Isaac Laquedem/Première partie/Chapitre XVI

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Librairie théâtrale (volume 4p. 39-66).


Pilate se croyait délivré de cette terrible responsabilité, d’avoir à condamner un innocent ou bien à absoudre un homme dont la mise en liberté pouvait faire éclater une émeute dans la ville, lorsque les cris, les vociférations, et surtout le murmure puissant de cette foule qui gronde comme l’Océan, vinrent de nouveau ébranler les murs du prétoire et les puissantes assises de la citadelle Antonia.

Le procurateur était encore près de sa femme dans les appartements intérieurs, où il venait de faire avec elle le repas du matin ; en entendant ce bruit, tous deux se levèrent en même temps et coururent à la fenêtre qui donnait sur la place ; alors, ils virent la foule qui ramenait Jésus avec un air de triomphe, en criant :

— Chez Pilate !… chez Pilate !

Claudia pâlit.

— Réfléchis bien à ce que tu vas faire, dit-elle à son mari, et rappelle-toi ce que je t’ai dit.

— Tu as ma promesse, répondit Pilate : tant que cet homme ne sera pas accusé d’avoir porté atteinte au pouvoir de l’empereur Tibère, la vie de cet homme ne court aucun danger.

— Donne-moi un gage, dit Claudia.

— Voici mon anneau, dit Pilate.

— Va donc, et souviens toi que Jésus est un juste !

Pilate rentra dans le prétoire et trouva un messager d’Hérode qui lui dit :

— Le tétrarque Hérode, mon maître, est satisfait de la déférence que tu lui as montrée en lui renvoyant le Galiléen. Il te déclare qu’il le regarde comme un fou, et non comme un criminel ; en conséquence, il te le renvoie à son tour, afin que tu agisses vis-à-vis de lui selon ton plaisir ou ta conscience… Il me charge, en outre, de te dire qu’il t’adresse ses compliments, et de t’annoncer que, si quelque nuage s’était élevé entre lui et toi, ce nuage est dissipé.

Derrière le messager d’Hérode entra Jésus, brutalement poussé par les soldats. En montant les escaliers ses pieds s’étaient embarrassés dans sa robe trop longue ; il était tombé ; sa tête avait porté contre l’angle d’une marche et le sang ruisselait sur son visage.

Pilate ne put s’empêcher de murmurer :

— En vérité, cet homme est, non pas aux mains des prêtres, mais aux mains des bouchers, et les voilà qui commencent leur immolation avant le temps !

Puis, s’avançant sur le bord de la terrasse du haut de laquelle il avait plusieurs fois déjà adressé la parole au peuple :

— Que me voulez-vous encore, dit-il, en me ramenant cet homme ? Vous me l’aviez livré comme faux prophète, blasphémateur, agitateur du peuple, je l’ai interrogé devant vous, et n’ai rien trouvé à redire, ni à sa doctrine ni à ses actions. Je l’ai, alors, renvoyé à Hérode, qui n’a rien trouvé non plus contre lui. Si, pour vous satisfaire, il faut absolument lui infliger une punition quelconque, je vais le faire fouetter et le relâcher ensuite.

Mais cette peine, si douloureuse qu’elle fût, ne suffisait pas à la multitude : elle avait vu couler le sang, ce n’était point la flagellation qu’elle voulait, – c’était la mort !

Aussi s’écria-t-elle tout d’une voix :

— Non ! non !… La mort ! la mort !… Crucifiez Jésus ! Crucifiez-le !… A la croix ! au Golgotha !


Mais Pilate, sans s’inquiéter de ces cris, s’assit à une table, et, sur un papyrus, avec un roseau d’Égypte, écrivit, en langue latine, la sentence suivante :


Jesum Nazarenum, virum seditiosum et mosaïcae legis contemptorem, per pontifices et principes suae gentis accusatum, expoliate, liqate et virgis cedite.

I, lictor, expedi virgas.


Puis il remit l’ordre au licteur, qui s’élança rapidement hors du prétoire, montrant l’arrêt et appelant les exécuteurs.

