Sont considérés libres toutes les productions numériques, bases de données, textes, photographies, archives, visuels, multimédias qui sont :

  • Mis à disposition en ligne sans restriction d’accès
  • Publiés sous des standards ouverts
  • Publiés sous une licence libre
  • Réutilisables librement par tous.

Ce que dit la loi

  • Loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 sur l’accès aux informations publiques

Les informations publiques, c’est à dire collectées dans le cadre d’une mission de service public, doivent être mises à disposition des demandeurs. Les informations publiques sont réutilisables librement par tous, y compris à des fins commerciales. Les données à caractère personnel ou appartenant à un tiers ne peuvent être publiées qu’avec le consentement des intéressés. Les données relevant de la sécurité ou défense du territoire ainsi que les données à caractère personnel sans consentement des intéressés ne peuvent en aucun cas être mises à disposition du public. Chaque administration doit posséder un répertoire listant ses informations publiques et il doit être tenu à disposition des usagers.

  • Directive INSPIRE 2007/2/CE du 14 mars 2007

Cette directive concerne les informations géographiques du secteur public. Elle inclut les données nécessaires au repérage sur le territoire, telles que systèmes de coordonnées, unités administratives, réseaux de transport, hydrographie, parcellaire cadastral, adresses et noms de lieux ainsi que des données relatives aux sites protégés, ainsi que les données générales complémentaires, telles que l’altimétrie, l’occupation des terres, la géologie et l’ortho-imagerie et les données thématiques telles que bâtiments, vocation des sols, santé et sécurité des personnes, services d’utilité publique et services publics, données sur l’environnement, installations industrielles, agricoles, démographie, périmètres de réglementation, données météorologiques, données maritimes, sources d’énergie et ressources minérales.

Cette directive crée plusieurs obligations dont : la fourniture des données selon des règles de mise en œuvre communes, la constitution de catalogues de données (métadonnées), l’application de règles d’interopérabilité, l’accès gratuit aux métadonnées, la disponibilité de services pour permettre ces accès.

  • Décret n°2007-284 de mars 2007 sur le Référentiel Général d’Interopérabilité

Le RGI fixe les règles techniques permettant d’assurer l’interopérabilité des systèmes d’information. Il détermine notamment les répertoires de données, les normes et les standards qui doivent être utilisés par les autorités administratives. Les conditions d’élaboration, d’approbation, de modification et de publications de ce référentiel sont fixées par décret. Il est mentionné d’utiliser des standards numériques ouverts afin de garantir l’interopérabilité, l’indépendance vis-à-vis des fournisseurs et de laisser le choix de leurs outils aux réutilisateurs tout en permettant d’assurer un accès de long terme aux données.

Identifier les objets de publication

Avant d’entamer une démarche de libération, il convient d’identifier les ressources publiables. Les communes possèdent de nombreuses productions numériques dont voici quelques exemples :

  • Liste et géolocalisation des établissements recevant du public (ERP)
  • Plan Local d’Urbanisme (PLU)
  • Budget
  • Liste des élus au conseil municipal
  • Liste des sites remarquables
  • Archives
  • Cartes postales anciennes
  • Œuvres du musée municipal
  • Liste des associations
  • Liste des entreprises
  • Comptes-rendus des conseils municipaux
  • Résultats électoraux
  • Liste des arrêtés municipaux
  • Localisation et dates des travaux publics
  • Registres d’état civil
  • Liste des marchés publics
  • Liste de la programmation événementielle
  • Résultats sportifs de l’équipe locale
  • Horaires des bâtiments publics
  • Effectifs des écoles
  • Impôts locaux
  • Démographie

Si la commune possède de nombreux services, il pourra être pertinent d’envoyer un questionnaire pour obtenir les informations suivantes : Titre du fichier, Identité du service en charge, Fréquence de mise à jour, etc. Un fichier mentionnant ces informations utiles est disponible ici : http://framacalc.org/7vgngzt2p8

Ce travail permettra de constituer le répertoire d’informations publiques, que chaque administration est censée déjà posséder selon les termes de la loi de 1978.

Définir une stratégie

La libération étant une dynamique de long terme, il convient d’identifier les axes à privilégier pour démarrer la libération des productions. La stratégie à mettre en place doit s’adapter au contexte et ressources locales. Il s’agit d’identifier les atouts de la commune à mettre en avant ou un objectif précis à réaliser (valorisation du patrimoine, information et services aux habitants, protection de l’environnement, etc.) et identifier les productions numériques associées dont la libération sert l’objectif.

Exemple : Objectif développer l’attractivité touristique du territoire

Une publication des champs d’intérêts des touristes et des développeurs de services touristiques permet d’alimenter cette dynamique avec la liste des points d’intérêts sur le territoire, leurs horaires d’ouverture, tarifs, adresse, les équipements hôteliers, transports, œuvres de musées locaux pour donner à voir la richesse locale, etc.

