Histoire du chevalier Grandisson/Lettre 136

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- Lettre 135 Histoire du chevalier Grundisson - Lettre 137


laquelle votre bonté vous intéresse encore, ne peut recueillir un legs considérable, que par votre mariage. Si vous avez du dégoût pour l’homme qu’on vous présente, qu’il n’en soit plus question. Jouissez des douceurs du célibat, jusqu’à ce qu’il s’en présente un autre, que vous puissiez favoriser de votre estime. Dans l’intervalle, honorez-moi de la continuation de votre amitié, autant que vous me trouvez de passion pour l’obtenir. Nous sommes déjà sœurs. Ensemble, nous ne ferons qu’une. Dans l’absence même, nous ne serons pas divisées, car nos ames et nos sentimens se mêleront sur le papier… j’aurois continué ; mais elle m’a jeté les deux bras autour du cou. Elle a baigné mes joues de ses larmes, elle m’a donné mille noms tendres. Que le plus cher des hommes a paru touché, transporté ! Avec quelle délicatesse il a partagé son attention ! L’amie tendre, l’épouse chérie, ont été distinguées avec leurs plus charmantes propriétés. Clémentine étoit trop agitée par les mouvemens de son propre cœur, pour revenir aisément à ses idées. Cependant elle m’a promis de peser, de considérer tout ce qu’elle emportoit dans sa mémoire. Que le ciel lui verse ses consolations à pleines mains !