Histoire littéraire des femmes françoises/1/24
LETTRE XXIV.
Les portraits des principaux perſonnages deMadame Henriette d’Angleterre la Cour de Louis XIV, dans le tems de la mort du Cardinal Mazarin, occupent preſque toute la premiere partie de l’Hiſtoire de Madame Henriette d’Angleterre, premiere femme de Philippe de France, Duc d’Orléans, frere du Roi. En voici un, Madame, qu’il eſt à propos de connoître ; c’est celui de Philippe, Duc d’Orléans.
» Monſieur, frere unique du Roi, étoit fort attaché à la Reine ſa mere ; ſes inclinations étoient auſſi conformes aux occupations des femmes, que celles du Roi en étoient éloignées. Il étoit beau & bien fait, mais d’une beauté & d’une taille plus convenable à une Princeſſe qu’à un Prince ; auſſi avoit-il plus ſongé à faire admirer ſa beauté de tout le monde, qu’à s’en ſervir pour ſe faire aimer des femmes, quoiqu’il fût continuellement avec elles ; ſon amour propre ſembloit ne le rendre capable que d’artachement pour lui-même. Madame de Thianges, fille aînée du Duc de Mortemart, avoit paru lui plaire plus que les autres ; mais leur commerce étoit plutôt une confidence libertine, qu’une véritable galanterie. L’eſprit du Prince étoit naturellement doux, bienfaiſant & civil, capable d’être prévenu, & ſi ſuſceptible d’impreſſion, que les gens qui l’approchoient, pouvoient quaſi répondre de s’en rendre maîtres en le prenant par ſon foible. La Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/511 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/512 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/513 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/514 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/515 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/516 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/517 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/518 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/519 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/520 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/521 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/522 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/523 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/524 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/525 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/526 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/527 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/528 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/529 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/530 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/531 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/532 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/533 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/534 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/535 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/536 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/537 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/538 Page:Histoire litteraire des femmes francoises tome 1.djvu/539 ſe cacher ; c’étoit Dom Manrique. Furieux, il l’attaque & le tue : les dernières paroles de cet ami mourant lui apprennent que le hazard l’avoit fait paſſer auprès de la maiſon de Belaſire, & qu’il étoit innocent de ce dont Alphonſe le ſoupçonnoit. Le bruit de cette mort ſe répand à la Cour, & cauſe à Bellaſire la plus vive douleur de voir ſa réputation exposée par la jalouſie perſévérante d’Alphonſe. Elle lui écrit qu’elle n’a jamais aimé que lui ; qu’elle l’aime encore ; mais que ne pouvant être que malheureuſe en écoutant cette paſſion, elle s’arrache au monde, & lui dit adieu pour jamais. L’Ecuyer qui remet cette lettre à Alphonſe, lui apprend que ſa Maîtreſſe eſt entrée dans un Couvent. Il y vole avec le pere de Belaſire ; mais leurs efforts ſont inutiles. Au bout de l’année d’épreuve, elle prend le voile ; & Alphonſe déſeſpéré quitte la Navarre & va pleurer ſes malheurs dans la retraite.
Nous avons une Comédie du Jaloux, dont l’Auteur, M. Bret, a pris le ſujet, le caractere, & pluſieurs ſcènes dans ce Roman.
Je craindrois de me répéter, Madame, et donnant ici de nouveaux éloges à Made, de la Fayette ; ce que vous en avez lû ſuffit pour vous donner la plus grande idée de cet illuſtre & célebre Auteur.
Je ſuis, &c.