Isaac Laquedem/Première partie/Chapitre XXXIII

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Librairie théâtrale (volume 5p. 296-316).


Lorsqu’il revint au jour, Isaac ne démentait pas le proverbe : « Pâle comme un homme qui est descendu dans l’antre de Trophonius. »

Apollonius l’attendait avec les prêtres et les initiés ; tous désespéraient de le voir reparaître.

Isaac raconta son entretien avec les parques, et dit comment il avait assisté à leur agonie.

Puis, comme rien ne le retenait plus en Grèce, il prit congé d’Apollonius ; fut placé, selon l’habitude, la tête en bas, à la sortie de la seconde descente ; repassa par le sifflement des serpents, par le bruissement de l’incendie, par le mugissement des eaux ; se retrouva sur la plate-forme au pied de l’échelle, entre les deux prêtres, et, sans leur aide – ce qui était chose rare, – regagna le monde des hommes, et revit la lumière du soleil.

Le sphinx l’attendait aussi morne et aussi impassible que s’il eût compté les roseaux du lac Maréotis ou les grains de sable du désert.

Isaac vint à lui, et caressa son cou de granit en disant :

— Allons, mon beau sphinx, encore une course, et je te rends à ton immobile contemplation.

Et, en même temps, il reprenait place sur ses épaules.

Le sphinx étendit ses ailes, s’enleva lentement ; mais arrivé à une certaine hauteur, il retrouva sa rapidité première.

Il dirigea son vol vers le Midi.

Isaac vit successivement disparaître sous lui, la mer d’Alcyon, l’isthme de Corinthe, l’Argolide, la mer de Myrtos, l’île de Crète ; puis il se trouva nageant entre le double azur du firmament et de la mer Intérieure ; puis, enfin, il aperçut l’Égypte se déroulant ainsi qu’un long ruban de verdure moiré d’argent entre ses deux déserts ; puis il put distinguer le Delta, et, comme deux sentinelles avancées de Memphis, Canope avec son canal, Alexandrie avec son lac.

Le sphinx s’abattit de lui-même sur son piédestal vide où la place de son corps était marquée, entre le lac Maréotis et le tombeau de Cléopâtre, la tête tournée vers le tombeau et indiquant la porte de sa patte levée.

En mesurant le temps à notre manière à nous, il était onze heures du soir à peu près.

Isaac s’avança vers le tombeau, en toucha la porte avec son rameau d’or, et la porte s’ouvrit.

Depuis un siècle, ses pas étaient les premiers qui eussent fait tressaillir l’écho du sépulcre royal.

Le tombeau était de forme ronde, comme celui d’Auguste, comme le panthéon d’Agrippa ; une ouverture pratiquée à la voûte y laissait pénétrer l’air et la lumière ; la lune suspendue au-dessus de cette ouverture ainsi qu’une lampe gigantesque, enveloppait et éclairait de son rayon bleuâtre le sarcophage où dormait la reine d’Égypte.

Tout le reste était dans l’ombre ; mais, au bout de quelques instants l’œil, en s’habituant à cette ombre, comptait d’abord, comme une double rangée de spectres immobiles les quarante-huit colonnes qui soutenaient la voûte : puis en fouillant plus profondément encore, il arrivait à distinguer, peintes sur la muraille, des silhouettes étranges : des chiens à tête d’homme, des hommes à tête de chien, des anubis, des typhons, des osiris, hiéroglyphes divins sur lesquels devait s’user la science des siècles à venir.

Isaac ne s’inquiéta ni des pylônes massifs, ni des peintures monochromes ; il marcha droit au monument, et en souleva le couvercle de marbre.

Cléopâtre y était couchée dans son costume royal ; son sceptre à tête d’épervier, qui ressemblait à la baguette d’un enchanteur, reposait près d’elle avec un miroir d’acier.

Sa tête était coiffée d’une espèce de casque d’or formé par le corps de l’épervier sacré, dont la tête, enrichie de saphirs et gracieusement repliée, simulait le cimier, tandis que les ailes, parsemées d’émeraudes et de rubis, abritaient les tempes, s’échancraient à l’oreille, et se prolongeaient derrière le cou de la morte. Ce cou était orné d’un triple collier de perles, de serpentines et de diamants, dans les intervalles desquels pendaient des lames d’or émaillé et figurant des plumes d’oiseaux ; une robe d’une délicatesse parfaite, avec des zébrures diagonales d’or et d’azur, serrée autour de la taille par une ceinture de perles, ondulait autour du corps, dont elle avait conservé la forme vivante ; les pieds étaient chaussés de légères sandales de drap d’or nouées sur le cou-de-pied par des fils de perles ; ses bras étaient allongés de chaque côté du corps et ornés, l’un d’un serpent d’or merveilleusement travaillé qui s’enroulait du poignet au coude, l’autre de six cercles du même métal, dont trois serraient le haut du bras, et trois le poignet.

La main gauche portait une seule bague représentant un scarabée de couleur d’azur.

Des cheveux noirs comme la nuit s’échappaient du casque d’or, et descendaient jusqu’au-dessous des genoux.

Les soins que l’on avait donnés à l’embaumement du cadavre avaient conservé le corps à peu près intact ; seulement, les paupières s’enfonçaient dans l’orbite des yeux vides ; les bras amincis ne soutenaient plus à leurs places les cercles d’or ; la bague jouait autour du doigt desséché, et la peau, tendue sur les joues et sur la poitrine, avait pris la teinte plombée et la raideur cassante du parchemin.

Isaac resta un instant penché sur le sarcophage en contemplant le cadavre ; puis, haussant les épaules :

— Oh ! murmura-t-il, c’est donc pour ce peu d’ossements que j’ai là sous les yeux, qu’Antoine a perdu l’empire du monde !

Et il semblait douter que, fut-il rendu à la vie et à la beauté, ce faible corps pût l’aider dans cette gigantesque entreprise de combattre un dieu.

Mais, au bout d’un instant d’hésitation :

— N’importe, dit-il, essayons.

Et il renoua l’un à l’autre les deux fils que lui avaient donnés les parques.

Le cadavre tressaillit.

Involontairement Isaac rejeta le haut de son corps en arrière.

Alors, sous cette clarté douteuse de la lune, clarté qui semble faite pour de tels sacrilèges, il vit le prodige s’accomplir.

Peu à peu, cette peau sèche et bronzée s’amollit, changea de teinte, et redevint blonde et transparente ; les chairs affaissées reprirent une élasticité nouvelle. Chaque muscle reconquit sa forme primitive : les bras s’arrondirent, la main se modela, les pieds blanchirent et se marbrèrent de rose les cheveux ondulèrent, comme si la vie y rentrait ; le sang croisa sur les tempes, le cou et la poitrine, son réseau de veines bleuâtres ; et les lèvres, immobiles et muettes depuis cent ans, s’écartèrent pour laisser passer un soupir.

Isaac étendit la main.

— Vis, lève-toi, et parle ! dit-il.

La morte se souleva d’un mouvement lent et automatique demeura assise sur son tombeau, ouvrit les yeux, porta instinctivement la main à son miroir, l’amena devant son visage, et, avec un doux sourire :

— Ah ! murmura-t-elle, Jupiter soit loué ! je suis toujours belle !

Puis, jetant un regard autour d’elle :  

— Iras, dit-elle, viens me coiffer ; Charmion, où est Antoine ?

Mais, en ce moment, et dans le cercle qu’il parcourait, le regard de la belle reine d’Égypte rencontra Isaac.

Elle jeta un cri, et allongea une de ses jambes pour descendre de son tombeau.