Tous les documents et productions communales régulièrement sollicitées pour une mise à disposition numérique ou physique ont leur place dans les publications en ligne prioritaires. À ce niveau il convient d’avoir déterminé les ressources humaines et financières disponibles pour la mise en œuvre du projet de libération afin d’adapter l’ambition du projet. À noter, certaines communes avancent sans budget financier sur la libération de données mais compter le temps imparti des ressources humaines.

Où trouver les objets de publication


Fichiers internes


Les services de la commune produisent déjà des données et contenus numériques. Il s’agit de la première source possible de productions à libérer. Demander à la secrétaire et chercher les fichiers sur les postes d’ordinateurs.


Partenariats


Les associations et commerces locaux peuvent avoir des informations pertinentes à partager : fréquentation lors des événements, origine des touristes, patrimoine de la faune locale, etc. Il est dès lors intéressant de se rapprocher de ces organisations, les sensibiliser à votre projet afin de favoriser la libération de leurs informations.


Administrations


Certaines données décrivant la commune et ses infrastructures sont souvent détenues par différents niveaux administratifs, tel l’intercommunalité qui gère l’eau, les ordures, les transports, les équipements, etc. Il convient dans ce cas de se rapprocher des administrations partenaires pour solliciter l’accès aux informations concernant la commune. À noter, la loi de 1978 sur le droit d’accès à l’information publique impose aux administrations de mettre à disposition ces informations.


Rapatriements

De nombreuses informations décrivant la commune et détenues par des organismes tiers sont souvent accessibles en ligne. L’INSEE publie ainsi les données socio-démographiques locales, publiées en ligne sur leur site, vous pouvez télécharger les informations statistiques concernant votre commune.

Créations

Dans certains cas, les données ou contenus ne sont pas créés, accessibles ou numérisés. Le parc naturel local peut créer des données sur la flore mais n’autorise pas leur libre publication, il faut dans ce cas reconstituer une base. Les archives papier ne sont pas toujours numérisées ou le département en charge de cette opération ne remet pas les archives numériques à disposition librement. Il faut dans ce cas procéder à la numérisation localement afin de détenir les droits pour les publier librement. L’Opération Libre a démontré qu’il est possible de travailler conjointement avec les habitants pour organiser ces productions.

Attention, avant la publication des productions identifiées, il convient de s’assurer de posséder les droits de réutilisation et de mise à disposition librement. Si la commune est productrice et que la production ne concerne pas de données à caractère personnel ou si les personnes mentionnées ou le partenaire producteur de l’information a explicitement accordé son droit de réutilisation, dans ce cas la publication est libre.


Créer son fichier de publication


Le fichier de publication doit être brut et en format ouvert. Si la commune n’utilise pas de logiciels libres par défaut, un travail de conversion s’impose.

Lorsque vous exportez un classeur au format ouvert CSV, seules les données de la feuille active sont enregistrées. Toutes les autres informations, y compris les formules et le formatage, sont perdues. Il convient de soigner la structuration de son fichier pour en assurer la qualité. En 2010, une échelle de qualité de publication a été définie par Tim Berners Lee.


✩ Données publiées en ligne quel que soit leur format

✩✩ Données nettoyées et structurées (par exemple données tabulaires sous Excel)

✩✩✩ Données libres d’être exploitées juridiquement et techniquement dans des formats non-propriétaires

✩✩✩✩ Données publiées avec une URL par jeu de données, de sorte que l’on puisse pointer dessus

✩✩✩✩✩ Données publiées selon les critères du web sémantique


Tiré du guide de publication de la Région Île-de-France


Si les publications quatre et cinq étoiles nécessitent du temps et de l’investissement parfois hors de budget pour les petites communes, une publication de niveau de qualité trois étoiles leur est cependant largement accessible.

Voici les étapes à mettre en œuvre pour publier de manière qualitative en trois étoiles une base de données.

Ces recommandations sont tirées notamment du guide de publication en open data produit par la région Île-de-France et disponible à l’adresse suivante.


Les règles à respecter


Les règles suivantes ne sont pas spécifiques à la libération de données, elles constituent les bonnes pratiques générales dans la création de données créées dans un tableur. La libération de données peut ainsi être l’occasion de développer la méthodologie adéquate dans la gestion des données informatiques en interne.

Pas de multiples tableaux

Un seul tableau doit apparaître sur une seule page du fichier. Il faut donc supprimer les multiples tableaux apparaissant sur une même page ainsi que les onglets supplémentaires, soit en créant un fichier spécifique pour chaque tableau, soit en intégrant les données des tableaux supplémentaires dans le tableau initial en créant de nouvelles colonnes. 1 fichier = 1 page = 1 tableau

Pas de données orphelines


Intitulé des champs sur la première ligne

Les premières lignes du tableau doivent représenter les intitulés des champs. Elles sont indispensables à chaque colonne, au risque de rendre les informations incompréhensibles. Il faut éviter les lignes ou colonnes vides.


Pas de mise en forme

La mise en forme des données disparaîtra lors de l’extraction au format .CSV. Il faut donc supprimer dès l’origine les éléments de mise en forme tels que : la fusion de cellules, les caractères gras, les couleurs, les totaux ou sous-totaux, mais également les formules de calcul automatiques qui seront supprimées.