La peine de la flagellation était, selon le texte de la loi, fixée à quarante coups moins un ; une espèce de grâce dérisoire exemptait le coupable du dernier coup.

De ces trente-neuf coups, treize devaient être donnés sur l’épaule droite, treize sur l’épaule gauche, treize au dessous des épaules.

La colonne où l’on attachait le condamné était isolée, haute de dix pieds, avec des anneaux qui permettaient d’attacher les bras à la hauteur de sept pieds ; de sorte que toute la peau du corps se trouvait tendue, et, par conséquent, ne perdait rien de la force du coup.

On appelait cette colonne la colonne aux outrages ou la colonne aux affronts, parce que, pendant l’exécution, le peuple insultait et outrageait le condamné.

Les soldats emmenèrent Jésus ; mais, loin de désarmer la multitude, ce jugement semblait l’irriter davantage ; en effet, ce n’était là ni ce que demandaient les prêtres ni ce que voulaient les pharisiens : aussi, les uns par leurs paroles, les autres par leur argent, réchauffaient-ils la colère du peuple, chaque fois que cette colère paraissait près de faiblir.

Avant que Jésus eût traversé la foule, et fût arrivé à la colonne, les exécuteurs étaient déjà à leur poste : c’étaient six hommes petits et bruns, anciens malfaiteurs devenus bourreaux ; leur teint cuivré, leurs bras maigres mais nerveux indiquaient qu’ils étaient nés sur les frontières d’Égypte. Ils s’élancèrent sur Jésus lorsqu’il ne fut plus qu’à quelques pas de la colonne, l’arrachèrent des mains des soldats, déchirèrent les manches de sa robe et de sa tunique afin de mettre le dos à nu, et, lui appuyant le visage contre le marbre, ils lui lièrent les mains aux anneaux les plus élevés, de sorte que ses pieds ne touchaient la terre que de leurs orteils.

La flagellation commença avec des baguettes de coudrier réunies en faisceau, les quatre exécuteurs qui attendaient leur tour de frapper comptant lentement les coups.

Mais la plus grande partie du peuple continuait de crier :

— Crucifiez-le ! crucifiez-le !

Le bruit était tel, que, pour se faire entendre, Pilate fut obligé d’appeler un clairon. Le clairon sonna, et le silence se fit. Pendant ce silence, on put entendre trois choses douloureuses : le bruit des baguettes frappant sur le corps du condamné, les plaintes pleines de prières et de bénédictions qui tombaient des lèvres de Jésus, et les tristes bêlements des agneaux de Pâque, qu’on lavait à la piscine des Brebis, et qui devaient être immolés dans la journée.

Ces bêlements avaient quelque chose de singulièrement touchant : c’étaient les seules voix qui se mêlassent aux gémissements de celui qui allait mourir pour les hommes.

Toutes les autres n’étaient que clameurs, cris, imprécations !

Les treize premiers coups donnés, deux autres bourreaux reprirent l’œuvre avec de nouvelles baguettes ; celles-là étaient faites d’un bois plein de nœuds et d’épines ; aussi aux premiers coups qu’ils frappèrent, de la peau, marbrée de taches bleues et rouges, le sang commença-t-il à jaillir.

Le peuple, cependant, continuait de hurler au pied du prétoire, et, de temps en temps, on entendait la trompette qui commandait le silence ; puis, à la suite de la trompette, ce triple bruit, si douloureux, des coups de verges, des soupirs de Jésus, et du bêlement des agneaux !

Mais, dès que Pilate voulait parler, les clameurs couvraient sa voix, et l’on n’entendait plus que ces mille cris de mort répétés avec acharnement :

— Crucifiez-le ! crucifiez-le !

Après le vingt-sixième coup, les seconds bourreaux firent place aux derniers ; ceux-ci n’avaient plus ni baguettes de coudrier, ni baguettes d’épines : ils avaient des lanières toutes garnies de crochets de fer qui enlevaient la chair à chaque coup.