— Reine d’Égypte, dit Isaac, il est inutile que tu appelles ni Iras, ni Charmion, ni Antoine ; tous trois sont morts et reposent au monument depuis plus d’un siècle, et, toi-même, regarde sur quel siège tu es assise !

Cléopâtre se pencha pour regarder la paroi extérieure du lit sur lequel elle était étendue quelques minutes auparavant, et poussa un cri de terreur en reconnaissant que c’était un sépulcre.

Puis, se retournant vers Isaac :

— Qui es-tu ? lui demanda-t-elle, et pourquoi es-tu venu m’éveiller ? Je dormais si bien et si profondément !

— Rappelle tes souvenirs, Cléopâtre, dit Isaac ; puis je te dirai qui je suis, et pourquoi je suis venu t’éveiller.

Cléopâtre ramena sa jambe droite à elle, posa son coude sur son genou, laissa tomber sa tête sur sa main, et rappela les uns après les autres ses souvenirs, lueurs incertaines d’un autre siècle, et qui arrivaient à son esprit à travers une nuit de cent années.

— Ah ! dit-elle, c’est vrai, et voici la mémoire qui me vient.

Puis, l’œil fixe, comme si, jour par jour, elle eût feuilleté le livre du passé.

— Nous avons combattu à Actium, reprit-elle ; ne pouvant supporter la vue des blessés, des mourants, des morts, j’ai fui, avec mes galères… Antoine m’a suivie : nous sommes revenus en Égypte, nous avons espéré nous y défendre, mais l’armée nous a trahis… Alors, résolue à mourir, j’ai essayé des poisons sur des esclaves, pour voir quelle était la mort la plus douce ; puis, au milieu de ces essais, Octave est débarqué ; Antoine a été au-devant de lui, et est revenu vaincu et blessé à mort. Je me suis enfermée dans ce tombeau, d’où Octave a voulu m’arracher pour me faire figurer dans son triomphe… Un paysan, sur ma demande, m’a apporté un aspic caché dans un panier de figues. Le reptile hideux a levé, au milieu des fruits, sa petite tête plate et noire ; je l’ai approché de mon sein, il s’est élancé, m’a mordue.. j’ai senti une vive douleur ; j’ai jeté un cri… un voile de sang s’est étendu sur mes yeux ; il m’a semblé que la voûte du ciel s’affaissait sur ma poitrine : j’étais morte !… – Et, maintenant demanda Cléopâtre en relevant la tête, et en interrogeant le Juif de la voix et des yeux à la fois, combien de jours se sont écoulés depuis ce jour-là ?

— Cent ans, répondit Isaac.

— Cent ans ! s’écria Cléopâtre épouvantée. Et qu’est devenu le monde pendant ces cent ans ?

— Quatre empereurs lui sont morts, et un dieu lui est né.

— Quels sont ces empereurs ? quel est ce dieu ? demanda Cléopâtre.

— De ces empereurs, le premier c’est Octave… Octave, que tu as connu, et dont je n’ai pas besoin de te faire le portrait ; le second, c’est Tibère, son beau-fils, dont tout le génie fut dans la peur, et qui, pendant vingt-trois ans, broya les Romains sous les plus lentes mâchoires qui aient jamais écrasé un peuple ; le troisième, c’est Caligula, petit-neveu de Tibère, un fou qui nomma son cheval consul, fit décerner les honneurs divins à sa fille, morte âgée de deux ans, et trouva ce mot sublime : « Je voudrais que l’empire romain n’eût qu’une seule tête pour la trancher d’un seul coup ! » le quatrième, enfin, c’est Claude, oncle de Caligula, un imbécile qui fut rhéteur, poète, philosophe, grammairien, avocat, juge… tout, excepté empereur, et qui mourut empoisonné pour avoir mangé d’un plat de champignons préparé par sa femme Agrippine. – Quant au dieu, continua Isaac en s’assombrissant, c’est autre chose. Ecoute bien ceci, Cléopâtre, car c’est pour m’aider à combattre ce dieu que je viens de te rendre la vie.

