Histoire générale du mouvement janséniste, depuis ses origines jusqu’à nos jours/8

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CHAPITRE VIII

L’organisation de Port-Royal en 1661. — Le mouvement janséniste dans la société française ; son influence sur la littérature et les beaux-arts.



La visite de juillet 1661 et les nombreux interrogatoires qui en furent la suite ont eu du moins pour effet de faire connaître à la postérité l’organisation de Port-Royal, et de lui transmettre les noms de toutes les personnes qui s’y trouvaient réunies. Ce sont des documents précieux, et puisque les persécuteurs ont laissé quelques moments de répit à leurs victimes durant les années 1662 et 1663, il est bon de voir en détail ce qu’était le célèbre monastère au moment de la mort d’Angélique Arnauld et de Jacqueline Pascal, un an avant la mort de Blaise Pascal. La vieille abbaye cistercienne avait été réformée en 1608 par la Mère Angélique, âgée pour lors de dix-sept ans, mais la pieuse réformatrice ne s’en était pas tenue là. Abbesse perpétuelle nommée par le roi, elle obtint en 1628 que son abbaye fût désormais élective, triennale, et soumise à l’autorité, direction, visite et correction des archevêques de Paris, dont elle ne dépendait en aucune façon. C’est en vertu de ce changement de juridiction que la visite de 1661 fut faite par les mandataires du cardinal de Retz. Angélique s’était vue contrainte en 1625 d’abandonner la maison des champs, fondée pour douze religieuses et qui en comptait alors quatre-vingts. On transféra donc le monastère au faubourg Saint-Jacques, où l’on fit les grandes constructions qui subsistent encore ; mais en 1648 on revint au désert, l’archevêque ayant permis que les deux maisons ne formassent qu’une même abbaye et une même communauté sous les ordres d’une même abbesse. L’abbesse résidait ordinairement à Paris, et la maison des Champs avait à sa tête une prieure et une sous-prieure qui était en même temps maîtresse des novices. Lorsque la visite de 1661 commença, l’abbesse était la Mère Agnès Arnauld, et auprès d’elle se trouvait ce que nous appellerions une abbesse honoraire, la Mère Angélique, qui n’avait aucune autorité, mais qui pourtant n’était point redescendue au rang de simple religieuse ; elle n’était pas sous les ordres de sa sœur. La prieure, choisie par l’abbesse et toujours révocable, était la Mère Madeleine de Sainte-Agnès de Ligny, qui fut élue abbesse au mois de décembre de cette année-là. La Sœur Marie Dorothée de l’Incarnation-Le Conte était sous-prieure, de même que la Sœur Angélique de Saint-Jean Arnauld, fille de M. d’Andilly cette dernière était en outre maîtresse des novices avant la brutale expulsion du mois d’avril.

À Port-Royal des Champs il y avait une prieure, la Mère Marie de Sainte-Madeleine du Fargis, et une sous-prieure qui était en même temps maîtresse des novices : c’était la Sœur Jacqueline de Sainte-Euphémie Pascal. Telles étaient les religieuses élevées en dignité dans l’une ou l’autre maison autour d’elles se trouvaient les officières, chargées de ce qu’on appelait une obéissance, c’est à dire un service spécial. Les voici dans l’ordre où les mentionnent les constitutions de Port-Royal : la sacristine, la chantre, la cellerière, la dépensière, la réfectorière, la tourière, la robière, la lingère et l’infirmière. Les simples religieuses étaient de deux sortes, les professes de chœur, qui chantaient l’office, et les converses, véritables filles de service auxquelles on faisait faire les gros ouvrages sans qu’elles fussent jamais attachées à la personne de qui que ce fût ; l’abbesse elle-même, si elle n’était pas infirme, faisait son lit et balayait sa chambre.

L’Histoire des persécutions, qui entre dans les plus petits détails, mentionne pour l’année 1661 cent onze religieuses professes et vingt et une converses à Paris et aux Champs ; il y avait en outre des novices, des postulantes, et enfin des pensionnaires, enfants de quatre ou cinq ans ou jeunes filles de seize à dix-huit que les ordres rigoureux de Louis XIV firent sortir au mois d’avril 1661. C’était plus de deux cents personnes dont le monastère était chargé, dit l’Histoire des persécutions, sans compter le dehors.

Le véritable supérieur était l’archevêque de Paris, mais il était stipulé dans les constitutions qu’il pourrait commettre sa charge à un ecclésiastique de vie exemplaire que l’abbesse lui présenterait. Ce rôle était dévolu à Antoine Singlin lorsque la persécution commença, et M. Bail lui fut substitué sans avoir été présenté par l’abbesse, ce qui constituait une illégalité. Outre le supérieur, le monastère avait des confesseurs attitrés qui venaient tous les huit jours exercer leur ministère, et l’abbesse était chargée de recruter des prédicateurs, des aumôniers et des chapelains pour la célébration des offices. Il y avait un homme d’affaires, Akakia du Plessis ; une sorte d’intendant pour la maison des Champs, il se nommait Hilaire, et il joua durant les années qui suivirent un assez grand rôle. Il y, avait des sacristains bénévoles, Claude Lancelot et Doamloup, des jardiniers, dont un gentilhomme anglais, Jemkins ; des médecins enfin comme Pallu, Hamon et Dodart.