Enrichir les données


Si cette étape est optionnelle, elle facilitera cependant grandement le travail des réutilisateurs qui vous en seront reconnaissants. Elle permet également d’enrichir la qualité et donc l’expérience d’usage interne de ces données.

Mesures

Pensez à préciser vos mesures : les dates (mois, année), les distances (m, km), les surfaces (a, ha)

Identifiants uniques

Si vous publiez notamment la liste des entreprises ou associations, pensez à ajouter un champ de colonne avec leur identifiant unique tel que le Siret afin de s’assurer de la bonne identité des structures.

Géolocalisation

Lorsque vous publiez des adresses, celles-ci ne suffisent pas toujours à géolocaliser précisément un lieu. Par exemple, indiquer que la poste se trouve sur telle route ne renseigne pas le réutilisateur sur le lieu exact. De même, un code postal peut faire référence à plusieurs villes différentes. Pour la réutilisation des données pour réaliser une cartographie, les coordonnées géographiques sont nécessaires. Il est donc recommandé de les rajouter. Le service gratuit http://www.batchgeocodeur.mapjmz.cossssm/ permet de créer automatiquement les coordonnées géographiques à partir d’une base de données d’adresses.

Métadonnées

Une notice de description de la base de données avec ses fréquences de mise à jour, licence de mise à disposition, méthodologie de collecte des données permet de documenter le fichier.

Adopter le bon format

Une production numérique libre doit être publiée dans un format qui facilite sa réutilisation. Ainsi une liste de lieux touristiques sera publiée dans un fichier pouvant être ouvert avec un tableur, et non sous forme de document ou PDF qui permettent la consultation mais pas la manipulation des données.

De même le standard du format doit être non-propriétaire, c’est à dire que ses spécifications techniques sont publiques et sans restriction d’accès ni de mise en œuvre. Cela assure la pérennité de l’utilisabilité du fichier, contrairement à un format fermé ou propriétaire dont l’utilisabilité du fichier sera dépendante d’une structure pouvant ne plus assurer l’usage du fichier.

La démarche de libération privilégie donc les formats libres ou ouverts et rejoint ainsi les préoccupations des communautés open source (logiciels libres) et open knowledge (connaissance ouverte) ainsi que les recommandations de l’État français au travers du référentiel général d’interopérabilité.

Parmi ces formats on peut citer :

  • CSV qui permet de séparer des données au travers de l’utilisation de délimiteurs et de rendre facilement manipulables des informations stockées à l’origine dans des basesbase de données, des tableurs numériques ou des systèmes d’information géographique.
  • Json apprécié des développeurs informatiques, il permet de structurer des données plus complexes sous la forme de tableaux de valeurs.
  • XML pour les formats texte, il permet de structurer l’information de manière hiérarchique.

Cette notion d’adoption de format ouvert va nécessiter un travail de transposition de format si la commune n’utilise pas par défaut des logiciels libres. Cependant, il s’agit d’une étape essentielle dans la libération des données afin de :

  • Garantir l’accessibilité et la pérennité des données
  • Être sûr de pouvoir lire et modifier ses données dans le futur
  • Limiter la diffusion de virus grâce à des standards fiables
  • Promouvoir la diversité et l’interopérabilité dans le domaine de l’informatique.

Voici une liste de transpositions des formats les plus souvent rencontrés. Pour la liste complète, consulter

https://fr.wikipedia.org/wiki/Correspondance_entre_formats_ouverts_et_formats_ferm%C3%A9s

Type de production numérique
Format ouvert

Base de données
.csv ou .ods (Calc, LibreOffice)
Texte
.odt (Writer, Libreoffice)
Photo
.png (Portable Network Graphics)
Vidéo
.ogg (Ogg)
Cartographie
.shp (SHP)
Audio
.wav (Waveform)
Compression
.tar (TAR)

Si on ne devait citer qu’un seul outil permettant la publication simple de jeu de données, cela serait le tableur numérique. Ainsi un "fichier Excel", contient généralement des informations organisées sous la forme de lignes et de colonnes se croisant pour donner lieu à des cellules d’information.

Si vos informations sont contenues dans un fichier Excel, tous les espoirs de publication de libération de données sont permis ! Si vous partez d’un "fichier Word" ou “Writer” vous devrez le transposer dans un tableur.

Si vos fichiers ne sont pas dans les formats cités ci-haut, il est possible de les transposer par une simple manipulation. Exemple ci-bas avec une base de données Excel que vous souhaitez convertir en .csv.

Convertir une base de données en CSV

Afin d’assurer la libération des données sous des standards non-propriétaires, il est souvent nécessaire pour les communes n’utilisant pas de logiciels libres, de convertir les fichiers.