— J’écoute, dit la reine d’Égypte.

Et son visage prit un caractère réfléchi et pensif dont on l’eût cru incapable une minute auparavant.

Isaac reprit :

— Tu as connu les dieux qui ont existé jusqu’ici, n’est-ce pas ? les dieux de l’Inde : Brahma, Vishnou, Shiva ? tu as connu les dieux de l’Égypte, qui sont devenus tes dieux : Osiris, Isis, Anubis ? tu as connu les dieux de la Perse : Ahriman et Ormuzd ; les dieux de la Phénicie : Moloch, Astarté et Baal ; les dieux de la Grèce : Jupiter, Pluton, Neptune, Apollon, Mars, Vulcain, Diane, Minerve, Junon, Cérès, Cybèle et Vénus ; les dieux de la Germanie : Odin, Thor, et Freya ; le dieu des Gaulois : Teutatès ; enfin, mon dieu à moi, le dieu des Juifs ; Jéhovah ? Eh bien, tout à coup, il est sorti d’une petite bourgade de Galilée un homme que nous avions vu jouer, enfant, dans les rues de Jérusalem, et qui a dit : « Indiens, Egyptiens, Persans, Phéniciens, Grecs, Germains, Gaulois, Juifs, ce à quoi vous croyez depuis quarante siècles il faut cesser d’y croire ; ce que vous adorez depuis quatre mille ans, il faut cesser de l’adorer ; vos dieux vous ont donné jusqu’ici l’exemple du meurtre, de l’assassinat, de l’inceste, du fratricide, du vol, du parjure, de la débauche, de la luxure, de la haine, de la trahison, et le monde impie a suivi l’exemple qui lui était donné par ses dieux ; tous ces dieux étaient des idoles, tous ces dieux sont de faux dieux : il n’y a d’autre dieu que mon père qui est au ciel, et je suis son envoyé sur la terre. Au lieu de tous ces crimes encouragés par vos sanglantes divinités, je viens vous prêcher l’humilité, le dévouement, la continence, la charité, l’aumône, la miséricorde, la pauvreté, la foi, l’espérance. Je viens dire : « Ce que les hommes ont tenu jusqu’ici pour grand est petit, ce que les hommes ont regardé jusqu’ici comme petit est grand. » Je viens dire : La richesse est un délit public le despotisme un crime politique, l’esclavage un abus social ! » C’était sous Tibère qu’il parlait ainsi : le dieu fut arrêté, conduit chez le procurateur romain, condamné comme blasphémateur et rebelle, au supplice des meurtriers ; et, lorsqu’il est passé devant ma maison, courbé sous le poids de sa croix, lorsqu’il m’a demandé à se reposer sur le banc de ma porte, je l’ai repoussé, et lui m’a maudit en me condamnant, devine à quel supplice ? à l’immortalité ! puis il a continué son chemin jusqu’au lieu de son supplice, et il est mort sur la croix comme serait mort le dernier des malfaiteurs. Alors, je me suis dit : « Puisque tu es immortel, Isaac, entreprends une œuvre digne d’un immortel ; un Dieu t’a maudit ; lutte contre le Dieu maudisseur ; il t’a jeté sa malédiction au visage, ramasse sa malédiction, fais-t’en une arme, et, avec cette arme frappe sa religion naissante jusqu’à ce que cette religion s’écroule, dût-elle, en s’écroulant, t’écraser sous ses débris, comme sous ses ruines le temple des Philistins écrasa Samson !… Cette résolution prise, il me fallait un aide, un soutien, un appui ; seul l’homme ne fait rien : pour arriver à un but, il lui faut la dualité du génie. Je me suis donc demandé quelle était la femme qui, par sa beauté, son amour du plaisir, son sensualisme, devait être l’ennemie naturelle de cette religion, toute d’abnégation, de continence et de privations, et je me suis répondu : « Cette femme, c’est celle qui a été la maîtresse de Sextus Pompée, de César et d’Antoine ; c’est la reine d’Égypte, c’est la Vénus d’Alexandrie, c’est Cléopâtre ! » Mais Cléopâtre était morte. Alors, je n’ai plus eu qu’une pensée, qu’un projet, qu’un but : la faire revivre. Seulement de quelle façon vaincre la mort ? Comment arracher le cadavre à la tombe, l’âme à l’enfer ? On m’avait vanté les sages de l’Inde : j’ai été jusqu’au fond de l’Inde, et les sages n’ont rien pu me dire ; on m’avait vanté les prêtres de l’Égypte : j’ai parcouru l’Égypte, d’Eléphantine à Memphis, et les prêtres de l’Égypte n’ont rien pu me dire ; on m’avait vanté les philosophes de la Grèce : je les ai vus tous, les uns après les autres, et un seul, le dernier, m’a dit : « Viens avec moi, et consultons les magiciennes de la Thessalie. » J’ai consulté les magiciennes de la Thessalie, et Canidie n’a rien pu me dire, et Erichto n’a rien pu me dire ; Médée seule m’a dit : « Va à Prométhée ! » Et j’ai été à Prométhée, et le titan m’a enseigné par quel chemin on descendait jusqu’aux parques, et je suis descendu jusqu’aux parques, et j’ai vu face à face les trois sœurs fatales, qu’Hercule et Orphée avaient seuls vues avant moi, et je les ai adjurées, ce rameau d’or à la main, et je les ai forcées de me donner le fil de ta vie. – Le voici. Je puis le briser et le renouer à ma volonté, te tuer ou te faire revivre, te recoucher dans ce tombeau pour l’éternité ou te rendre immortelle comme moi. Que dis-tu de cela Cléopâtre ? Refuses-tu ou acceptes-tu l’offre que je te fais ? repousses-tu ma main ou me tends-tu la tienne ?