Les religieuses n’étaient pas vouées à la vie contemplative, mais leur principale occupation était l’adoration diurne et nocturne du Saint Sacrement, suspendu au-dessus de l’autel, et l’assistance aux offices. Voici comment elles s’acquittaient de ce devoir. Couchées le soir à huit heures, elles se relevaient à deux heures après minuit pour chanter matines au chœur, puis elles se recouchaient jusqu’à cinq ou cinq heures et demie. À six heures, office de prime ; tierce à huit heures et demie, et aussitôt après la messe conventuelle, où devaient toujours communier quelques religieuses marquées par l’abbesse. L’office de sexte, chanté vers onze heures moins le quart, était suivi du dîner, vers onze heures et demie les jours ordinaires, à midi sonné les jours de jeûne. Venait ensuite, de midi trois quarts à une heure trois quarts, la conférence, sorte de récréation pieuse après laquelle chaque religieuse se retirait dans sa cellule pour reposer, pour lire, pour écrire ou pour travailler des mains. On chantait nones à deux heures et demie et vêpres à quatre heures. Le souper était servi au réfectoire à cinq heures et demie, et les complies étaient chantées à six heures et demie. Ainsi les professes de chœur passaient à l’église la plus grande partie de la journée, tandis que les converses et les maîtresses des enfants s’adonnaient à leurs travaux respectifs. Le peu de temps qui restait pouvait être employé à la lecture, à la méditation, et au travail des mains, que les constitutions recommandaient en ces termes : « Les religieuses affectionneront le travail par esprit de pénitence, se souvenant que c’est la première peine du péché, et par esprit de pauvreté pour imiter Notre-Seigneur qui s’est abaisse jusqu’à exercer um humble métier…. Elles feront leurs habits, souliers, linge, ruban ; comme aussi le linge et les ornements de l’église, le pain à chanter et les cierges. Elles relieront des livres, feront de la chandelle, les vitres, lanternes, chandeliers et autres ouvrages de fer blanc dont on aura besoin, et semblables choses nécessaires à la maison[1]. Pour des ouvrages de broderie, de fleurs artificielles et choses semblables, elles n’en feront point du tout. Le temps de travailler sera pendant tous les intervalles de l’office, excepté le temps qui est destiné à la lecture. »

On lisait donc à Port-Royal mais que lisait-on ? Les visiteurs de 1661 ont eu la curiosité de le demander, et l’on peut voir par les réponses qui leur ont été faites que la bibliothèque du monastère n’aurait pas pu être signalée comme une bibliothèque janséniste modèle ; elle était bien pauvre en livres sur la grâce, et Jansénius ne s’y trouvait pas. Voici en effet, d’après les interrogatoires, les seuls livres dont la lecture était permise : les Évangiles, la vie des saints, l’Imitation, les Confessions de saint Augustin, les morales de saint Basile, saint Jean Climaque, les homélies de saint Chrysostome, les lettres d’Avila, l’Histoire de l’Église, la vie de saint Bernard, les épîtres de saint Bernard, Grenade ; sainte Thérèse : Le Chemin de la perfection, saint François de Sales : La Vie dévote, le Traité de l’amour de Dieu, les Lettres ; le catéchisme de Saint-Cyran, Le Cœur nouveau du même auteur et ses Lettres, enfin saint Dorothée[2], mentionné dans l’interrogatoire de la Mère du Fargis. Les religieuses étaient cloîtrées, mais elles pouvaient voir leurs familles au parloir, dont l’accès leur était ouvert dans des conditions déterminées. Les confessions et les communions étaient réglées de même avec un soin minutieux. Il ressort de l’unanimité des interrogatoires que l’on se confessait tous les quinze jours ; toute la communauté communiait chaque dimanche et chaque jeudi, et les jours de fête, si nombreux au temps du savetier Grégoire, ce qui amenait les religieuses à communier jusqu’à trois et quatre fois par semaine. C’est même un fait établi que l’on communiait à Port-Royal plus fréquemment que dans la plupart des autres monastères de femmes. Les interrogatoires de 1661 sont ainsi une éclatante justification de Port-Royal, et une réfutation péremptoire des calomnies que l’on n’a pas cessé de répandre au xviie siècle, que l’on propage aujourd’hui encore avec une assurance et une tranquillité déconcertantes.

C’est vrai pour l’usage des sacrements ; c’est également vrai pour le culte des images, que l’on trouvait partout à profusion. Les constitutions veulent qu’il en soit ainsi : « Il n’y aura point de superfluité de tableaux dans le monastère, mais seulement ce qui sera ici spécifié, savoir : dans le chœur, six — Dans l’avant-chœur, quatre. — Dans le réfectoire, six. — Dans chaque infirmerie, quatre. — Dans la chambre de la communauté, deux. — Dans le noviciat, quatre. — Dans chaque office, un. — Et de même dans tous les passages, afin qu’on ait partout un objet de piété[3]. » Voici maintenant un fragment du treizième interrogatoire, celui de Sœur Elisabeth de Saint Luc Midorge : « D. Avez-vous des images dans votre cellule ? Oui, monsieur — D. Quelles images ? Un crucifix, une sainte face, la Sainte Vierge, saint Augustin, une petite sainte Madeleine aux pieds de Notre-Seigneur, et deux à la porte en dedans, et une autre au dehors de la cellule. — D. Y en a-t-il dans toutes les cellules ? — Oui, monsieur, et par tous les endroits de la maison[4]. »

Ce qui ressort le plus clairement des réponses faites aux visiteurs par l’unanimité des religieuses, professes de chœur ou converses, c’est le désintéressement absolu et l’exquise bonté de celles qui gouvernaient cette maison. Angélique recevait de la reine de Pologne des aumônes considérables, mais elle avait stipulé qu’il n’en serait pas retenu un denier pour les besoins de Port-Royal, et elle venait secrètement au secours de communautés pauvres, à Paris ou dans les provinces. Il y a dans les constitutions un chapitre spécial au sujet des bienfaitrices, et il n’était pas de nature à en susciter de nouvelles, car voici entre autres choses comment on prétendait les traiter ; il ne semble pas qu’une Mme de Pontcarré, une princesse de Guéméné, voire une marquise de Sablé, se soient assujetties volontiers à de semblables exigences ; « Elles n’iront point au parloir qu’avec une tierce [personne] ; la Mère verra toutes les lettres qu’on leur envoiera (sic) et les réponses qu’elles feront ; elles ne parleront à pas une des sœurs (hormis celles qui les servent) sans la permission de la Mère, et n’entreront point dans les offices du monastère, et encore moins dans les cellules sans la même permission. » Il est dit encore à propos des bienfaitrices que l’on fera les contrats à leur avantage, « afin de leur donner toute sorte de liberté de se retirer si elles ne se trouvaient pas bien au monastère, et on prendra bien garde que dans ces contrats il n’y ait rien qui ressente l’intérêt et l’avarice, mais la seule charité et la crainte de Dieu ». Ce passage suffirait à montrer combien fut odieuse en 1662 la conduite de Mme de Crèvecœur, une bienfaitrice qui, ne pouvant se faire admettre comme religieuse parce qu’elle ne le méritait pas, chercha une basse vengeance en contestant publiquement le désintéressement de Port-Royal. Ce, désintéressement avait pour principe un grand amour de la pauvreté, que les interrogatoires mettent dans tout son jour. Il y est dit à satiété que l’on reçoit les filles sans dot ; on prend ce qui est offert par les familles et, si l’on a trop de peine à nourrir les religieuses ainsi admises, on demande, sans l’exiger, une pension viagère de deux ou trois cents livres. Le visiteur Bail, apprenant cela, ne pouvait s’empêcher de dire (p. 85) « Voilà qui est bien noble et bien merveilleux ! »

