Poésies (Malherbe)/Épigramme (« Jeanne, tandis que tu fus belle »)

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Texte établi par M. L. Lalanne, L. Hachette et Cie (Œuvres de Malherbe. Tome premierp. 243).


LXXIX

ÉPIGRAMME


Imprimée en 1690 dans le tome II des Délices de la poésie françoise. C’est une imitation de l’épigramme (VI, 40) de Martial :

Femina præferri potuit tibi nulla, Lycori :
    Præferri Glyceræ femina nulla potest.
Hæc erit hoc quod tu : tu non potes esse quod hæc est.
    Tempora quid faciunt ? hanc volo, te volui.


Jeanne, tandis que tu fus belle,
Tu le fus sans comparaison ;
Anne à cette heure est de saison,
Et ne voit rien si beau comme elle ;
Comme à toi les ans lui mettront
Quelque jour les rides au front[1],
Et feront à sa tresse blonde
Même outrage qu’à tes cheveux ;
Mais voilà comme va le monde,
Je t’ai voulue, et je la veux[2].



  1. 5, 6. Var. (Q) :
    Je sais que les ans lui mettront
    Comme à toi les rides au front.
  2. 10. Var. (ibid.) : Je te voulus…