— Serai-je toujours belle ? serai-je toujours jeune ? serai-je toujours reine ? serai-je toujours puissante ? pourrai-je toujours aimer et être aimée ?

— Tu seras toujours belle, toujours jeune, toujours riche, toujours puissante ; tu pourras toujours aimer et être aimée ; mais, beauté, jeunesse, richesse, puissance, amour, tu te feras de tout cela une arme contre le dieu qui proscrit l’amour, la puissance, la richesse, la jeunesse et la beauté !

— Oh, oui ! s’écria Cléopâtre, car, ce dieu, c’est mon ennemi !

— Alors, dit Isaac, ta main dans la mienne, et à l’œuvre ! démon de la volupté, à l’œuvre !

Et il entraîna Cléopâtre hors de son tombeau.

Elle jeta un cri de joie en revoyant ce beau ciel étoilé dont le profond azur semblait brodé de diamants.

Devant la porte du tombeau, était le sphinx, immobile, debout, et la patte toujours levée.

Isaac passa près de lui.

Le sphinx laissa retomber sa patte, et, de cette patte, effleura l’épaule du Juif.

Celui-ci se retourna :

— Eh bien, morne fils du désert, demanda-t-il, qu’as-tu encore à me dire ?

— Le vieux monde est mort ! soupira le sphinx.

Et il s’accroupit, allongeant lentement ses griffes sur son socle de granit.

— Que dit-il ? demanda Cléopâtre.

— Rien, répondit Isaac. – Marchons !

— Où allons-nous ?

— A Rome.

— Qu’allons-nous y faire ?

— Donner des conseils au nouvel empereur.

— Et quel est ce nouvel empereur ?

— Un jeune prince plein d’espérances : le fils d’Ahénobarbus et d’Agrippine, Lucius-Domitius-Claudius Néron… Tu seras sa maîtresse, et je serai son favori. Je me nomme Tigellin, et tu t’appelles Poppée ! – Viens !