Une des questions qui reviennent le plus souvent dans les interrogatoires, c’est naturellement celle des rapports des religieuses avec leurs Mères et entre elles, et c’est ici que se montre le mieux le véritable esprit de Port-Royal. La Sœur Hélène de Sainte-Agnès de Savenières ayant écouté aux portes, ce qui n’était peut-être pas très bien, entendit le doyen de Contes qui disait à M. Bail : « Elles ont trouvé ici le vrai secret d’élever des filles ; il n’y en a pas une qui ne soit contente, et à qui la joie ne soit écrite sur son visage. Nous ne trouvons pas cela dans les autres maisons, où une fille n’est pas si tôt professe qu’elle est dans l’ennui[5]. » À Port-Royal c’était l’union des cœurs, la déférence et la confiance réciproques, la charité chrétienne telle que la voulaient saint Paul et saint Jean ; on était mécontent de soi-même, jamais des autres ; pas une plainte, pas une récrimination, mais au contraire des témoignages de reconnaissance et des effusions de tendresse. La Sœur Anne-Eugénie de Saint-Ange Boulogne, veuve et mère avant de devenir religieuse, se laissa aller dans son interrogatoire à des épanchements qui touchèrent fort le doyen de Contes : « J’ai une grande estime pour toutes mes sœurs, lui dit-elle, et une affection si sensible pour chacune d’elles en particulier que je vous assure, comme étant devant Dieu, que la plus grande peine que j’ai ressentie dans la religion [c’est-à-dire au couvent] c’est de n’oser le témoigner par mes paroles ; car j’ai souvent eu la tentation de leur donner quelque marque extérieure de ce que j’ai dans mon cœur pour elles, et comme cela n’est pas permis, j’en ai bien des fois senti de la peine.[6] » Parlant de son obéissance, c’est-à-dire du service intérieur auquel elle était attachée, elle s’adressa encore au doyen : « Je lui dis comme je l’aimais, et que souvent en travaillant je pensais que les dames d’honneur des reines n’étaient pas si contentes de leur emploi comme je l’étais à faire les chausses de la communauté. M. le doyen dit : Je ne m’en étonne pas, vous travaillez pour des reines. Vous avez raison, monsieur, je regarde toutes mes sœurs encore au-dessus, et je comprends fort bien par la joie que j’ai d’être ainsi toujours à leurs pieds, celle que sainte Madeleine avait d’être aux pieds de Notre Seigneur. Enfin l’on est ici comme dans un paradis terrestre. Mais quelque contente que je sois, croyez-vous, Monsieur, que j’y voulusse demeurer s’il y avait la moindre des erreurs dont on nous accuse ? » C’est la même chose partout ; il n’y a pas dans ces interrogatoires une seule note discordante. Les religieuses mêmes qui depuis se sont si mal conduites, la Sœur Dorothée Perdreau et la Sœur Flavie Passart, exprimaient les mêmes sentiments que les autres, et il y a tout lieu de croire qu’elles étaient parfaitement sincères ; la grâce ne leur avait pas encore manqué. La Sœur Marie de Sainte-Dorothée Perdreau répondit textuellement au visiteur qui lui demandait si elle avait quelque peine : « Je n’en ai point, que celle de n’aimer pas Dieu autant que je le devrais et que je voudrais. Je n’ai sujet au reste que d’être fort contente. Il y a entre nous une union fort grande, Dieu merci ! » Et la Sœur Catherine de Sainte-Flavie Passart, ancienne religieuse de Gif, qui avait alors cinquante-deux ans, répondit à la question suivante : « Comment tout va-t-il dans la communauté, n’avez-vous à vous à vous plaindre de personne ? — R. Non, mon Père, tout va parfaitement bien. C’est une union, une charité, et une bonté si grande que l’on ne peut se plaindre de qui que ce soit[7]. »

On peut arrêter sur ces deux dernières citations les emprunts faits aux interrogatoires de 1661, si riches en renseignements qui n’ont pas encore été utilisés ; mais l’Histoire des persécutions dont ils font partie donne aussi des listes très exactes, et l’on y peut voir, ce qui n’est pas indifférent, à quelles familles appartenaient les différentes personnes qui vivaient alors à Port-Royal, les professes de chœur et les converses, les novices, les postulantes, et enfin les pensionnaires petites et grandes. On verra, en examinant rapidement ces listes, quels étaient les liens qui rattachaient Port-Royal à la société contemporaine, et on pourra juger ainsi du plus ou moins d’importance du mouvement janséniste lors de la mort de la Mère Angélique, survenue le 6 août 1661.

C’est par la famille Arnauld que Port-Royal est entré en relations avec le monde extérieur ; ce sont les Arnauld qui lui ont fait connaître saint François de Sales, et par conséquent sainte Chantal ; et Robert Arnauld d’Andilly a été le plus intime ami de l’abbé de Saint-Cyran : il a recueilli, publié et propagé ses Lettres spirituelles et ses autres œuvres. Ce sont les amis de la famille Arnauld qui ont envoyé leurs fils aux Petites Écoles et mis leurs filles en pension chez les religieuses. On les élevait, comme le prescrivaient les constitutions, « dans l’indifférence pour être religieuses ou du monde, selon qu’il plaira à Dieu d’en disposer ». Mais beaucoup de ces jeunes filles, voyant la joie que manifestaient leur maîtresses, prenaient goût à la vie du cloître, on le vit bien lors des expulsions d’avril 1661, lorsqu’il fallut les arracher de force, malgré leurs larmes et leurs cris, pour les rendre à leurs familles.

Il y avait donc parmi les professes de chœur un certain nombre d’anciennes pensionnaires ; on les reconnaissait, entre autres choses, à leur belle écriture, qui faisait l’admiration du doyen dé Contes, et qui était bien celle de la maison. On les reconnaissait aussi à d’autres marques les interrogatoires de 1661, et quelques années plus tard les récits de captivité, les procès-verbaux et les lettres écrites à la dérobée firent voir que plusieurs des professes antérieures à cette date étaient des femmes supérieures. Telles ont été la Mère Madeleine de Sainte-Agnès de Ligny, la Sœur Dorothée de l’Incarnation Le Conte, l’incomparable Sœur Angélique de Saint-Jean Arnauld, la Sœur Angélique de Saint-Alexis d’Hécaucourt de Charmont, la sœur Hélène de Sainte-Agnès de Savonières, la Sœur Anne-Marie de Sainte-Eustoquie de Flexelles de Brégy, la Sœur Élisabeth de Sainte-Agnès Le Féron, celle qui plus tard a mis sur pied les Mémoires d’Hermant ; la Sœur Madeleine de Sainte-Christine Briquet, celle que Royer Collard admirait entre toutes, la Sœur Geneviève de l’Incarnation Pineau, et vingt autres peut être.