Convertir un fichier Excel (ou autre) en .csv grâce à LibreOffice

  • Téléchargez LibreOffice (si ce n’est déjà fait)
  • Ouvrez le fichier que vous souhaitez convertir avec le logiciel Calc de LibreOffice (l’équivalent de Excel pour office Microsoft)
  • Choisissez “Fichier-Enregistrer sous”
  • Saisissez le nom du fichier dans le champ “Nom de fichier”
  • Dans le champ Type de fichier, sélectionnez "Texte CSV".
  • Cliquez sur OK

À noter

Dans les options d’enregistrement, si ce n’est établi par défaut, choisissez comme caractère d’encodage la valeur UTF-8, et comme délimiteur entre 2 cellules le point-virgule et comme séparateur de champs le double guillemet.

Pour le titre, n’utilisez aucun caractère accentué, ni espace. Votre titre doit ressembler à quelque chose comme ça : budget_nommenclatures_commune_brocas_exercice_2012.csv

Entamer une démarche de libération est souvent l’occasion de mettre en place les bonnes pratiques numériques afin d’utiliser ces standards par défaut et éviter les travaux futurs de transposition. L’utilisation de logiciels libres à la source permet de publier directement dans ces formats. Il est donc recommandé d’installer gratuitement LibreOffice, la suite de logiciels libres à l’adresse suivante : http://fr.libreoffice.org/telecharger/

L’usage des logiciels libres fait partie des bonnes pratiques numériques d’une commune car ils garantissent une plus grande fiabilité, l’interopérabilité et des économies.

Passer à LibreOffice


Qu’est-ce que LibreOffice

LibreOffice Logo Flat.svg

Lien avec la libération des communes

Comme indiqué précédemment, la libération des informations publiques induit de publier les productions en formats standards non propriétaires. La suite LibreOffice permet de convertir simplement les fichiers à travers une manipulation rapide. De plus, la publication y compris dans les formats natifs de LibreOffice permet déjà d’assurer une qualité trois étoiles aux données publiées.

Au-delà de l’aspect publication, le mouvement des données ouvertes est un mouvement général de modernisation de l’action publique à travers les pratiques numériques, d’optimisation des ressources et de développement de la culture ouverte.

Dans la lignée de la circulaire en faveur de l’usage des logiciels libres au sein des administrations publiques, adopter la suite gratuite LibreOffice…

Intérêt pour les communes

Télécharger

Systèmes supportés : MS-Windows (XP, Vista, Seven, Windows 8), Linux (rpm / deb), MacOS-X (x86 et ppc).

Les informations sur le téléchargement gratuit et la documentation sont disponibles ici : https://wiki.documentfoundation.org/FR/Installation

Associer la bonne licence


Afin d’assurer la libre réutilisation des productions numériques publiées, il est nécessaire d’y apposer des licences garantissant ces droits.

Une licence est un contrat qui régit les relations entre les publieurs et les réutilisateurs. Elle indique les droits et devoirs de chacune des parties.

Aujourd’hui en France, les principales licences utilisées pour la publication de ces productions publiques sont la Licence Ouverte et l’ODbL pour les bases de données, les Creative Commons pour les textes, contenus, photographies…

Licence Ouverte
Créée par le gouvernement français pour libérer les informations publiques
Le producteur reste propriétaire de la base de données mais autorise les réutilisations, y compris à des fins commerciales, tant que
ODbL
Licence d’origine anglo-saxonne utilisable uniquement pour les bases de données avec la mention spécifique de redistribution libre des produits dérivés
Le producteur reste propriétaire de la base de données mais autorise les réutilisations, y compris à des fins commerciales, à condition que la source soit citée et que les produits dérivés restent sous licence libre
Creative Commons
Système de licence conditionnelle facilement reconnaissable par ses visuels
Le producteur reste propriétaire de la base de données mais autorise les réutilisations selon des critères choisis par le propriétaire (voir ci-bas)

Adopter les Creative Commons


Le Creative Commons (CC) est une organisation à but non lucratif dont le but est de proposer une solution alternative légale aux personnes souhaitant libérer leurs œuvres des droits de propriété intellectuelle standards de leur pays, jugés trop restrictifs. L’organisation a créé plusieurs licences, connues sous le nom de licences Creative Commons. Ces licences, selon leur choix, restreignent seulement quelques droits ou aucun. Source http://fr.wikipedia.org/wiki/Creative_Commons

Il existe 6 contrats Creative Commons différents, qui représentent différentes combinaisons des 4 limites que vous pouvez poser :

  • Paternité (BY)
    Devoir de faire apparaître le nom de l’organisation propriétaire associée à la production publiée. Cette option est présente dans quasiment tous les contrats.
  • Modification (ND)
    Cette option interdit les modifications de la production publiée.
  • Pas d’utilisation commerciale (NC)
    Cette option interdit que la production soit utilisée pour des usages commerciaux.
  • Partage identique aux conditions initiales (SA)
    Cette option impose que les modifications apportées à la production ou la production modifiée soit également publiée sous la même licence Creative Commons afin d’éviter la privatisation des dérivés.