La trompette sonna une troisième fois ; une troisième fois le silence se fit ; la voix de Jésus était presque éteinte et l’on entendait à peine ces paroles :

— Pardonnez-leur, mon père, car ils ne savent ce qu’ils font !…

Le trente-neuvième coup donné, on détacha Jésus ; son corps n’était plus qu’une plaie ; toute force l’avait abandonné, à ce point que, lorsqu’il ne fut plus soutenu par les bras, il s’affaissa sur lui-même, et tomba au pied de la colonne.

Alors, celui qui eût dû donner le quarantième coup, et qui ne l’avait pas donné, s’approchant de lui, et voyant qu’il avait la tête renversée en arrière :

— A un autre, dit-il, nous ferions tort du dernier coup ; mais, à toi Christ, à toi Messie, à toi fils de Dieu, il te faut la bonne mesure !

Et il le frappa de sa lanière à travers le visage ! Jésus tomba à la renverse presque évanoui.

Pendant ce temps, quelques femmes perdues sortirent de la foule, et les unes après les autres vinrent l’injurier et lui cracher au visage, échangeant des paroles obscènes avec les bourreaux, lesquels s’essuyaient le visage et les bras pour en effacer les gouttes de sang qui, sous leurs verges, avaient rejailli du corps divin jusqu’à eux.

Dans un coin de la place était un groupe auquel, par bonheur, nul ne faisait attention, tant chacun était occupé, les uns à regarder la flagellation, les autres à pousser des cris de mort ; – ce groupe était celui des saintes femmes.

Là était Marie. Aux premiers coups, elle était tombée à genoux, puis la face contre terre ; puis, enfin, elle s’était évanouie. – Au moment où il avait été conduit à la colonne, Jésus lui avait jeté un regard plein de tendresse ; mais, malheureusement, par la façon dont il était attaché, le rédempteur ne pouvait tourner les yeux vers sa mère, et la soutenir de ses regards.


Madeleine, s’inquiétant peu qu’on la reconnût pour la sœur de Lazare, une femme de la suite du Christ, jetait des cris de douleur à chaque coup qui frappait Jésus ; se roulant dans la poussière, et arrachant à pleines mains ses beaux cheveux dorés.

Marthe et Marie Cléophas pleuraient à genoux. Jean essayait de soutenir la Vierge, tellement pâle, qu’on eût pu croire, sinon qu’elle était morte, au moins qu’elle allait mourir.

Sans doute au milieu de ces clameurs, de ces imprécations, à travers cet air chargé de plaintes et de gémissements, un ange passa invisible et vint murmurer à l’oreille de Jésus quelque divine parole ; car il se souleva, la tête inclinée, les deux mains appuyées sur la terre, puis il se dressa sur ses genoux avec peine ; puis, enfin, aidé des soldats, il parvint à se remettre debout.

Il semblait, au reste, que Marie revint à la vie au fur et à mesure que son fils y revenait lui-même : chacun des mouvements que faisait Jésus, elle les faisait, et lorsqu’il fut debout, elle aussi se retrouva sur ses pieds.

Alors, Jésus, de ses deux mains sanglantes, essuya ses yeux pleins de sang, et, à l’autre bout de la place, il put voir sa mère qui lui tendait les bras…

Pilate avait ordonné que, après la flagellation, Jésus fût couvert d’un manteau rouge, et amené devant lui. Espérait-il désarmer le peuple en jetant, par dérision, sur les épaules du Christ la pourpre royale, ou bien voulait-il, à ses propres yeux, cacher le sang de sa victime ?

Jésus fut donc conduit d’abord dans la cour du prétoire ; là, on le fit entrer dans un corps de garde, et on le revêtit d’un vieux manteau de licteur ; puis, par un escalier intérieur, on le fit monter sur le pont qui reliait le palais de Pilate à la citadelle Antonia.

