La Négresse blonde (recueil)/Iphigénie

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La Négresse blondeA. Messein (p. 89-90).
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IPHIGÉNIE


Quoi ! le sang d’une fille innocente était nécessaire au départ d’une flotte et au succès d’une guerre ?
Joseph de Maistre (Sur les sacrifices, II.)


Les vents sont morts : partout le calme et la torpeur
et les vaisseaux des Grecs dorment sur leur carène
qui partaient conquérir la Troade et la reine
Hélène que ravit Pâris, l’hôte trompeur.

Ivre d’une fureur qu’Ulysse en vain réfrène,
Agamemnon, le roi des rois, l’homme sans peur
déplore en maudissant la mer toujours sereine
qu’on n’ait pas inventé les bateaux à vapeur.


Mais sa fille, à ses pieds, la douce Iphigénie
fermant ses yeux dolents de douceur infinie
s’endort comme les flots dans le soir étouffant…

Lors, ayant dégainé son grand sabre, le maître
des peuples et des rois jugule son enfant
et braille : « Ça fera baisser le baromètre ! »