Histoire littéraire des femmes françoises/1/19
LETTRE XIX.
1626.Votre eſtime, Madame, pour les écrits de Madame de Sévigné, une reſſemblance de ſtile & de goût qui la fait revivre dans vos Lettres, votre tendreſſe ſinguliere pour une fille qui n’a pas moins d’eſprit que la Comteſſe de Grignan, tout augmente votre empreſſement à recueillir les Anecdotes les plus curieuſes, les réflexions les plus piquantes, les ſentimens les plus tendres, les détails les plus agréables, en un mot, les traits les plus intéreſſans qui ſe trouvent parſemés dans les Lettres de cette femme célebre. Je me hâte de vous ſatisfaire, & d’entreprendre un travail qui, outre l’agrément qu’il me procure, me fournit encore l’occasion de vous témoigner mon dévouement.
Vie de Madame de Sévigné.Marie de Rabutin, Dame de Sévigné, naquit le 5 Février 1626, de Celſe-Benigne de Rabutin, Chevalier, Baron de Chantal, Bourbilli, &c. chef de la branche aînée de Rabutin, & de Marie de Coulanges.
Le Baron de Chantal, ſon pere, fut tué en 1627, à la deſcente des Anglois dans l’Iſle de Ré, où il commandoit l’escadron des Gentils-hommes volontaires ; en ſorte que Marie de Rabutin, âgée d’un an & quelques mois, demeura ſeule héritiere des biens de cette branche de Rabutin. Marie de Coulanges, ſa mere, & Christophe de Coulanges, ſon oncle, prirent un ſoin particulier de ſon enfance, & s’appliquerent Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/390 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/391 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/392 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/393 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/394 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/395 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/396 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/397 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/398 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/399 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/400 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/401 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/402 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/403 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/404 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/405
» Nous ſommes venues de Caen en deux jours à Avranches ; nous avons trouvé le bon Evêque de cette Ville mort & enterré depuis huit jours ; c’étoit l’oncle de Teſſé, un Saint Evêque, qui avoit ſi peur de mourir hors de ſon Diocèſe, que, pour éviter ce malheur, il n’en ſortoit point du tout. Il y en a d’autres qu’il faudroit que la mort tirât bien juſte pour les y attraper ».
Je ſuis, &c.