L’interdiction de modifications ou d’usages commerciaux allant à l’encontre du principe de libération, les producteurs de données peuvent utiliser les Creative Commons avec le devoir de citation ou devoir de citation et obligation de libérer les produits dérivés. Ces licences sont alors représentées visuellement associées aux publications, des façons suivantes :


La loi de 1978 relative à l’accessibilité des informations publiques indique que les textes officiels, rapports, documents publiés sur les sites institutionnels sont librement réutilisables par tous. Vous pouvez d’ores et déjà vous conformer à cette loi en remplaçant la licence “tous droits réservés” de votre site par l’une de ces deux licences suivie du texte “sauf mention contraire”, à l’image de la commune de Brocas ou de Brest.

Type de production numérique Licences à appliquer
Base de données ODbL ou Licence Ouverte
Texte Creative Commons cc-by ou cc-by-sa
Photo Creative Commons cc-by ou cc-by-sa
Vidéo Licence Art Libre

Pour les œuvres culturelles, le Ministère de la Culture et de la Communication a publié un guide d’ouverture à consulter ici.


Libérer des œuvres culturelles


Publier en ligne

Une fois le fichier prêt à la publication et la licence choisie, il s’agit désormais de publier ces productions numériques en ligne afin de les exposer aux yeux de tous. Quelles possibilités s’offrent à vous ?

Publier sur le site institutionnel

Les communes qui en possèdent peuvent utiliser leur site institutionnel pour publier des productions en ligne sans frais de développement. Ces usages s’effectuent en cas de publication de données statiques, qui ne sont pas souvent modifiées et dont le nombre de productions tient sur une à deux pages.

Publier sur une plateforme locale

De plus en plus de collectivités s’engagent dans la libération de leurs informations publiques. Votre intercommunalité, département ou région ont peut-être développé un site dédié à ces publications. La plupart d’entre-eux propose d’héberger gratuitement les informations des communes. Il est dans ce cas possible de se rapprocher de leur initiative.

Publier sur la plateforme nationale

Le site www.data.gouv.fr maintenu par la mission Etalab, en charge du développement de l’open data du gouvernement français propose d’héberger les données des collectivités locales.

Publier sur des projets collaboratifs

Le site www.nosdonnees.fr créé par l’association Regards Citoyens permet à chacun de publier et héberger librement leurs données sur cette plateforme.

Comme les sites dédiés aux données ouvertes, il n’est possible d’y publier que des données. Pour les œuvres, médias, photographies ou données thématiques, des projets collaboratifs existent pour héberger vos productions en ligne. Commons peut ainsi héberger vos cartes postales, archives, photographies et vidéos d’intérêt sur la commune.

Développer un site internet dédié

Les collectivités engagées dans l’ouverture de données ont en majorité choisi de développer des sites internet dédiés. La liste de ces sites est disponible sur http://opendata-map.org. Les coûts annoncés varient entre 20 000 € et 300 000 € en plus des ressources humaines allouées au projet. Il s’agit donc d’une option qui nécessite un investissement financier initial mais des outils Open Source adaptables sont à disposition.

[[t4mp|Présentation de CKAN}}

CKAN est une application sous licence libre développée par OKFN et dédiée à la publication de données en ligne. Cet outil est recommandé en cas de création de votre site internet dédié aux données libérées (open data).


CKAN est disponible au téléchargement et possède une communauté active de contributeurs. Pour en savoir plus, le site officiel est accessible à l’adresse suivante : http://ckan.org/


Organisation de la publication sur CKAN


Pour pouvoir publier un jeu de données, il faut avoir créé un compte.

Une fois ce compte créé, il est possible de créer des groupes d’utilisateurs qui peuvent ainsi partager des jeux de données.

La première étape de publication d’un jeu de données consiste dans la création d’une fiche de description des données (métadonnées). La première étape de création d’un jeu de données implique la saisie d’un titre, d’une adresse URL, l’ajout d’une illustration et le choix d’une licence. Un bouton aperçu vous permet de voir à quoi ressemblera votre texte avant de le soumettre à la publication.

Vous pouvez ensuite saisir des informations relatives aux moyens de contact permettant aux utilisateurs d’informer le producteur du jeu de données de son intérêt pour les informations mises à disposition ou de le tenir au courant d’une erreur relative à certains aspects.

Une fois cette étape achevée, il est possible de lier cette fiche de description (métadonnées) à d’autres types de ressources comme :

  • des fichiers déjà disponibles sur le web en indiquant l’url de ce fichier ;
  • des ressources téléchargeables sur votre entrepôt de données.


Les méthodes de mise à jour


L’ensemble des modifications effectuées sur la fiche de description (métadonnées) est conservé. Il est donc possible de modifier cette fiche, de publier les mises à jour et de revenir si besoin à une version antérieure.

Il est également possible d’attacher autant de ressources qu’on le souhaite à un jeu de données et de supprimer certaines ressources si par exemple elles ne sont plus d’actualité.

La démarche de libération de données induit que la commune ait créé son répertoire de jeux de données publiables, y ait indiqué les fréquences de mises à jour, et organise la mise à jour effective des jeux.