Pilate y avait précédé Jésus ; il fit sonner de la trompette, afin de commander le silence, et d’appeler tous les regards de son côté. Alors soutenu par deux soldats, parut Jésus pâle, livide, chancelant, le roseau à la main, la couronne d’épines sur la tête, le manteau rouge sur les épaules.

Ecce Homo ! dit Pilate.

A cause du changement opéré dans son costume, beaucoup n’avaient pas reconnu Jésus ; mais à peine le peuple eût-il vu quel était l’homme qu’on lui montrait, que, comprenant l’intention de Pilate, il rugit dans un cri unanime ce vœu de mort :

— Crucifiez-le ! crucifiez-le !

Alors, le grand prêtre fit signe qu’il voulait parler. Sur une nouvelle fanfare, le silence s’établit.

Au milieu de ce silence, on entendit la voix de Caïphe qui disait :

— Prends garde, Pilate ! si tu délivres cet homme, tu n’es pas l’ami de César ; car il s’est nommé et déclaré roi, et quiconque se nomme et se déclare roi, se révolte contre César !

Pilate sentit le coup : accusé de révolte contre César, Jésus n’était plus un faux prophète, un blasphémateur, un magicien même : c’était un rebelle ; il ne s’agissait plus pour lui de verges : il s’agissait du gibet.

Une dénonciation à Tibère, et le soupçonneux empereur pouvait envelopper dans la même proscription le rebelle impuni et le juge trop indulgent !

Le procurateur résolut néanmoins de tenter encore un dernier moyen. Il donna tout bas un ordre au centurion qui se trouvait près de lui : le centurion descendit avec quatre soldats, et marcha droit vers la prison, située à quelques pas seulement du palais : il allait y chercher un misérable assassin condamné à mort, et qui n’attendait que l’heure de son exécution.

Cet assassin se nommait Bar Abbas, c’est-à-dire fils d’Abbas.

Quand il entendit des pas dans le corridor qui conduisait à son cachot, quand il entendit grincer les verrous de sa porte, il crut qu’on venait le chercher pour le crucifier, et, se faisant une arme de sa chaîne, il s’apprêta à se défendre.

A la lueur des torches, le centurion et ses quatre soldats aperçurent le condamné, retiré dans l’angle le plus profond de son cachot, ramassé sur lui-même, les yeux flamboyants, les dents serrées, les mains au-dessus de sa tête, et prêt à frapper de sa chaîne le premier qui s’avancerait.


Mais ces démonstrations hostiles effrayèrent médiocrement le centurion et ses quatre hommes : ils s’avancèrent contre le prisonnier en se cachant derrière leurs boucliers qui amortirent les coups de la chaîne. D’ailleurs, avant que Bar Abbas eût pu redoubler, ils l’avaient saisi par cette chaîne même, et deux le traînaient en avant, tandis que deux autres le poussaient par derrière.

En sortant de la prison, Bar Abbas salua ce jour qu’il croyait être son dernier jour par d’horribles blasphèmes.

Toute cette foule qui attendait, il pensa que c’était pour lui qu’elle était venue ; ces cris :

« Crucifiez-le ! crucifiez-le ! il crut que c’était contre lui qu’ils étaient proférés.


Des hommes fatigués de porter une lourde croix se désaltéraient à la fontaine qui faisait face à la prison ; cette croix, il se figura que c’était la sienne. Alors, il se jeta à terre, se roulant, hurlant, rugissant. Les soldats appelèrent un renfort de quatre hommes ; on prit le misérable par les bras et par les jambes, et on le monta ainsi jusque sur le Xistus.

— Voici l’homme que demande ta Grandeur, dit le centurion à Pilate.

— C’est bien, répondit le préteur ; qu’on le mette à côté de Jésus.