Les relations du monastère avec les familles de ses religieuses ou de ses pensionnaires étaient nécessairement assez étendues ; Port-Royal comptait de nombreux amis du dehors dans toutes les classes de la société, même à la Cour, chez ceux qui comme lui n’aimaient pas les Jésuites. Malheureusement la reine mère avait été circonvenue de très bonne heure. Bigote et sensuelle, comme le prouve sa correspondance, elle était évidemment, pour que le péché fût ôté, comme dit Molière, unie à Mazarin par un mariage de conscience, et de ce chef elle était sous la dépendance des casuistes ; dès la première heure elle crut ce que les Jésuites lui dirent contre Port-Royal ; elle prit ce monastère en haine, et elle ne désarma jamais. Le roi son fils, que la Fronde avait littéralement épouvanté, ne cessa jamais de croire, — c’est Racine qui l’atteste dans une lettre à Mme de Maintenon — que les jansénistes étaient des hérétiques dangereux, et qui plus est des sujets rebelles qui en voulaient à son trône et peut-être à sa vie. Rien n’aurait pu le désabuser, et ceux qui tentèrent de le faire durent reconnaître, comme Bossuet, que Louis XIV était pour Port-Royal un ennemi irréconciliable, un persécuteur toujours prêt à sévir.

Il n’en était pas de même dans sa famille la reine Marie-Thérèse parait être restée indifférente ; elle comptait si peu à la cour ! Gaston d’Orléans fit une visite à Port-Royal, et sa fille Mlle de Montpensier y vint deux fois et donna des marques de sympathie non équivoques. Monsieur, frère unique du roi, avait de tout autres préoccupations, et ce n’est pas en ennemi qu’il venait à Port-Royal de Paris voir Mme de Sablé ; Madame songeait à devenir pieuse quand elle mourut prématurément à vingt-sept ans. Mais c’est surtout chez les Condé que Port-Royal trouva des admirateurs, des amis et des protecteurs. Le prince Henri, mort en 1646, était lié avec les Jésuites et très hostile aux jansénistes, contre lesquels il lutta même la plume à la main ; le vainqueur de Rocroi, qui devait mourir saintement entre les bras d’un jésuite, fut longtemps un esprit fort et même un impie déclaré, mais il respecta toujours les convictions de sa sœur la duchesse de Longueville, et lors de la paix de l’Église il seconda ses pieux desseins.

Cette admirable sœur, revenue de ses égarements, s’unit à Port-Royal en 1658, et jusqu’à sa mort en 1679, c’est-à-dire vingt années durant, elle fut l’amie dévouée et la protectrice courageuse des jansénistes. Elle est trop connue pour qu’il soit nécessaire de la mentionner plus longuement. Que dire enfin de son autre frère, Armand de Bourbon, et de la princesse de Conti sa femme ? Les ossements du prince reposent dans la crypte de l’oratoire-musée de Port-Royal, et c’est Mgr Fuzet, archevêque de Rouen, qui les y a fait déposer en 1905, désavouant ainsi les vilaines pages qu’il avait écrites jadis pour faire sa cour aux Jésuites, comme il l’a reconnu lui même avec une humilité bien courageuse. Quant à la princesse, dont les entrailles furent enterrées en 1674 dans l’église du monastère des Champs, c’est avec raison que Sainte-Beuve l’a appelée « l’amie et la protectrice la plus agissante, la plus solide et la plus inébranlable de Port-Royal » ; c’est bien là ce qui caractérise Anne Martinozzi, nièce de Mazarin.

À côté de ces princes et princesses du sang royal vient se placer une reine qui aurait voulu devenir simple religieuse, qui aurait volontiers transféré Port-Royal dans ses États, c’est Marie de Gonzague, mariée successivement à deux rois de Pologne. Amie de la première heure, du vivant même de Saint-Cyran, elle reçut de la Mère Angélique de nombreuses lettres de direction, et la Mère Agnès continua de correspondre avec elle jusqu’à sa mort. C’est d’elle, plus encore que de la princesse de Conti, qu’on peut dire qu’elle fut une protectrice inébranlable ; on la vit aller jusqu’au pape pour tâcher de sauver Port-Royal.

Les sympathies de la haute magistrature ne pouvaient manquer d’aller à Port-Royal persécuté par les Jésuites, d’autant plus que le Parlement n’avait jamais aimé les Révérends Pères, et que les différentes formes de ces persécutions donnaient toujours de la tablature au parlement. Édits du roi, constitutions des papes, formulaires des assemblées du clergé, tout devait être enregistré pour avoir force de loi, et l’on voyait le roi « monter au parlement » pour faire enregistrer de force ce que la conscience des magistrats ne leur permettait pas d’accepter. C’était toujours au détriment des maximes du royaume et des libertés de l’Église gallicane que la cour de Rome frappait sur les jansénistes à la réquisition des Jésuites. Elle ne manquait pas une occasion de fortifier ainsi ses prétentions séculaires à l’omnipotence et à l’infaillibilité. Le Formulaire avait pour unique fondement la croyance à l’infaillibilité personnelle du pape au sujet de faits non révélés, et le Parlement n’aurait jamais dû l’admettre. Il est donc évident que Port-Royal comptait de nombreux amis parmi les parlementaires, même parmi ceux qui ne lui avaient pas, comme les Harlay, les Bignon, les Briquet, les Robert et autres, confié l’éducation de leurs enfants. Mais beaucoup d’entre eux n’osaient pas se déclarer, propter metum Judœorum, comme on disait au temps de Nicodème et de Joseph d’Arimathie. Favoriser des gens suspects, c’était aller au-devant d’une disgrâce, ou à tout le moins se fermer le chemin des honneurs, et il ne suffisait pas de rester neutre, il fallait faire du zèle et donner des gages. L’exemple le plus probant que l’on en puisse donner, c’est celui du premier président Guillaume de Lamoignon. Ce grand magistrat, cet homme intègre entre tous, s’était cru obligé de confier ses deux fils aux jésuites du collège de Clermont, et il logeait chez lui, dans son hôtel de la rue Pavée, le jésuite Rapin, l’auteur de tant de calomnies abominables. Et ce même Lamoignon était l’ami particulier de Godefroi Hermant. C’est peut-être dans le même hôtel que furent écrits simultanément les mémoires de Rapin et ceux d’Hermant. C’est dans la rue Pavée que le chanoine de Beauvais mourut d’apoplexie en 1692, et le bibliothécaire de Lamoignon, le très janséniste Adrien Baillet, lui avait été donné par Hermant.

Il y a plus : les jésuites de Clermont choisirent l’aîné des fils de Lamoignon pour lui faire soutenir dans leur collège, le 15 juin 1663, un acte public à grand retentissement, une thèse de mathématiques où s’étalait au grand jour, à propos de Copernic, l’infaillibilité papale et la nécessité de l’Inquisition, deux théories que le Parlement de Paris rejetait avec la plus grande énergie. Le scandale fut grand, car cette affaire ne put être étouffée. On en vint même à se demander si le premier président n’avait pas collaboré à la thèse de son fils. Guillaume de Lamoignon eut besoin, dit Hermant, « de tout l’esprit et l’éloquence qui venaient ordinairement à son secours dans les affaires les plus difficiles[8] ». À vrai dire il n’en sortit pas à son honneur, et les docteurs de Sorbonne Fortin et Flavigny lui firent entendre à ce sujet des vérités bien dures.

Ce qui empêchait beaucoup de magistrats de témoigner leurs véritables sentiments arrêtait à plus forte raison les ecclésiastiques, et l’on fit alors une complainte au sujet d’un prébendier qui se résignait à signer le Formulaire en disant tristement :

Je veux conserver ma prébende.
Contre Jansénius, j’ai la plume à la main ;
Je suis prêt à signer tout ce qu’on me demande,
Qu’il soit ce qu’on voudra, calviniste ou romain.

La plupart des évêques eurent alors, suivant l’expression de Jacqueline Pascal « des courages de filles, » et il faut ranger parmi eux les mieux intentionnés, tels que l’archevêque de Sens, Henri de Gondrin, Alphonse d’Elbène, évêque d’Orléans, Anne de Lévis de Ventadour, archevêque de Bourges, Gilbert de Choiseul, évêque de Comminges, l’évêque de Vence, Antoine Godeau, Félix Vialart de Châlons et beaucoup d’autres. On sait qu’il n’y eut de refus de signer purement et simplement que chez les quatre prélats dont Besoigne a écrit les vies pour faire suite à son histoire de Port-Royal : les évêques de Beauvais, d’Angers, d’Aleth et de Pamiers, Choart de Buzanval, Henri Arnauld, Pavillon et Caulet. À l’exception de ces quatre, dont le rôle va prendre une importance chaque jour plus grande dans l’histoire de l’Église de France, les évêques cédèrent, et, les uns avec enthousiasme, surtout les anciens élèves des Jésuites, les autres avec résignation, ils signèrent et firent signer le Formulaire. « Les temps étaient si fâcheux pour les disciples de saint Augustin, dit Hermant cité par Sainte-Beuve[9], qu’ils se croyaient obligés de regarder comme leurs amis ceux qui ne leur jetaient point des pierres, d’excuser la faiblesse de ceux qui se laissaient aller au torrent, pourvu qu’ils ne se déclarassent point contre eux, d’une manière envenimée. »

Ce fut le cas pour bien des évêques, et pour de nombreux docteurs de Sorbonne, anciens approbateurs de la Fréquente Communion ou partisans déclarés d’Antoine Arnauld lors de sa radiation en 1656. On put enregistrer ainsi la défection du docteur Sainte-Beuve, de l’abbé de Bourzeis, de l’Académie française, de Duhamel, curé de Saint-Merry, del’abbé de Rancé, qui n’a jamais cessé de juger bien sévèrement les Jésuites et Molina, de beaucoup d’autres enfin dont les noms feraient une liste très longue.

