Les Fleurs du mal/1857/Harmonie du soir

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Les Fleurs du mal (1857)
Poulet-Malassis et de Broise (pp. 101-102).
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SPLEEN ET IDÉAL

XLIII

HARMONIE DU SOIR



Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir,
— Valse mélancolique et langoureux vertige ! —

Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige ;
— Valse mélancolique et langoureux vertige ! —
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.


Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
— Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.

Un cœur tendre qui hait le néant vaste et noir
Du passé lumineux recueille tout vestige ;
— Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige ;
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !