Histoire littéraire des femmes françoises/1/22
LETTRE XXII.
Anne-Marie-Louiſe d’Orléans, dite Mademoiſelle 1627. de Montpenſier, fille de Jean-Baptiſte Gaſton de France, Duc d’Orléans, frere deVie de Mademoiſelle de Montpenſier Louis XIII. & de la Ducheſſe de Bourbon de Montpenſier, a pris naiſſance au Louvre le 29 Mai 1627, & eſt morte le 5 Avril 1693.
Privée de ſon pere & de ſa mere qui ſortirent de France, elle fut élevée ſous les yeux de la Reine, ſa grand-mere, qui lui donna pour Gouvernante, Madame de Saint-Georges. Songez,Ses Mémoires. Madame, qu’en vous faiſant le précis de l’Hiſtoire de Mademoiſelle de Monſpenſier, je vous donne l’extrait, & ainſi dire, l’eſprit de ſix volumes de Mémoires qu’elle a écrits, & qui ne ſont autre choſe que ſa vie, racontée dans les plus petits détails.
Mademoiſelle de Montpenſier, par ſon bien & par ſa naiſſance, étoit faite pour aſpirer aux plus grands partis parmi les mariages qu’elle a été ſur le point de contracter, on compte celui de l’Archiduc, qu’elle-même avoit très-grande envie d’épouſer, & dont elle faiſoit négocier l’alliance à l’inſçu de la Cour, & de Gaſton, ſon pere. La Reine Régente inſtruite de cette intrigue ſecrette fit venir Mademoiſelle de Montpenſier au Conſeil, la reprit avec chaleur, & la mortifia beaucoup. Mademoiſelle ſe fâcha, & fut même ſur le point d’éclater ; elle étoit haute ; & à l’orgueil de ſa naiſſance, elle joignoit une fierté naturelle Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/457 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/458 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/459 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/460 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/461 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/462 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/463 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/464 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/465 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/466 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/467 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/468 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/469 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/470 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/471 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/472 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/473 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/474 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/475 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/476 Nous avons encore de cette illuſtre ſçavante pluſieurs portraits en vers & en proſe, pleins de délicateſſe & d’agrémens. Telles ſont les productions de Madame de Rohan, de laquelle on diſoit que le ſang des Rois avoit trouvé en elle une ame royale. La piété & la vertu la plus aimable éclaterent dans ſa perſonne, dans ſon eſprit & en toutes ſes actions. Douce pour les autres, & ſévere pour elle-même, elle réuniſſoit la modeſtie de notre ſexe au ſçavoir le plus profond des hommes. Elle mourut dans le Couvent du Chaſſe-midi l’an 1681.
Mlle Coſnard.Vers le même tems vivoient deux femmes peu connues, qui ont travaillé pour le Théâtre. Mlle Coſnard, née à Paris, a compoſé les chaſtes Martyrs, Tragédie dont le ſujet eſt tiré d’un livre Mlle de S. Balmont.intitulé Agatomphile. Mlle de Saint Balmont née en Lorraine, eſt auſſi Auteur d’une Tragédie de Martyrs, imprimée ſous le titre de Marc & Marcelin, ou les Jumaux martyrs. Ces deux pieces ne méritent point qu’on en faſſe l’Extrait ; & je ne cite leur Auteur, que pour vous faire remarquer mon exactitude à ne rien omettre de tout ce qui peut completter cette hiſtoire.
Françoiſe Paſcal.Pour la même raiſon je nommerai encore Françoiſe Paſcal, Lyonnoiſe, qui a donné la Tragédie d'Endimion, & le Vieillard amoureux, Piece comique en un acte & en vers de quatre pieds qui ſut ſaite ſur une hiſtoire arrivée à Lyon.
Marguerite Buffet.Mlle Marguerite Buffet a fait des obſervations ſur la Langue françoiſe, où il eſt traité des termes anciens & uſités ; avec les éloges des illuſtres ſçavantes, tant anciennes que modernes.
Jaquette Guillaume.Mlle Jaquette Guillaume, dont Mlle Buffet a fait l’éloge, a dédié à S. A. R. Mademoiſelle Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/478 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/479 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/480 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/481 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/482 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/483
Mlle de Lavigne étoit en grande eſtime parmi les plus beaux Eſprits de ſon temps. Son pere étoit lui-même un bel Eſprit & un bon Médecin. Il diſoit, pour marquer la différence qu’il y avoit entre ſa fille & ſon fils, homme d’un eſprit un peu borné : » Quand j’ai fait ma fille, je penſois faire mon fils ; & quand j’ai fait mon fils, je penſois faire ma fille ». Ce fils eut pour femme Mad. de la Vigne de Villedo, dont il eſt fait mention parmi les femmes qui ſe ſont diſtinguées par leur érudition.
Je ſuis, &c.