Les bonnes pratiques


Une liste de 72 bonnes pratiques de publication de jeux de données libres a été créée pour faciliter la mise en œuvre de la publication de données libres. Elle est consultable à l’adresse suivante : http://checklists.opquast.com/fr/opendata



Retours d’expérience de Datalocale


Témoignage de Pascal Romain, Département de Gironde

L’utilisation de CKAN est vraiment un plus dans le cadre de notre démarche d’ouverture de données publiques. Elle nous permet d’alimenter automatiquement le catalogue à partir de flux de données extraits du système d’information de la collectivité et de déléguer certaines tâches aux producteurs de données.

Elle nous permet également aujourd’hui de permettre à des partenaires institutionnels ou à des associations et des citoyens la possibilité de contribuer à ce mouvement de libération de données en devenant eux-mêmes producteurs de données publiques.

Par ailleurs son adoption par les portails nationaux du Royaume-Uni et bientôt des États-Unis d’Amérique et par la commission européenne en font une référence en matière d’outil de gestion de données.

Grâce à l’utilisation de nombreuses fonctionnalités autour de l’animation, il est désormais possible d’envisager son utilisation sans complément d’autres outils.

Un retour bien plus complet de l’usage de CKAN est disponible à l’adresse suivante : http://operation-libre.org/wiki/index.php?title=Wikilivre


Communiquer et Animer


Une fois la libération effective des productions numériques, il est nécessaire de communiquer auprès du plus grand nombre afin de faire connaître le projet et susciter de l’intérêt. L’organisation d’une communauté autour de ce projet permettra de profiter de ressources supplémentaires pour avancer sur ce chantier de long terme : organiser la numérisation collective avec les habitants par exemple.

Vous l’ignorez peut-être, mais des contributeurs de projets collaboratifs se démènent déjà sur vos territoires. Les contributeurs d’Openstreetmap ont déjà cartographié une grande partie du territoire français. Des photographes amateurs contribuent par milliers à la libération de photos des monuments dans les communes. Il ne faut pas hésiter à se rapprocher des projets collaboratifs libres qui disposent de listes de contacts en ligne. L’organisation d’une Opération Libre sur votre commune est également un bon moyen de profiter de quelques conseils en direct, de mobiliser la population et de lancer une dynamique.

La communication et la démocratisation des principes du savoir libre restent fondamentales.

Si la compréhension des bénéfices du numérique en terme de communication et socialisation en ligne est comprise par le plus grand nombre, peu perçoivent la transformation en profondeur des hiérarchies, de l’économie, de la connaissance et des façons de travailler ensemble. De nouveaux paradigmes se dessinent qu’il convient de démocratiser et d’accompagner. Or la libération du patrimoine numérique est un levier de modernisation de l’action publique, de son fonctionnement et de ses pratiques. Elle représente une opportunité de rapprochement avec les habitants et communautés diverses pour organiser des coproductions et générer de l’efficacité autour d’un projet d’optimisme basé sur le partage.

Au niveau des collectivités, l’échelle temporelle et budgétaire, la complexité des circuits de décision et l’inertie culturelle ainsi que la résistance au changement engendrent souvent encore plus de retard sur les usages. Il faut nouer une relation avec la communauté pour : faciliter la compréhension des gains, faire émerger des idées de services, comprendre les besoins de données, susciter l’implication citoyenne, faciliter le partage d’expérience, améliorer la qualité des données, à travers un engagement fort de la commune.

Cette relation se crée par des rencontres physiques et des animations en ligne, des cartoparties, la création de services, l’organisation de conférences libres, la collecte de données avec les habitants, la mobilisation des acteurs sur le territoire, associations diverses… L’Opération Libre a démontré qu’il est possible de fédérer des volontaires y compris dans un milieu rural sans une multiplicité d’acteurs numériques sur le territoire.

En zone rurale, il est cependant nécessaire d’organiser une médiation pour informer, organiser, sensibiliser, développer les compétences et l’intérêt, animer. Les écoles peuvent devenir médiateurs. Durant l’Opération Libre, nous avons découvert que le programme de l’école primaire à cette période était justement la découverte de la flore. Ces structures peuvent participer à la création, collecte et référencement des informations locales, encore faut-il un médiateur pour faire connaître les projets et pratiques en ligne. Plus simplement, les habitants peuvent contribuer en fournissant des documents historiques sur la commune et les associations locales sont des relais efficaces avec un public déjà fédéré.


Quelques outils simples et gratuits peuvent être utilisés pour communiquer plus largement en ligne : un forum sur un site internet, les réseaux sociaux. Voici l’occasion de développer une communication numérique et accompagner ses habitants dans l’appropriation de ces pratiques.

Étapes de publication libre en résumé
1 Créer un répertoire d’informations publiques Ce répertoire est une obligation légale, il identifie et décrit les informations publiques en possession de l’administration.
2 Enrichir les informations publiques Contacter les partenaires, organisations sur le territoire, associations, musées et habitants pour un appel à partage d’informations.
3 Documenter les informations Une documentation est associée aux fichiers pour décrire son contenu, la méthodologie de création, date de production, etc.
4 Nettoyer les fichiers Un fichier par production, clairement intitulé et décrit, les données à caractère personnel ne doivent pas apparaître.
5 Transposer en formats ouverts Le cas échéant, transposer les fichiers en formats non-propriétaires.
6 Apposer une licence libre Définir le choix des licences libres à associer aux productions selon leur typologie et la renseigner dans la documentation.
7 Publier en ligne Publier sur le site institutionnel, une plateforme mutualisée, dédiée ou un projet collaboratif.
8 Faire connaître la démarche Communiquer auprès du plus grand nombre, expliquer la démarche, organiser des rencontres.

Si vous souhaitez mettre en œuvre la libération des informations concernant votre territoire, vous pouvez vous rapprocher du collectif www.opendatafrance.net qui réunit les collectivités engagées dans l’ouverture de données en France.

Pour plus d’informations sur la libération des œuvres culturelles, vous pouvez contacter Open Glam, le réseau favorisant la libération des institutions culturelles sur http://openglam.org/france/

Si vous souhaitez organiser une Opération Libre sur votre territoire afin de lancer une dynamique, contactez-nous par les réseaux : @operationlibre ou www.operation-libre.org

Organiser Opération Libre

Dans un objectif de promotion des savoirs, outils, licences, données et contenus libres, une Opération Libre réunit différentes communautés, une commune et ses habitants dans l’objectif de libérer ou créer des informations locales libres.

Toute personne physique ou morale est libre d’organiser une Opération Libre en utilisant l’identité, le logo Opération Libre, site internet, réseaux sociaux et autres outils disponibles pour organiser son événement, ainsi que de profiter des supports, conseils et retours d’expériences préalables, dès lors qu’elle respecte les conditions suivantes :

Organisation

La personne physique ou morale à l’origine de l’organisation d’une Opération Libre constitue un comité de pilotage réunissant a minima 3 représentants de projets libres différents ainsi qu’un représentant de la commune ciblée pour l’animation.

Ce comité de pilotage établit un programme d’animations selon le contexte du territoire ciblé, répartit les tâches et tranche les décisions relatives à l’organisation de l’événement de manière démocratique, une personne une voix. Il se réunit au moins une fois en amont de l’événement et procède à un repérage des lieux. Parmi les éléments à définir par le comité de pilotage : les projets et animations à mettre en œuvre, la date et répartition du programme, le budget, la communication, la logistique, les ressources humaines pour l’accompagnement, la zone à couvrir par l’événement, les indicateurs de restitution.

Divers projets étant développés durant une Opération Libre, il est recommandé d’identifier un(e) chef de projet par groupe d’activité ainsi qu’un(e) responsable de la coordination assurant la transversalité et logistique durant l’événement.

Territoire

Les territoires accueillant une Opération Libre sont de préférence des communes de moins de 10 000 habitants en zone rurale. Dans tous les cas, la zone de collecte et libération d’informations doit pouvoir être couverte en 48 heures, durée recommandée pour l’événement.

Le territoire possède de préférence un intérêt patrimonial, culturel, géologique, historique. En somme, du patrimoine à valoriser par la libération.

Le territoire ciblé s’engage : à accueillir l’événement et trouver les financements pour le déplacement des organisateurs, mettre à disposition les productions numériques sujettes à ouverture ainsi que de la documentation sur la commune au préalable de l’événement, à assurer l’ouverture et accessibilité des monuments et de la mairie le jour de l’événement, à pourvoir une salle d’accueil avec une connexion internet, communiquer sur l’événement auprès de ses habitants en amont de l’Opération Libre, assurer la participation de 10 habitants au moins, assurer le logement des volontaires de préférence en faisant appel aux habitants, assurer la restauration des volontaires, avoir un représentant local disponible le temps de l’événement, assurer la pérennité des démarches de libération de données et contenus dans le temps, passer le contenu de son site institutionnel sous licence libre, organiser la libération d’œuvres et archives locales, valider son engagement par un délibéré.

L’engagement de l’organisation d’une Opération Libre ne sera validé qu’après avoir reçu les éléments nécessaires à la tenue de l’événement. Par exemple et selon les contextes : le délibéré de la commune validant son implication et mise à disposition de locaux et matériel, l’assurance des financements et le prépaiement des déplacements, l’attestation d’assurance de l’événement, le nombre d’habitants inscrits aux événements, la garantie d’accessibilité des monuments et bâtiments publics, la documentation, données et contenus existant sur le territoire, la date d’intervention et la validation de participation de trois communautés du libres.

Communication

La communication sur l’événement doit débuter idéalement trois mois avant l’organisation de l’Opération Libre. Le site operation-libre.org ainsi que le logo et compte sur les réseaux sociaux est mis à disposition pour assurer la communication.

