Histoire des femmes écrivains de la France/addition

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ADDITION




Page 113, ligne 20. — François Adhémar, comte de Grignan, qui épousa Mlle de Sévigné, était l’aîné d’une très ancienne et très illustre famille de Provence. Il descendait des Castellane, qui remontaient très haut, plus haut même que les croisades. Le 6 novembre 1675, Mme de Sévigné écrivait à son gendre : « Je vois un Adhémar qui était un grandissime seigneur, il y a six cents ans… Je vois aussi un Castellane,… il n’y a que cinq cent vingt ans qu’il faisait aussi une très grande figure ! » Le père du comte de Grignan, Louis Gaucher de Castellane Adhémar, avait épousé en 1628 Marguerite d’Ornano, fille aînée d’Alphonse d’Ornano, seigneur de Mazargues. Avant d’épouser Mlle de Sévigné, M. de Grignan avait été marié, une première fois, à la précieuse Angélique-Clarisse d’Angennes, fille cadette de Mme de Rambouillet, dont il eut deux filles ; et une seconde fois, à Angélique du Puy du Fou, qui ne lui laissa pas d’enfants. De son mariage avec Mlle de Sévigné, le comte de Grignan eut encore une fille qui devint plus tard Mme de Simiane. Le nom de Grignan était éteint, ou plutôt il n’était plus porté que par l’évêque de Carcassonne, qui mourut en 1722. Depuis lors il n’y eut plus de Grignan, quoique, selon la remarque de Saint-Simon, l’extinction de la maison n’était pas à craindre, tant il subsistait encore des Castellane. Saint-Simon disait vrai : la maison était la même ; et, aujourd’hui encore, il est permis aux représentants de Castellane d’être fiers du nom de Mme de Sévigné, parmi tant d’alliances glorieuses que compte cette famille à travers les siècles.