Les soldats déposèrent Bar Abbas près du Christ. Un instant, le peuple put voir côte à côte l’homme du démon et l’homme de Dieu, l’un les yeux enflammés la bouche tordue, les bras crispés, criant et blasphémant ; l’autre doux, humble résigné, priant et bénissant. En les regardant tous deux, Pilate ne douta point que Jésus ne fût sauvé, et, faisant sonner de la trompette pour éteindre le bruit, qui avait redoublé depuis l’apparition de Bar Abbas :

— Juifs, dit-il, il est d’habitude que, le jour de Pâque, je vous délivre un condamné à mort… Choisissez entre ce scélérat, dont il y a un mois, le nom seul vous faisait trembler, et ce prophète que, il y a huit jours, vous appeliez l'oint du Seigneur.

Bar Abbas pâlit tant, au premier regard qu’il avait jeté sur Jésus, il lui paraissait impossible qu’on le préférât à cet homme. Un tumulte immense s’éleva.

— Dites, continua Pilate, lequel de ces deux hommes vous paraît le plus digne de pitié, et lequel des deux doit recevoir grâce de la vie.

Alors, sans qu’une seule voix se fit entendre en faveur de Jésus :

— Bar Abbas ! répondit la foule, Bar Abbas !

Le meurtrier secoua joyeusement ses chaînes.

— Tu l’entends, Pilate ! tu l’entends ! .. Délivre-moi ! dit-il.

— A la croix, Jésus ! à la croix ! reprit la multitude.

— Oh ! troupeau de tigres ! cria Pilate ; mais quand je vous dis, quand je vous répète que je l’ai interrogé, et que je l’ai trouvé innocent !

— Il a conspiré contre César ! il a conspiré contre César !… Qu’on relâche Bar Abbas, et qu’on nous livre Jésus !… A la croix, Jésus ! au Golgotha, Jésus !… Crucifiez-le ! crucifiez-le !…

— Vous le voulez ? dit Pilate ; mais attendez, du moins..

Et il donna tout bas un ordre à l’un de ses esclaves.

— Qu’il meure ! qu’il meure ! continua de vociférer la foule.

— Il mourra, dit Pilate : mais, je vous en préviens, son sang retombera sur vous.

— Soit ! que son sang retombe sur nous, sur nos enfants et sur les enfants de nos enfants, mais qu’il meure ! ..

En ce moment, l’esclave rentra portant, d’une main, un bassin de bronze, et, de l’autre, une aiguière pleine d’eau.

— Qu’il meure, dit Pilate, puisque vous voulez qu’il meure ; mais je ne m’associe pas à votre forfait, et mes mains, du moins, resteront pures du sang de ce juste !

Et solennellement, devant le peuple assemblé, au milieu des rires, des huées, des imprécations de la foule, Pilate se lava les mains.

Mais, au fond du bassin de bronze, il trouva son anneau.

— Qu’est-ce que cet anneau ? demanda-t-il.

— Je ne sais, dit l’esclave ; la femme de ta Grandeur l’illustre Claudia l’a tiré de son doigt et l’a jeté dans le bassin en disant : « C’est le gage de Pilate que je lui renvoie, ne voulant pas qu’il se parjure ! » Et, tout éplorée, elle a abaissé son voile sur son visage et est entrée dans ses appartements.

Pilate poussa un profond soupir, et murmura :

— Elle a raison, cet homme est un juste !…

Cinq minutes après, les archers ôtaient les chaînes de Bar Abbas, qui, se sentant libre, s’élança hors du prétoire et bondit au milieu de la foule, effrayée de son épouvantable joie, tandis que Pilate écrivait cette sentence :


« Conduisez au lieu ordinaire des exécutions Jésus de Nazareth, perturbateur de la société, contempteur de César, faux Messie, comme il est prouvé par le témoignage de la plus grande partie des gens de sa nation, et, en dérision de la majesté royale, crucifiez-le entre deux larrons.

Va, licteur, expédie les croix.[1] »


  1. Voici le texte latin de la sentence tel que la tradition le conserve à Jérusalem : Jesum Nazarenum subversorem gentis, contemptorem Caesari falsum Messiam, ut majorum suae gentis testimonio probatum est, ducite ad communis supplicii locum, et eum in ludibriis regiae majestatis, in medio duorum latronum cruci affigite. I, lictor, expedi cruces.