Un wiki est associé au site qui permet de lancer un appel à proposition de projets afin d’accueillir des animations qui n’auraient pas été identifiées au préalable. Les organisateurs intègrent les projets proposés par les contributeurs dès lors qu’ils relèvent de projets libres, qu’un animateur est disponible pour le projet et que le nombre d’inscrits permet d’assurer sa mise en œuvre effective. La communication auprès des habitants est essentielle. Pour assurer un fonctionnement optimal, il est nécessaire d’avoir a minima une dizaine d’habitants pouvant accompagner les différentes équipes et les renseigner sur place. Les habitants doivent également pouvoir acquérir les compétences sur les différents projets afin de pérenniser les mises à jour après l’événement. Un courrier invitant les habitants à participer, une réunion d’information, une présentation des différents projets sont nécessaires au préalable de l’événement afin de mobiliser la population. Des affiches à l’entrée et sortie de la commune ainsi que dans les commerces peuvent être disposées un mois avant l’événement.

Un formulaire d’inscription est disponible en ligne et chacun est libre de s’inscrire gratuitement dans la limite des places disponibles.

Animations

Les animations organisées durant une Opération Libre sont en lien direct avec la promotion ou production de savoir, outils, licences, contenus ou données libres.

Il est recommandé de se rapprocher de projets possédant des communautés actives afin d’assurer la venue de volontaires. Wikipédia, Commons, Openstreetmap, TelaBotanica, Open Data font partie des communautés dynamiques mais de nombreux autres projets existent. Trois types de projets et communautés différentes devront pouvoir se retrouver sur une Opération Libre.

Un stand de promotion du savoir, outils, licences ou données libres, qui peut servir de point d’accueil sur l’événement, est mis en place pour sensibiliser la population.

Les animateurs des projets ont de préférence une expérience dans l’animation auprès du grand public.

Convivialité

Les participants de l’Opération Libre effectuent le déplacement volontairement. Assurer leur logement, restauration mais également prévoir des temps de convivialité leur permettra de profiter au mieux de cette expérience. Une visite collégiale de la commune la veille de l’événement est recommandée afin de créer un esprit de groupe et prendre connaissance du territoire et de ses spécificités locales.

Logistique

Le matériel nécessaire à l’organisation de l’événement est défini au préalable et mis à disposition par la commune, les organisateurs, habitants ou partenaires.

Le logement et la restauration des organisateurs et volontaires sont assurés sur place.

Les frais de déplacement des organisateurs et si possible de volontaires sont pris en charge et réservés si possible en amont ou remboursés à posteriori.

Les organisateurs souscrivent à une assurance pour l’événement.

Financements

Des financements doivent être levés pour assurer notamment les frais de déplacement et restauration ainsi que toutes autres dépenses liées à l’organisation de l’événement. Ils peuvent prendre la forme de subventions, levée de fonds auprès de sponsors et partenaires divers, remboursement sur factures, autres. Un budget minimal de 3 000 € sera souvent indispensable à l’organisation d’une Opération Libre.

Restitution

Toutes les productions de l’événement (données, contenus, médias…) seront mises à disposition librement en ligne. Un compte-rendu de l’Opération Libre sera rédigé et publié librement relatant le retour d’expérience, les projets développés, une évaluation qualitative et quantitative de l’événement. Ceci afin d’assurer l’amélioration continue dans l’organisation.

Charte d’une Opération Libre
Version du 30 août 2013, sujette à évolutions

Une Opération Libre a pour objectif de favoriser la libération des outils, données, contenus et logiciels d’une commune par le biais d’une animation temporaire.

L’Opération Libre :

  1. réunit des contributeurs de plusieurs projets collaboratifs libres ;
  2. coorganise l’événement avec l’implication de la commune accueillante ;
  3. la commune s’engage à fournir les données, informations à libérer et lieu d’accueil ;
  4. une restitution du travail réalisé est publiée.
    Fiche méthodologique d’aide à l’organisation
Date Étapes Actions à mettre en œuvre
J-120 Volonté d’organisation d’une Opération Libre Contact @oplbrocas
Contacts communautés libres
Contact commune
J-100 Rencontre avec la commune ciblée Présentation d’Opération Libre (documents mis à disposition)
Validation de principe de la commune
J-90 Constitution d’un Comité de Pilotage Rencontre avec a minima 3 représentants de projets libres + 1 représentant de la commune
Valider le programme, date, ressources humaines et financières, logistique, rédiger un dossier de présentation
Définir la répartition des tâches et responsables par groupe
J-90 Mobilisation Communiquer auprès des habitants : courrier, organiser une réunion d’information, préinscriptions de 10 habitants au moins
J-60 Validation de l’organisation Passage du délibéré de la commune
Engagement à : communiquer auprès des habitants, avoir fourni des données, contenus, œuvres, archives de la commune, assurer l’accessibilité des lieux publics, mettre à disposition le matériel nécessaire et salle de réunion avec connexion internet, un représentant de la commune sur l’événement, financements et logements, restauration des volontaires
Organiser un repérage sur place

J-60 Communication Création d’un formulaire d’inscription
Communication sur le site et réseaux ­sociaux pour mobiliser a minima 15 volontaires
J-30 Logistique Préachat des billets de déplacements
J-1 Accueil Présentation et visite de la commune
J0 Opération Libre Répartition puis restitution de journée
J0bis Opération Libre Répartition puis restitution finale