Les ordres religieux, particulièrement surveillés par les Jésuites, qui les jalousaient, durent se faire bien petits et bien humbles pour n’être pas inquiétés, car ce que Pascal avait dit des Dominicains dans la deuxième Provinciale se vérifia chez les Oratoriens, chez les Bénédictins, chez les Lazaristes, chez les Chartreux, partout enfin. « Nous dépendons des supérieurs. Ils dépendent d’ailleurs. Ils ont promis nos suffrages ; que voulez-vous que je devienne ? » Ainsi s’étaient affaiblis les Frères prêcheurs ; ainsi s’affaiblirent les Oratoriens, livrés aux Jésuites par leurs généraux, par le Père Bourgoing, l’ancien ami de Jansénius, et par le Père Senault. C’est ainsi que le Père Malebranche dut attendre la paix de l’Église pour faire la rétractation si triste qu’on a lue ci-dessus.

Le clergé séculier était dans la même situation ; l’histoire du chapitre de Beauvais révolté contre son évêque, et surtout l’incarcération, par ordre de l’archevêque de Rouen, de Richard, curé de Triel, le prouvent surabondamment. Le cardinal Grimaldi, archevêque d’Aix, était indigné d’une telle violence « sous un prétexte aussi ridicule que le Formulaire, que l’Église n’autorise point et ne peut autoriser. Si tous lès évêques se mêlent de faire des symboles de foi, à la fin, on ne saura plus que croire. Cette action là, qui [se] sent de l’Inquisition, fera bruit, car ni l’Église ni l’État ne doivent point souffrir ces excès ; c’est trancher du pape et du roi[10]. »

Parmi les séculiers, il en est un dont l’attitude à cette date doit attirer l’attention, c’est Bossuet, qui ne fut peut-être pas alors aussi franc du collier qu’il l’a été depuis. En 1662, dans l’oraison funèbre du Père Bourgoing, il s’emporta contre les jansénistes et fit entendre ces paroles, que la pusillanimité de Déforis a supprimées, que la loyauté d’Hermant a conservées à la postérité : « Il déclama, dit Hermant[11], contre les disciples de saint Augustin en leur donnant le nom de novateurs, qui, par des chicanes inouïes, afin de se soustraire de l’obéissance des souverains pontifes, demandèrent en quel endroit sont les propositions dans un livre, et dit qu’il n’y avait qu’à répondre qu’elles étaient dans tout le livre, et que tout le livre n’était que ces propositions. » Quelques mois plus tard, lors de l’affaire Lamoignon, Bossuet prit ostensiblement parti pour les ultramontains, ce qui aurait fait dire au roi « qu’il voyait bien que cet abbé ne se souciait pas beaucoup d’être du nombre de ses amis[12] ». Hermant ajoute aussitôt que son mérite l’a relevé de cette chute, et que la mort de M. Cornet, auquel il était attaché par un excès de reconnaissance, « lui a aplani les voies pour un des plus importants emplois de notre siècle ». Comme une infinité d’autres, le grand Bossuet avait, au temps du Formulaire, payé tribut à la faiblesse humaine.

Les théories religieuses et morales de Port-Royal n’avaient pas seulement remué jusque dans ses couches les plus profondes le monde ecclésiastique du VIIe siècle ; le véritable jansénisme, c’est-à-dire l’antimolinisme catholique, avait pénétré partout ; les gens du monde et les femmes même s’étaient fait une opinion sur la grâce efficace et sur le probabilisme. Descartes avait publié le Discours sur la méthode en français. parce qu’il voulait être lu par les dames ; tous les ouvrages de polémique religieuse écrits au temps des Provinciales sont de même en français. Aussi la connaissance de ces questions, jadis réservée aux seuls savants, envahit-elle les académies, les salons ; elle pénétra la littérature, la poésie, le théâtre. Le Saint-Genest de Rotrou (1646) et le Polyeucte de Corneille (1640 ou 1643 ?) en sont la preuve manifeste. Corneille était l’élève et l’ami des Jésuites ; il était imbu des théories molinistes, aussi les voyons-nous s’étaler au grand jour dans Polyeucte ; Néarque est un disciple

de Molina :

Il est toujours tout juste et tout bon, mais sa grâce
Ne descend pas toujours avec même efficace.
Après certains moments que troublent nos langueurs,
Elle quitte ces traits qui pénètrent les cœurs.
Le nôtre s’endurcit, la repousse, l’égare.
Le bras qui la versait en devient plus avare,
Et cette sainte ardeur qui doit porter au bien
Tombe plus rarement, ou n’opère plus rien.

Au contraire la conversion de Pauline, l’invraisemblable conversion de Félix, et celle de Saint-Genest dans la tragédie de Rotrou, sont manifestement, comme autrefois celle de saint Paul, des coups de la grâce efficace par elle-même. Corneille est encore plus franchement moliniste dans Œdipe (1659), où il dit crûment (acte III, scène 5) :

Le Ciel, juste à punir, juste à récompenser,
Pour rendre aux actions leur peine ou leur salaire,
Doit nous offrir son aide, et puis nous laisser faire.

Mais sa traduction en vers de l’Imitation de Jésus-Christ le rapproche du jansénisme, car l’Imitation est, quand il s’agit de la grâce, un livre parfaitement augustinien et antimoliniste.

Molière, élève des Jésuites de Paris, qui ne l’ont pas rendu chrétien, était incapable de comprendre Port-Royal ; et ses démêlés avec le prince de Conti, un don Juan converti par l’évêque d’Aleth, n’étaient pas de nature à lui faire aimer les rigoristes ; il est pourtant certain qu’il a goûté les Provinciales et qu’il les a utilisées ; ce ne sont pas les jansénistes qui lui ont servi de modèles quand il a voulu peindre Tartuffe, Orgon et Mme Pernelle.

Les purs littérateurs, Balzac, mort avant les Provinciales, Chapelain, Voiture, Mlle de Scudéry, Saint-Évremond, Méré, La Rochefoucauld sont tous en dehors du mouvement janséniste, parce qu’ils sont plus ou moins indifférents en matière religieuse. La Rochefoucauld notamment ne doit rien à Pascal ni à Port-Royal ; et cependant on sait par des découvertes toutes récentes qu’il allait chez Mme de Sablé, non pas, comme le croyaient Sainte-Beuve et Victor Cousin, auprès de Port-Royal, mais dans Port-Royal même. L’appartement de la marquise, celui où furent dégustés tant de potages exquis, où furent préparées les Maximes, était immédiatement au-dessus du chapitre des religieuses. On pouvait sans en sortir faire une prière ou écouter les chants liturgiques dans la loge grillée qui donnait sur le chœur des religieuses, immédiatement au-dessus de la tombe d’Angélique Arnauld. C’est là que furent donnés, au plus fort de la persécution de 1665, les derniers bons à tirer de tant de Maximes si franchement païennes.

Port-Royal ne cherchait nullement à exercer son influence sur les gens de lettres, car les disciples de Saint-Cyran, bien qu’ils fussent réputés bons écrivains, n’ont jamais eu l’idolâtrie de la forme ; on écrivait pour se faire entendre et non pour se faire admirer. Ceux mêmes qui auraient eu naturellement les grâces du style, comme Hamon, Quesnel et Duguet, ont dédaigné ces avantages, si bien qu’il n’y a, Pascal et Racine mis à part, ni littérature ni poésie proprement jansénistes[13].

Même observation pour les beaux-arts, pour l’architecture, pour la peinture et pour la musique ; la Mère Angélique à simplifié à l’excès les plans de Le Pautre. Pour les tableaux, les constitutions veulent qu’on supplie ceux qui voudraient en offrir d’en donner seulement quelques-uns, « et qu’ils ne soient plutôt qu’en détrempe ». Heureusement Philippe de Champaigne ne s’est pas conformé à cette prescription. La musique religieuse enfin était d’une extrême simplicité, c’était le plain-chant tout uni, sans accompagnement d’orgue, sans aucune espèce d’instruments. Port-Royal en 1663 ne cherchait pas à briller, encore moins à dominer ; il aspirait à vivre en paix lorsque s’ouvrit tout à coup, sans aucune provocation de sa part, l’ère des grandes persécutions.



  1. On peut voir au musée de Port-Royal quelques-uns de ces objets, conservés pieusement par des amis ou retrouvés dans les décombres.
  2. Archimandrite ou abbé en Palestine, du vie siècle, dont Rancé a écrit la vie. Il a laissé un ouvrage ascétique, recueil des discours de piété qu’il faisait à ses disciples. — V. Baillet, Vies des Saints. — 9 septembre.
  3. Constitutions, éd. de 1665, p. 136.
  4. Hist. des persécutions, p. 100.
  5. Hist. des persécutions, p. 118.
  6. Hist. des persécutions, p. 123.
  7. Hist. des persécutions, p. 160 et 95.
  8. Mémoires d’Hermant, t. VI, p. 391. Ce fut une grosse affaire au sujet de laquelle Hermant entre dans de grands détails très intéressants. — Racine dit sèchement que Lamoignon empêcha la censure et imposa silence à la Faculté.
  9. Port-Royal, tome IV, p. 354.
  10. Hermant, Mém., t. VI, p. 565.
  11. Ibid.
  12. Tome VI, p. 295.
  13. Voir au sujet des écrivains de Port-Royal : Histoire de la langue et de la littérature française publiée sous la direction de Petit de Julleville. — Paris, Armand Colin, tome IV (1897), p. 560-627. Ce que j’ai dit dans ce long chapitre, je ne pourrais que le répéter ici.